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    Grève étudiante - Machiavel à Québec

    Son invitation à discuter, dans le calme, était la bienvenue. Mais en jouant la carte de la trêve non respectée pour exclure l’« impertinente » CLASSE des négos, la ministre de l’Éducation a littéralement mis le feu aux poudres. Elle appelle au calme, mais du même souffle, elle attise la colère. À la tension et l’exaspération ambiantes s’ajoute désormais une vive inquiétude.

    Un y avait presque cru à cette pause dans un moment d’extrême tension, le temps de laisser deux camps opposés discuter. Mais la « trêve » fut de courte durée. Le gouvernement a choisi d’y mettre fin en agrippant le premier prétexte périphérique venu pour expulser cette CLASSE dont il n’a jamais voulu à sa table.

    La suite des choses ne sera pas paisible, on l’a vu hier soir. Ce geste de provocation, survenant là où on ne l’attendait plus, s’ajoute à tout l’échafaudage d’arrogance et de mépris dont les étudiants ne veulent plus. La riposte par la rue ? C’est un appel qu’on sentait malheureusement monter hier, sitôt le point de presse de Mme Beauchamp terminé. Après cette rupture, c’est le cul-de-sac.

    La ministre vilipende la confusion entretenue par la CLASSE, qui négocie et manifeste en même temps, et lui montre le coin de la punition pour un babillard contenant des gros mots, voilà la vérité. La CLASSE, son congrès, ses porte-parole n’ont plus le contrôle d’un groupe de 86 000 grévistes en rogne, voilà aussi la vérité. Les déclarations du premier ministre au Salon Plan Nord vendredi dernier, et puis cet ajout ministériel hier, enveniment une situation qui a déjà trop duré : une autre vérité. Il y a même au sein de la CLASSE des étudiants minoritaires, mais bruyants, qui se retournent contre leur propre organisation ! Vrai !

    On parle des étudiants comme s’ils était tous des casseurs, mais comment recevoir la volte-face policière d’hier soir après cette manifestation menée dans le centre-ville montréalais dans un appréciable calme? Une autre couche de provocation, rien de moins. On parlera seulement des excès des jeunes, mais la marche d’hier a été perturbée par la police sans qu’on n’y comprenne rien. Jusqu’à l’assaut des troupes policières, tout se passait bien.

    Cette confusion entretenue de manière volontaire, où l’on tronque une portion de la réalité au gré des humeurs officielles, ne peut plus durer. La vraie ambiguïté est du côté du gouvernement, dont on peine à comprendre la stratégie. Tout cela mènera-t-il à des élections ? Si oui, qu’on le dise clairement !

    Les leaders étudiants ont parlé de discussions cordiales à la table de négociation, mais confié que la hausse des droits fut à peine effleurée. Peut-être parce que cela n’a jamais été à l’ordre du jour officiel. Les libéraux auraient-ils à gagner à déclencher des élections sur un tel grabuge ? Certains semblent penser que oui, même si cela a des allures très nauséabondes de machiavélisme, dans le sens où ce serait gouverner sans morale.

    L’odieux porté hier par la ministre Beauchamp se retournera contre les étudiants, si d’aventure les choses dérapaient encore au-dehors. Est-ce là le souhait d’un gouvernement sans scrupule ?


     
     
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