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    Négociations avec les étudiants - Le suspense se poursuit à Québec

    Le climat s'est envenimé à l'Assemblée nationale

    25 avril 2012 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
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	Hier, les cours ont été suspendus dans deux écoles secondaires, l’école Joseph-François-Perrault (ci-dessus) et l’Académie de Roberval, où les élèves ont voté démocratiquement la semaine dernière trois jours de grève en solidarité avec le mouvement étudiant. </div>
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
    Hier, les cours ont été suspendus dans deux écoles secondaires, l’école Joseph-François-Perrault (ci-dessus) et l’Académie de Roberval, où les élèves ont voté démocratiquement la semaine dernière trois jours de grève en solidarité avec le mouvement étudiant. 
    Le milieu de l'éducation retient son souffle alors que le premier blitz de négociations entre la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, et les quatre organisations étudiantes s'achève cet après-midi. Le délai de 48 heures pour dénouer la crise sera allongé si nécessaire, a laissé entendre la ministre. Compte tenu du « ton respectueux » des pourparlers, elle a dit vouloir « laisser les discussions se faire ».

    Toutefois la trêve devra continuer, a-t-elle insisté. Aucune action de perturbation économique ou sociale ne devra être perpétrée et endossée par les groupes d'étudiants en négociations. Si le trajet est fourni et qu'elles sont pacifiques, les manifestations sont tolérées. « Ce qu'on ne veut pas, c'est des ponts ou la Banque Nationale bloqués », a indiqué Hélène Sauvageau, l'attachée de presse de la ministre.

    Alors que l'appel au calme de la ministre Beauchamp a été passablement respecté hier, c'est à l'Assemblée nationale que le climat s'est envenimé. Dans un échange musclé, la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a exigé que le premier ministre, Jean Charest, s'excuse pour ses propos « méprisants » tenus lors du Salon Plan Nord vendredi dernier, ce qu'il a refusé de faire. M. Charest n'a pas non plus renié les propos qu'il a tenus plus tôt hier en matinée, laissant entendre que son gouvernement avait toujours tendu la main aux étudiants. « Depuis très longtemps qu'on veut se mettre à la table, enfin nous y sommes. Ça a pris du temps pour les associations de venir à la table, mais nous y sommes », avait-il déclaré.

    Enfin, interrogé à savoir si une baisse, un moratoire ou un étalement des droits de scolarité faisaient partie des négociations, le premier ministre a indiqué que celles-ci ne se tiendraient pas sur la place publique. À son tour, il n'a pas manqué sa chance de rappeler à Mme Marois qu'elle n'avait toujours pas fait connaître sa position sur le sujet. « Pourquoi est-elle incapable de dire aux Québécois la position qu'elle, et son parti, défend ? Si ce n'est pas un échec lamentable de leadership », a dit M. Charest, en déplorant qu'elle continue de porter le carré rouge.

    Manifestations d'élèves du secondaire

    Hier, les cours de deux écoles, Joseph-François-Perrault et l'Académie de Roberval, ont été suspendus, les élèves ayant voté démocratiquement la semaine dernière trois jours de grève en solidarité avec le mouvement étudiant. Des manifestations et des piquets de grève se sont tenus en face des établissements. Le même scénario pourrait vraisemblablement se reproduire aujourd'hui, malgré un avertissement de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) qui demande aux élèves de reprendre les cours pour permettre le dénouement de la situation. « Compte tenu de la demande de trêve [...], toute nouvelle action pourrait être perçue comme un élément perturbateur », a fait savoir la CSDM par voie de communiqué. Les cours ont également été perturbés à l'école Édouard-Montpetit sans qu'ils soient annulés.

    Le premier ministre a répété qu'il souhaitait que les étudiants retournent en classe sans plus attendre. « Nous espérons, nous voulons, que pendant la période où il y a discussion, et après, que les étudiants restent à leurs cours, qu'ils ne boycottent pas leurs propres cours », a-t-il soutenu.

    Malgré le calme apparent dans les rues et dans la majorité des campus, la tension est maintenue en raison du recours aux injonctions. À Montréal, un juge a entendu la requête d'étudiants du cégep Saint-Laurent qui souhaitaient retourner en classe. À Sherbrooke, environ une centaine d'étudiants ont occupé le pavillon de l'administration du cégep, protestant contre la décision de la Cour supérieure rendue la semaine dernière, qui forçait la reprise des cours. La ministre de l'Éducation n'a pas dit si cette occupation constituait ou non un bris de trêve.

    Des étudiants ont par ailleurs reconduit la grève dans plusieurs établissements, dont ceux du cégep Montmorency et de l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal (2e cycle). Par contre, la tentative de relancer la grève a échoué au cégep de Drummondville. À ce jour, sept cégeps au moins ont dû annuler leur session d'été. Quelque 180 000 étudiants sont actuellement en grève.

    Impatience et inquiétude

    Au 73e jour de grève, l'inquiétude croît particulièrement au sein des milieux qui auront besoin de la main-d'oeuvre étudiante l'été venu. L'Association québécoise du loisir municipal (AQLM) a dit craindre que certains services soient compromis. « On pourrait se retrouver en juin avec de belles journées chaudes et des piscines fermées », a dit Luc Toupin, le directeur général de l'AQLM. La préparation des camps de jour qui se fait normalement en juin pourrait aussi souffrir de la prolongation de la session. « Presque 100 % des camps de jour font appel à la main-d'oeuvre étudiante », a-t-il expliqué.

    Par ailleurs, Amnistie internationale croit que la police est allée trop loin et interpelle le gouvernement sur la façon dont la sécurité est assurée durant les manifestations. L'approche et les tactiques des forces policières ont entraîné « des violations des droits fondamentaux », a conclu l'organisation en se basant sur la plainte déposée par un professeur de l'Université du Québec à Montréal, qui a été matraqué lors de l'émeute vendredi dernier, ainsi que sur des témoignages, récits journalistiques et autres rapports.

    En cette période de trêve, des manifestations continueront d'avoir lieu. Les deux fédérations étudiantes collégiale et universitaire tiendront une manifestation demain pour maintenir la pression tandis que cet après-midi, à la place Émilie-Gamelin, c'est la CLASSE qui invite tout un chacun à manifester afin de souligner ironiquement la fin des sessions universitaires. En temps normal, les cours de la session d'hiver auraient dû se terminer aujourd'hui.

    L'Association facultaire étudiante de science politique et droit de l'UQAM a quant à elle reporté à ce soir une manifestation à laquelle au moins 1200 personnes ont confirmé leur présence sur Facebook. « Nous voulons nous assurer d'avoir un maximum de gens pour troubler la paix sociale asservissante si chère à Line », pouvait-on lire.

    À 21h30 hier soir, une manifestation a réuni quelques centaines de personnes au parc Émilie-Gamelin. Les manifestants se sont déplacés vers l'ouest, d'abord de façon pacifique, puis des vitres de voitures ont été brisées et des feux d'artifice ont été lancés. «Ce n'est pas une manifestation de la CLASSE, a indiqué un groupe de manifestants au carré rouge interrogés au sujet de la trêve. On est juste des étudiants qui avons choisi individuellement de faire une manifestation.»

    Cette dernière a été déclarée illégale environ une heure après le départ et les manifestants se sont dispersés en groupes. Des dizaines de voitures de police se déplaçaient dans le Quartier des spectacles.

    ***

    Avec La Presse canadienne
     
     
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