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    La grève se judiciarise

    De nouvelles procédures d'injonctions ont été entamées

    4 avril 2012 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
    Des étudiants de l’Université McGill, manifestant hier devant leur établissement pour dénoncer la hausse des droits de scolarité.<br />
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des étudiants de l’Université McGill, manifestant hier devant leur établissement pour dénoncer la hausse des droits de scolarité.
    À lire également: Six questions légales à propos de la grève
    Après les procédures d'injonctions au collège d'Alma, à l'Université de Montréal et à l'Université Laval, la grève étudiante se judiciarise dans deux autres établissements d'enseignement. Alors que l'Université du Québec à Montréal a déposé une demande d'injonction visant les exécutants des associations en débrayage, l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) a pour sa part été mise en demeure par 69 étudiants pour qu'elle suspende la levée de cours qu'elle a décrétée peu de temps après que la grève eut été votée, le 27 février dernier.

    «Pour nous, l'été, c'est la période où on peut travailler et amasser des fonds pour l'année suivante», a expliqué Marc-André Jourdain, étudiant en génie mécanique à l'UQAR, pour justifier sa démarche et celle de ses camarades.

    Le 12 mars dernier, la grève a été reconduite pour une durée indéterminée, jusqu'à ce que la ministre de l'Éducation fasse une offre satisfaisante. Il y a pourtant urgence de rétablir les cours, a souligné M. Jourdain. «On a encore deux semaines de marge de manoeuvre, mais après ça, selon les informations de l'université, la situation va être plus que critique», a-t-il indiqué.

    Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, déplore cette judiciarisation du conflit. «C'est un conflit qui est politique et la justice ne doit pas servir, quand tu as perdu sur le terrain de la démocratie, à venir casser une décision qui est déjà prise», dénonce-t-il. Il voit cette vague de demandes d'injonction comme le symptôme d'un conflit qui traîne trop en longueur. «Avec les injonctions et les actions, il y a un peu une escalade et la responsabilité du gouvernement, c'est de trouver une façon d'étouffer le feu en ouvrant le dialogue», a-t-il ajouté.

    Finn Makela, professeur à la Faculté de droit de l'Université de Sherbrooke, soutient que le conflit est beaucoup plus judiciarisé qu'en 2005. «J'en ai vu des grèves et c'est la première fois que je vois ce discours antigréviste être aussi fort», a dit le directeur des programmes de common law et droit transnational.

    Autres recours

    Laurent Proulx, l'étudiant de l'Université Laval qui réclamait devant les tribunaux le droit d'assister à son cours d'anthropologie, a pu y avoir accès hier, pour la première fois depuis près de deux mois. Le juge de la Cour supérieure Bernard Godbout a ordonné une injonction interlocutoire provisoire qui ne s'applique toutefois que pour lui, et non à l'ensemble de l'établissement.

    Il s'en réjouit néanmoins puisqu'elle ouvre la porte à d'autres recours d'étudiants qui se disent lésés par la grève.

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    Avec La Presse canadienne

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    Une fausse lettre de recteurs

    Une fausse lettre signée par trois anciens recteurs appuyant le mouvement étudiant a été envoyée hier aux médias québécois.

    Dans ce texte envoyé par courriel, Léo-A. Dorais, Michel Gervais et Louis-Edmond Hamelin imploraient le gouvernement de «revenir» sur sa décision de hausser les droits de scolarité, en plus de critiquer les recteurs en poste, qui appuient la décision.

    Michel Gervais, ex-recteur de l'Université Laval, a indiqué qu'il s'agissait d'une fausse lettre d'opinion, après avoir reçu plusieurs demandes d'entrevue. «Si on me l'avait présentée, j'aurais refusé de la signer», a-t-il affirmé. La personne ou le groupe derrière ce canular est inconnu.












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