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    Grève étudiante - Des profs appréhendent le retour en classe

    Ils devront évaluer les étudiants, malgré le manque d'enseignement

    11 avril 2012 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
    Un camionneur attend patiemment que des étudiants en grève libèrent l’accès au port de Montréal. Cette nouvelle perturbation économique aura duré environ une heure hier matin.<br />
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Un camionneur attend patiemment que des étudiants en grève libèrent l’accès au port de Montréal. Cette nouvelle perturbation économique aura duré environ une heure hier matin.
    Sur quoi noter un étudiant qui n'a eu que la moitié de ses cours? Annie Lalancette, chargée de cours au Département de géographie et d'urbanisme de l'Université Concordia, se le demande. «Je suis prof et je n'en ai aucune idée. Je n'ai donné que 7 cours sur 13. Frederick Lowy [le principal de l'Université] dit que tous les profs ont la liberté académique d'évaluer les étudiants, mais comment on fait quand certains n'ont pas eu la matière?» interroge-t-elle.

    La doctorante note que le seul accommodement que les professeurs ont eu, c'est une extension de cinq jours de la remise des notes. «J'ai deux choix comme prof. Ou je donne [une demi-session] de cours et j'évalue les élèves sur ça et je sacrifie la qualité du diplôme académique de Concordia, ou bien je leur dis de s'arranger en envoyant la matière par Internet et je fais une évaluation sur ça. Mais là, ça dévalorise l'enseignement en classe. On n'a plus besoin des profs.»

    Des levées de cours ont eu lieu dans certaines universités, mais à Concordia, l'administration a insisté auprès des enseignants pour que tout se déroule normalement, même dans les départements où il y avait grève. «Dans notre département, la direction a pris la ligne dure contre les étudiants. On n'a eu aucun support. On nous dit d'être créatifs, mais ça met tellement de pression sur le dos des profs», a renchéri Véronique Bussières, qui étudie et enseigne au même département que sa camarade Annie. «Certains profs en viennent à se fâcher contre la grève, non pas parce qu'ils sont contre les principes, mais à cause de la position dans laquelle ça les met, déplore-t-elle. Ils sont pris en sandwich et ce sont eux qui finissent par payer.»

    L'administration de Concordia aurait fait savoir à tout le corps professoral que des vérifications auraient lieu dans le cas où les étudiants ont trop de «A». «Ils vont vérifier nos évaluations si nos élèves réussissent, mais si tout le monde coule, ils ne feront rien», dénonce Annie Lalancette.

    Si les inquiétudes à l'égard de la session sont partagées par plusieurs dans les réseaux collégial et universitaire, certains enseignants bénéficient toutefois de plus de compréhension. Caroline Proulx, enseignante de français au collège Ahuntsic, reconnaît que la direction collabore. Cela n'empêche pas l'inquiétude de régner au sein du corps enseignant. «On est inquiet parce que pour nous, la transmission des connaissances est fondamentale. Mais on ne fera pas de cadeaux au gouvernement», a dit Mme Proulx, engagée dans Profs contre la hausse.

    En clair: il n'est pas question pour les enseignants de démonter trop de souplesse, comme accepter de donner des cours la fin de semaine ou de sabrer leurs deux mois de vacances. Cela enlèverait la pression sur le gouvernement, a-t-elle indiqué. «Nous, ce qu'on veut, c'est que le gouvernement soit obligé de négocier. Et pour l'instant, c'est difficile de prévoir quoi que ce soit pour la reprise des cours. C'est le flou total, constate Mme Proulx. On est content de voir notre jeunesse se mobiliser, mais on a hâte de les voir en classe. Mais pas à n'importe quel prix.»

    ***

    Charest minimise la contestation


    Fraîchement débarqué au Brésil, le premier ministre Jean Charest a minimisé hier le mouvement de protestation des étudiants. «Le mouvement étudiant n'est pas monolithique. Il y a une majorité d'étudiants qui ont continué à suivre leurs cours.»

    Il a aussi soutenu que le mouvement ne peut être qualifié de grève. «Ce n'est pas une grève. Le gouvernement du Québec n'est pas l'employeur des étudiants et les étudiants ne sont pas des employés du gouvernement du Québec.»

    La hausse des droits de scolarité n'est pas un enjeu électoral, a également déclaré le premier ministre, qui regrette que d'autres considèrent que cette question pourrait être débattue en campagne électorale. «On ne voit pas ça comme un enjeu électoral, d'ailleurs, il n'y en a pas d'élection.» (La Presse canadienne)
     
     
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