Saccage du bureau de la ministre Line Beauchamp ce matin
Des professeurs réclament la démission de la ministre
Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) rapporte que vers 8h30, une quinzaine de personnes sont entrées dans l’immeuble où sont situés les bureaux de la ministre dans la circonscription de Bourassa-Sauvé, sur le boulevard Henri-Bourassa Est. Ils ont fracassé deux vitrines de portes et ont pu ensuite accéder au bureau de la ministre où ils se sont livrés à de nombreux actes de vandalisme.
Les policiers ont tenté de les intercepter mais n’ont réussi sur le coup qu’à mettre la main au collet dun journaliste du quotidien La Presse, Philippe Teisceira-Lessard, qui a par la suite été libéré. Les manifestants ont été rattrapés un peu plus tard et six ont été arrêtés, dont un photographe de La Presse, Martin Chamberland, qui a été relâché par la suite.
«Ces arrestations sont une atteinte grave à la liberté de presse, a déclaré Éric Trottier, vice-président à l'information de La Presse. Nos journalistes effectuaient leur travail dans le cadre normal de notre couverture des manifestations étudiantes. Je demande à la police de les relâcher immédiatement; je demande aussi à la police de nous restituer notre matériel journalistique, notamment nos images, sans en faire de copie.»
Charest attaque Marois
De son côté, le premier ministre Jean Charest en mission au Brésil a déclaré aujourd'hui que la chef péquiste Pauline Marois a une attitude antidémocratique en refusant de dénoncer la violence et l’intimidation des grévistes étudiants.
M. Charest s’est livré à une charge en règle contre la chef péquiste. Selon le premier ministre, Mme Marois est irresponsable et commet une faute impardonnable en ne dénonçant pas la violence et l’intimidation.
Lors d’un point de presse, M. Charest a affirmé que Mme Marois manquait de leadership en choisissant de rester silencieuse. Il a soutenu qu’au lieu de choisir la rue, Mme Marois aurait dû choisir la démocratie.
Malgré des questions répétées, le premier ministre a cependant refusé d’attribuer une quelconque responsabilité à Mme Marois dans la situation actuelle. «Là où elle aurait dû parler, là où elle aurait dû se prononcer, elle a choisi d’être silencieuse, a-t-il dit. Moi j’appelle ça de l’irresponsabilité, j’appelle ça un échec de leadership, c’est une abdication, c’est choisir la rue, au lieu de choisir la démocratie.»
À Montréal, lors d’une conférence de presse, Mme Marois a condamné l’attitude inflexible de M. Charest, l’enjoignant à faire preuve de leadership en discutant avec les étudiants grévistes, qui protestent contre une hausse de 1625 $ des droits de scolarité, sur une période de cinq ans.
«À mon avis, il devrait s’asseoir avec les étudiants et trouver une voie de passage, a-t-il dit. C’est sa responsabilité comme premier ministre. Il me semble qu’il devrait, comme premier ministre, assumer son leadership.»
La chef péquiste a accusé M. Charest de prolonger la crise pour se faire du capital politique. «Il diabolise les étudiants et jette de l’huile sur le feu, a-t-elle dit. Jean Charest est en train de créer une crise pour se faire du capital politique. S’il devait y avoir des débordements, c’est lui qui en sera le premier responsable.»
Par ailleurs, un groupe d’enseignants opposés à la hausse des droits de scolarité et disant représenter un millier de leurs collègues de tous les niveaux d’enseignement réclame la démission de la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp.
Les enseignants, dont les représentant tenaient aujourd'hui une conférence de presse au collège Ahuntsic, à Montréal, reprochent surtout à la ministre de leur avoir transférer la responsabilité de mettre fin au conflit, en refusant le dialogue et en exigeant la reprise des cours.
Selon eux, le refus de la ministre d’ouvrir un dialogue l’a placée dans une position où elle ne peut plus reculer sans perdre la face politiquement, et il est donc nécessaire qu’elle quitte ses fonctions pour être remplacée par un interlocuteur valable.
Les enseignants font valoir que la démarche de Mme Beauchamp les place dans une position intenable — entre l’obligation d’offrir leur cours et le respect de la démocratie là où les étudiants ont voté en faveur d’un boycott des cours.








