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    Hausse des droits de scolarité - Les étudiants en droit contre la hausse

    22 mars 2012 |Mathieu d'Amours, porte-parole de la Confédération des associations en droit civil du Canada (CADED) | Éducation
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    Voir la réplique de François Hudon au Devoir de philo de Jean Laberge, dans laquelle il propose une tout autre lecture du débat sur les droits de scolarité selon la pensée du philosophe Derek Parfit.
    Les associations étudiantes des facultés de droit du Québec unissent leur voix aujourd'hui afin de souligner de façon unanime au gouvernement du Québec et à l'ensemble de la population québécoise leur position commune contre la hausse des droits de scolarité.

    Les études universitaires sont une richesse qui permet au Québec d'assurer la pérennité de sa vitalité économique. La logique selon laquelle seule la personne obtenant un diplôme universitaire bénéficie des acquis qui y sont liés nous semble erronée. Dans le cadre d'un système économique basé sur le savoir comme c'est le cas au Québec, c'est l'ensemble de la population québécoise qui profite des investissements publics injectés dans l'éducation supérieure. Conséquemment, pour générer cette richesse collective, il est dans l'intérêt de tous les Québécois de maintenir les droits de scolarité à leur niveau le plus raisonnablement bas.

    Un mythe à déconstruire

    Il existe un mythe selon lequel les étudiants universitaires seraient présentement choyés vu le faible coût de leur scolarité. Bien que nous soyons effectivement privilégiés comparativement à plusieurs autres endroits en Amérique du Nord, il n'en reste pas moins que la condition de la majorité des étudiants du Québec n'est pas toujours des plus enviables. À ce sujet, une étude exhaustive menée par la Fédération étudiante universitaire du Québec situait en 2009 à environ 12 200 $ le revenu étudiant moyen.

    À l'époque, les droits de scolarité étaient en moyenne de 2600 $. De ce fait, 9600 $ devaient suffire pour que l'étudiant moyen subvienne à ses besoins de base. La hausse prévue par le gouvernement ferait en sorte que le budget moyen des étudiants du Québec serait réduit de 17 %. Ainsi, nous croyons qu'il y a matière à s'inquiéter de la condition socio-économique des étudiants pour les prochaines années.

    Bien sûr, nous reconnaissons les efforts louables menés par le gouvernement en ce qui a trait au programme d'aide financière aux études. Toutefois, il est indéniable que tout système de prêts et bourses, avec ses critères d'admissibilité et ses calculs rigides pour les prestations, ne pourra jamais autant faciliter l'accessibilité aux études universitaires que des droits de scolarité à leur plus bas niveau possible.

    Des expériences non concluantes

    Il faut savoir que dans plusieurs endroits dans le monde, l'expérience de la hausse des droits de scolarité fut loin d'être des plus concluantes. Par exemple, en Ontario, le premier ministre Dalton McGuinty a annoncé le 10 décembre dernier que son gouvernement allait procéder à une baisse de 30 % des droits de scolarité universitaires pour les familles dont le revenu est de moins de 160 000 $, et ce, à partir du 1er janvier 2012. Bien que ces droits soient radicalement plus élevés qu'au Québec, il n'en reste pas moins qu'il s'agit là d'un désaveu de cette mouvance des 20 dernières années selon laquelle il existait une nécessité, sans conséquence pour l'accessibilité aux études supérieures, d'alourdir le fardeau financier des étudiants.

    En Angleterre, selon des statistiques officielles, la hausse substantielle des droits de scolarité aura mené à une diminution de 9,9 % du nombre d'inscriptions. Bref, ces deux exemples illustrent l'impact potentiel que pourrait engendrer la hausse au Québec. C'est pourquoi nous nous y opposons.

    Actuellement, les étudiants en droit proviennent d'une très grande variété de milieux économiques. Cette diversité constitue, à notre avis, l'une des richesses des programmes de droit du Québec. Il serait regrettable d'envisager que d'ici une génération, cet atout soit compromis. Ainsi, le gouvernement se doit d'ouvrir un dialogue avec les étudiants.

    Soutiennent cette position: l'Association étudiante en droit de l'UQAM, l'Association des étudiants et étudiantes en droit de l'Université Laval, l'Association des étudiant(e)s en droit de l'Université McGill, l'Association générale des étudiants en droit de l'Université de Sherbrooke et l'Association des étudiants en droit à l'Université de Montréal.

    ***

    Mathieu d'Amours, porte-parole de la Confédération des associations en droit civil du Canada (CADED)
     
     
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