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    Université de Montréal: toute la musique...

    «La moitié du budget du centre de recherche passe en financement étudiant»

    21 avril 2012 |Catherine Lalonde | Éducation
    Photo: Agence Reuters
    Depuis sa création en 2004, l'Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM) pose des questions et cherche des réponses sur tous, tous, tous les aspects de la musique. Regard sur un centre de recherche qui scrute au plus profond des notes.

    «On a au Québec une société musicale », estime Michel Duchesneau, directeur de l'OICRM. Hautboïste et musicologue, formé aussi «sur le tas» en administration des arts, l'homme est arrivé à l'Université de Montréal, en 2002, pour monter le centre de recherche. «Les gens ici aiment la musique, ils s'y intéressent. On compte une quantité extraordinaire d'artistes en proportion de la population, et ce, dans toutes les sphères musicales. Au Québec aujourd'hui, il y a une fabuleuse concentration de recherche, entre l'Université McGill, qui a son centre de recherche, le nôtre, qui regroupe l'Université Laval, l'Université de Montréal, des chercheurs issus d'à peu près toutes les universités, et beaucoup de partenaires étrangers.»

    Apprendre, faire et comprendre


    L'OICRM comprend neuf unités, qui, ensemble, couvrent un vaste prisme de prospection. Une quarantaine de membres et plus d'une centaine d'étudiants en forment le noyau dur. «Si on simplifie, c'est un centre de recherche dont l'objet est la musique, déployé sur trois axes: apprendre, faire et comprendre», vulgarise le directeur. S'y pensent, sous le volet «apprendre», les paramètres de la pédagogie musicale: «Les méthodes d'apprentissage, le développement des réflexes, les conditionnements, les méthodes, les concepts théoriques qui sont derrière l'enseignement moderne et qui sont développés grâce à la psychologie... Même des aspects de santé, comme la question des postures des musiciens, par exemple.»

    Jouer et composer sont aussi, à l'OICRM, des champs d'étude. «Les recherches des gens en pédagogie sur les postures des élèves ont des retombées inévitables pour la pratique professionnelle. Ce qui nous distingue d'autres centres, c'est qu'on compte, chez les membres de l'Observatoire, des musicologues, des compositeurs, des pédagogues, des interprètes. La cohabitation est le moteur initial, qui génère une activité de recherche diversifiée.» Les disciplines se croisent. L'Observatoire en appelle régulièrement à l'histoire de l'art, à la psychologie, à l'anthropologie, au cinéma, et, pour étudier l'acoustique, aux sciences informatiques.

    Pratique et science

    L'aspect plus théorique est vu sous le volet «comprendre», par les études historiques et analytiques de la musique, de ses aspects sociologiques, l'étude des répertoires et des pratiques musicales contemporaines, ainsi que l'analyse musicale. Des questions scientifiques dures, comme l'acoustique musicale, en font aussi partie. «On peut par exemple se demander quel bénéfice les gens trouvent à aller au concert. À Montréal, avec la nouvelle salle de l'OSM, on a aujourd'hui une piste de réponse intéressante. Il est clair que l'expérience acoustique compte. Mais qu'est-ce que cette expérience acoustique? Avec ces questions mises de l'avant, on s'aperçoit que la musique est un bassin de questionnement universel extraordinaire!», affirme le très enthousiaste directeur, Michel Duchesneau.

    Certaines recherches sont enracinées, très pratico-pratiques, comme ce projet sur le «développement des publics. On analyse ce qui a marché, ce qui peut marcher, pour voir comment on peut, dans les années à venir, développer des actions pertinentes.» Le colloque sur le 150e anniversaire de naissance de Claude Debussy a aussi été, pour l'OICRM, l'aboutissement d'un cycle de trois ans de recherche, qui se conclura par la publication des travaux effectués.

    Les laboratoires ne sont pas tous égaux. Certains fonctionnent déjà depuis des années, comme le Centre d'excellence en pédagogie musicale de l'Université Laval, le labo d'ethnomusicologie et le labo du cinéma, des arts médiatiques et des arts du son, qui «permet de voir à quel point la musique occupe une place fondamentale dans le 7e art».

    Le directeur résume: «On est en train de générer une nouvelle génération d'étudiants, bien plus compétents, avec une double ou triple formation. Certains ont suivi une série de cours en études cinématographiques, en musicologie, en composition musicale. Ils amalgament tout, sont capables d'aborder une problématique sous tous ses angles. Il ne faut pas oublier, surtout dans les circonstances actuelles, que la recherche finance considérablement les étudiants, pour les cycles supérieurs notamment. Ici, c'est une philosophie. Quelque 30 % de notre budget de base passe en bourses, une autre tranche de 30 % passe en fonds professionnels, quand on engage les étudiants: donc, plus de la moitié du budget du centre de recherche passe en financement étudiant. Ils sont, dans nos domaines, au coeur du projet.»
     
     
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