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    Libre opinion - La note « échec » pour cette mascarade

    9 mai 2012 |Max Roy, Président de la FQPPU et Pierre Hébert, Membre du comité organisateur du Sommet sur l’université | Éducation
    C’est avec consternation que la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) a pris connaissance du projet d’entente rendu public le samedi 5 mai, entre diverses parties, mais dont elle était exclue, pour arriver à une solution au « conflit étudiant ». Or, à notre avis, ce projet mérite la note « échec » pour les raisons suivantes :

    Le projet offre une solution comptable à un problème qui doit être résolu en termes de « choix de société ».


    Depuis des mois, étudiants, professeurs et autres intervenants ont clamé, haut et fort, que le coeur de la question, posé par l’augmentation possible des droits de scolarité, était la suivante : voulons-nous, oui ou non, une université qui, par le gel des droits actuels, préserve son statut de « service public » ? Or, le projet d’entente, en gommant l’augmentation apparente des droits par la réduction des « frais institutionnels obligatoires » (FIO, aussi appelés « frais afférents »), esquive totalement ce coeur de la question. Le projet de société s’est mué en exercice de comptabilité. Échec.


    Le Conseil provisoire des universités (CPU) : une mauvaise blague.


    La mise sur pied d’un CPU a pour but de dégager des économies qui seront appliquées à la réduction des frais afférents. Ce Conseil est non avenu pour plusieurs raisons.


    Là encore, il risque fort de troquer des problèmes de mission, d’orientation de l’université, en simples problèmes de gestion. Ces problèmes existent, et les professeurs les dénoncent depuis longtemps, mais toujours en les prenant en compte dans le cadre des missions de l’université.


    La composition du comité est déconcertante : elle ne laisse qu’une seule place à un professeur, sur un comité de 19 personnes, après avoir exclu les professeurs de la négociation de cette entente. Il s’agit là d’une situation non seulement inacceptable, mais insultante. Les professeurs ont toujours fait de la collégialité la marque distinctive de leur gestion, et voilà qu’ils disparaissent au moment des grands enjeux externes. Cette composition du comité est insensée.


    Le projet d’augmentation des droits de scolarité devait amener des revenus additionnels aux universités. Le présent projet déshabille Pierre pour habiller Paul, mais sans vêtements neufs dans un avenir proche. Échec.


    La grande perdante, l’université comme « service public ».


    En 1997, la FQPPU a rendu publique une position sur l’université qui, aujourd’hui, résonne encore plus fortement. Déjà, il y avait un refus de ce qui, depuis lors, a continué de s’amplifier : « L’université qu’on nous propose, c’est l’université marchande, c’est l’université du retour à l’élitisme de naguère présenté comme le dernier cri du postmodernisme. Face à elle, un combat est nécessaire. » Ce combat, et qui est celui que plusieurs d’entre nous ont mené ces derniers mois, c’est en vue d’une université qui est un véritable service public ; une université qui, financée essentiellement par des fonds publics, est « accessible à toutes et à tous et axée résolument sur la réussite du plus grand nombre ». Cette quête vient de disparaître. Échec.


    Depuis des années, la Fédération québécoise de professeures et professeurs d’université réclame un vaste débat, sous la forme d’états généraux, sur les grandes options de l’université québécoise. On nous propose ici un arrangement qui édulcore les questions de fond en les déguisant en exercice bancaire et bancal. Nous donnons la note « échec » à ce projet d’entente, car :


    il dissout un enjeu social dans un exercice de comptabilité ;


    il crée un comité dont la composition ne convient pas à une position élargie des problèmes ;


    il ne tient nullement compte de l’engagement et de la passion qui animent les professeures et professeurs pour l’institution universitaire ;


    il oblitère complètement le sens de notre action, la préservation d’une université qui soit un vrai bien collectif, un véritable service public pour notre collectivité tout entière.


    En conséquence, la FQPPU 1) demandera à ses membres s’ils jugent opportun ou non de participer à ce CPU ; 2) selon l’issue de cette consultation, tiendra dès l’automne 2012 son Sommet sur l’université qui était prévu en 2013 ; 3) rendra publiques ses propositions pour une saine gouvernance des universités.

    ***
     

    Max Roy, Président de la FQPPU et Pierre Hébert, Membre du comité organisateur 

    du Sommet sur l’université

     
     
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