Hausse des droits de scolarité - Les manifestations étudiantes se poursuivent

À Montréal, dans le secteur de la rue de Bullion, au sud de Sainte-Catherine, les policiers ont procédé à l'arrestation d'une soixantaine d'étudiants.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir À Montréal, dans le secteur de la rue de Bullion, au sud de Sainte-Catherine, les policiers ont procédé à l'arrestation d'une soixantaine d'étudiants.

Les étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité se sont mis à l'oeuvre tôt ce matin à Montréal et les policiers ont d rapidement intervenir, procédant à près de 80 arrestations.

D'abord réunis au square Victoria, face à la Tour de la Bourse, des manifestants se sont rendus à l'hôtel Fairmount Le Reine Elizabeth, sur le boulevard René-Lévesque, où ils se sont livrés à du vandalisme, renversant notamment des tables et brisant de la vaisselle. Le service de sécurité a demandé l'aide des policiers pour les expulser.

Dès 8h30, le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a déclaré la manifestation illégale et a demandé aux étudiants de se disperser.

Plusieurs ont alors pénétré dans le Centre Eaton, à l'intérieur duquel ils ont été pourchassés par les policiers. Des présentoirs ont été renversés et des objets divers ont été brisés.

Un certain nombre a ensuite choisi de prendre le métro et, une fois débarqués dans le secteur de la rue de Bullion, au sud de Sainte-Catherine, les policiers ont procédé aux arrestations.

Soixante-quatorze personnes ont été arrêtées à cet endroit. Deux autres personnes ont été arrêtées dans un lieu non précisé, selon le SPVM.

Les personnes appréhendées pourraient faire face à des accusations d'attroupement illégal et de méfait, notamment, selon Daniel Fortier, porte-parole du SPVM.

En après-midi, une autre manifestation se déroulait dans le calme sur la rue Mont-Royal.

En plus du rassemblement de Montréal, la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) prévoyait aussi des manifestations dans les régions de Québec, Saint-Jérôme et Saint-Félicien.

Du côté de Sherbrooke, plusieurs centaines de manifestants se sont réunis dans les rues de la circonscription du premier ministre Jean Charest, mercredi après-midi, à l'invitation de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).

La FEUQ évaluait la foule à près de 10 000 personnes.

La grève se judiciarise

Après les procédures d'injonctions au collège d'Alma, à l'Université de Montréal et à l'Université Laval, la grève étudiante se judiciarise.

Un juge de la Cour supérieure du Québec a émis une injonction interdisant aux étudiants en grève de bloquer l'accès aux différents édifices de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

L'injonction n'a fait l'objet d'aucun débat. Une entente serait intervenue entre les avocats représentant l'établissement universitaire et ceux représentant les associations étudiantes.

Hier, l'UQAM avait fait parvenir la requête aux représentants des six facultés de l'UQAM qui sont en grève pour protester contre la hausse des droits de scolarité. Elle leur demandait de cesser d'empêcher les étudiants et le personnel d'entrer dans les locaux.

L'injonction stipule également que les gestes d'intimidation ou les menaces sont interdits envers les gens qui souhaitent pénétrer dans les bâtiments du campus.

L'injonction est en vigueur jusqu'au 19 avril.

Les contrevenants sont sujet à une amende allant jusqu'à 50 000 $.

38 commentaires
  • Sylvain Labranche - Inscrit 4 avril 2012 12 h 10

    Victoire de Laurent Proulx

    La "victoire" de Laurent Proulx a été de courte durée puisque le cours s'est effectivement donné, mais par cinq professeurs venus discuter du respect des décisions démocratiques.

    • Stratojet - Inscrit 9 avril 2012 15 h 57

      En autant que les examens portent là-dessus en anthropologie, pas de problemes.

  • Jean Lapointe - Abonné 4 avril 2012 12 h 22

    Il faut des élections


    Qu'attend le gouvernement pour déclencher des élections?

    C'est la seule issue possible.

    Lâchez pas les étudiants.

    • Annabella Durocher - Inscrite 4 avril 2012 17 h 07

      Charest est à faire sa campagne électorale à nos frais et en cachette des autres partis.

      Quand il aura mis tous ses pions, alors il va déclencher des élections.

      Ce Gouvernement ne mérite pas nos jeunes !

    • democratiescolairequebec - Inscrit 5 avril 2012 08 h 12

      Elles s'en viennent, le nouveau gouvernement aura le devoir de récupérer les sommes cachées dans des paradis fiscaux en Suisse et dans d'autres pays. Cette situation crée des emmerdes présentement chez les citoyens qui sont incapables de se prévaloir des services publics et des droits à la scolarité, à la santé, aux transports. Poursuivez la lutte dignement et très calmement. Vous aurez gain de cause, dépendemment de QUI sera au pouvoir : social démocrate. Google : Alice Couture coffret.

  • michel lebel - Inscrit 4 avril 2012 13 h 50

    "Au boutte"!

    Certains étudiants commettent des actes de vandalisme. La chose est rapportée sans plus, jamais dénoncée vertement par les médias ou les dirigeants étudiants. Bien non, puisque la cause est juste! Que voilà une belle complaisance! Et les médias donnent quotidiennement très généreusment et sans guère de réplique des temps d'antenne au dirigeant Léo Bureau-Blouin. Quel bel exemple de rigueur journalistique!

    Quelle belle démocratie que nous connaissons au Québec, alors que des étudiants peuvent manifester où et quand ils veulent, écrire des graffiti impunément et lancer de la peinture où ils veulent, le tout avec l'appui de professeurs complaisants. Le Québec est vraiement "au boutte". Oui! Au "boutte" de tout!


    Michel Lebel

    • Edouard Mercure - Inscrit 4 avril 2012 16 h 15

      Le monde est au boutte! Il est à l'aube de grands changements et à soif de justice...

    • Christian Stoia - Abonné 4 avril 2012 17 h 00

      Réponse à Michel Lebel,

      ce que vous appelez "vandalisme" en ce qui concerne l'irruption au banquet de la Banque Nationale du Canada à l'hôtel Le Reine-Élizabeth, je l'ai vu dans certains mariages. Des tables renversées, de la vaisselle cassée, des hôtes scandalisés.

      Cela ne justifiera jamais qu'on arrête des étudiants au hasard dans les rues, des dizaines de minutes plus tard. Si le méfait n'a pas été pris, si les coupables ne sont pas identifiables, les policiers ne peuvent se venger sur une centaine d'étudiants de façon indiscriminée.

    • Michel Simard - Inscrit 4 avril 2012 18 h 05

      Me Michel Lebel a moins de scrupules pour le respect de la loi quand il s'agit du QLP qui s'en met plein les poches par toutes sortes de malversations et commissions de la part des amis financiers du Parti.

    • Michel Savard - Inscrit 4 avril 2012 21 h 56

      Je suis bien d'accord avec vous, M. Lebel !

      Je n'ai jamais vu autant de complaisance de la part des médias et de plusieurs profs , ces supposés responsables de l'éducation de nos jeunes qui, non seulement ne disent aucune parole et ne posent aucun geste de réprobation face aux gestes de ces vandales , mais pire, semblent les approuver!

      Vraiment désolant ! So, So, So...Société distincte !

    • Fernand Gar - Inscrit 4 avril 2012 23 h 32

      Des bandit locaux tentent de voler l'acces à l'éducation de génération entières. D'autres plus loin leur retarde l'acces a la retraite.

      Pendant ce temps, ceux la même qui ont le gros bout du baton s'assurent d'une belle retraite au soleil, entre "chums".

      Mais les méchats ce sont des étudiants en colère?

      Revenez-en et arrêtez de protéger ces profiteurs du système de classe. A moins que vous ne soyez un de ceux là, ou bien un simple propagateur idéologique sous ordre d'un plus puissant (mais quand même bien installé dans votre hiérarchie confortable).

      la juste part?? ... trouvez un autre argument!

    • Lise Moga - Inscrite 5 avril 2012 07 h 41

      Quand la conscience migre à l'extérieur de soi, peut-on encore croire que le but était magnanime!

    • Mathieu Jasm - Inscrit 7 avril 2012 12 h 18

      Sachez M.Leblanc que La lutte des étudiants est pour une bonne cause.

      Continuons à lutter pour un monde de solidarité, égalité et équité. Notre but ultime est proche et ensemble nous réussirons à amériliorer notre sort.

      Je crois que Dieu à mis au monde nos trois dévoués leader étudiants et leur à donné le dons pour combattre la tirannie et l'extrême droite libérale de Charest. Nous devons les soutenir coûte que coûte car il est primordial de continuer à croire en eux car ils nous montre le chemin de la délivrance.

      Remettre en question nos études et la perte d'une toute petite session est un sacrifice certe, mais il s'agit d'un sacrifice honorable et divin.

      Nous nous devons, en tant qu'étudiant, de déposer notre fois en eux, car ils seront et resteront nos learders spirituel de demain.

  • Annie Prévost - Inscrite 4 avril 2012 15 h 50

    M. Lebel, si vous voulez entendre parler des actes radicaux d'une faible minorité d'étudiants, branchez-vous sur TVA, vous en aurez pour votre argent!

  • Michel Page - Inscrit 4 avril 2012 15 h 53

    un compromis raisonnable possible et utile

    On aura suggéré certains éléments concrets depuis au moins le 7 mars, ainsi:
    Dans l'actuel bras de fer, une zone de compromis est possible. Le gouvernement pourrait rectifier sa position sans perdre la face, et le mouvement étudiant pourrait prendre en compte le bien-être des étudiants de l’UQÀM entrés en grève dès le 13 février sur la base d’un vote sinon manipulé dumoins tenu dans des conditions tendancieuses. Comment ? :

    Voir " Financement des universités et hausses des droits : solidarité citoyenne, contrat social, saine gestion et des non-dits."
    7 mars 2012. 40p. Disponible à la Coop UQÀM Sc gestion.

    Il me semble qu'il revient expressément aux responsables de l'UQÀM ( le Rectorat) et des facultés identifiées de renouer un dialogue pour sauver la session des étudiants des facultés des Arts et des sciences humaines. Il me semble aussi que la FEUQ (et les associations impliquées) ont le devoir de respect de leurs membres; et la grève illimitée votée que par une minorité de l'ensemble des étudiants n'est pas au meilleur des intérêts des étudiants, ni de la cause défendue.
    On peut être contre les hausses uniformes planifiées, mais on peut opter pour d'autres moyens plus utiles de contestation que la grève illimitée. On peut aussi opposer à la notion étroite de "juste part" universelle du gouvernement une notion de juste contribution en fonction des coûts de formation et des rémunérations futures variables des disciplines de formation... la solidarité de tous se doit de prendre en compte un rapport général coûts/bénéfices des études de disciplines offrant généralement des revenus moindres... Pour être bien clair, les étudiants(es) en Arts et Lettres etc, ne pourront jamais rembourser les coûts de la formation universitaire ( droits de scolarité hausses et droits afférents réunis...); pour eux la formation est un investisseemnt de la société pour la pérennité de la culture de la société...

    • Q1234 - Inscrite 4 avril 2012 18 h 16

      je ne sais où vous prenez vos informations mais les votes en assemblées générales ont été pris en tout respect des règles et les étudiants qui sont en grève le sont parce que la majorité des étudiants présents lors des assemblées ont voté en faveur de celle-ci. Si des étudiants ne sont pas allés aux assemblées, ils doivent se soumettent au vote. C'est ça la démocratie. En ce qui a trait à votre juste part, ce sont les impôts qui est la façon de redistribuer la richesse, les étudiants qui occuperont des emplois payants paieront davantage d'impôts. Si tel n'est pas le cas, ce sont les impôts qu'il faut changer et faire payer tous ces riches qui réussissent à ne pas payer leurs impots. Allez lire la Revue Économique qui vient de sortir un numéro sur les paradis fiscaux et vous verrez où le bat blesse monsieur.

    • Rémi Lesmerises - Inscrit 5 avril 2012 08 h 18

      D'ajuster les frais de scolarité en foction du salaire moyen perçu après les études est une aberration. Cela ne fera qu'augmenter la disparité entre les riches et les pauvres, les riches ayant le moyen de payer des droits de scolarité plus élevé pour pouvoir faire un métier plus payant par la suite. Les pauvre seront condamnés à faire des métiers sous-payés. Belle morale M. Page... J'abonde dans le sens de la réponse de Q1234, c'est au niveau des impôts aux plus riches qu'il faut aller chercher le financement, pas dans la poche des étudiants qui n'ont pas de véritable travail et qui doivent déjà au contraire faire face à de multiples factures.