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    Grève étudiante - Votre responsabilité morale

    3 mai 2012 |Claude Castonguay - Fellow invité du CIRANO | Éducation

    Lettre à Martine Desjardins, présidente de la FEUQ, et à Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ



    Lors de l’annonce de la hausse des droits de scolarité de 75 % sur cinq ans, vous avez réagi et exprimé clairement votre désaccord avec une telle hausse. Le mouvement de protestation légitime que vous avez enclenché a suscité, par sa modération et son ingénuité, le respect et la sympathie.

    C’est dans cet état d’esprit que nous nous sommes parlé au milieu de mars. J’ai alors cru sincèrement que vous étiez disposés à prendre la voie du dialogue et du compromis et j’ai alors suggéré la voie d’un moratoire et de la médiation.


    Ni vous, ni le gouvernement n’avez accepté de prendre cette voie. Dans ce refus, chacun a sa part de responsabilité et ce serait futile de tenter de départager le blâme. Comme nous pouvions le prévoir, le conflit en se prolongeant s’est radicalisé à tel point qu’il cause maintenant de sérieux torts à des dizaines de milliers d’étudiants.


    Il est aussi en voie de susciter de profondes divisions au sein du monde de l’éducation et de la société en général. Ce dont nous n’avons certainement pas besoin dans le contexte actuel.


    Vers l’anarchie


    La maladresse du gouvernement dans ce conflit ne vous justifie pas de nous entraîner dans la voie de l’anarchie comme c’est le cas présentement. Vous devez reconnaître que le droit à l’éducation est fondamental et qu’une minorité, malgré son nombre et ses motifs, ne peut enfreindre ce droit. Vous devez aussi reconnaître que le gouvernement a la responsabilité de gouverner et qu’il ne peut se soumettre aux pressions de la rue.


    Dans le passé, les Québécois se sont pliés à plus d’une reprise à cette règle. Ils ont accepté des verdicts sur des causes qui débordaient largement en importance les droits de scolarité. Les leaders qui ont choisi de respecter la voie de la majorité en sont ressortis grandis. Voilà à mon avis la leçon de notre histoire qui devrait vous inspirer.


    Autorité morale


    Vous seuls pouvez mettre un terme à la dégradation de la situation en demandant clairement à vos membres de cesser l’obstruction afin de permettre à tous ceux qui le désirent de terminer le semestre en cours. Vous devez aussi leur permettre de se prononcer librement pour la suite des choses par des votes secrets. Quant aux professeurs qui ont choisi de vous appuyer, ils ont la responsabilité de retourner à leur tâche et de tout faire pour rescaper ce qui demeure encore possible de l’être.


    Si vous prenez cette voie sans délai, vous allez avoir l’appui de la grande majorité des Québécois. Votre autorité morale n’en sera que grandie. Et, ce qu’il faut souhaiter, il vous sera possible de proposer au gouvernement un dialogue constructif.

    ***

    Claude Castonguay, Fellow invité du CIRANO














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