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    Grève étudiante - Le climat se dégrade dans les universités

    29 mars 2012 | Lisa-Marie Gervais | Éducation
    Des étudiants ont occupé hier le port de Montréal et bloqué la rue Notre-Dame.<br />
    Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Des étudiants ont occupé hier le port de Montréal et bloqué la rue Notre-Dame.
    En cette sixième semaine de grève, la tension est montée d'un cran dans les établissements. Alors que certains campus imposent la ligne dure aux manifestants, d'autres préfèrent lever les cours et permettre les piquets de grève, pour éviter tout conflit.

    À l'Université Concordia, l'administration n'entend pas rigoler. Dans une lettre obtenue par Le Devoir, elle signifie que toute personne qui bloque l'accès aux cours devra s'identifier, sans quoi elle sera «photographiée et poursuivie une fois que son identité sera confirmée». Une étudiante l'a appris à ses dépens, lundi, lorsqu'elle a reçu un coup au visage en filmant un gardien de sécurité. Depuis le début de la semaine, les étudiants sont incités à porter plainte si on les empêche d'aller en classe.

    Pour Maude Matton, il n'est pas facile de faire la grève devant cette «intimidation». «Depuis le début [l'administration] essaie de rendre le mouvement illégitime en envoyant des e-mails pour dire que le piquetage ça entraîne la suspension ou l'expulsion. On reçoit des lettres intimidantes», a souligné l'étudiante au Département des beaux-arts, qui est en grève depuis quatre semaines. Le climat est «horrible», note-t-elle. «Ça m'est arrivé de m'engueuler avec des étudiants de mon propre cours. On a l'impression d'être des marginaux.»

    Le climat est tout aussi tendu à l'Université McGill, où des étudiants en grève se plaignent de la répression excessive. Le vice-principal adjoint, Jim Nicell, a rappelé à la communauté universitaire que toute perturbation empêchant les cours d'avoir lieu constitue une violation du code de conduite, passible de sanctions disciplinaires. Depuis, deux étudiants ont été suspendus cinq jours pour avoir participé à des activités en lien avec la grève.

    L'hostilité envers les grévistes est telle que six professeurs du département de langue et littérature françaises (DLLF) leur ont écrit une lettre de solidarité qui circule dans les réseaux sociaux. Pris en sandwich entre les pro et les anti-grève, ils ont déploré la confusion qui règne quant à leurs obligations. «À ce stade crucial du conflit, nous considérons nécessaire [...] d'assurer à chacun des étudiants du DLLF que nous nous engageons activement à faire entendre la légitimité et l'importance de leur combat.»

    À l'Université Laval, l'impatience de certains étudiants à l'égard de la grève s'est traduite par une demande de recours collectif pour faire reconnaître les piquets de grève et autres blocus comme un outrage à magistrat, a rapporté Le Soleil. L'Université Laval a été sommée de comparaître en cour lundi.

    Autres moeurs en région

    À l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), la situation est tout autre. Après quatre semaines de grève générale illimitée, le campus de Rimouski est toujours fermé. La direction admet avoir tenté de maintenir les cours au début, en dépit d'un piquet de grève hermétique. «Ça a donné des conditions qui n'étaient pas propices pour la poursuite des études», a soutenu Marie-Thérèse Brunelle, l'une des porte-parole de l'UQAR. «On a ensuite décrété une levée de cours avec une entente de non-ingérence. À partir de là, on s'est dit qu'on allait respecter le vote s'il était fait démocratiquement», a-t-elle indiqué. Dans de plus petits campus, on vit à «échelle humaine», a-t-elle lancé. «[Certains] nous disaient de faire venir la police si les étudiants rentraient dans nos bureaux. Mais nous, ce sont nos étudiants qu'on connaît. C'est très différent.»

    ***

    Les étudiants poursuivent leurs manifestations

    Les principales actions tenues hier
    • Blocage de la permanence du Parti libéral du Québec à Montréal
    • Occupation du port de Montréal et blocage de la rue Notre-Dame (usage de poivre de Cayenne par les policiers)
    • Manifestation erratique au départ du parc Émilie-Gamelin qui s'est terminée dans le métro Berri
    • Occupation pacifique de la rue Gentilly près du cégep Édouard-Montpetit et cours à ciel ouvert
    • Manifestation en soirée devant la résidence privée du premier ministre Jean Charest à Westmount
    • Tenue du procès symbolique de Jean Charest à Sherbrooke
    • Blocage de l'entrée de l'édifice Price, où loge Jean Charest à Québec
    • Perturbation d'une commission parlementaire à l'Assemblée nationale par huit enseignantes qui ont déployé des bannières rouges
    Les actions prévues aujourd'hui
    • Une manifestation appelée la Grande Mascarade, qui commencera au square Philips à midi et se terminera à la Place des Arts, devrait perturber le centre-ville de Montréal pour plusieurs heures
    • Une marche qui culminera par un grand mariage collectif devant le Palais de justice critiquera le système de prêts et de bourses
    • Une manifestation se mettra en branle au cégep Lionel-Groulx
     
     
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