La CLASSE avait prévu d'« exiger », pas de « négocier »

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	Après plusieurs semaines de grève marquées par de nombreuses manifestations, les fédérations étudiantes se sont assises avec le gouvernement pour trouver une issue au conflit. </div>
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
Après plusieurs semaines de grève marquées par de nombreuses manifestations, les fédérations étudiantes se sont assises avec le gouvernement pour trouver une issue au conflit. 

Québec — Ne pas « négocier » mais « exiger » : tel est le mandat qu'a obtenu le quatuor de représentants de la CLASSE, une des quatre associations étudiantes à participer depuis lundi aux pourparlers de sortie de crise avec le gouvernement.

Ces représentants ont été élus parmi sept candidats le 18 février lors d'un Congrès de la Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). Jusqu'à lundi, l'organisation était considérée comme une indésirable par Québec. « Ce comité, dit de négociation, devra non pas négocier, mais exiger », arguait Philippe Lapointe dans une lettre ouverte où il défendait sa candidature en février. L'étudiant à l'UQAM est aussi responsable aux affaires académiques sur l'exécutif de la CLASSE. « Je n'aime pas négocier, je n'aime pas les fédés [fédérations étudiantes] et je n'aime pas le gouvernement », affirmait dans sa lettre Shanie Morasse, étudiante à l'UQAM aussi élue au comité. Mme Morasse y expliquait qu'elle n'aime pas ce type de réunion « dans lesquelles personne ne s'aime et que tout est faux » et où, « quand tu quittes la salle, tu as mal aux joues parce que tu as trop fait des sourires "fake"». « De toute façon, moi je n'ai pas vraiment envie de négocier, moi je veux exiger ce que le Congrès exige. »

Conformément à la structure de « démocratie directe » qui fonde la CLASSE, le comité n'a pas de marge de manoeuvre et doit se rapporter aux assemblées. « Le fait que ce comité n'a aucun pouvoir le rend vraiment cool », notait Mme Morasse. Un autre membre élu, Nicolas Lachance-Barbeau, dans sa lettre, affirmait qu'aller « s'asseoir avec les gens du ministère de l'Éducation » était « contre [ses] valeurs ». « J'ai finalement compris que c'est justement PARCE QUE c'est contre mes principes qu'on me le demande », opinait l'étudiant à l'Université de Sherbrooke avant d'ajouter : « En processus de négociation, je suis plutôt connu pour ne pas négocier. Ça tombe bien. »

L'autre élu au comité, Justin Arcand, du cégep de Valleyfield, expliquait pour sa part dans sa missive que toute négociation entre les étudiants et le gouvernement devrait se tenir « à l'extérieur » en signe de transparence, proposition que « Mme Beauchamp et ses acolytes n'accepteront sûrement pas » étant donné leur « attitude de petite-bourgeoisie et leur historique de manigance ». M. Arcand promettait aussi de lutter contre les « magouilles gouvernementales et fédérationnelles ».

Le Devoir a appris que le gouvernement a choisi d'opposer aux étudiants l'avocat Pierre Pilote de la firme Gowlings, qui a été négociateur en chef du gouvernement au moment du renouvellement des conventions collectives des syndicats du secteur public, Clément D'Astous, le secrétaire associé au sous-secrétariat aux politiques budgétaires et aux programmes et Christiane Piché, sous-ministre adjointe à l'enseignement supérieur au MELS.

Quant à la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), elle a délégué dans la capitale quatre membres de son exécutif sous l'égide d'une « négociatrice en chef », la porte-parole Martine Desjardins. L'accompagnent le vice-président exécutif, Yanick Grégoire, le vice-président aux affaires universitaires, Laurent Gauthier, et la vice-présidente aux affaires sociopolitiques, Ariane Campeau.

La Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ), représentant des associations de l'Université Laval, McGill et Sherbrooke qui ont rompu avec la FEUQ en 2005, a aussi deux représentants : Simon Gosselin et Paul-Émile Auger. Enfin, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) est représentée par son président, Léo Bureau-Blouin, ainsi que son vice-président, Simon Harvey.
31 commentaires
  • Q1234 - Inscrite 25 avril 2012 06 h 42

    Ils ont raison!

    Ce gouvernement est entrain de défaire tout ce qui a été acquis de hautes luttes. On doit exiger qu'il cesse de démolir le Québec! Ils ont bien raison nos jeunes et ils le savent!

    Bravo!

    • Francois Robitaille - Inscrit 25 avril 2012 07 h 53

      De ce que j'ai entendu, à date, de la part de Gabriel Nadeau-Dubois...

      C'est plutôt la CLASSE qui semble vouloir détruire le Québec actuel, en souhaitant un état comuniste!

    • Carole Dionne - Inscrite 25 avril 2012 09 h 03

      On a le droit de se servir de sa tête au Québec

      Les acquis ne peuvent perdurer dans le temps. Je vous donne un exemple bien simple: si on reçoit une bombe atomique sur le coco, vous allez voir que les acquis vont prendre le bord. L'instruction ne sera pas en tête de liste de nos demandes. Lâchez les acquis. cela est bon pour les syndicats et encore. Eux mêmes, quand ils voeint leur compagnie ferer, ils coupent dans des supposés acquis.

    • Mario Cyr - Inscrit 25 avril 2012 09 h 12

      @ Carole Dionne Si nous recevons une bombe atomique sur la tête, le principal acquis que nous allons perdre, c'est la vie. En attendant, on peut rechercher une plus grande égalité des chances, une meilleure répartition des richesses et une plus grande justice sociale.

    • Mario Cyr - Inscrit 25 avril 2012 09 h 20

      @ Francois Robitaille La chasse aux sorcières, le maccarthysme, ça fonctionnait dans les années 50. Plus maintenant. Pour votre info, la guerre froide est terminée.

    • plan sud - Inscrit 25 avril 2012 09 h 45

      Alors Mme Dionne, la gratuité en santé est-ce un acquis qui devrait lui aussi prendre le champs.

      Quand pour parler des valeurs de la jeunesse d'aujourd'hui on passe par des ex. de bombe atomique...

      Il ne faut jamais oublier que c'est nous qui avons amené notre économie où elle est. Jean Charest disait: On est pret. Ca fait maintenant 10 ans. Et aujourd'hui il dit: Faisons payer les jeunes. S'ils veulent un avenir pour payer nos dettes et nos pensions, qu'ils paient dès aujourd'hui...

      Merci Madame.

    • Francois Robitaille - Inscrit 25 avril 2012 10 h 08

      @Mario Cyr: Quelle est le rapport avec la guerre froide? Je fais juste remettre à la surface, certain propos très clair de M. Dubois. Nous ne vivons pas dans un Québec comuniste, et je ne pense pas ce c'est l'objectif de la moyenne des ours.

    • Francois Robitaille - Inscrit 25 avril 2012 10 h 18

      J'ajouterais, exiger plutot de négocier, ce n'est pas très démocratique non-plus. Nous somme en face d'un groupe qui pense que la désobéissance civile est justifié pour des frais de scolarités!!! Ce serait quoi si une VRAI injustice arrivait!

    • Carole Dionne - Inscrite 25 avril 2012 10 h 36

      Bien oui

      Il se peut que la gratuité des soins prenne le champs. Imaginez cet acquis!!! Facile à dire les grandes déclarations mais encore, faut-il en avoir les moyens. Désolé, on vit sur la terre et présentem,ent la seule chose en commune entre les nations, c'est l'argent. Je sais que les jeunes sont prêtes à révolutionner le monde mais cela n'a pas encore été fait malgré les tentatives des étudiants ( dont moi) qui vous ont précédé.

    • Eric Allard - Inscrit 25 avril 2012 12 h 27

      La chasse aux "commies", c'était l'Inquisition des années 50... arrivez en 2012!!!

      Ce n'est pas parce qu'une population choisit l'entraide au lieu de la libéralisation sauvage qu'il devient communiste. Il y a un juste milieu, et c'est cet équilibre qu'il faut trouver.

      Et ce que fait Charest (avec sa ministre) est en train de nous faire reculer, comme société, sur la recherche de cet équilibre.

    • Trobadorem - Inscrit 25 avril 2012 15 h 19

      @ C. Dionne et monsieur F. Robitaille: « Dès que quelqu'un comprend qu'il est contraire à sa dignité d'homme d'obéir à des lois injustes, aucune tyrannie ne peut l'asservir. » Gandhi

      Ce dernier disait: " il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l'homme, mais pas assez pour assouvir son avidité."

      Et cette avidité origine de la peur des hommes de ne pas pouvoir répondre à leurs besoins. Sous la férule du consumérisme, ces besoins deviennent de plus en plus nombreux et oppressant. Et tout en douce, on nous fait croire que nos services de base comme la santé et l’éducation doivent être coupés, car « il n’y a plus d’argent ».

      Pour négocier avec cette peur du manque, les oligarques s'accaparent et contrôlent tout ce qui les entoure. L'argent devient alors le baromètre sacré, le veau d'or et l'ultime justificatif pour rationner le peuple. Quelle ironie !: http://www.youtube.com/watch?v=fIyPMzaK_Cc&fea )

      Madame Dionne, vous écrivez : "…la seule chose en commun entre les nations, c'est l'argent." Pas tout à fait. Je vous invite à regarder les enfants autour de vous pour constater que la curiosité, le goût de découvrir et d'apprendre sont quelques traits partagés entres eux. Ca se complique lorsqu'ils vieillissent parce qu'on leur impose un système où l'argent et la recherche d'argent tue ou engourdie leurs naturelles propensions à apprendre tout en jouant.

      Dans un monde riche comme le nôtre où le gaspillage est monnaie courante, où ceux qui pillent (de façon légale) sont récompensés par des primes au rendement (http://finance.blog.lemonde.fr/2009/12/10/les-bonu ), ou le peuple est accablé par une dette (fictive) colossale, il y a certainement lieu de sortir des sentiers battus et préparer un nouveau terrain pour nos enfants...ces enfants qui ironiquement, sont ceux qui nous montre le chemin...

  • plan sud - Inscrit 25 avril 2012 06 h 50

    Pierre Pilote

    Conseillé auprès des entreprises..... Il est membre de plusieurs associations en plus d’avoir occupé des postes d’envergure...au sein du conseil de l'unité Canadienne...

    Quand envergure est attachée avec unité canadienne...

    Alors pour prouver sa bonne foi, et son ouverture, le ministre en charge de la jeunesse laisse négocier un des principaux chefs de file du tourner en rond. J'imagine que Jean Charest a des choses plus importantes à faire que de s'occuper de notre jeunesse.

    • Elisabeth Doyon - Inscrite 25 avril 2012 10 h 22

      Je pense que la jeunesse a un peu prouvé qu'elle pouvait s'occuper d'elle-même! Le pauvre Pierre Pilote va avoir affaire à des gens qui se préparent depuis 2 mois à négocier... bonne chance!

  • Nunu - Inscrite 25 avril 2012 07 h 16

    L'avocat doit être

    libéral.

  • Michele - Inscrite 25 avril 2012 08 h 05

    Un choix de société

    La décision de hausser ou non les frais de scolarité ne devrait pas être l'apanage des étudiants et du gouvernement. C'est une question de société qui devrait être issue d'une réflexion éclairée. Il faut une Commission d'enquête sur l'enseignement chargée d'étudier la question.

  • Mario Cyr - Inscrit 25 avril 2012 08 h 53

    Et la ministre?

    Avec les conditions qu'elle impose (condamnation de la violence et trêve), Line Beauchamp ne semble-t-elle plus empressée d'exiger que de négocier?