Grève étudiante - La semaine du grand examen

Des policiers et des manifestants, côte à côte, rue Peel, à Montréal, lors d’une autre manifestation d’étudiants organisée hier soir.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Des policiers et des manifestants, côte à côte, rue Peel, à Montréal, lors d’une autre manifestation d’étudiants organisée hier soir.

A « solution globale », réponse unanime : la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a rejeté hier l’offre faite par le gouvernement Charest vendredi dernier. Mais d’autres se prononceront en cette 12e semaine de grève qui commence, qui sera celle du grand test pour les étudiants. « C’est une semaine qui est très importante », convient Gabriel Nadeau-Dubois, l’un des porte-parole de la CLASSE. « Si on ressort de cette semaine avec une mobilisation pratiquement intacte, ça va mettre les libéraux dans une posture très difficile. À l’inverse, c’est sûr que si la grève commence à faiblir, ça va être un signal pour nous. »

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, reconnaît aussi le caractère « décisif » de la semaine. « Ça va être une semaine décisive dans la mesure où les gens vont avoir quelque chose entre les mains et ça peut devenir un argument pour revenir en classe », reconnaît-il. Toutefois, il se dit convaincu que l’offre aura un effet « multiplicateur ». « Les gens ont l’impression d’être floués. On est passé d’une hausse de 75 % sur cinq ans à une hausse de 82 % sur sept ans. C’est une hausse de la hausse. Il n’y a pas lieu de crier victoire. »


Vendredi, le gouvernement a proposé d’étaler sur sept ans plutôt que cinq la hausse prévue. Il a aussi annoncé la bonification du régime de prêts. Au cours de la même journée, plusieurs votes se sont tenus dans des établissements collégiaux, et des associations représentant près de 20 000 personnes ont reconduit la grève.


La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a elle aussi rejeté l’offre lors d’un comité de campagne samedi, en la qualifiant d’« insultante ». Néanmoins, la proposition sera soumise à ses associations membres cette semaine, car une assemblée générale peut prendre quelques jours à organiser. Les deux fédérations devaient tenir une conférence de presse aujourd’hui pour divulguer leur plan de match. Elles pourraient lancer un appel plus formel à un médiateur. L’ancienne juge Louise Otis, qui est médiatrice et figure connue au Québec, s’est montrée intéressée.

 

Une manifestation le 9 mai ?


Or, la mobilisation doit continuer, insistent les étudiants. Ils seront de la manifestation du 1er mai, Journée internationale des travailleurs, et de celle qui aura lieu vendredi dans le cadre du conseil général du Parti libéral du Québec (PLQ) à Victoriaville, et non plus à Montréal (voir autre texte en page A 3). Il est aussi question d’une vaste manifestation le 9 mai, qui ciblerait le gouvernement Charest dans son ensemble, un peu à l’image de celle du 22 mars dernier a confirmé M. Bureau-Blouin. « On avait adopté cette date dans nos assemblées générales annuelles. Il y a beaucoup de rumeurs sur une élection qui serait déclenchée le 9 mai », note-t-il.


Les menaces et les pressions des administrations des cégeps et des universités, de plus en plus désemparées devant la grève qui se prolonge sans faiblir, se multiplient. Le Devoir révélait la semaine dernière que l’UQAM songeait à annuler des cours sans remboursement. L’Université du Québec en Outaouais a aussi fait savoir à ses étudiants qu’ils seraient pénalisés s’ils ne remettent pas leurs travaux. Elle a d’ailleurs été mise en demeure par un groupe d’étudiants en grève qui projettent de déposer une requête pour un recours collectif.


Ces menaces, qui ne devraient pas avoir raison de la mobilisation, demeurent lourdes, avance M. Bureau-Blouin. « On est très conscient que, chaque jour qui passe, ce sont des jours qui ont un impact important sur la session des étudiants. Mais on leur a fait une promesse qu’ils ne repartiraient pas les mains vides. Les engagements du gouvernement en matière de bourses représentent des améliorations, mais on pense qu’on est capables d’aller chercher davantage », a-t-il dit.

 

Des négociations qui achoppent


Rassemblant les délégués de 60 associations membres, le congrès de la CLASSE de la fin de semaine a été l’occasion d’un bilan, notamment des négociations entamées plus tôt la semaine dernière. Un compte rendu disponible sur les médias sociaux décrit les échanges comme « une partie match de volley-ball de chiffres. »« Le gouvernement fait le service. La partie étudiante joue en équipe, fait des passes et compte des points avec parfois des smashs percutants. Le problème est que le gouvernement affirme jouer à un autre jeu, avec d’autres règles et donc, ne reconnaît pas nos points. »


Le comité de négociations note que « la différence de discours du gouvernement dans les médias et avec nous était fascinante et continuera tout au long des négociations ». Le comité prétend que le cabinet de la ministre Beauchamp n’aurait jamais parlé du respect d’une trêve au moment d’inviter la CLASSE à table. Bien que la hausse des droits de scolarité ait été abordée, c’est l’absence de mandat du comité représentant le gouvernement pour négocier sur cette question qui a fait achopper les discussions.


Pour M. Nadeau-Dubois, c’est la preuve que les pourparlers étaient une opération de « relations publiques ». « Si la ministre avait voulu régler le conflit, elle serait penchée sur la question », croit-il. Par ailleurs, le co-porte-parole de la CLASSE déplore que le gouver-nement tente de personnaliser le conflit, en le présentant comme l’ennemi numéro un d’une sortie de crise. « Je trouve ça très bas de la part d’un gouvernement. Au lieu d’assumer le fait qu’il a pris une décision controversée, il fait porter l’odieux de la situation sur une seule personne. J’ose croire que les gens ne seront pas dupes. »


Une motion pour tenir un vote de confiance à l’égard de M. Nadeau-Dubois a d’ailleurs été battue. La présentation d’une nouvelle candidature au comité média, celle de Pascal Rheault, qui siège à l’exécutif de l’Association facultaire étudiante des sciences humaines de l’UQAM, a d’ailleurs été interprétée à tort comme une volonté de démettre le porte-parole de ses fonctions. Elle a finalement été rejetée lors d’un vote tenu en fin de soirée, hier.

85 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 30 avril 2012 01 h 19

    Sciences humaines , qui vous avez dit?

    Donc, la population ne se trompe pas: c'est la révolution des sciences molles. À toutes les fois qu'un journaliste interroge un étudiant, il étudie en philosophie, en science politique ( comme le raton laveur en forme éfouerré sur l'asphalte, très commun au Québec), sciences sociales, etc.

    Pas trop de comptabilité, ingénieur, dentiste, médecin ou pharmacien. Quelques uns , oui pour faire mentir la règle mais vraiment pas beaucoup.

    • arabe - Inscrit 30 avril 2012 08 h 40

      @carole, le journaliste Yves Boisvert a très bien résumé le topo:

      "Mine de rien, les deux tiers des étudiants et élèves des universités et cégeps du Québec sont en train de terminer leur trimestre sans drame.

      À peu près tous les étudiants en sciences, en économie, en commerce, en maths, en droit, en génie, en médecine et en pharmacie sont hors du mouvement.

      Les associations qui ont voté pour la grève sont essentiellement celles de départements de sciences sociales et humaines et d’arts.”

    • Annie Claude Belisle - Abonnée 30 avril 2012 08 h 55

      Peut-être que ça a à voir avec le salaire qui les attend après un temps équivalent passé derrière les murs de l'Université et de la facilité qu'ils auront à rembourser leur dette d'études...
      Devrions-nous éliminer tous les philosophes peu rentables de notre société ?

    • LBC - Inscrit 30 avril 2012 09 h 10

      Mme Dionne, quand je lis vos commentaires, j'ai l'impression que nous vivons dans deux mondes différents.

      J'ai participé à des sit-in organisés par le comité de mobilisation du pavillon Vandry, celui de la médecine à l'Université Laval, et ils n'étaient pas que 30 étudiants sur place, loin de là. J'ai aussi marché aux côtés de nombreux élèves en médecine, qu'ils soient de Laval, de Sherbrooke, de Mc Gill, le 22 mars dernier. J'ai vu les bannières "Physique en grève", j'ai vu génie des eaux, j'ai vu les sciences nature partout dans les rues, aux côtés des sciences humaines. Certains sont en grève illimité, alors que d'autres protestent à leur manière, en continuant leurs cours.

      J'aimerais donc savoir sur quels chiffres vous vous basez pour établir vos "faits" comme cela, à propos des milieux d'études des étudiants mobilisés ? Pour ma part, étant étudiante en sciences nature et ayant de la famille en médecine à Laval, je peux vous affirmer que les étudiants en santé se sentent autant, sinon plus, concernés par cette prise de position du gouvernement, puisque le niveau d'éducation d'une société influence directement l'état de santé de ses citoyens. Cette hausse va à l'encontre de leurs valeurs, de leurs tentatives de prévention aux problèmes de santé.

      Toutefois, certains préfèrent retenir ce qui les arrange dans les informations divulgées par les médias (souvent très sélectives, elles aussi), que ce soit les actes isolés de vandalisme, les paroles de quelques manifestants qui, peut-être, n'étaient pas aussi informés et éloquents que d'autres. On ne se gêne pas de critiquer tout cela, mais que dites-vous des activités créatives des futurs architectes, des artistes ?

      C'est décevant aussi, de discerner un tel mépris des sciences humaines dans vos propos, comme si les travailleurs sociaux, les philosophes et les penseurs de notre société n'avaient pas la même valeur que les autres travailleurs. Nous ne

    • David G - Inscrit 30 avril 2012 09 h 23

      Voila !!! Des musiciens, des journalistes, des poètes, des écrivans... ont en veux plus au Québec c'est pas rentable !!!! Franchement vous me faite pitié avec votre marchandisation de l'éducation. Ils ne sont pas là pour rapporter de l'argent à la société, ils sont là pour vous rendre moins con.

    • Richard Laroche - Inscrit 30 avril 2012 09 h 40

      Simple question d'interprétation au delà de la discrimination simpliste dans votre commentaire.

      À peu près tous les étudiants en sciences, en économie, en commerce, en maths, en droit, en génie, en médecine et en pharmacie finissent posent la meilleure action afin de pouvoir servir le Peuple du Québec: ils continuent leur formation afin de travailler, indistinctement de leur orientation politique personnelle.

      À peu près tous les étudiants en sciences sociales et humaines et d’arts posent la meilleure action afin de pouvoir servir le Peuple du Québec: ils sont déjà au travail en militant, indistinctement de leur formation académique.

      On ne peut que les féliciter, tous.

    • arabe - Inscrit 30 avril 2012 09 h 52

      @LBC, ce que vous ne comprenez pas, c'est qu'il y a une énorme différence entre boycotter ses cours pendant 1 journée ou moins d'1 semaine (ce qu'ont possiblement fait ceux que vous mentionner), et le faire pendant des mois.

      Boycotter ses cours pendant moins d'une semaine, cela permet d'exprimer une opinion SANS brimer la liberté de ceux qui désirent continuer à étudier et ceux qui sont contre le boycott. Tout le monde s'entend que perdre 1 ou 2 jours de cours ne met nullement en péril un semestre ou la qualitté de l'éducation reçue.

      C'est ça qui est honteux et totalitaire chez les boycotteurs actuels, qui sont à peu près tous en Arts, Lettres et Science humaines à l'exclusion de tous les autres domaines (ceux qui vont nous donner la plupart des véritables leaders): ils briment la liberté de la minorité substantielle, en Arts, Lettres et Sciences humaines qui désire depuisi plusieurs semaines assister à ses cours.

      Ça c'est scandaleux. PS: lire mon commentaire ci-haut pour avoir l'heure juste sur le fait que les deux-tiers des étudiants ne boycottent pas leurs cours.

    • Carole Dionne - Inscrite 30 avril 2012 09 h 55

      @ LBC

      Écoute moi bien une fois pour toute.

      Je ne connais personne sur la terre qui soit "pour " une hausse de tarif quelconque. Personne. Pas plus les étudiants que n'importe qui au Québec. ( électricité, dentiste, etc) Personne. est-ce assez clair. Je voyais l'autre soir aux nouvelles des étudiants recevoir leur dplôme au Saguenay ou Lac St-jean. Ils avaitn mis un chapeau rouge pour montrer leur mécontentement à la hausse.

      Mais je répète qui est assez folle pour dire qu'elle accepte une hausse de tarif quelconque? Est-ce assez clair?

      Quant à avoir des m.édecins , des ing.nieurs qui ont fait un boycott une journée avec vous, vous remarquerez qu' ils sont retournez dans leur cour depuis longtemps. Eux aussi ont affirmer leur mécontentement à la hausse de tarifs ou de frais. mais seulement le 22 mars. Et pweut-êtr une journée ou deux de plus. pas plus.

    • Jean-Nicolas Brunet - Inscrit 30 avril 2012 10 h 06

      Je suis en mathématique à l'UdeM. J'ai également un diplôme en informatique. Je suis en grève, et j'ai voté pour.

      Le DIRO, département d'informatique et recherche opérationnelle, qui recueille des centaines d'étudiants en science, est en grève. Les étudiants ont votés pour.

      SVP arrêtez de faire croire n'importe quoi à la population. Les étudiants en science sont autant impliqués et à coeur dans la situation actuelle.

      Pour les autres, ne vous laissez pas abattre par ce genre de commentaire discriminatif. Il faut rester fort, même parmis ces faibles qui nous bombardent de préjugés.

    • Charles Martel - Inscrit 30 avril 2012 10 h 25

      C'est pas parce que les étudiants en comptabilité, droit, ingénierie, économie, math, sciences et médecine ne sont pas en grève qu'ils n'appuient pas les étudiants qui le sont.

      Mes parents ne paient pas mes études et je n'ai pas droit à des prêts et bourses, mes parents font plus de 60k par an mais je n'habite plus chez eux...

      Je suis obligé de travailler à temps presque plein pour payer mes études en ingénierie, mon appart, et mes autres dépenses (nourriture, électricité, etc.)
      Note: je n'ai pas de voiture ni de téléphone cellulaire monsieur Martineau.

      Je trouve que les cours commencent à coûter cher....

      Honnêtement, si le prix des cours était incrémenté immédiatement au niveau de 2017, je ne pourrais plus me permettre d'y aller à temps plein. Probablement que je continuerais à temps partiel, augmentant inévitablement le temps pour compléter mes études alors que l'industrie à besoins d'ingénieurs maintenant...

      Il n'y a pas d'autre moyen de pression possibles pour les étudiants que la grève, nous ne finançons pas les campagnes des partis politiques comme le parti de Jean Charest et de Line Beauchamp qui se remplissent les poches...

      J'espère que les élections arriveront bientôt mais je suis embêté sur qui voter. Ce ne sera pas PLQ, ni CAQ, ni PQ, ni QS... qu'est-ce qu'il reste? Je pense que je vais voter pour le Parti Vert!

    • Kris13104 - Inscrit 30 avril 2012 10 h 37

      C'est claire que pour beaucoup de quénécois, seules comptent les formations qui permettent de gagner le plus d'argent possible et le plus vite possible, cela s'appelle le matérialisme et cela contribue largement au séveloppement de l'individualisme. Malheureusement, ce n'est pas ce qui fait une société solidaire et harmonieuse. Comme leur nom l'indique, les science humaines ont pour objet l'homme, c'est-à-dire à ce qui devrait être le plus important dans une société et permettent d'établir des équilibres entre les fonctions indispensables d'une société: économique, social, politique et culturel. Elles sont donc indispensables à l'harmonie d'une société. La suprématie d'une de ses fonctions, quelqu'elle soit, sur les autres, est source de crises et rompt l'harmonie sociale. Évidemment, la pensée actuellement néo-libérale tend à nier les sciences humaines hormis celles qui servent son projet, tel psychologie appliquée au marketing, par exemple, et les pouvoirs politiques alliés de cette théorie se méfient de sciences qui privilégient la pensée pure.

    • Mario Gauthier - Inscrit 30 avril 2012 10 h 41

      Merci à David G.

      Je n'aurais pas sû mieux dire.

      Et je suis un de ces "inutiles"...par choix, cela va sans dire.

      Je me demande, madame Dionne, quelle est votre vision de la vie? Salaire de $100,000 et plus, Mercedes à la porte en signe de réussite sociale et, en guise de vie spirituelle, le cathodique ou le virtuel?

      Si c'est ça, tant mieux pour vous, mais tous ne sont pas fait du même bois.

      Une des choses que j'ai apprise dans ces cours de "sciences molles", justement, c'est que je suis humain et "rien de ce qui est humain ne m'est étranger. Et aussi, que nous sommes tous les "gardiens de nos frères".

      Et encore: que chacun est libre de ses choix car c'est de sa vie qu'il s'agit.

      (...)

      Vous ne voyez donc pas que l'enjeu de cette grève se situe bien au delà de considérations aussi sommaires. Que le seul fait que ce gouvernement, dont vous approuvez peut-être les politiques (libre à vous) fasse preuve d'un entêtement aussi inexplicable qu'abscons démontre son abysalle incompétence?

      Ne serait-ce que pour cette seule preuve par l'absurde,
      Je ne remercierai jamais assez les étudiants d'avoir été jusqu'au bout de leurs convictions.

    • Christian Stoia - Abonné 30 avril 2012 11 h 01

      Réponse à Carole Dionne,

      la distinction que vous faites entre les étudiants des "sciences molles" (!) et les autres est complètement artificielle. La grève étudiante, au niveau collégial, dépasse ces frontières entre les programmes d'études : à Montréal, par exemple, tous les cégeps francophones (à l'exception de Gérald-Godin) sont en grève depuis des semaines, et cela, même dans les cégeps où les profils techniques comptent le plus d'inscrits.

      Cela, sans parler des raisons philosophiques qui donnent à votre commentaire une violence pure. De toute façon, à quoi bon la philosophie...

    • plan sud - Inscrit 30 avril 2012 11 h 41

      Donc, la population ne se trompe pas: c'est la révolution des sciences molles....

      Le soir, vers 6hres, toutes ces belles personnes qui ont fait science dure, et les autres qui eux aussi ont particpé à cette si belle économie du Québec(!!!) que font-ils...ils regardent la télé, faites par des moux(rarement vu des téléromans écrits par des dentistes, des matchs de hockey decris par des Chirurgiens cardiaques....) de pauvres humoristes formés, sans maths, à une quelquoncque école...

    • Julie Savoie - Inscrite 30 avril 2012 11 h 47

      La grève étudiante fait bien ressortir que certaines personnes ne comprennent tout simplement pas le rôle des sciences humaines dans une société. C'est un rôle complexe, qui est difficile à comprendre pour les gens qui croient que la vie se limite à quelques conditions pratiques.

    • plan sud - Inscrit 30 avril 2012 12 h 37

      Bien hate de voir ces étudiants que vous semblez admirez:

      Pas trop de comptabilité, ingénieur, dentiste, médecin ou pharmacien. Quelques uns , oui pour faire mentir la règle mais vraiment pas beaucoup...

      Ce qu'ils vont faire si les regroupements étudiants réussissent à faire entendre raison à ce gournement. Vont-ils continués, selon leurs propres rigueurs à maintenir leurs positions:

      Puisque nous avons préféré nous occuper de nos petites affaires, puisque nous avons décidé de ne pas joindre ces gens qui ont endossé leurs idées sociales plutot que de se tairent et de baisser la tete(de toute facon ont était pas si pénalisé par ce programme), nous avons donc pris la décision de ne pas profité des nouveaux aquis étudiants, et conformément à nos positions, nous allons payer les hausses demandé par notre gouvernement.
      Nous anti-gréviste croyons qu'il serait déplorable de notre part de profiter des gains obtenus par les grévistes, au prix de leur lutte(session d'étude, pas de travail d'été...), et en toute honnèteté intellectuelle nous avons voter de payer la totalité de la hausse prévue, indexée. Nous sommes fiers des positions que nous avons défendues et allons agir en conséquence.

      J'ai bien hate de les entendre, ce étudiants, qui ont préféré ne pas etre solidaires des revendications de leur génération.

      Malheureusement pour eux, ils appartiennent à une autre époque,de celles qui ont tout fait pour effacer l'avenir, à coup de me-me-moi.

      Il n'y a pas d'age pour etre vieux...

    • Vincent Delorme - Inscrit 30 avril 2012 16 h 05

      Chez la plupart des médecins, comptables, ingénieurs, pharmaciens et autres formés des "sciences dures" que j'ai rencontré, un constat s'impose: ce sont des gens plates, éteints, qui ne s'intéressent qu'à leur domaine et qui voient le monde avec un manque de profondeur désolant. Exeption pour les sciences pures (maths fondamentales, physique moderne, chimie, etc). Et, franchement, on les valorise déjà assez comme ça. Si on veut vraiment d'une société où tout le monde est "utile" à leur petit univers utilitariste et réducteur, eh bien, allons-y! Arrêtons d'enseigner les "sciences molles", les arts et tout le reste! Concentrons-nous sur le reste, on aura plein de nouveaux médicaments, bon dieu, une qualité de vie inégalée!!!

      Pensez-y de façon très pragmatique: dans votre vie, avez-vous plus souvent de bonheur (houlà, une question de philo) grâce à la technologie humaine (télé, médicaments, voitures, chirurgies, monnaie...) ou grâce à la musique, la lecture, la photographie, la comédie et j'en passe? Il y a déjà tant de culture médriocre qui nous pourrissent et nous abrutissent, nous assimilent, même, dans notre petit Québec... peut-on vraiment se permettre de négliger cette éducation encore plus?

      Je sais pertinemment que j'ai amorcé ce commentaire par une généralisation gratuite, mais, pour illustrer mon point, je réponds au feu par le feu.

    • Mariane Reid - Inscrite 30 avril 2012 18 h 45

      Si je me fit au site bloquonslahausse.com, voici quelques associations en grève:

      - Kinésiologie de L'UDEM - depuis le 4 avril
      - Psychoéducation et Psychologie - depuis le 22 mars
      - Biochimie - depuis le 3 mars
      - Sciences biomédicales - depuis le 3 mars
      - Architecture - depuis le 3 mars
      - Design industriel - depuis le 29 Février
      - Éducation physique et sportive à L'UDES - depuis le 27 mars
      - Les facultés d'éducation (enseignement)
      - Physique - depuis le 1 mars
      - Environnement, en foresterie, et en génie du bois à L'UL - depuis le 19 mars
      - À l'UQAm la faculté de droit est en grève depuis le 14 Février

      Alors voici quelques exemples alors qu'il y a en encore pleins. Tous ceux que je vous ai nommé ne font pas partit des ''sciences molles'' et pourtant ils se battent très fortement pour cette hausse. Je ne sais pas ou vous aviez pris vos sources.

    • Catherine Groleau - Inscrit 1 mai 2012 01 h 00

      Que les associations des sciences «dures» votent plus massivement contre la grève n'implique pas que l'ensemble des étudiants de ces dites associations ne soient pas engagés dans ce débat. Cela démontre simplement que nous sommes en présence d'individus qui, majoritairement, ont une tendance plus carriériste... et c'est bien leur problème. En revanche, que les associations des sciences «molles» votent radicalement pour la grève est tout à fait normal - le contraire serait alarmant - puisque, comme il l'a été démontré plus haut, ce sont eux qui pensent et créent notre société, par les idées, l'art, l'indignation. Mais ignorer la minorité invisible, issue des sciences capitalistes, qui supportent néanmoins la grève mais n'apparaissent pas dans les statistiques (il est vrai qu'encore aucun étudiant pour la grève, mais contraint d'aller à ses cours, n'ait posé d'injonction contre la décision démocratique de son association...), ignorer cette minorité donc, et stigmatiser les «pelleteux de nuages» relèvent d'une vision simpliste et malhonnête. Poser ce raisonnement réductionniste en pronant que «180 000 étudiants, ce n'est pas la majorité» est tout aussi scandaleux. Ignorer qu'au-delà des statistiques, des centaines et parfois des milliers de citoyens se réunissent quotidiennement depuis des mois pour exprimer leur colère relève de la mauvaise foi. Et mépriser les prémisses d'une révolution sociale qui se faisait attendre au Québec est complètement aberrant.

    • Guylaine G. - Inscrit 1 mai 2012 12 h 34

      Quand les étudiants et les étudiantes en sciences "molles" comme vous dites, auront obtenu l'éducation gratuite ou qui coûtera presque rien, ce seront les enfants et les descendants des autres qui ne se sont pas mouillés et qui ont préféré penser à leur cause individuelle qui vont en profiter aussi de ce gain social. Quand un ingénieur ne va pas bien et que sa vie flanche, c'est un professionnel d'une science "molle" qu'il va voir pour avoir de l'aide. Alors un peu de respect SVP pour les personnes qui se dévouent et qui font des sacrifices pour construire une société plus équitable et plus profitable pour tout le monde, pas juste pour eux et elles!

  • Killian Meilleur - Inscrit 30 avril 2012 01 h 49

    J'ai entendu une citation, j'ignore d'ou elle vient

    Mais elle explique très bien ce qui suit:

    « Le gouvernement fait le service. La partie étudiante joue en équipe, fait des passes et compte des points avec parfois des smashs percutants. Le problème est que le gouvernement affirme jouer à un autre jeu, avec d’autres règles et donc, ne reconnaît pas nos points. »

    Ladite citation va comme suit:

    « Argumenter avec un fanatique est un exercice aussi peu satisfaisant que de jouer aux échecs avec un pigeon. En effet, quand bien même le pigeon se fait battre à plates coutures, en trois coups, sans aucun espoir d'égaler ou de vaincre ultérieurement son adversaire, rien ne l'empêchera jamais de déféquer sur l'échiquier, de renverser les pièces et de se pavaner en roucoulant comme s'il avait gagné. »

    Il faut concéder aux libéraux le fait qu'ils sont pleins de ressources! Jamais aucun gouvernement au québec n'a autant utilisé d'outils déloyaux pour parvenir à ses fins. Lesquelles, évidemment, justifient tous les moyens du monde.

    • jean corneille - Inscrit 30 avril 2012 08 h 32

      Le gouvernement patine sur la botine!
      afin de cacher son bilan peu reluisant,a besoin d,une crise comme celle que l,on connait s,il veut espérer être réelu!

    • Robert Dufresne - Inscrit 30 avril 2012 23 h 38

      J'aime votre commentaire.Il est tres pertinent,il represente tres bien le gouv,Charest.

      Robert dufresne

  • Seven Nomena - Inscrit 30 avril 2012 01 h 51

    Les grevistes agient comme des extremistes.



    Bonjour,

    Est ce difficile a comprendre pour les etudiants grevistes que si le service devient plus cher a donner, une hausse du prix est inevitable. Il s'agit d'avoir une simple logique comptable pour le comprendre.

    Contrairement aux theorie des profiteurs- illusionistes-individualistes, l'education est une service. On vous fournie des locaux, des materiels. On vous transfert des connaissances, et on va vous promettre une diplome. Mais l'ecole a toute sorte de factures a payer. Et ca coute cher.
    En 1995, on demande deja aux etudiants etranger de payer leur juste part, soit: $ 4500 par session.

    Si l'education devait etre gratuit, alors il faut trouver des proffesseurs et des employees benevoles. Ainsi que tous les fournisseurs de biens et services de l'Universitee. Ils doivent etre genereux et donateurs stricts.

    Franchement, je ne comprends pas l'intransigence des etudiants grevistes. Leur manifestation nocture les eloigne de la symphatie du publique.

    J"ai pu discutee avec un etudiant qui il n'y a pas si logtemps detestait Jean Charest jusqu'a son trippe. Apres la proposition du gouvernement, il s'est dit satisfait apres l'explication des experts financiers. Maintenant, il est pret a voter de nouveau pour les Liberaux de Jean Charest.

    Cette rejet de le proposition du gvt par les grevistes ressemble beacoup a des position des extremistes. Sans l'avoir examiner au fond, ils campent dans leur position. J"y vois une mentalitee individualiste de leur part.

    Mes amis qui ont du commerce au centre ville de Montreal, ils se plaignent des m,anifestation nocturne car ils perdent de clients.
    Mes amies automobilistes, meme des batisseurs de maison sont parti travailler en Ontarion car la greve etudiante a une impact sur leur journee de travail (retard, ).

    J"invite les etudiants a retourner en classe.
    Le PM Charest vous aime, il a attendu 9 ans avant de proceder a la hausse. Il vous a prevenu il y a 2 ans avant de vous demander un prix d'ami.

    Il est temps que vous

    • Mario Gauthier - Inscrit 30 avril 2012 10 h 53

      Sans extrémité, il n'y a pas de milieu!

      C'est triste de voir que cela VOUS affecte tant mais surtout que vous ne comprenez rien à la démocratie. Par définitition toute démocratie est sensée accorder le droit à ses élus (et particulièrements à ceux qui seront ses citotyens de demain) le droit fondamental d'exprimer son mécontentement au besoin. Et que vivre en société implique de faire des compromis.

      Et, en réplique à votre "Il s'agit d'avoir une simple logique comptable pour le comprendre", je ne peux m'empêcher de citer St-Denys-Garneau, un poète, i.e. un "inutile" selon certains qui a écrit, en 1949 :

      "Tout le monde peut voir une piastre de papier vert
      Mais qui peut voir au travers..."

    • Bruno Bergevin - Inscrit 30 avril 2012 11 h 09

      "Si l'education devait etre gratuit, alors il faut trouver des proffesseurs et des employees benevoles. Ainsi que tous les fournisseurs de biens et services de l'Universitee. Ils doivent etre genereux et donateurs stricts."

      C'est bizarre, chaque fois que je vais chez le médecin, je ne reçois pas de facture. J'étais certain que les médecins étaient rémunérés...

    • plan sud - Inscrit 30 avril 2012 11 h 54

      Vous pensez peut-etre que les étudiants ne sont pas des clients...j'aimerais voir les recttes des dépanneurs pendant les très grandes manifs, les Tim Horton...sans compter tout cet argent qu'on veut enlever des poches des étudiants, ne croyez-vous pas qu'il n'ira pas dans des commerces qui déservent cette clientèle....

      Les vases communicants...

      Mais la question demeure, posée aussi par les étudiants, elle va où l'argent que le gouvernement administre en notre nom. Une chose est certaine plusieurs centaines de millions vont dans les poches d'avocats, que l'ont retrouvent partout dans la facon charest, meme dans les discussions avec ses étudiants...et lors de certaines enquetes où l'on préviligie le sort de ceux qui seront trouvés coupables.

    • Hélène Mai - Inscrite 30 avril 2012 12 h 50

      Bonjour Seven Nomena,

      Comme étudiante, je n'ai pas de problème à comprendre que puisque les coûts de l'éducation augmentent, il faut également que ma part augmente. Cependant, lorsque nous savons qu'il y a du gaspillage et de la mauvaise gestion dans les universités, que les recteurs reçoivent des bonis de départ de plusieurs centaines de milliers de dollars, que les dirigeants d'universités font des voyages de luxure à coûts astronomiques, tout ça au frais des contribuables, je crois qu'il faut questionner le fait d'injecter plus d'argent dans ce système.

      Et c'est ce que les étudiants font en ce moment. Il faut faire un ménage dans les dépenses des universités avant de demander aux étudiants ainsi qu'aux contribuables d'y injecter plus d'argent.

      De plus, il est faut de dire que le gouvernement a attendu 9 ans avant d'augmenter les frais de scolarité. Surtout que depuis 2007, les frais de scolarité ont déjà augmenté de 500$.

      Et je suis d'accord avec Bruno Bergevin. Les RV avec les médecins sont gratuits. Nous avons fait le choix comme société que les soins de santé doivent être accessibles à tous. Nous les payons donc par nos impôts. Pourquoi cela ne serait-il donc pas possible pour l'éducation?

    • Robert Dufresne - Inscrit 30 avril 2012 23 h 48

      Une vraie reflexion liberale.Imaginez vous si le gouvernement coupait dans toute la bureaucratie inutile,et,s'il etait moins corrompu,les universites ne donnaient pas des salaires,des voyages et des primes exorbitantes a leurs dirigeants,il y aurait la assez d'argent pour garder le gel.
      Continuez les etudiants,je vous felicite et je suis avec vous,lachez pas.
      Robert Dufresne.

    • Carole Besson - Inscrite 1 mai 2012 18 h 37

      Ah bien, Charest a réussi son coup avec cet étudiant qui le haïssait. Une petite crise qui paralyse les études de personnes qui veulent finir vite vite vite (crise qui aurait pu être réglée plus tôt), et hop, il récupère des électeurs malgré toute la boue qui souille son parti depuis quelques années!!! Quel vieux renard rusé ce Charest!! HAHAhaha....

    • Carole Besson - Inscrite 1 mai 2012 18 h 37

      Ah bien, Charest a réussi son coup avec cet étudiant qui le haïssait. Une petite crise qui paralyse les études de personnes qui veulent finir vite vite vite (crise qui aurait pu être réglée plus tôt), et hop, il récupère des électeurs malgré toute la boue qui souille son parti depuis quelques années!!! Quel vieux renard rusé ce Charest!! HAHAhaha....

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 30 avril 2012 02 h 11

    quelle sera la contre-proposition?

    .

    Sans tomber dans les insinuations à la Xavier Dolan, je n'ai aucune ambiguité envers Martine Desjardins ou Jeanne Reynolds!
    J'oscille toutefois, idéologiquement, entre Bureau-Blouin, dit le tempéré, et Nadeau-Dubois, dit le combatif.

    Toute hausse des frais de scolarité, dont le montant excède l'augmentation du montant offert en bourses, vient réduire l'accessibilité aux études.

    Certes cette offre "globale" est insuffisante, voire une insulte puisque pire que la précédente : vous avez réussi à passer un niveau, vous avez déja défonsé la palissade de l'indifférence, et le gouvernement qui voit son faible appui chez les citoyens, dans un geste raisonné, vient maintenant négocier. P-ê par orgueuil devant nous citoyens, en tentant de vous outrepasser. Vous devez aussi user de cette tactique et nous démontrer, directement à nous citoyens, comment vous concrêtiseriez vos revendications.

    Oui nous manifesterons, pas juste les étudiants, le 1er mai, les 4,5,6 mai à victo (@victoriavilleman ; tu te questionnais sur 5000 personnes dans ta ville du développement durable, que penserais-tu de 20 000?), le 9 mai, une autre méga-manif le 22 mai si il le faut...

    Mais sur la question étudiante, vous avez l'occasion de faire une contre-proposition "globale" bien ficelée, qui permettra de concrétiser, du moins en partie, vos revendications. Si vous chiffrez vos demandes et proposez diverses sources de financement (et on peut vous trouver tellement de façons de le chercher chez le 1% sur les blogues de ledevoir.com) réalistes, en cherchant ainsi l'appui de la population, la hausse ne peut que devenir obsolète, le règne Charest ne peut que s'empêtrer, le régime ne peut que tomber.

    Guillaume Blouin-Beaudoin

    .

  • Marcel Bernier - Inscrit 30 avril 2012 02 h 16

    Culte du vedettariat...

    Nos médias savent faire pour mousser les personnalités au détriment des causes. Et ce que nous voyons à l'oeuvre, c'est bien le scénario classique de ceux et celles qui succombent aux sirènes de la popularité au détriment de la rigueur nécessaire pour faire advenir le but visé.
    D'un point de vue situationniste, il n'y a ni acteurs ni spectateurs mais bien des citoyens et des citoyennes revendiquant une conception de l'éducation qui soit en accord avec leurs valeurs.
    Non à la marchandisation du savoir, bien sûr! Mais ce n'est là qu'un premier pas dans une démarche plus globale : une reformulation des savoirs enseignés selon une autre logique que celle du néolibéralisme qui vient pervertir la vision du monde du citoyen et l'asservir à une pensée unique. Et puis, pourquoi pas la création d'une université libre à Montréal!