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    Grève étudiante - La semaine du grand examen

    La CLASSE a déjà rejeté la proposition de Charest : aux autres associations de voter

    30 avril 2012 | Lisa-Marie Gervais | Éducation
    Des policiers et des manifestants, côte à côte, rue Peel, à Montréal, lors d’une autre manifestation d’étudiants organisée hier soir.
    Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir Des policiers et des manifestants, côte à côte, rue Peel, à Montréal, lors d’une autre manifestation d’étudiants organisée hier soir.
    A « solution globale », réponse unanime : la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a rejeté hier l’offre faite par le gouvernement Charest vendredi dernier. Mais d’autres se prononceront en cette 12e semaine de grève qui commence, qui sera celle du grand test pour les étudiants. « C’est une semaine qui est très importante », convient Gabriel Nadeau-Dubois, l’un des porte-parole de la CLASSE. « Si on ressort de cette semaine avec une mobilisation pratiquement intacte, ça va mettre les libéraux dans une posture très difficile. À l’inverse, c’est sûr que si la grève commence à faiblir, ça va être un signal pour nous. »

    Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, reconnaît aussi le caractère « décisif » de la semaine. « Ça va être une semaine décisive dans la mesure où les gens vont avoir quelque chose entre les mains et ça peut devenir un argument pour revenir en classe », reconnaît-il. Toutefois, il se dit convaincu que l’offre aura un effet « multiplicateur ». « Les gens ont l’impression d’être floués. On est passé d’une hausse de 75 % sur cinq ans à une hausse de 82 % sur sept ans. C’est une hausse de la hausse. Il n’y a pas lieu de crier victoire. »


    Vendredi, le gouvernement a proposé d’étaler sur sept ans plutôt que cinq la hausse prévue. Il a aussi annoncé la bonification du régime de prêts. Au cours de la même journée, plusieurs votes se sont tenus dans des établissements collégiaux, et des associations représentant près de 20 000 personnes ont reconduit la grève.


    La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a elle aussi rejeté l’offre lors d’un comité de campagne samedi, en la qualifiant d’« insultante ». Néanmoins, la proposition sera soumise à ses associations membres cette semaine, car une assemblée générale peut prendre quelques jours à organiser. Les deux fédérations devaient tenir une conférence de presse aujourd’hui pour divulguer leur plan de match. Elles pourraient lancer un appel plus formel à un médiateur. L’ancienne juge Louise Otis, qui est médiatrice et figure connue au Québec, s’est montrée intéressée.

     

    Une manifestation le 9 mai ?


    Or, la mobilisation doit continuer, insistent les étudiants. Ils seront de la manifestation du 1er mai, Journée internationale des travailleurs, et de celle qui aura lieu vendredi dans le cadre du conseil général du Parti libéral du Québec (PLQ) à Victoriaville, et non plus à Montréal (voir autre texte en page A 3). Il est aussi question d’une vaste manifestation le 9 mai, qui ciblerait le gouvernement Charest dans son ensemble, un peu à l’image de celle du 22 mars dernier a confirmé M. Bureau-Blouin. « On avait adopté cette date dans nos assemblées générales annuelles. Il y a beaucoup de rumeurs sur une élection qui serait déclenchée le 9 mai », note-t-il.


    Les menaces et les pressions des administrations des cégeps et des universités, de plus en plus désemparées devant la grève qui se prolonge sans faiblir, se multiplient. Le Devoir révélait la semaine dernière que l’UQAM songeait à annuler des cours sans remboursement. L’Université du Québec en Outaouais a aussi fait savoir à ses étudiants qu’ils seraient pénalisés s’ils ne remettent pas leurs travaux. Elle a d’ailleurs été mise en demeure par un groupe d’étudiants en grève qui projettent de déposer une requête pour un recours collectif.


    Ces menaces, qui ne devraient pas avoir raison de la mobilisation, demeurent lourdes, avance M. Bureau-Blouin. « On est très conscient que, chaque jour qui passe, ce sont des jours qui ont un impact important sur la session des étudiants. Mais on leur a fait une promesse qu’ils ne repartiraient pas les mains vides. Les engagements du gouvernement en matière de bourses représentent des améliorations, mais on pense qu’on est capables d’aller chercher davantage », a-t-il dit.

     

    Des négociations qui achoppent


    Rassemblant les délégués de 60 associations membres, le congrès de la CLASSE de la fin de semaine a été l’occasion d’un bilan, notamment des négociations entamées plus tôt la semaine dernière. Un compte rendu disponible sur les médias sociaux décrit les échanges comme « une partie match de volley-ball de chiffres. »« Le gouvernement fait le service. La partie étudiante joue en équipe, fait des passes et compte des points avec parfois des smashs percutants. Le problème est que le gouvernement affirme jouer à un autre jeu, avec d’autres règles et donc, ne reconnaît pas nos points. »


    Le comité de négociations note que « la différence de discours du gouvernement dans les médias et avec nous était fascinante et continuera tout au long des négociations ». Le comité prétend que le cabinet de la ministre Beauchamp n’aurait jamais parlé du respect d’une trêve au moment d’inviter la CLASSE à table. Bien que la hausse des droits de scolarité ait été abordée, c’est l’absence de mandat du comité représentant le gouvernement pour négocier sur cette question qui a fait achopper les discussions.


    Pour M. Nadeau-Dubois, c’est la preuve que les pourparlers étaient une opération de « relations publiques ». « Si la ministre avait voulu régler le conflit, elle serait penchée sur la question », croit-il. Par ailleurs, le co-porte-parole de la CLASSE déplore que le gouver-nement tente de personnaliser le conflit, en le présentant comme l’ennemi numéro un d’une sortie de crise. « Je trouve ça très bas de la part d’un gouvernement. Au lieu d’assumer le fait qu’il a pris une décision controversée, il fait porter l’odieux de la situation sur une seule personne. J’ose croire que les gens ne seront pas dupes. »


    Une motion pour tenir un vote de confiance à l’égard de M. Nadeau-Dubois a d’ailleurs été battue. La présentation d’une nouvelle candidature au comité média, celle de Pascal Rheault, qui siège à l’exécutif de l’Association facultaire étudiante des sciences humaines de l’UQAM, a d’ailleurs été interprétée à tort comme une volonté de démettre le porte-parole de ses fonctions. Elle a finalement été rejetée lors d’un vote tenu en fin de soirée, hier.

     
     
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