Du bon et du mauvais usage des mots au temps de l’agitation étudiante

Il faut faire la distinction entre les termes « actions de perturbations », « violence » et « vandalisme » qui, souvent amalgamés au mot « manifestation », s’entremêlent dans un fourre-tout.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Il faut faire la distinction entre les termes « actions de perturbations », « violence » et « vandalisme » qui, souvent amalgamés au mot « manifestation », s’entremêlent dans un fourre-tout.

Condamner plutôt que se dissocier de la violence. Boycott ou grève. Au-delà de l’argumentaire pour ou contre la hausse des droits de scolarité, le conflit entre le gouvernement et les étudiants s’est livré sur un autre terrain : celui des mots. Des débats oratoires éloquents aux pirouettes sémantiques, voyons comment les deux camps ont su en faire bon usage.

« On n’est plus dans un argumentaire pour ou contre la hausse des droits de scolarité : on est littéralement dans une guerre de mots », déclare sans ambages l’observateur des médias, Bernard Motulsky. Et bien souvent, rappelle-t-il, lorsque les deux parties, bien campées sur des positions radicalement opposées, refusent de lâcher du lest et de faire des concessions, la bataille finit par se livrer sur le terrain du vocabulaire. « On le voit souvent entre des patrons et un syndicat lors de négociations de convention collective, par exemple. Il y a des mots qu’on ne va pas vouloir voir au texte et on va se battre pendant des semaines pour les faire changer. Le poids des mots n’est pas du tout insignifiant, et la preuve ici, c’est que les deux parties, tant le gouvernement que les étudiants, s’y sont accrochées. Et même les médias sont tombés dans le jeu », soutient le philosophe de formation et professeur au département de communication sociale et publique de l’UQAM.


Haut la main


Reste que, de part et d’autre, la maîtrise du discours et l’habileté à manier la langue surprennent. Et loin d’être des cancres, souligne M. Motulsky, les étudiants ont réussi haut la main leur cours de communication 101. « La stratégie des étudiants en matière de communication a été extrêmement efficace. Ils se sont organisés pour occuper l’espace médiatique de façon quotidienne, en saucissonnant leurs actions et leurs réactions », a-t-il noté. Le gouvernement use d’une stratégie différente, plus pondérée. « Il n’y a pas de dénonciation forte, on répète le message, calmement », analyse-t-il.


Hormis la controversée « blague » de Jean Charest, il n’y a eu que très peu de « pelure de banane » en près de trois mois de conflit, croit M. Motulsky. C’est d’ailleurs parce que les deux parties ont mené des stratégies de communication exemplaires (et un peu parce que le Canadien n’a pas fait les séries) que le conflit s’est inscrit dans la durée, croit-il. Le philosophe Christian Nadeau de l’Université de Montréal croit, au contraire, que dérapage il y eut, notamment dans les médias. Selon lui, une majorité de journalistes et commentateurs ont infantilisé le discours et les leaders étudiants (Gabriel, Léo, Martine…) afin de leur retirer toute forme de légitimité. Des exemples ? Dans un mépris assumé, Christian Dufour, chroniqueur au Journal de Montréal, a comparé Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), à un « batteur de femme » à l’émission de Denis Lévesque à TVA. Simon Durivage de RDI lui a raccroché au nez. « Les médias ne respectent pas les codes de déontologie. Je suis convaincu qu’en ce moment, beaucoup de journalistes savent exactement ce qu’ils sont en train de faire. Je me demande donc s’il est acceptable que les médias servent cette fin de délégitimation d’un mouvement démocratique », dit le professeur.

 

Bijoux de rhétorique


Qu’elle soit, au sens de Platon, une manipulation de l’auditoire ou un « art du bien dit », suivant la formule du premier orateur Quintilien, force est d’admettre que la rhétorique est savamment maîtrisée dans le débat qui a cours. « Les tactiques de communications sont très bien maîtrisées, les messages clés, les phrases simples qu’on répète, etc. La meilleure façon d’être compris, c’est de ne pas se lancer dans de grandes explications, mais de s’en tenir à des messages courts », constate Bernard Motulsky. Plus ça punche…


À ce sujet, la formule « 50 cents par jour », prononcée par la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, vendredi dernier pour parler de la hausse, est un petit bijou. « C’est très habile », reconnaît le philosophe et enseignant au Cégep du Vieux-Montréal, Xavier Brouillette. Selon lui, il y a là un sophisme, celui de la donnée détachée : « On peut vous demander : “votre loyer, c’est combien de sous par jour”. Mais c’est combien de sous pendant combien de temps ? Une hausse des droits de scolarité sur sept ans, pour quelqu’un qui fait son baccalauréat, c’est une donnée qui ne veut rien dire. La personne qui va rentrer à l’université demain va quand même payer 50 sous de plus qu’une autre et s’endetter de la même manière », explique-t-il.


La notion de « juste part », a également fait partie de la stratégie du gouvernement pour rallier l’opinion publique, soit les contribuables. « On nous dit que les étudiants doivent payer leur juste part et ne pas refiler la facture aux contribuables. Comme s’il y avait une contradiction entre les deux. Comme si un étudiant ne pouvait pas payer de l’impôt lui aussi », remarque M. Brouillette, en rappelant que la notion de « justice » n’est pas définie dans cette expression. « C’est un euphémisme, une façon de nous dire quoi penser. George Orwell dit que ces expressions toutes faites font qu’on ne réfléchit plus à leur sens initial. »


Par ailleurs, le premier ministre et plusieurs membres du gouvernement prononcent « CLASSÉ » au lieu de « CLASSE ». « C’est en référence à la CASSÉÉ, qui était l’ancien groupe de l’époque [2005] qui avait été exclu des discussions. C’est jouer sur la sémantique. Et on ne veut surtout pas dire que les gens de la CLASSE en ont. »

 

Grève ou boycott


« Grève » et « Boycott » : Cette dualité incarne parfaitement la guerre de mots que se livrent les deux camps. Les étudiants ont choisi le mot grève, terme utilisé dans toutes les luttes étudiantes des dernières années. Le gouvernement s’est rabattu sur le mot « boycott » après avoir, on l’oublie, maintes fois utilisé « grève », à l’instar des étudiants. Pour Xavier Brouillette, ce revirement habile a été effectué pour délégitimer le mouvement étudiant. « Une grève, ça a une notion politique tandis qu’un boycott, c’est un refus. Une grève c’est une revendication, mais un boycott, c’est quelque chose de caché », a-t-il expliqué. Et contrairement à la grève, qui évoque quelque chose de « collectif », le boycott est un acte individuel qui relève davantage dune logique économique. « Je peux boycotter le Walmart, mais ça ne veut pas dire que mon voisin va le faire. Le boycott est un geste individuel. C’est la vision économique : “j’ai payé pour mes cours, mais je refuse d’y aller”. C’est une relation contractuelle. »

 

Un prétexte


« Condamner » ou « se dissocier » : Le gouvernement a exigé des associations étudiantes qu’elles « condamnent » la violence comme condition pour entamer des pourparlers. Après les deux fédérations, la CLASSE a elle aussi fini par adopter une motion en ce sens, mais a insisté pour continuer les actes de désobéissance civile. « On comprend bien que c’était un prétexte pour le gouvernement, qui a essayé de diviser le mouvement », note Xavier Brouillette. Car encore faudrait-il définir la violence. « Si on parle de violence, les policiers en font aussi. Ce n’est pas parce qu’ils ont légalement le droit de charger que ce n’est pas violent. » Il appelle à faire la distinction entre les termes « actions de perturbation », « violence » et « vandalisme » qui, souvent amalgamés au mot « manifestation », s’entremêlent dans un fourre-tout et confondent. « On veut que les gens pensent qu’une manifestation perturbe. Mais une manifestation, c’est là où les gens manifestent oui, mais leur pensée et leur désaccord.»


Au final, à trop vouloir donner du sens aux mots, le débat a peut-être fini par tomber sous le sens. « Il a été d’abord économique, il est ensuite devenu juridique et avant d’en être un sur la violence. Mais à travers ça, a-t-on vraiment parlé d’éducation ? », conclut le philosophe.

9 commentaires
  • arabe - Inscrit 30 avril 2012 06 h 42

    Vous avez oublié la déformation sémantique la plus flagrante.

    Cette déformation sémantique flagrante est l'utilisation du mot "étudiants" (10 fois sur 11 dans cet article) pour désigner non pas "les étudiants" mais les boycotteurs: cette minorité (36 % des étudiants) qui boycottent leur cours.

    Mais qui est donc la majorité étudiante, pour vous? Une quantité négligeable qu'on doit ignorer à tout prix? C'est en tout cas ce que je retiens de vos articles.

    Le journaliste Yves Boisvert a très bien résumé le topo:

    "Mine de rien, les deux tiers des étudiants et élèves des universités et cégeps du Québec sont en train de terminer leur trimestre sans drame.

    À peu près tous les étudiants en sciences, en économie, en commerce, en maths, en droit, en génie, en médecine et en pharmacie sont hors du mouvement.

    Les associations qui ont voté pour la grève sont essentiellement celles de départements de sciences sociales et humaines et d’arts.”

    • Raymond Richard - Inscrit 30 avril 2012 09 h 29

      Et pourtant, lors de la grande marche du 22 mars dernier où je m'étais rendu, j'ai été surpris de voir que toutes les facultés de médecine du Québec marchaient derrière leurs bannières. J'ai aussi vu les étudiants en chimie, en bio-chimie, en diverses sciences.

      Et je n'ai pas tout vu: trop de monde, trop de pancartes, trop de bannières.

      C'est justement leur présence qui a fait que je me suis rallié à leur cause. C'est là que j'ai compris que cette crise nous dépassait, que sa portée était majeure.

      Ce jour-là, et sans cesse depuis, j'ai pu discuter avec plusieurs d'entre eux. Leurs champs d'études variés continue de m'étonner.

      Je ne peux donc croire ce qu'a affirmé M. Yves Boisvert.

    • arabe - Inscrit 30 avril 2012 11 h 36

      @Raymond Richard, les gens que vous mentionnez ont boycotté leurs cours pendant 1 journée! Ce que vous ne comprenez pas, c'est qu'il y a une énorme différence entre boycotter ses cours pendant 1 journée ou moins d'1 semaine (ce qu'ont fait ceux que vous mentionnez), et le faire pendant des mois.

      Boycotter ses cours pendant moins d'une semaine, cela permet d'exprimer une opinion SANS brimer la liberté de ceux qui désirent continuer à étudier et ceux qui sont contre le boycott. Tout le monde s'entend que perdre 1 ou 2 jours de cours ne met nullement en péril un semestre ou la qualitté de l'éducation reçue.

      C'est ça qui est honteux et totalitaire chez les boycotteurs actuels, qui sont à peu près tous en Arts, Lettres et Science humaines à l'exclusion de tous les autres domaines (ceux qui vont nous donner la plupart des véritables leaders): ils briment la liberté de la minorité substantielle, en Arts, Lettres et Sciences humaines qui désire depuisi plusieurs semaines assister à ses cours.

      Ça c'est scandaleux. Le fait que vous ne croyez pas l'excellent journaliste Yves Boisvert en dit très long sur la faible qualité de la couverture médiatique sur le boycott étudiant.

    • biodray - Inscrite 2 mai 2012 10 h 46

      @Olivier Banville

      Bon on va clarifier un point: faire la GRÈVE pendant un jour ne brime pas la liberté des autres. Cependant, pensez-vous que ça aurait eu le moindre impact? 180 000 étudiants en grève depuis des semaines et il n'y a encore qu'une ouverture minimale aux revendications. Et les autres qui ne sont pas en grève, rien ne dit qu'ils appuient les positions de la ministre! Tout ce que ça dit, c'est qu'ils n'étaient pas prêts à perdre leur session et je les respecte dans leur décision.

      Et SVP, cessez de dénigrer les programmes de Sciences humaines et d'Arts et Lettres. On a besoin de spécialistes dans tous les domaines, n'en déplaise au gens comme vous. Ils ne briment pas la liberté des autres, puisque chaque association étudiante (ce qui est souvent programme par programme) est appelée à se prononcer. Je ne vois pas comment un étudiant de Sciences politiques pourrait influer sur le vote en Génie ou en Soins infirmiers.

      En terminant, en quoi différer d'opinion par rapport à un journaliste signifie que la couverture médiatique du mouvement est mauvaise? Je suis d'accord avec vous, la couverture médiatique est plutot boiteuse, mais votre argument ne tient juste pas la route. Surtout que M. Richard était présent en personne à l'événement et de par cette présence en sait déjà un peu plus que vous sur ce qui c'est véritablement produit. C'est quand on cesse de remettre en question les médias que l'on arrête de penser.

      P.P.S. Prière de relire l'article ci-haut. Votre emploi du mot boycott me dresse le poil. Le boycott c'est une action individuelle, la grève en est une collective. Il y a eu des votes démocratiques (oui oui, même à main levée! allez à n'importe quel congrès de parti politique pour voir comment ça se passe) et partant de là, toute grève est légitime. Si une majorité de votants se prononce pour une motion, qu'elle soit adoptée! Si quelqu'un veut renverser la décision, on convoque un autre vote et

  • Geneviève Soly - Abonné 30 avril 2012 08 h 45

    Un événement artistiques majeur d'étudiants

    Merci madame Gervais de cette belle leçon nécessaire et éclirante.

    Et pour répondre à ceux qui discréditent les étudiantEs en grève, je peux donner un bel exemple qu'ils ont tout de même droit - malgré le conflit - à leur noms d'étudiants:

    J'étais présente hier soir à l'église St-Jean-Baptiste lors du concert organisé et joué par les étudiantEs des Conservatoires de Musique et d'art dramatiques (+ certains de l'UdM et de collèges dont je ne me rappelle plus lesquels) pour entendre, voir et sentir ce qui s'y passait et je le relate en quelques phrases: quel événement! Le Sacre du Printemps de Stravinsky avec la chorégraphie de Pina Bausch, et, après l'entracte, la 5e de Tchaikovski. Un événement artistique et engagé exemplaire et formidable! De la musique à plein - imaginez cet orchestre de jeunes étudiants en pleine possession de leurs moyens techniques et émotifs dans des œuvres semblables devant une foule - l'église pleine à craquer, balcons inclus, je dirais au-delà de 2 300 personnes - en même temps totalement silencieuse pendant l'interprétation et hurlante en temps opportun: après le discours de marc Béland en introduction, après celles du jeune chef dont le nom m'échappe malheureusement - Andrei ? - il n'y avait pas de programme bien entendu: déjà héroïque que les jeunes aient pu organiser tout cela par eux-mêmes, d'autant plus lorsqu'on connait les bâtons dans les roues mis par la direction du conservatoire dont l'imposition d'un tarif horaire de répétition dans les locaux du conservatoire, sous prétexte fallacieux que l'activité en cours n'était pas reconnue "pédagogique", qu'elle était "hors-programme"! - merci au collège de Saint-Laurent d'avoir accueilli les musicien-ne-s pour ces répétitions!).

    Bref, une soirée mémorable qui s'inscrit parfaitement dans le mouvement actuel et lors de laquelle les étudiantEs ont brillament illustré ce qu'ils sont.

    Geneviève Soly

  • Jean de Cuir - Abonné 30 avril 2012 15 h 54

    Mots pour le dire!

    Les mots sont dans la tête! Et là ça cogite. Fin (s), intérêt (s), passion, énergie, récits antérieurs, tant d'opérations mentales plus ou moins conscientes, plus ou moins critiques, s'allient ou se bousculent selon et selon, pour mousser, refuter, proposer, etc. Ne croyons pas que l'ensemble des opérations mentales sont simples. Depuis le voir, l'entendre, le toucher, le sentir, le goûter, les nombreuses enquêtes, les imaginaires (imaginations), les modes de compréhension, les conceptions, les formulations, les réflexions avec les mises en ordre des faits et leur pesée, le jugement, avec délibération, évaluation, et décision, et la mise en récit oralement ou par l'écrit, ne voit-on pas que tout est une dynamique portée par un sujet-personne. Or, chaque personne est dans une histoire et en procès. Il importe de peser les mots. Peser suppose des critères, les critères des options, celles-ci des finalités. Ce qui aggace c'est de perdre le fil de tel ou tel récit. "A", le gouvernement, a tenté de tisser une toile étanche ( le gel des frais est indiscutable ); tous ses discours furent penser en fonction de cela. Dérapage quand on affirme d'un côté, la porte est fermée quant aux frais de scolarité, mais ma porte est ouverte pour négocier. Dérapages quand on cherche à diviser un ensemble, les étudiants, quand on vise certaines personnes, quand on inflitre les manifestations. Les étudiants, "B", sont placés dans une position d' infériorité : questionnement sur leur légitimité, sur leur manière de fonctionnner, sur leur représentativité, leurs perturbations, leurs violences, etc. La relation entre "A" et "B" se présente comme une relation de pouvoir : le refus de négocier vraiment, la position d' inflexibilité, en est une de domination, d'autant que l'inflexible appelle l'autre à la flexibilté. Je dirai que la rhétorique est au service de la domination.

  • Karine Tremblay - Inscrite 1 mai 2012 11 h 47

    "grève des étudiants" est dans le dictionnaire...!

    Line Beauchamp nous a aussi montré "l'étendue de son ignorance" en rejetant l'expression "grève des étudiants" qu'on retrouve pourtant dans le Petit Robert:
    2. grève n. f. [...] Arrêt volontaire et collectif d'une activité, par revendication ou protestation. Grève des étudiants. [...]

  • Pierre Lincourt - Abonné 2 mai 2012 15 h 10

    Moins d'un cent par jour!

    Dans l’article d’Alexandre Shields intitulé « Les redevances minières, un secret bien gardé», paru dans Le Devoir le 20 avril, nous apprenons que la facture de la restauration de sites miniers abandonnés pourrait s’élever à 1,25 milliard de dollars, entièrement à la charge de l’État québécois.

    J’y ai vu un lien avec le débat sur les frais de scolarité parce que nous avons là un bel exemple de personnes («morales») qui refilent la facture à d’autres. Je me suis demandé pour quelles raisons les minières, ces mauvais payeurs qui nous laissé tant de résidus toxiques, ne font pas l’objet d’un harcèlement aussi intense que les étudiants grévistes.

    Un simple calcul m’a ouvert les yeux. En effet, prenons cette facture de 1,25 milliard de dollars et divisons-la par 5 ans; nous obtenons 250 M $. Divisons ce résultat par 8 M (le nombre d’habitants au Québec), et nous en arrivons au montant ridicule de 31,25 $ par personne par année. Et chaque jour? Si je divise 31,25 $ par 365 jours, j’obtiens un résultat de moins de un cent (oui, un cent, comme dans «une cenne» la tonne) par citoyen. C’est peut-être pour cette raison que l’État accepte de si bonne grâce de faire le ménage à nos frais après l’abandon de sites miniers.

    Pierre Lincourt
    Abonné
    Montréal