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    Grève des étudiants - Un petit pas de Line Beauchamp

    La ministre de l'Éducation lance une invitation à la FEUQ seulement, un geste perçu comme une tentative de division par les étudiants

    Des centaines d’élèves du secondaire et de nombreux parents ont manifesté leur appui hier, à Montréal, à la lutte contre la hausse des droits de scolarité et pour la gratuité scolaire.<br />
    Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir Des centaines d’élèves du secondaire et de nombreux parents ont manifesté leur appui hier, à Montréal, à la lutte contre la hausse des droits de scolarité et pour la gratuité scolaire.
    Alors que le mouvement étudiant multiplie les actions pour sa dixième semaine de grève, Québec ouvre une petite porte à la discussion sur la question de... la gestion universitaire. Mais le gouvernement demeure ferme quant à la hausse des droits de scolarité.

    La ministre Line Beauchamp accepte de s'asseoir avec la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) afin de trouver des solutions pour une meilleure gestion des universités. Elle se dit prête à créer une commission d'évaluation indépendante et permanente sur la gestion universitaire, à laquelle participeraient les étudiants, comme l'a proposé la FEUQ samedi.

    «Nous répondons, oui, à cet appel, mais nous demeurons fermes sur la question de la hausse des droits de scolarité», a déclaré la ministre hier après-midi en conférence de presse. Y voit-elle une réelle solution pour mettre fin à la grève? «Répondre à une proposition adoptée par la FEUQ, selon moi, ce doit être porteur de solutions», a-t-elle indiqué. «C'est le bon sujet de discussion», puisque les autres avenues ouvertes par son gouvernement, dit-elle, soit l'accessibilité aux études et de nouvelles modalités d'aide financière «n'ont pas trouvé écho» auprès des étudiants.

    La FEUQ se réjouit des signes d'ouverture de Québec, si maigres sonégociaient-ils. «C'est un pas, mais un petit pas», a déclaré au Devoir Martine Desjardins, qui vient d'être reconduite à la présidence de l'organisation. Elle veut bien s'asseoir avec Line Beauchamp, mais elle impose ses conditions. D'une part, «le sujet [de la hausse] devra être abordé. Et on demande qu'elle invite également la CLASSE [Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante] à la table.»

    Stratégie de division


    En conférence de presse, Line Beauchamp a laissé entendre que la FEUQ et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) seraient ses seuls interlocuteurs. Elle juge que «la CLASSE se situe à un extrême du continuum dans les positions des organisations étudiantes» et «n'a jamais soumis aucune base de discussion». Elle déplore que son porte-parole n'ait pas dénoncé les actes de violence commis dans les derniers jours, notamment le saccage des bureaux de sa circonscription et les menaces de mort proférées contre des ministres.

    La CLASSE juge son exclusion des pourparlers «inacceptable» puisqu'elle rallie 47 % des grévistes (contre 20 % pour la FEUQ). «En tant qu'organisation principale de cette grève, on a plus que notre place dans ce dialogue-là», a déclaré au Devoir son porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois. La FEUQ et la CLASSE voient une «stratégie de division» dans le discours de la ministre.

    Chose certaine, l'ouverture de Line Beauchamp survient au moment où l'étau se resserre sur son gouvernement. D'une part, elle fouette l'ardeur des associations étudiantes à se solidariser et à se mobiliser encore. La FEUQ a clos son assemblée générale en annonçant une série d'actions pour cette dixième semaine de grève, dont une campagne de publicité radio, signée par le duo d'humoristes Les justiciers masqués. Une manifestation bâillon se tiendra mercredi pour dénoncer les nombreuses injonctions qui attaquent la démocratie étudiante, selon l'organisation. La FEUQ se joindra aussi à la grande manifestation du Jour de la Terre, le 22 avril.

    D'autre part, le Parti québécois et la Coalition avenir Québec (CAQ) ont vilipendé l'attitude du gouvernement libéral, alors que les étudiants s'engagent dans une 10e semaine de grève.

    Le chef de la CAQ, François Legault, a appelé le premier ministre Jean Charest à «discuter» avec les leaders étudiants à la fois d'accessibilité aux études supérieures et de gestion des universités, après quoi «il va falloir prendre les moyens pour que les étudiants retournent dans les classes, ceux qui le souhaitent».

    «Si j'étais à la place de Jean Charest, je ne serais pas allé au Brésil. Je pense qu'il est de son devoir de rencontrer le plus rapidement possible, il devrait le faire dans les prochaines heures, rencontrer les étudiants, une rencontre de la dernière chance. Je pense que les étudiants ont bien droit à ça, mais il doit rester ferme sur les frais de scolarité.»

    La chef du PQ, Pauline Marois, qui s'est engagée à abolir la hausse des droits de scolarité si elle est portée au pouvoir à l'issue de la prochaine campagne électorale, a dénoncé vertement l'abdication de «la première responsabilité d'un premier ministre» soit celle «de s'assurer qu'on ne divise pas pour régner».

    Pauline Marois n'appelle pas les 170 000 étudiants en grève à retourner en classe puisque «ce serait une forme de caution de Jean Charest».

    Marche secondaire

    Après la marche de samedi, qui a rallié 40 000 manifestants au centre-ville de Montréal, c'était au tour des écoles secondaires d'emboîter le pas aux universités et aux cégeps, hier, dans la lutte contre la hausse des droits de scolarité.

    Quelques centaines d'étudiants, de parents, d'amis se sont réunis entre 13h et 14h au pied de la statue Georges-Étienne-Cartier du mont Royal, par un soleil propice aux éclosions printanières.

    «Ce sont les élèves actuellement en secondaire trois qui vont être touchés à 100 % par la hausse, donc ils doivent être conscients, se mobiliser s'ils veulent bloquer la hausse pour que l'éducation reste accessible», a expliqué Alexandre Petitclerc, porte-parole de l'Association indépendante des étudiants du secondaire, organisatrice de la marche qui s'est terminée à la place Émilie-Gamelin.
     
     
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