Aux recteurs de faire des efforts, dit Jean Garon
L'ex-ministre donne son appui aux étudiants et suggère de couper dans les administrations
L'ancien ministre de l'Éducation Jean Garon ajoute son grain de sel dans le conflit opposant les étudiants et le gouvernement. Tout en prenant le parti des étudiants, cet ex-politicien péquiste va même jusqu'à prôner la gratuité scolaire.
Dans une lettre très critique envoyée à certains médias hier, il soutient que la hausse des droits de scolarité n'est pas nécessaire et qu'il y a amplement à couper dans les administrations des universités, à commencer par le salaire des recteurs. «Il y a un ménage à faire dans la gestion des universités. Les recteurs ont tous des limousines aujourd'hui et des salaires faramineux», a-t-il déclaré au Devoir, avec la verve désinhibée qu'on lui connaît bien.
Pour changer un système, c'est par la tête qu'il faut commencer, note celui qui a été ministre de l'Éducation durant 16 mois entre 1994 et 1996. Il cite sa propre expérience en exemple, ayant dû renflouer les coffres des universités sans hausser les droits de scolarité ou les frais afférents. «Plutôt que de serrer la vis aux étudiants sur leurs prêts, j'ai renégocié les taux payés par le gouvernement aux banques pour le financement des dettes étudiantes», explique M. Garon dans sa lettre coup de gueule qui est disponible sur notre site Internet.
Il dit aussi avoir demandé aux commissions scolaires de mieux gérer leurs locaux en ne finançant plus les espaces vacants. «Ces deux exemples montrent qu'il y a de l'espace pour des économies dans un budget comme celui du ministère de l'Éducation, à la condition de se creuser la tête, de ne pas hésiter à déranger les establishments et de savoir compter», a-t-il signifié. Très critique envers la ministre Line Beauchamp, il dit avoir des doutes sur sa capacité à «faire la job» en précisant qu'actuellement, ce n'est pas le cas. «Moi, j'avais eu le mandat de Parizeau de faire le ménage en éducation. Elle, je ne sais pas quel mandat elle a. Si Charest lui a demandé de se coucher, elle ne fera rien», a-t-il soutenu.
Pour la gratuité
À l'instar de Guy Rocher, l'ex-ministre croit que la gratuité est possible et que c'est un choix politique «que le gouvernement ne peut reporter sur personne d'autre». «On est rendu dans le corporatisme américain. C'est scandaleux. Si on n'a pas la volonté politique de changer, tout le monde va imiter les dirigeants [d'université]. Et c'est la classe moyenne qui va payer», a-t-il déploré.
M. Garon appuie la proposition de la ministre Beauchamp de créer des mécanismes pour veiller à la bonne gestion du financement octroyé aux universités. Or, il rappelle que cet organisme de reddition compte existe déjà, soit la Commission parlementaire de l'éducation.
Enfin, M. Garon dit lui aussi souhaiter une sortie à la crise actuelle. «Je pense que les étudiants peuvent accepter de négocier, mais c'est à eux de décider», a-t-il indiqué. S'il trouve qu'ils ont bien joué leurs cartes jusqu'ici, il condamne néanmoins les gestes de violence, dont certains sont attribués au mouvement étudiant. «Briser, ce n'est jamais bon», a-t-il conclu.
Dans une lettre très critique envoyée à certains médias hier, il soutient que la hausse des droits de scolarité n'est pas nécessaire et qu'il y a amplement à couper dans les administrations des universités, à commencer par le salaire des recteurs. «Il y a un ménage à faire dans la gestion des universités. Les recteurs ont tous des limousines aujourd'hui et des salaires faramineux», a-t-il déclaré au Devoir, avec la verve désinhibée qu'on lui connaît bien.
Pour changer un système, c'est par la tête qu'il faut commencer, note celui qui a été ministre de l'Éducation durant 16 mois entre 1994 et 1996. Il cite sa propre expérience en exemple, ayant dû renflouer les coffres des universités sans hausser les droits de scolarité ou les frais afférents. «Plutôt que de serrer la vis aux étudiants sur leurs prêts, j'ai renégocié les taux payés par le gouvernement aux banques pour le financement des dettes étudiantes», explique M. Garon dans sa lettre coup de gueule qui est disponible sur notre site Internet.
Il dit aussi avoir demandé aux commissions scolaires de mieux gérer leurs locaux en ne finançant plus les espaces vacants. «Ces deux exemples montrent qu'il y a de l'espace pour des économies dans un budget comme celui du ministère de l'Éducation, à la condition de se creuser la tête, de ne pas hésiter à déranger les establishments et de savoir compter», a-t-il signifié. Très critique envers la ministre Line Beauchamp, il dit avoir des doutes sur sa capacité à «faire la job» en précisant qu'actuellement, ce n'est pas le cas. «Moi, j'avais eu le mandat de Parizeau de faire le ménage en éducation. Elle, je ne sais pas quel mandat elle a. Si Charest lui a demandé de se coucher, elle ne fera rien», a-t-il soutenu.
Pour la gratuité
À l'instar de Guy Rocher, l'ex-ministre croit que la gratuité est possible et que c'est un choix politique «que le gouvernement ne peut reporter sur personne d'autre». «On est rendu dans le corporatisme américain. C'est scandaleux. Si on n'a pas la volonté politique de changer, tout le monde va imiter les dirigeants [d'université]. Et c'est la classe moyenne qui va payer», a-t-il déploré.
M. Garon appuie la proposition de la ministre Beauchamp de créer des mécanismes pour veiller à la bonne gestion du financement octroyé aux universités. Or, il rappelle que cet organisme de reddition compte existe déjà, soit la Commission parlementaire de l'éducation.
Enfin, M. Garon dit lui aussi souhaiter une sortie à la crise actuelle. «Je pense que les étudiants peuvent accepter de négocier, mais c'est à eux de décider», a-t-il indiqué. S'il trouve qu'ils ont bien joué leurs cartes jusqu'ici, il condamne néanmoins les gestes de violence, dont certains sont attribués au mouvement étudiant. «Briser, ce n'est jamais bon», a-t-il conclu.








