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    Répression policière - De l'huile sur le feu

    On entend ici et là les clameurs de la manifestation. Elles sont le signe indéniable d'une démocratie en santé à l'envers toutefois terne: la riposte policière excessive à ces formes d'agitation — lorsque bien sûr elles ne débordent ni ne dégénèrent — n'est rien d'autre qu'une tentative de suffocation de la démocratie.

    En ce 22 mars, jour de déferlante étudiante en désaccord avec le dégel abrupt proposé par Québec, quelle sera la tournure des événements? En peu de temps, l'omniprésence des policiers en des lieux où l'indignation se dévoile a servi à semer l'inquiétude. L'escalade doit s'interrompre.

    Lorsque les premiers battements d'Occupy ont vibré à l'automne, c'est dans une collaboration plutôt camarade que policiers et occupants ont bâti leur cohabitation, de quoi se réjouir.

    Cette ouverture apparente ne s'est pas répercutée jusqu'aux manifestations des étudiants, qui ont démarré dans un calme relatif, mais dont certains éléments tactiques ont déplu aux policiers au point de les rendre méfiants et prompts. De l'usage des grenades assourdissantes jusqu'au déploiement systématique de l'escouade antiémeute, on a vu les policiers moins tolérants à la surexcitation des jeunes.

    Mardi, c'est bel et bien l'antiémeute qui a servi de comité d'accueil à des travailleurs anéantis par la fermeture abrupte d'Aveos. Inacceptable! Le petit de la base, qu'il soit étudiant ou travailleur mis à pied, voit la matraque de près, alors que tous ces corrompus qui font l'objet d'une commission d'enquête ne goûtent encore rien qu'au calme... Grrrr!

    Les policiers ont même commencé à s'interposer au labeur des journalistes — cet autre groupe qui dérange parce qu'il vocifère! —, comme on l'a vu récemment avec la perquisition et la filature abusives d'un journaliste du Journal de Montréal. L'entrave malsaine de la police à la liberté de presse est une dérive des plus inquiétantes.

    Toujours, une bataille d'image se joue en filigrane des manifestations, nous ramenant au très primaire combat des bons contre les méchants. Dans certains cas, les deux camps n'ont pas de quoi pavaner, comme on vient de le voir dans ce très mal nommé événement contre la brutalité policière.

    Dans tous les cas, la police «se tient», par opposition aux contestataires, notamment les étudiants. On voudrait bien les présenter comme un groupe monolithique, mais ils ne le sont guère, ni dans les arguments qu'ils déploient pour s'opposer à la hausse, ni non plus dans leurs manières de protester. Ainsi, avec le blocage momentané du pont Champlain mardi matin, l'embellie du mouvement en a pris pour son rhume...

    Mais les débordements ne sont pas que le lot des sans-uniforme. La présence policière est bienvenue si elle permet de servir la fonction première qu'est le maintien de l'ordre et de la sécurité. En dehors de ce cadre, les excès ne sont que pure provocation.
     
     
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