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Libre opinion – Les coups de matraque

27 avril 2012 | Léa Clermont-Dion - Étudiante en science politique | Éducation
Le rassemblement nocturne visant à exprimer notre mécontentement face à l’expulsion de la CLASSE à la table des négociations a débuté calmement mercredi soir. Nous étions des milliers à marcher pacifiquement. Pa-ci-fi-que-ment comme dans tranquillement, doucement, flegmatiquement, froidement, paisiblement, posément, sagement, sereinement. Nous étions souriants. Oui, ai-je bien dit souriants. Souriants malgré l’impasse de la journée, souriants malgré toutes ces semaines de non-ouverture, souriants malgré, malgré et malgré.

Mais le chaos a débuté sans crier gare. Nous avons alors arrêté de sourire. Un chaos parmi d’autres? Un chaos de trop créé artificiellement par le SPVM. Cette violence légitimisée (ah oui ?) était adressée à l’endroit de jeunes manifestants.


Je récapitule pour ceux qui n’y étaient pas: nous marchions pacifiquement sur la rue Ste-Catherine quand plusieurs bombes lacrymogènes ont été lancées dans la foule. Incompréhension? Certes, une incompréhension profonde devant une telle provocation alors que la calme régnait parmi nous.


Pas d’avertissement clair de notre point de vue de la manifestation. La violence policière s’est alors fait sentir par les gaz et ce, trop rapidement.


Résultat? Un amoncellement de manifestants pacifiques agressés par les bombes lacrymogènes, entassés comme des sardines et cherchant désespérément leur souffle. L’air était empoisonné. Les uns pleuraient, les autres toussaient. Bref: la routine ingrate.


Permettez-moi cet aparté un peu plus personnel, une historiette parmi des centaines d’autres hier soir.


Un ami, un garçon de vingt ans, un jeune comédien, un travailleur supportant les étudiants, m’accompagnait lors de ladite manifestation. Après avoir été étouffés par les gaz, nous marchions sur la rue Ste-Catherine lors du dispersement. De loin, nous avons pu voir l’anti-émeute arriver rapidement. Nous avons alors tenté de quitter la rue. Dommage. L’antiémeute s’est mise à courir trop vite. Après la foule. Après nous.


Nous avons alors été isolés près d’une église par quelques policiers. Mon ami a été pris d’assaut par ceux-là. À terre, sous mes yeux, il s’est fait battre violemment, sans raison particulière, à coups de matraque par ces «supposés agents de la paix». J’ai alors imploré le policier de le laisser tranquille.


À son tour de me répondre en me pointant sa matraque violemment: «Décalisse ostie de conne!»


Les policiers ont alors quitté les lieux nous laissant en plan.


Je vous l’ai dit, nous étions des milliers à marcher pa-ci-fi-que-ment. Hier soir, le SPVM a agi de manière inacceptable. L’arrogance du gouvernement actuel a raisonné une fois de plus par de violents coups de matraque adressés à des citoyens pacifiques.


Madame Beauchamp, j’ai hâte que vous condamniez les violences abusives des brigades anti-émeutes du SPVM qui font preuve de provocation vraiment très peu subtile.

***


Léa Clermont-Dion - Étudiante en science politique
 
 
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