Les étudiants veulent intensifier la pression par une autre grande manifestation

Aujourd'hui, les étudiants ont tenu un rassemblement familial à la place Émilie-Gamelin, au centre-ville de Montréal, auquel plus d'un millier de personnes ont participé, malgré une fine pluie et un temps plutôt frisquet.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Aujourd'hui, les étudiants ont tenu un rassemblement familial à la place Émilie-Gamelin, au centre-ville de Montréal, auquel plus d'un millier de personnes ont participé, malgré une fine pluie et un temps plutôt frisquet.

Les leaders étudiants se disent confiants de voir la grève se poursuivre malgré la menace d'annulation de la session, et entendent maintenir la pression par une autre grande manifestation à Montréal samedi prochain, le 14 avril, pour souligner le 9e anniversaire de l'élection des libéraux de Jean Charest.

"Les gens se disent qu'il y a déjà des impacts en ce moment sur leur session, alors, tant qu'à être en grève, on va le faire jusqu'au bout pour qu'on ait des résultats, pour qu'on ait une grève gagnante", a expliqué aujourd'hui le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin. "On est confiants qu'en ce moment ce que l'on fait, c'est une mobilisation non seulement pour nous mais qui va également paver la voie pour les mobilisations futures au Québec. Donc, on pense qu'on n'a pas le droit à l'échec."

Cependant, le discours de la plus radicale des associations, la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), s'est adouci, alors qu'elle réclame désormais le gel des droits de scolarité, remettant à plus tard la revendication en faveur de la gratuité scolaire.

La CLASSE et les fédérations étudiantes collégiale (FECQ) et universitaire (FEUQ) se sont entendues pour négocier ensemble sur la base de leur opposition à la hausse des droits de scolarité de 1625 $ étalée sur cinq ans. Leurs représentants disent être en attente d'une invitation à négocier de la part de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp.

"Nous avons une position de gratuité scolaire, mais il n'a jamais été dit que nous revendiquions cette année la gratuité scolaire, a soutenu l'une des porte-parole de la CLASSE, Jeanne Reynolds. Nous allons avoir un comité de négociation conjoint (avec la FEUQ et la FECQ) qui va être sur la base d'un gel des frais de scolarité en 2012, et on va travailler conjointement. On peut aborder la gratuité scolaire comme projet de société mais en ce moment, ce n'est pas la revendication principale de la CLASSE."

Aujourd'hui, les étudiants ont tenu un rassemblement familial à la place Émilie-Gamelin, au centre-ville de Montréal, auquel plus d'un millier de personnes ont participé, malgré une fine pluie et un temps plutôt frisquet. L'événement s'est déroulé dans l'ordre.

Les leaders du mouvement souhaitent que la manifestation de samedi prochain, à laquelle sont conviés les centrales syndicales et les groupes sociaux, déborde largement le thème des frais de scolarité pour toucher les questions d'inégalité sociale, de corruption et d'autres revendications d'ordre social.

"Il fallait trouver un élément pour aller encore plus loin, et pour nous, la manière d'aller plus loin, c'était d'élargir la lutte, d'élargir politiquement nos revendications", a expliqué Gabriel Nadeau-Dubois, de la CLASSE.

Les étudiants espèrent être les précurseurs de ce qu'ils appellent "un printemps québécois", dans la mouvance du printemps arabe qui a notamment fait tomber les régimes autoritaires en Égypte, en Libye et en Tunisie, et provoqué une guerre civile qui perdure en Syrie.

"C'est un gouvernement qui ne sert pas la population, que ce soit en augmentant les frais de scolarité, en imposant une taxe santé, en augmentant les tarifs d'Hydro-Québec", a indiqué M. Nadeau-Dubois.

"Il y a eu le scandale sur les gaz de schiste, les scandales sur la corruption, un taux d'insatisfaction qui ne dérougit pas envers le gouvernement libéral de Jean Charest, et ça va être l'occasion pour l'ensemble de la population de dire non seulement qu'elle est en appui aux étudiants, mais qu'il est temps de contester de manière plus générale la direction que prend le Québec."
  • Bibiane - Inscrite 9 avril 2012 17 h 56

    Tiens, tiens...

    ''Ça n'est jamais arrivé, une annulation de session''. Et maintenant, que dites-vous de cela, à l'UQAM, une proposition est sur le table pour la prochaine assemblée générale non seulement de reconduire la grève mais de la faire se poursuivre jusqu'au 4 SEPTEMBRE. Et ça se soucie du bien commun? Avez-vous imaginé le nombre d'étudiants qui seront dans la merde avec cette belle proposition? Ceux qui ne pourront aller à l'université à partir du cégep, ceux qui ne gradueront pas, ceux qui n'iront pas à la maîtrise, ni en stage. Il est où le mouvement de contre-grève pour ceux et celles qui sont pris dans cette galère?

    • Lise Moga - Inscrite 10 avril 2012 08 h 21

      Les étudiants ne sont pas en grève, mais en boycottage. La loi sur les grèves ne s'applique pas. Les jeunes brimés dans leur droit de poursuivre leur formation n'ont qu'à intenter une plainte de voie de fait contre ceux qui font obstacle à leur entrée à l'université et à la poursuite de leurs cours.

  • Morissette Pierre - Inscrit 9 avril 2012 19 h 32

    Démagogie honteuse

    Quand je lis que Gabriel Nadeau-Dubois en appelle à un printemps québécois dans la mouvance du printemps arabe qui a fait tomber les régimes autoritaires en Égypte, en Lybie et en Tunisie, je crois qu'on vient de s'enfoncer dans les pires excès des discours idéologiques qu'ils soient de gauche ou de droite. J'espère que nos étudiantes-es québécois-es sauront opposer un peu de bon sens à de tels propos d'une démagogie honteuse. J'espère aussi que les enseignants-es qui les appuient sauront inculquer un peu de raison dans ce qui devient un dérapage sans aucun bon sens.

    Pierre Morissette
    Sherbrooke

    • Lise Moga - Inscrite 10 avril 2012 08 h 30

      Un dérapage en effet. Au lieu d'affliger la société de son mal être intérieur, il vaudrait mieux entreprendre une introspection personnelle pour se guérir, plutôt que de faire subir son état d'âme aux autres. Ce n'est pas tout le monde qui se cherche ou s'imagine que le "bonheur" se situe en dehors de ses frontières personnelles... et que la politique pourrait en être la panacée.

  • Shawn McLean - Inscrit 9 avril 2012 19 h 41

    Ce qui nous reste

    Les médias sont consolidés, les gouvernements sont bornés et les générations sont divisés de par leur niveau socio-économique. Les Québécois sont plus que bien des peuples au monde, un peuple qui constitue aussi une classe sociale. Cette classe est celle qui n'a pas d'élites naturels capables de les soutenir. Au lieu de voir uniquement l'aspect colonisateur et des progrès par rapport à cette fixation sur cette situation historique, regardons ce que le modèle québécois est et les éléments clef d'un avenir québécois. Depuis l'abandon du keynésianisme et son usage perversé depuis la crise qui démontre sa raison, il faut regarder la valeur monétaire de tout avec une pondération corrigée. Les hausses annonçées par le gouvernement Charest doivent faire l'objet de discussions plus larges car nous sommes et malheureusement nous serons de plus en plus pauvres de par l'abandon des principes keynésiens et l'acceptation par l'ensembles de nos dirigeants d'un modèle américanisé de l'éducation. En Allemagne, les établissements du monde de l'éducation fonctionne main-dans-la-main avec le secteur privé car l'enseignement se fait plus que partout avec des stages d'apprentis. Une étude récente indiquais que les administrations universitaires allemandes sont au minimum 15% moins dispendieuses également. Le gouvernement du Québec doit réformer avant de taxer, d'imposer et de justifier trop rapidement des mesures qui par leur manque de précision auront pour conséquence de gaspiller tant de potentiel. De plus, les gouvernements sont beaucoup plus riches qu'ils ne le disent depuis l'avènement de la politique monétaire expansionniste de la Commission Boskin. Es-ce que quelqu'un a lû: Le fléau du monétarisme - Nicholas Kaldor?

  • Chantal_Mino - Inscrite 9 avril 2012 20 h 26

    Bravo aux étudiant(e)s ! Vous ramenez l'espoir d'un monde meilleur pour l'ensemble des Québécoi(se)s.

    Il est grand temps de cesser de faire nos larbins aux services du 1% et de chialer. Il est temps d'avoir le courage de nos convictions, d'être solidaires comme le reflet de nos valeurs québécoises l’ont toujours été et de rendre le pouvoir au peuple souverain québécois.

    Notre famille sera présente avec vous ce samedi 14 avril 2012, mais où et à quelle heure ?

  • Poirier Sylvie - Inscrite 9 avril 2012 22 h 46

    Bravo aux leader de demain. Une très bonne initiative.

    Je suis fière de ces représentants. Ils s'unissent comme s'unissent les capitalistes pour s'enrichir sur notre dos. C'est un gouvernement qui ne sert pas la population... vous avez raison... oui ce fameux scandales du gaz de schiste, oui les scanadales de la corruption...
    Messieurs les représentants, vous avez raison... il faut s'unifier.
    À l'heure actuelle les 8 millions de Québécois doivent payer une dette de 30 000 par année à vie sur l'intérêt de notre dette. Nous avons perdu énormément d'emploi cette année. Il faut l'admettre, ça ne va pas bien au Québec. Ces jeunes de l'ère du savoir, ils ont compris... nous devons les appuyer. C'est eux maintenant qui défendent les intérêts des contribuables, de la classe moyenne.


    So So So Solidarité... So So So... solidarité.