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    La mobilisation des étudiants ne faiblit pas

    28 avril 2012 |Mélissa Guillemette | Éducation
    Une foule importante s'est massée au centre-ville de Montréal tard hier soir pour s'opposer à la «solution» avancée par Jean Charest.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Une foule importante s'est massée au centre-ville de Montréal tard hier soir pour s'opposer à la «solution» avancée par Jean Charest.
    L’offre que Québec a présentée hier n’a pas freiné la mobilisation des étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité. Les manifestations se sont poursuivies et des votes de grève ont même été reconduits.

    C’est le cas aux cégeps de Saint-Jean-sur-Richelieu, d’Ahuntsic et de l’Outaouais.


    En réaction à la proposition du gouvernement, une manifestation nommée « C’est pas une offre, c’est une insulte ! » s’est organisée à Montréal en soirée. Plusieurs centaines de personnes étaient présentes. En moins d’une heure, le cortège ayant dévié de l’itinéraire prévu, les policiers l’ont bloqué au coin d’une rue. Les manifestants ont crié : « S’il vous plaît, tassez-vous ! », et après une dizaine de minutes, les policiers se sont écartés pour les laisser passer. Au moment de mettre sous presse, la manifestation, qui se poursuivait pacifiquement, venait d’être déclarée illégale. Une autre manifestation organisée à Montréal en après-midi s’était déroulée sans anicroche.


    À Québec, une manifestation en après-midi s’est soldée par de nombreuses arrestations. Les manifestants qui déferlaient sur la Grande-Allée assurent qu’ils étaient entièrement pacifiques. Au total, 80 personnes ont cependant été interpellées « pour s’être trouvées sur la chaussée » et ont chacune récolté une amende de 444 $, a expliqué la porte-parole du Service de police de la Ville de Québec, Catherine Viel. Un autre individu a reçu un constat pour « entrave » au travail des policiers.


    La mobilisation dans les écoles secondaires montréalaises se poursuit, même si les deux établissements où a eu lieu une grève de trois jours ont repris les cours hier. C’était au tour des élèves de l’école Père-Marquette, dans La Petite-Patrie, de tenir un piquet de grève hier. D’autres écoles pourraient suivre cette semaine et des élèves de l’école Paul-Gérin-Lajoie-d’Outremont comptent bien faire du piquetage en dehors des heures de classe cette semaine. La Commission scolaire de Montréal invite les parents à téléphoner à l’école de leur enfant le matin pour savoir si elle est fermée pour cause de débrayage.


    Si la mobilisation contre la hausse des droits de scolarité ne faiblit pas, l’un de ses porte-parole en paie le prix. Une page Facebook créée jeudi demandant la démission du coporte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité étudiante, Gabriel Nadeau-Dubois, avait réuni 4460 personnes hier en soirée.


    Injonction prolongée


    Par ailleurs, la Cour supérieure a prolongé hier l’injonction provisoire qui oblige l’Université du Québec en Outaouais à donner les cours malgré la grève. Cette injonction comprend un ajout : elle ordonne à l’établissement d’offrir des examens ailleurs qu’en classe. Le recteur de l’établissement, Jean Vaillancourt, a indiqué que « les professeurs vont convenir avec les étudiants d’autres modes d’évaluation des apprentissages, a-t-il expliqué en conférence de presse. Nous sommes confiants qu’en collaboration avec les professeurs et les personnes chargées de cours, nous serons en mesure de permettre à nos étudiants de terminer leur trimestre d’hiver ».

     

    Une semaine riche en rebondissements


    Vendredi 20 avril : À l’intérieur du Palais des congrès, le premier ministre, Jean Charest, reçoit des gens d’affaires intéressés par le développement du Plan Nord, où il lance une plaisanterie visant les étudiants qui provoque l’hilarité générale. À l’extérieur, la rue est le théâtre d’affrontements violents entre les policiers et des manifestants. Dans le lot, des casseurs qui n’ont rien à voir avec la cause étudiante. Bilan : environ 20 arrestations et 6 blessés.


    Dimanche 22 avril : Réunie en congrès, la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) adopte une motion condamnant la violence qui porte atteinte à l’intégrité physique des individus. Des étudiants se joignent à la grande marche pacifique du Jour de la terre.


    Lundi 23 avril : À condition qu’il y ait trêve interdisant la tenue d’actions de perturbation économique et sociale, la ministre de l’Éducation accepte de s’asseoir à la table des négociations avec les trois grandes associations étudiantes, soit la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), la CLASSE et la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ).


    Mardi 24 avril : Tandis que les négociations se poursuivent, aucun incident majeur de perturbation n’a lieu. Une manifestation, organisée par une association étudiante de l’UQAM, se tient en soirée. Bilan : vitres fracassées, un blessé, trois arrestations.


    Mercredi 25 avril : La ministre de l’Éducation exclut la CLASSE des négociations. Elle la rend responsable d’actes de violence et de vandalisme perpétrés la veille et l’accuse d’inciter à la violence en faisant l’annonce sur son site Web de « l’ostie de grosse manif de soir ». Ni l’un ni l’autre des événements n’est organisé par la CLASSE. Solidaires, la FEUQ et la FECQ claquent la porte des négociations. Le soir venu, la manifestation en question, où la police reconnaît la présence de casseurs qui n’ont rien à voir avec les étudiants, dégénère. Bilan : 85 arrestations et un blessé.


    Jeudi 26 avril : La FEUQ invite le gouvernement à reprendre les négociations et propose de céder deux de ses sièges à des membres de la CLASSE. La ministre de l’Éducation refuse. Le soir, près de 2000 personnes manifestent pacifiquement sous la pluie dans les rues de Montréal.


    Vendredi 27 avril : Aux côtés du premier ministre Jean Charest, la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, fait une offre : un étalement sur 7 ans de la hausse des droits de scolarité, une bonification du régime de prêts et bourses et un conseil sur la gouvernance des universités. Les leaders étudiants l’accueillent froidement, mais promettent de la soumettre aux associations qu’ils représentent.

    Une foule importante s'est massée au centre-ville de Montréal tard hier soir pour s'opposer à la «solution» avancée par Jean Charest. Une foule importante s'est massée au centre-ville de Montréal tard hier soir. Trente-cinq personnes, dont six d'âge mineur, ont été arrêtées au cours de la quatrième manifestation étudiante en autant de soirs qui s'est déroulée hier à Montréal.












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