Grève étudiante - Un certain climat de panique s'installe

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir

Tension accrue entre les policiers et les manifestants, retour en classe forcé dans un cégep, procédures judiciaires et intimidation. Alors que le conflit au sujet de la hausse des droits de scolarité approche son point de non-retour, les gestes de panique se multiplient de part et d'autre.

«Les cégeps sont en grève depuis longtemps et ce n'est pas étonnant de voir les administrations paniquer un peu. Mais la solution, ce n'est pas de mettre fin à la grève par la force, la solution c'est de de s'asseoir à une table. La ministre tente de casser le mouvement par la force au lieu de constater que ce que tout le monde demande, c'est qu'il y ait une négociation», a dit Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).

Il fait allusion au retour en classe forcé du cégep de Valleyfield aujourd'hui, décrété unilatéralement par la direction générale malgré le fait que les étudiants aient reconduit la grève à 55 % le 2 avril dernier. «Il faut envoyer un message clair. Démontrer que ça ne fonctionnera pas, ni par injonction ni par décret», a dit M. Nadeau-Dubois. Même s'il a reconnu que les cours seront fort probablement annulés aujourd'hui, le directeur général du cégep, Guy Laperrière, a indiqué que cette décision applicable est «nécessaire afin de préserver la session d'hiver».

Le retour des étudiants du cégep de Valleyfield, en grève depuis le 20 février, devait se faire tôt ce matin sous haute surveillance policière. La CLASSE dépêchera trois autobus d'étudiants qui formeront des piquets de grève. Les enseignants, qui ont voté unanimement une résolution dénonçant le geste de leur direction, sont contraints de retourner en classe. Ils se sont toutefois engagés à ne pas passer les piquets de grève. «On dénonce l'irresponsabilité du collège qui met en danger la sécurité de nos étudiants, a dit Mélanie Dutemple, professeure au cégep. On est en furie, c'est la démocratie qui est bafouée.»

Priorité aux cours

Appuyant la direction du cégep Valleyfield, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a lancé un appel hier à la poursuite des cours, appel qui a trouvé écho jusqu'au Brésil, où le premier ministre Jean Charest a aussi condamné l'intimidation à l'égard de ceux qui veulent étudier.

«Dans quelle sorte de société on vit, si on accepte que des personnes soient intimidées parce qu'elles veulent aller étudier?» Il a ajouté que le Québec venait de faire «un gros débat dans le domaine de la construction, on ne veut pas ça pour ailleurs», dans un autre secteur d'activité.

Pour Mme Beauchamp, le débrayage est illégal et ne peut donc pas être légitimité en vertu du Code du travail. «On est devant des gens dont certains décident de boycotter leurs cours, mais les autres, ils sont en plein droit de demander d'y avoir accès. C'est donc un rappel, et les injonctions gagnées par les étudiants le démontrent, en plus du possible recours collectif annoncé, on doit répondre en fonction de la loi», a-t-elle déclaré dans une entrevue télévisée à Radio-Canada, qu'elle a elle-même sollicitée.

La ministre rappelle que la majorité, soit 65 % des étudiants des universités et des cégeps, «suivent leurs cours dans des salles de classe et vont obtenir leur diplôme sans perturbation». Environ huit cégeps sont dans une situation critique en ce qui concerne le prolongement des sessions, mais il n'y a pas d'annulation pour l'instant, souligne-t-elle, à part des reports de sessions d'été.

Elle ne reconnaît pas non plus de coûts à cette grève qui dure depuis au moins huit semaines dans certains cas. «Il n'y a pas de coûts supplémentaires. Les professeurs sont disponibles pour donner les cours. Les sessions qui se termineraient au mois d'août, c'est en tout respect de la convention collective des professeurs. Ce n'est pas au chapitre des cours que ça présente des sommes importantes.»

Mme Beauchamp demeure ferme sur sa position: leur dialogue ne se fera pas sur la base du gel que réclament les étudiants. Ceux-ci n'entrevoient pas d'autres possibilités même s'ils souhaitent vivement discuter avec elle. «On est 180 000 personnes en grève. Elle ne faiblit pas. Elle va se poursuivre et le seul moyen de se sortir de l'impasse c'est de s'asseoir à table», a soutenu M. Nadeau-Dubois.

Marathon de manifestations

Tôt en matinée, plusieurs dizaines d'étudiants s'étaient massés devant l'immeuble de la Banque Nationale dans la rue de la Gauchetière Ouest pour en bloquer l'accès. Les policiers ont eu recours à du gaz irritant pour disperser les manifestants après avoir donné l'ordre de dispersion. Un homme de 23 ans a été arrêté sur les lieux pour voies de fait à l'endroit d'un policier. Un autre manifestant a été blessé à la cheville en quittant les lieux à la course. Un fâcheux événement s'est produit alors qu'une dame, qui a été victime d'un malaise à l'intérieur de l'immeuble, a dû attendre que les policiers libèrent l'entrée de l'édifice avant d'être prise en charge par Urgences Santé.

Un peu plus tard dans la journée, des étudiants ont tenté de pénétrer à l'intérieur d'un édifice à bureaux sis aux intersections de la rue Peel et du boulevard René-Lévesque. Un agent de sécurité, qui a tenté de leur bloquer l'accès, a été bousculé par les étudiants et a subi des blessures mineures. Celui-ci a déposé une plainte auprès du SPVM.

L'Association facultaire étudiante des langues et communication de l'UQAM (AFLEC) ont organisé une grande manifestation générale illimitée. Le concept? En partance du square Victoria, 12 manifestations se sont succédé pendant 12 heures, dont une à vélo. Hier, des étudiants ont également tenu des manifestations à Québec. Des succursales de la CIBC et de la Banque Nationale ont été occupées en matinée.

L'appui de professeurs

Les étudiants ont reçu hier l'appui de 524 professeurs d'université, qui, dans une lettre ouverte, dénoncent la conception du gouvernement «à courte vue du financement des universités». «Aux revendications — légitimes et argumentées — des étudiantes et étudiants, nous apportons notre soutien, aujourd'hui comme demain, pendant comme après la grève, quelle qu'en soit l'issue», écrivent les professeurs. Ils saluent «l'esprit critique» et «la persévérance» des étudiants qui ont ouvert un espace de réflexion, selon eux. «Ils méritent d'être écoutés», déclarent les signataires provenant des universités de différentes régions du Québec, de Rimouski à l'Outaouais.

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Avec La Presse canadienne

183 commentaires
  • marc.collin - Inscrit 12 avril 2012 02 h 01

    Les étudiants sont comme le gouvernement

    ils font comme eux ils tentent d'intimider.....

    • Carole Dionne - Inscrite 12 avril 2012 08 h 53

      Ce n'est pas une grève, est=ce asez clair ?


      Ce n'est pas une grève au sens du code du travail, est-ce assez clair? Oui je sais, vos leaders jouent sur les mots, lesdits mots qui leurs ont été mit dans la bouche par les syndicats qui en veulent à Charest. Effectivement, on pourrait appeler cela "une grève" comme la grève de la faim. Dans ce cas la`, la grève signifie "une interruption". mais quand on fait la grève de la faim, on empêche pas les autres de manger.

      Dans votre cas, vos leaders n'ont cessé de répéter que c'était "une grève" comme dans le cas des salariés. Et à cet effet, quand il y a grève, les salariés font une ligne de piquetage. Et quand il y a ligne de piquetage, on ne doit pas la traverser en principe.


      Mais ce n'est une grève comme celle là que vous faites ou avez le droit de faire. Le Code du travail du Québec s'applique au Québec pour des salariés, pas pour des étudiants, n'en déplaise à vos leaders.

      Maintenant, vous allez devoir payer encore plus: en plus d l'augmentation, il va y avoir des inconvénients majeurs. Pour certains d'entre vous, ce sera une belle leçon de vie. Pour dédommagement, retournez voir vos leaders...

    • Gilbert Talbot - Abonné 12 avril 2012 09 h 59

      Les associations étudiantes sont des organismes représentatifs des étudiants reconnue par la loi, ainsi que leur réglementaton interne et la façon dont ils prennent les votes de grève ou de moyen de pression. Il est faux de prétendre dans ce cadre que leur action est illégale : c'est le gouvernement qui cherche à intimider et menacé l'action étudiante.

    • Sylvain Labranche - Inscrit 12 avril 2012 10 h 05

      Et alors? Non, au sens strict du terme, ce n'est pas une grève. Maintenant quoi. Le mouvement ne vaut rien à vos yeux à a cause de cela. Les 200 000 personnes qui ont marché dans les rues ne comprenaient tout simplement pas le sens réel du mot grève?
      Pour ce qui est de payer encore plus, oui c'est vrai. Nous sommes prêts à payer plus pour que les étudiants de demain n'aient pas à subir la corruption et l'entêtement d'un gouvernement malade. Nous sommes prêts à payer plus pour une conception de l'éducation non pas comme un bien monétaire, mais pour la valeur intrinsèque de la connaissance. Nous sommes prêts à payer plus pour vous ouvrir les yeux et vous faire réaliser que le débat transcende présentement celuis des frais de scolarités. Nous sommes prêts à payer plus pour vous.

    • M. Enseignant - Inscrit 12 avril 2012 10 h 07

      @ Carole Dionne
      Je me réfère au Petit Robert 2012 pour la définition de grève pas au code du travail est-ce clair?? Votre raisonnement n'a d'égal que l'inexistance de votre solidarité sociale! Cessez de décourager ceux qui se battent pour les générations futures.

    • pinaute - Inscrit 12 avril 2012 10 h 09

      Les étudiants ont de piètres moyens de se faire entendre comparé aux interventions matraques de leur police asservie à l'autorité de Charest.

    • Sarah Fontaine - Inscrit 12 avril 2012 10 h 26

      Mon petit Robert m'indique que c'est une grève, Madame Dionne. La première grève étudiante a eu lieu au Moyen Âge et durant les siècles qui ont suivi on l'a appelé "Grève étudiante". Le dictionnaire et l'Histoire parlent de grève étudiante, ça n'a pas l'air de vous convenir.

      De plus, je tiens à vous rappeler que nos "leaders" sont des porte-paroles dont les actions proviennent de la décision de tous les étudiants lors de leurs instances. Nous ne sommes pas entraînés contre notre gré et nous sommes au courant des conséquences que la grève peut amener. Nous sommes des adultes comme vous, madame. Et pour votre "belle leçon de vie", se faire écraser par un gouvernement imbu de lui-même n'est PAS une belle leçon de vie.

    • Leys - Inscrit 12 avril 2012 10 h 31

      Ou comment jouer sur les mots pour déligitimer un mouvement... Il y a là un vide juridique, ce qui ne vous donne pas raison (ni tort)... Cela rappelle un peu ce qui se passait quand n'existait pas encore le droit de grève : on forçait la division des travailleurs, en appelant à la liberté individuelle (quel terme noble) de ceux qui voulaient se ranger du côté des patrons, quand on ne tirait pas simplement sur les "fauteurs de trouble". Oui, dans votre monde idéal, on écoute le boss, le bon père de famille, on lui est reconnaissant de ne pas nous faire crever de faim, de nous donner un salaire, de nous octroyer le droit de recevoir une éducation... Misère !!

    • Diane Gagné - Abonnée 12 avril 2012 10 h 35

      je crois plutôt qu'il revendique le droit de négocier, tout comme les travailleurs d'antant...

    • Marianne Garnier - Inscrit 12 avril 2012 10 h 59

      Selon l'Office québécois de la langue française, le mot grève est tout à fait viable pour définir le phénomène présent. C'est une grève politique, qui a pour définition, et je cite: "Grève dont l'objet est d'amener le gouvernement à modifier sa politique ou son attitude sur un point donné."

    • Eric Pauzé - Inscrit 12 avril 2012 11 h 53

      @ Carole Dionne. Je ne peux pas croire qu'après 7 semaines de conflits, on continue à sortir le quasi-argument que ce n'est pas une grève. Vouloir limiter le débat autour d'une question lexicale vous fait passer à côté du débat. Orwell avait un mot pour cela, dans son roman 1984: Novlangue, ou simplification lexicale rendant impossible l'expression des idées subversives et à éviter toute formulation de critique à l'État. Et c'est ce qui se passe, puisqu'ils sont nombreux à refuser d'ouvrir un débat à cause d'une simple raison lexicale.
      Et sachez que les étudiants ne se font pas manipuler par leurs leaders. Ce sont des gens qui, avec l'avènement de la réforme, apprennent depuis l'école primaire maintenant à développer leur esprit critique, émettre une opinion, la défendre et participer à la vie citoyenne. Ils ont des arguments qu'ils défendent, une vision de l'université pour laquelle ils se battent et ils connaissent les risques encourrus. Ils ne sont plus des ti-nenfants et sont capables de se prononcer sans avoir été manipulé par de méchants leaders syndicalistes...

    • Michel Richard - Inscrit 12 avril 2012 11 h 59

      @ Sarah Fontaine
      Laissons de côté la sémantique. Que ce soit une grève ou pas, un boycott ou pas n'a pas beaucoup d'importance. Ce qui est important, ce n'est pas l'étiquette.
      Par contre, il est important de corriger une de vos affirmations: vos "leaders" n'agissent pas conformément à une décision de tous les étudiants. Les 2/3 des étudiants post-secondaires du Québec ont voté contre la grève (ou le boycott, c'est selon) ou n'ont pas voté.
      Vos "leaders" ne représentent donc q'une minorité. C'est entre autres pour ça qu'ils ne peuvent pas vraiment revendiquer le droit de négocier.
      En réponse à M Gilbert Talbot, même si les boycotts (ou les grèves) ne sont pas illégaux en soi, les piquets où on empêche des étudiants d'accéder aux bâtiments le sont. Et je n'ai relevé aucun commentaire crédible à l'effet qu'un geste ou un autre du gouvernement aurait été illégal.

    • Rock Dumais - Inscrit 12 avril 2012 12 h 58

      À M Talbot
      Le gouvernement dit
      Que ceux qui veulent manifester, manifestent et en assument les conséquences.
      Que ceux qui veulent étudier puissent étudier, puissent le faire en récoltent les bénéfices.
      Ou est la menace? 25% de mes taxes sont à risque. N'ai-je pas droit au débat?
      Rock Dumais, abonné

    • Rock Dumais - Inscrit 12 avril 2012 12 h 59

      À Sylvain Labranche
      Qui ça "nous"?
      Rock Dumais, abonné

    • Rock Dumais - Inscrit 12 avril 2012 13 h 05

      À Pinaute
      Voyez les couvertures de presse et faites un pourcentage de la visibilité de chacun
      Les pro gel
      Les pro-hausse
      Le gouvernement
      De plus la police ne répond pas aux ordres de Charest; n'utilise pas la matraque à tort et à travers. Elle n'arrête pas les étudiants mais les manifestants qui troublent l'ordre public. C'est leur job.
      Rock Dumais, abonné

    • Rock Dumais - Inscrit 12 avril 2012 13 h 16

      À Sarah Fontaine.
      Je ne ferai pas de commentaires à propos de la sémantique. Le fait est que des étudiants veulent étudier, d'autres non; que des groupes sont majoritairement pour un boycot/grève, d'autres majoritairement contre; que, au total, les étudiants sont manifestement contre. Ou situez-vous la démocratie?
      Je suis heureux d'entendre que vous êtes au courant des conséquences que la grève peut amener et j'en conclus que vous les acceptez.
      Rock Dumais. abonné

    • Marie B - Inscrite 12 avril 2012 16 h 00

      Mme Dionne,
      Êtes-vous linguiste? Si non, ouvrez un Petit Robert à l'entrée « grève ».

    • Emile Essent - Inscrit 13 avril 2012 00 h 35

      -- Que se passe-t-il, est-ce une révolte ?

      -- Non sire, pas une révolte, une révolution !

    • Jacques Trottier - Inscrit 13 avril 2012 10 h 10

      Ce n'est pas une grève au lieu de priver un employeur de revenus, ce sont eux qui se privent de tout, c'est une croisade. Ils sont en train de se politiser et c'est bien mais c'est triste pour notre société de voir que nous n'écoutons pas nos enfants quant'ils nous interpellent. J'ai travaillé dans des cégeps et si au premier instant que les étudiants, nos enfants qui font l'apprentissage de la vie, étaient en demande nous leurs auriont fermé notre porte ils auraient cessé les cours et manifestés pour ce faire entendre. Le gouvernement aurait dû s'assoir avec eux le premier jour des manifestations et discuter. Les étudiants ne savent pas comment mettre un terme au conflit s'ils sont obligés de parler aux murs. Ne faisons pas comme en Afrique tous dans le stade et ont leurs rasent le crâne ce n'est pas québécois.

  • Yves Claudé - Inscrit 12 avril 2012 02 h 05

    Gouvernement libéral vs étudiants : lâcheté et démagogie !

    Je prévoyais, de la part du gouvernement, la préparation d’un coup de force contre le mouvement étudiant, dans un type de stratégie qui est habituellement employé contre le mouvement syndical. Je n’avais pas osé imaginer que le parti au pouvoir irait aussi loin, à la fois dans la démagogie et dans la lâcheté.

    En effet, après la pénible argumentation de la “juste part”, la propagande gouvernementale est montée d’un cran dans la démagogie en associant le mouvement étudiant à des formes d’intimidation qui auraient lieu dans l’industrie de la construction. Cette grossière démagogie a quand même le mérite de nous rappeler la corruption politique et financière de ce gouvernement.

    Il s’agit aussi d’une incommensurable lâcheté que je n’avais pas été à même d’anticiper. En effet, le gouvernement, n’ayant pas le courage de faire lui même la “job de bras” qu’il avait planifiée contre la jeunesse étudiante, s’emploie à faire exécuter cette stratégie honteuse et antidémocratique par les directions des universités et des Cégeps, sommées d’imposer sans délai le retour en classe. Il se cache aussi derrière quelques jeunes adhérents du PLQ pour la mise en œuvre d’un “recours collectif” qui pourrait mettre en faillite les associations étudiantes et ponctionner les ressources financières des institutions scolaires.

    Ainsi, le gouvernement a décidé de faire porter aux directions des établissements scolaires, l’odieux de son coup de force contre le mouvement étudiant ! Cette extrême lâcheté ne sera pas sans conséquences sur un climat qui s’annonce déjà tendu, dans les institutions scolaires, mais aussi dans les salles de cours elles-mêmes, avec des enseignants et des étudiants pris en otages par une stratégie gouvernementale intrinsèquement perverse.

    Quelque soit l’issue du conflit, il faut faire le constat que celui-ci est devenu politique !

    Yves Claudé

    • Daniel Savard - Inscrit 12 avril 2012 10 h 15

      Bravo pour votre commentaire. Ce gouvernement qui n'a rien su faire comme il faut depuis qu'il a été élu s'acharne à nous prouver au-delà de tout doute raisonnable son incompétence à diriger le Québec.

    • Marc-Andre Fortier - Abonné 12 avril 2012 11 h 01

      Merci monsieur Claudé. Espérons cette fois que les québécois auront de la mémoire lors des prochaines élections et qu'ils renverront monsieur Charest et son équipes sur les bancs de l'opposition et peut être même mieux dans certains cas, à la retraite.

      Je félicite cette jeunesse qui ose exprimer haut et fort sont ras le bol d'un système mis en place bien avant leur naissance. Qui sait, peut-être sommes-nous dûs pour une seconde révolution tranquille...

    • Louise Lefebvre - Inscrite 17 avril 2012 11 h 00

      Excellents commentaires...Quelle perspicacité!
      M. Charest est responsable des situations actuelles...et même possiblement l'instigateur des actions de vandalisme...car il est le seul gagnant quand il y a du vandalisme...cela augmente l'appui du public alors que les étudiants perdent des plumes...

  • Claude Martin - Abonné 12 avril 2012 02 h 10

    Un gouvernement dont les jours sont comptés...

    Décidément, le gouvernement Charest, qui a été le plus mauvais gouvernement du Québec depuis 50 ans, ne rate jamais l'occasion de se mettre les pieds dans les plats ! Plutôt que d'entreprendre un débat de fond concernant les coûts de scolarité dans les maisons d'enseignement du Québec, il préfère faire semblant que tout a été dit alors que le débat sur cette question importante n'a jamais encore commencé !
    J'espère que les Québécois se rappelleront, aux prochaines élections, du fait que ce gouvernement a systématiquement fui ses responsabilités dans tous les dossiers importants auxquels il a eu à faire face depuis son élection en 2003. Rappelons-lui que nous n'acceptons pas ces refus systématiques de responsabilités en les renvoyant à la maison lors de la prochaine élection ! C'est tout ce qu'ils méritent !

  • arabe - Inscrit 12 avril 2012 02 h 22

    Il n'y a aucun "retour en classe forcé du CEGEP de Valleyfield".

    Tous ceux qui préfèrent boycotter leurs cours au CEGEP de Valleyfield pourront continuer de le faire. C'est simplement que les cours auront lieu.

    Nous vivons dans un pays libre: tout étudiant a le droit de boycotter ses cours. Mais il n'a pas le droit d'empêcher les autres d'assister à leurs cours.

    • Francois Robitaille - Inscrit 12 avril 2012 08 h 26

      J'appuie!

    • Olivier Laroche - Inscrit 12 avril 2012 08 h 32

      Votre conception de la liberté est fort limitée. Elle se limite à la liberté individuelle. Vous ne semblez pas comprendre ce qu'est la démocratie qui mène, elle, à la liberté collective.
      Si une décision collective votée démocratiquement dit que les gens n'ont pas le droit de porter des armes, alors, aucun individu n'a le droit de le faire et un individu est en droit d'empêcher un autre d'avoir une arme.
      Votre liberté ressemble étrangement au chaos ou au "free for all".

    • Sylvain Auclair - Abonné 12 avril 2012 09 h 20

      Quand le Canada a déclaré la guerre à l'Allemagne, en 1939, avait-on la liberté d'appuyer l'Allemagne? Non. Il s'agit ici aussi d'une lutte.

    • Vincent Michaud - Abonné 12 avril 2012 09 h 21

      Je ferai un peu naïvement un parallèle, mais de quel droit empêche-t-on des travailleurs d'aller travailler dans le cas d'une grève. S'ils sont prêts à marchander leur main d'oeuvre pour moins cher et accepter les conditions de travail déjà en place, ne devrait-on pas encourager et non décourager l'utilisation de ces travailleurs. On est dans un pays libre, on a le droit de boycotter son travail mais pas d'empêcher les autres de s'y rendre?

    • arabe - Inscrit 12 avril 2012 09 h 43

      @Olivier Laroche: aucun étudiant du CEGEP de Valleyfield n’a délégué à quiconque, et encore moins une association étudiante, son droit légitime et souverain d’aller aux cours qu’il a payés (pardon, que nous, payeurs de taxe, avons payés en son nom), et de le faire en toute liberté, dans la sérénité et en l’absence d’intimidation et d’injures.

      De même, aucun étudiant n'a le droit d'empêcher un autre étudiant de boycotter ses cours. Ce ne sont pas tous les votes majoritaires qui imposent une ligne de conduite.

    • Michel Richard - Inscrit 12 avril 2012 10 h 29

      Attention. Faire un parallèle entre la lutte contre une augmentation de 1 625 $ par année et la lutte au nazisme est un peu exagéré, ne croyez vous pas ?

    • Leys - Inscrit 12 avril 2012 11 h 22

      @Vincent Michaud

      Un coup parti, on pourrait permettre aux patrons d'importer de la main-d'oeuvre de Chine ou du Mexique, qui accepterait de travailler dans les pires conditions au salaire minimum (et encore là, le salaire mimimum, quelle mesure socialiste !), histoire de rabaisser le caquet de nos syndicaleux (ou membres d'associations professionnelles)trop gâtés... Beau moyen de favoriser l'harmonie sociale !!

    • Leys - Inscrit 12 avril 2012 11 h 38

      Pour répondre à certains commentaires ci-haut, je dirais que la Chine est un excellent pays où prédomine la liberté individuelle (sans liberté collective). On a le droit de travailler mais le droit de grève y est interdit, on peut pratiquer sa religion mais les pouvoirs religieux sont monitorés par le pouvoir, on peut chiâler contre le gouvernement mais on n'a pas le droit de fonder de parti politique ou d'ong. Les étudiants là-bas, taxés de contre-révolutionnaires (on dirait révolutionnaires ici), ont fini écrasés sous les chars ou en prison. Si le Parti (Libéral) et le peuple ne sont pas d'accords, dirait Brecht, on n'a qu'à dissoudre le peuple.

    • Vincent Michaud - Abonné 12 avril 2012 15 h 18

      @ Leys
      C'est un peu où je voulais en venir. J'espérais en fait qu'on me pointe quelques éléments fondamentaux qui font qu'un groupe (disons des travailleurs) peut perturber, voir empiéter sur, les libertés individuelles de certains alors qu'un autre (disons les étudiants) ne peut pas.

    • lpalardy - Inscrit 14 avril 2012 09 h 26

      Et de l'aisser libre Accès aux Locaux sans tout démolir.
      L'éducation est un DROIT et aussi un privilège!
      Ce n'est pas une Obligation après 16ans...

    • Louise Lefebvre - Inscrite 17 avril 2012 11 h 07

      Diviser pour mieux régner...Charest est un expert de cette tactique.
      Si les étudiants veulent gagner leur cause, ils doivent rester unis...l'union fait la force...

  • Mathieu Christophe Cordeau - Inscrit 12 avril 2012 03 h 10

    Je suis désolé d'avoir été mis au monde Mme Beauchamp...

    Comment être moins dégouté et écoeurer par autant de condescendance de la part du gouvernement et d'une partie de la population désillusionné. Nous sommes désolés d'avoir été mis au monde, mais bon le condom a percé alors...nous revendiquons un droit que les générations précédentes ont légitimement eu droit.

    Aussi, je rappellerais bien que si des cégeps ont décidé de ne pas continuer la grève, ce n'est pas pour autant qu'ils appuient la hausse de Mme Beauchamp. Alors les 65% de culs assis sur les bancs d'école ne sont pas tous en accord de lourdement endetter l'avenir de notre peuple.

    De plus, j'aime bien que la ministre joue au dictionnaire des synonymes: un boycott (part définition, aller encourager le compétiteur)! Bien que les étudiants ne soient pas touchés par le Code du travail, un mouvement de protestation est tout aussi légal puisque nous sommes dans une «démocratie» [je commence à moins y croire].
    Pour en venir au fait, encourager les administrations et les étudiants «socialement responsable de leur propre personne et point celle de la collectivité» à forcer les lignes de piquetages ne sera pas sans danger. Le Code du travail et les articles concernant les grèves et les «scabs» ont été légiféreé pour empêcher des escalades de violences entre les grèviste et briseurs de grève. Ces mesures font suite à des décès lors de ces affrontements.

    Finalement, la ministre fait de la désinformation avec ses «65% de loyaux étudiants» qui ne sont pas tous pour la hausse. Si il y a escalade de violences à venir entre étudiants; la seule personne responsable ne peut être que Mme Beauchamp. Sur ce je lui souhaite une bonne nuit, on dit que ça porte conseil...


    M.-C. Cordeau, un étudiant politiquement indigné!

    • Francois Robitaille - Inscrit 12 avril 2012 08 h 34

      Le gouvernement a 2 tâches: Faire ce que la population demande et assurer la sécurité de nos citoyens. L'arogance de votre message est à mon avis bien plus dégoutant que les messages du gouvernement qui font ce qu'ils ont dit qu'ils ferons, soit de s'assurer que les finances publiques soient bien gérés....Bon ok c'est pas parfait, mais l'argent ne pousse pas dans les arbres. Ce n'est pas parce que 160 000 étudiants ne veulent pas d'une augmentations, armés d'arguments syndicalistes pas très logiques, que le gouvernement doit changer son fusil d'épaule.... C'est 7M de gens qu'ils représentent, pas 160 000....Les autres n'on pas donner leur avis!!! En 1968, le Québec s'est voter un accès à l'éducation supérieur, ils offraient aux gens de payer 75% de la facture, aujourd'hui c'est 89%... les libéraux ne veulent que rammener ça à 82%....en bref quand même mieux qu'à l'instoration du programme. Vous êtes des chialeux, influencés par des arguments irréalistes.!!!!

    • Sylvain Labranche - Inscrit 12 avril 2012 10 h 09

      Et vous êtes mal informé. Nos arguments sont pertinents, réalistes et, surtout, altruistes. Nous ne cherchons pas à vider les poches des travailleurs afin de pouvoir nous payer plus d'objets technologiques, comme le veut le fameux préjugé. Nous cherchons à offrir à tous la possibilité de s'éduquer sans que cela devienne un fardeau à porter, afin de former des citoyens allumés et brillants qui seront assez alertes pour ne pas élire de gouvernements tels que celui que nous avons présentement.
      Et franchement, de dire que puisque le reste du sept millions n'a pas donné leur avis, il ne serait pas réprésentés par une décision en faveur des étudiants est tout à fait absurde.

    • M. Enseignant - Inscrit 12 avril 2012 10 h 14

      Si la tâche du gouvernement est d'écouter les citoyens durant 1 an lorsque celui-ci demandait une enquête publique sur la corruption. Où était-il quand les gens ont du sortir pour battre la centrale du Suroît, le mont Orford, lorsque les gens étaient contre la baisse d'impôt de 900 millions... L'écoute de ce gouvernement est sélective et idéologique nous devons manifester pour avoir quelque chose avec ce gouvernement. Si vous voulez parler de la part des étudiants j'ai une question pour vous. En 1968 la part des étudiants était de 75% et on veut la ramener à 82% c'est bien. Ramenont la part des impôts des entreprises à 40% au lieu de 18% présentement. Si vous aimez tant les années '60...
      P.S: Il y a plus que 160 000 étuidiants en grève.

    • Daniel Savard - Inscrit 12 avril 2012 10 h 21

      @François Robitaille,

      et au nom de quel principe les étudiants d'aujourd'hui sont-ils responsables et doivent-ils éponger la facture parce que ceux qui les ont précédés ont bénéficié d'une éducation à meilleur prix? Ils n'ont pas à se voir imposer une hausse qui prend racine dans une indexation depuis les années 1970. Le PLQ n'a pas été élu pour réécrire l'histoire des 40 dernières années.

      Et la juste part dans les tarifs d'HQ? Vous la payez votre juste part? Et les garderies? Et tout le reste. Pourquoi les étudiants? Parce que ce gouvernement de pleutres ne sait que s'acharner sur ceux qu'il juge les moins bien outillés pour lui résister.

    • Sarah Fontaine - Inscrit 12 avril 2012 10 h 33

      Monsieur Robitaille, avant d'avancer l'hypothèse que les étudiants sont chiâleux, faites vos recherches. Peut-être en coûtait-il plus cher d'aller à l'Université en 1968, mais, justement, à cette date, seule l'élite économique pouvait s'y inscrire. Est-ce vraiment ce que nous voulons ?
      De plus, 160 000 étudiants, c'est en ce moment, rendus à la 8e semaine de grève. Au plus fort de la grève, le nombre était de 300 000 et, dans les Cégeps de Québec, ils ont beau avoir voté contre la grève, mais ils ont aussi voté contre la hausse !
      La grande partie des étudiants ne veulent pas de cette hausse et, avec ces étudiants, viennent les parents d'étudiants. Ça commence à faire beaucoup de monde.

    • lpalardy - Inscrit 14 avril 2012 09 h 34

      @Sarah "et au nom de quel principe les étudiants d'aujourd'hui sont-ils responsables et doivent-ils éponger la facture parce que ceux qui les ont précédés ont bénéficié d'une éducation à meilleur prix" Alors selon ce principe il faut faire pareil aujourd'hui? Pour laisser à la génération a venir un plus gros déficit. Si 8 semaines de "perte de temps" est une réussite, alors je crois que les frais de scolarité ne sont pas encore assez élevé, parce que lorsqu'on veut éviter de payer trop cher on se dépèche de finir.
      Au Fait, est-ce que que les étudiants font la grêve/Boycott du payement de leurs loyers? Pendant qu'ils font perdre le temps des policiers, des dirigants et de ceux qui veulent étudier?