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    Étudiants - Des semaines de grève en vue ?

    Une offre de dialogue était attendue de la part de la ministre Beauchamp, mais elle ne viendra pas

    10 avril 2012 |Marco Bélair-Cirino | Éducation
    Des manifestants réunis à la place Émilie-Gamelin, à Montréal, écoutaient hier les discours des leaders de la grève, mais aussi ceux de dirigeants syndicaux et d’artistes opposés à la hausse des droits de scolarité. La grève étudiante en est maintenant à sa neuvième semaine.<br />
    Photo: Annik MH De Carufel - Le Devoir Des manifestants réunis à la place Émilie-Gamelin, à Montréal, écoutaient hier les discours des leaders de la grève, mais aussi ceux de dirigeants syndicaux et d’artistes opposés à la hausse des droits de scolarité. La grève étudiante en est maintenant à sa neuvième semaine.
    Les leaders étudiants appellent les dizaines de milliers d'étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité à se serrer les coudes alors qu'ils s'engagent dans une neuvième semaine de grève générale illimitée.

    Alors que le conflit s'enlise, des représentants étudiants attendaient durant le congé de Pâques un appel téléphonique de la part de la garde rapprochée de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, mais en vain.

    «On a contacté le cabinet la semaine dernière. Ils nous ont dit qu'on aurait des réponses avant mardi [aujourd'hui], donc au courant des prochaines heures. On espère être capables dans le meilleur des mondes d'avoir une rencontre mardi [aujourd'hui], ou sinon mercredi ou jeudi», répétait hier en début d'après-midi le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin.

    Pourtant, un appel du Devoir à l'attachée de presse de la ministre Line Beauchamp aura suffi pour tuer dans l'oeuf tout espoir de résolution de conflit à brève échéance: le gouvernement se refusera à engager le dialogue avec les représentants étudiants aussi longtemps qu'ils revendiqueront l'abolition de la hausse de droits de scolarité de 1625 $ sur cinq ans pourtant au coeur de ce bras de fer historique.

    D'ailleurs, quelque 170 000 étudiants refusent de plier l'échine devant le gouvernement libéral, faisant le pari qu'une prolongation de la grève le contraindra à revenir sur sa décision de majorer les droits de scolarité de 325 $ par année pendant cinq ans à compter de 2012-2013.

    «Je pense que si on est capable de faire durer cette grève-là encore quelques semaines, la porte, on va l'ouvrir au complet», a souligné l'un des deux porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois, 56 jours après que les premiers étudiants se sont mis en grève.

    D'ailleurs, plus de la moitié des 170 000 étudiants en grève ont fait le choix de se pencher en assemblée générale sur un retour en classe seulement au lendemain d'une offre du gouvernement. «On a un bloc de grévistes somme toute significatif, entre 80 000 et 100 000 personnes, qui ne discuteront même pas de terminer la grève tant qu'il n'y aura pas d'offre sur la hausse des frais», a-t-il rappelé, précisant dans un même élan que «ces gens-là ne sont pas à la veille de retourner en classe».

    Mais les étudiants opposés au conflit ont néanmoins la liberté de prendre le pouls de leurs confrères en «posant la question de la reconduction [de la grève]» lors d'une assemblée générale «même si, au préalable, on avait décidé de l'écarter pour le moment», a indiqué M. Nadeau-Dubois alors que plusieurs voix s'élèvent afin d'étriller cette grève «sans fin».

    Le leader étudiant s'exprimait lors d'un point de presse tenu en marge du «Grand rassemblement populaire: vers un printemps québécois» auquel ont participé hier après-midi environ 1500 personnes (selon les organisateurs) sous une pluie intermittente.

    Tous s'étaient réunis place Émilie-Gamelin, métamorphosée en «place Tahrir», berceau, espèrent-ils, d'un «Printemps québécois», pour entendre des gens de tous horizons vilipender le dégel des droits de scolarité.

    «Élargir la lutte»

    La CLASSE convie la population à prendre part à une nouvelle démonstration de force samedi prochain afin de souligner le neuvième anniversaire de l'élection du gouvernement de Jean Charest. Le coup d'envoi de la «Grande manifestation populaire» sera donné à 13h au parc Jeanne-Mance.

    «Alors que se poursuit la plus grande grève étudiante de l'histoire du Québec, pour nous il était impensable de rater cette date-là. [...] Ça va être l'occasion, je pense, pour l'ensemble de la population de venir dire: "Non seulement on est en appui aux étudiants, aux étudiantes, mais il est temps de contester de façon plus générale la direction que prend le Québec depuis les huit dernières années"», a souligné Gabriel Nadeau-Dubois.

    Cours «annulés» ou «suspendus»

    Les étudiants en grève depuis la mi-février s'enfoncent dans une «situation difficile», a de son côté fait valoir hier le président-directeur général de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), Daniel Zizian. Il s'est toutefois refusé à fixer une date butoir, après laquelle leur trimestre serait «annulé» ou encore «suspendu».

    «Chaque jour qui s'ajoute rend la situation difficile pour sauver la session ou les cours boycottés par les étudiants», s'est-il contenté d'affirmer sur le plateau de RDI. «C'est du cas par cas», a-t-il spécifié, précisant au passage que les deux tiers des étudiants des universités sont actuellement dans la dernière ligne droite de leur trimestre d'hiver «et vont terminer leur session dans les prochains jours, dans les prochaines semaines».

    Confronté au discours des étudiants selon lequel une annulation du trimestre engendrerait des coûts et des problèmes de logistiques insurmontables pour les universités, M. Zizian a expliqué que les directions d'établissement n'hésiteront pas à «soit annuler, soit suspendre, c'est-à-dire reprendre à une autre session» des cours si nécessaire. «Aucun compromis [ne sera fait] à l'égard de la qualité de la formation», a-t-il juré.

    Par ailleurs, M. Zizian s'est refusé à chiffrer les coûts des «mesures de reprise» que devront adopter les universités advenant un retour en classe des étudiants en grève dans les prochains jours.

    Front commun


    Gabriel Nadeau-Dubois a essuyé une volée de bois vert de certains membres de la CLASSE ne digérant pas de le voir vendredi dernier aux côtés de la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Martine Desjardins, et de celui de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, pour décrier d'une même voix l'offre de la ministre Beauchamp de bonifier le régime de prêts ainsi que le «pacte de solidarité» historique «signé» entre la CLASSE et les fédérations en vue des négociations avec le gouvernement.

    D'ailleurs, une motion de blâme a été déposée contre Gabriel Nadeau-Dubois lors du dernier congrès de la CLASSE pour dénoncer ce «front commun étudiant», mais battue, ce qui a entraîné le départ de Mathilde Létourneau, révélait La Presse hier matin. «C'est sûr qu'avec une grève aussi longue, il y a des inquiétudes, elles sont légitimes», a admis M. Nadeau-Dubois hier. «Les mandats ont été adoptés avec des majorités très claires en faveur du pacte de solidarité avec les fédérations en ce qui concerne les négociations et la réponse unanime à la ministre.»

    Le mouvement étudiant doit miser sur une pluralité d'actions s'il prétend faire plier le gouvernement, a ajouté Jeanne Reynolds, porte-parole de la CLASSE. «On a peut-être une frange un peu plus radicale du mouvement étudiant [mais], tous les moyens sont bons pour faire de la pression sur le gouvernement.»
     
     
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