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    Grève étudiante - Un certain climat de panique s'installe

    12 avril 2012 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
    Les cours ont été annulés pour la journée au Collège de Valleyfield
    Tension accrue entre les policiers et les manifestants, retour en classe forcé dans un cégep, procédures judiciaires et intimidation. Alors que le conflit au sujet de la hausse des droits de scolarité approche son point de non-retour, les gestes de panique se multiplient de part et d'autre.

    «Les cégeps sont en grève depuis longtemps et ce n'est pas étonnant de voir les administrations paniquer un peu. Mais la solution, ce n'est pas de mettre fin à la grève par la force, la solution c'est de de s'asseoir à une table. La ministre tente de casser le mouvement par la force au lieu de constater que ce que tout le monde demande, c'est qu'il y ait une négociation», a dit Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).

    Il fait allusion au retour en classe forcé du cégep de Valleyfield aujourd'hui, décrété unilatéralement par la direction générale malgré le fait que les étudiants aient reconduit la grève à 55 % le 2 avril dernier. «Il faut envoyer un message clair. Démontrer que ça ne fonctionnera pas, ni par injonction ni par décret», a dit M. Nadeau-Dubois. Même s'il a reconnu que les cours seront fort probablement annulés aujourd'hui, le directeur général du cégep, Guy Laperrière, a indiqué que cette décision applicable est «nécessaire afin de préserver la session d'hiver».

    Le retour des étudiants du cégep de Valleyfield, en grève depuis le 20 février, devait se faire tôt ce matin sous haute surveillance policière. La CLASSE dépêchera trois autobus d'étudiants qui formeront des piquets de grève. Les enseignants, qui ont voté unanimement une résolution dénonçant le geste de leur direction, sont contraints de retourner en classe. Ils se sont toutefois engagés à ne pas passer les piquets de grève. «On dénonce l'irresponsabilité du collège qui met en danger la sécurité de nos étudiants, a dit Mélanie Dutemple, professeure au cégep. On est en furie, c'est la démocratie qui est bafouée.»

    Priorité aux cours

    Appuyant la direction du cégep Valleyfield, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a lancé un appel hier à la poursuite des cours, appel qui a trouvé écho jusqu'au Brésil, où le premier ministre Jean Charest a aussi condamné l'intimidation à l'égard de ceux qui veulent étudier.

    «Dans quelle sorte de société on vit, si on accepte que des personnes soient intimidées parce qu'elles veulent aller étudier?» Il a ajouté que le Québec venait de faire «un gros débat dans le domaine de la construction, on ne veut pas ça pour ailleurs», dans un autre secteur d'activité.

    Pour Mme Beauchamp, le débrayage est illégal et ne peut donc pas être légitimité en vertu du Code du travail. «On est devant des gens dont certains décident de boycotter leurs cours, mais les autres, ils sont en plein droit de demander d'y avoir accès. C'est donc un rappel, et les injonctions gagnées par les étudiants le démontrent, en plus du possible recours collectif annoncé, on doit répondre en fonction de la loi», a-t-elle déclaré dans une entrevue télévisée à Radio-Canada, qu'elle a elle-même sollicitée.

    La ministre rappelle que la majorité, soit 65 % des étudiants des universités et des cégeps, «suivent leurs cours dans des salles de classe et vont obtenir leur diplôme sans perturbation». Environ huit cégeps sont dans une situation critique en ce qui concerne le prolongement des sessions, mais il n'y a pas d'annulation pour l'instant, souligne-t-elle, à part des reports de sessions d'été.

    Elle ne reconnaît pas non plus de coûts à cette grève qui dure depuis au moins huit semaines dans certains cas. «Il n'y a pas de coûts supplémentaires. Les professeurs sont disponibles pour donner les cours. Les sessions qui se termineraient au mois d'août, c'est en tout respect de la convention collective des professeurs. Ce n'est pas au chapitre des cours que ça présente des sommes importantes.»

    Mme Beauchamp demeure ferme sur sa position: leur dialogue ne se fera pas sur la base du gel que réclament les étudiants. Ceux-ci n'entrevoient pas d'autres possibilités même s'ils souhaitent vivement discuter avec elle. «On est 180 000 personnes en grève. Elle ne faiblit pas. Elle va se poursuivre et le seul moyen de se sortir de l'impasse c'est de s'asseoir à table», a soutenu M. Nadeau-Dubois.

    Marathon de manifestations

    Tôt en matinée, plusieurs dizaines d'étudiants s'étaient massés devant l'immeuble de la Banque Nationale dans la rue de la Gauchetière Ouest pour en bloquer l'accès. Les policiers ont eu recours à du gaz irritant pour disperser les manifestants après avoir donné l'ordre de dispersion. Un homme de 23 ans a été arrêté sur les lieux pour voies de fait à l'endroit d'un policier. Un autre manifestant a été blessé à la cheville en quittant les lieux à la course. Un fâcheux événement s'est produit alors qu'une dame, qui a été victime d'un malaise à l'intérieur de l'immeuble, a dû attendre que les policiers libèrent l'entrée de l'édifice avant d'être prise en charge par Urgences Santé.

    Un peu plus tard dans la journée, des étudiants ont tenté de pénétrer à l'intérieur d'un édifice à bureaux sis aux intersections de la rue Peel et du boulevard René-Lévesque. Un agent de sécurité, qui a tenté de leur bloquer l'accès, a été bousculé par les étudiants et a subi des blessures mineures. Celui-ci a déposé une plainte auprès du SPVM.

    L'Association facultaire étudiante des langues et communication de l'UQAM (AFLEC) ont organisé une grande manifestation générale illimitée. Le concept? En partance du square Victoria, 12 manifestations se sont succédé pendant 12 heures, dont une à vélo. Hier, des étudiants ont également tenu des manifestations à Québec. Des succursales de la CIBC et de la Banque Nationale ont été occupées en matinée.

    L'appui de professeurs

    Les étudiants ont reçu hier l'appui de 524 professeurs d'université, qui, dans une lettre ouverte, dénoncent la conception du gouvernement «à courte vue du financement des universités». «Aux revendications — légitimes et argumentées — des étudiantes et étudiants, nous apportons notre soutien, aujourd'hui comme demain, pendant comme après la grève, quelle qu'en soit l'issue», écrivent les professeurs. Ils saluent «l'esprit critique» et «la persévérance» des étudiants qui ont ouvert un espace de réflexion, selon eux. «Ils méritent d'être écoutés», déclarent les signataires provenant des universités de différentes régions du Québec, de Rimouski à l'Outaouais.

    ***

    Avec La Presse canadienne

     
     
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