«Tous étudiants»
Les professeurs offrent un appui de plus en plus important au mouvement étudiant de lutte contre la hausse des droits de scolarité
Le pourcentage d'étudiants des niveaux collégial et universitaire en grève générale illimitée au Québec, soit près de 190 000 étudiants sur environ 475 000.
Un raz-de-marée d'appuis venant des professeurs déferle sur le mouvement d'étudiants en grève qui protestent contre la hausse des droits de scolarité. Ce sont surtout des enseignants des cégeps et des universités, mais aussi des écoles secondaires. «Pour une des rares fois dans l'histoire du Québec, il y a une solidarité syndicale d'envergure entre les corps enseignants, mais aussi avec les élèves», s'est réjoui Mathieu Teasdale, un enseignant de littérature au cégep de Saint-Laurent, membre du groupe Profs contre la hausse, en parlant des appuis syndicaux.
D'éminentes personnalités telles que le sociologue Guy Rocher et le philosophe Georges Leroux ont aussi exprimé leur soutien à la lutte des étudiants, notamment en paraphant un manifeste de 1700 signatures. Avec le philosophe Christian Nadeau, ils ont également écrit une lettre ouverte incitant les professeurs à se manifester davantage dans la lutte contre la hausse et qui développe une analyse sociologique de la «juste part» des étudiants.
Cette idée émane d'un comité spécial «Profs contre la hausse», qui se réunit une fois par semaine depuis le 6 mars dernier pour mettre sur pied des actions à tenir en appui aux étudiants en grève. Le mouvement des enseignants a grossi de façon exponentielle. «C'est en train de prendre une ampleur qu'on n'avait pas prévue», s'est étonné M. Teasdale.
Ils étaient environ deux cents à la rencontre d'hier qui se tenait au cégep Saint-Laurent, soit deux fois plus qu'à la rencontre d'inauguration au cégep Ahuntsic. Mais cela est loin de traduire l'ampleur du mouvement, croit-il. Les enseignants présents aux réunions — et d'autres qui ont participé via Skype d'aussi loin que Gaspé — relaient par la suite dans un blogue (profscontrelahausse.org) et dans les réseaux sociaux les actions qu'ils souhaitent mener. Et ils rivalisent d'imagination.
C'est ainsi qu'une «inauguration symbolique de l'îlot Voyageur» aura lieu samedi à 12h30 et que des «funérailles de l'éducation accessible» se tiendront à la basilique de Québec lundi prochain. Il y aura également une marche familiale en partance du parc Lafontaine, à Montréal, dimanche, où tous, pas seulement les étudiants et les profs, sont invités. «Notre plan d'action général est d'établir des contacts avec la population par des actions qui seront médiatisées», a expliqué M. Teasdale en invitant la population à aller consulter leur site.
«Nous sommes tous étudiants»
Intitulé «Nous sommes tous étudiants», en référence au slogan de mai 68 en France «Nous sommes tous des juifs allemands», le manifeste pourfend la hausse et appuie les étudiant en grève «dans leur défense démocratique de l'accessibilité aux études universitaires» et leur opposition «à la marchandisation de l'éducation». «Nous disons à cette jeunesse étudiante qui se tient debout qu'elle n'est pas seule», peut-on lire dans le manifeste rédigé par Benoit Guilmain (collège Édouard-Montpetit), Anne-Marie Le Saux (collège de Maisonneuve) et Stéphane Thellen (cégep du Vieux-Montréal). Le texte dénonce la hausse qui «appauvrit l'éducation» et critique l'attitude gouvernement qui fait la sourde oreille. «Nous constatons aujourd'hui que la révolution conservatrice mise en place par le gouvernement libéral ne résulte d'aucun débat et qu'elle nous est présentée comme une fatalité.»
D'éminentes personnalités telles que le sociologue Guy Rocher et le philosophe Georges Leroux ont aussi exprimé leur soutien à la lutte des étudiants, notamment en paraphant un manifeste de 1700 signatures. Avec le philosophe Christian Nadeau, ils ont également écrit une lettre ouverte incitant les professeurs à se manifester davantage dans la lutte contre la hausse et qui développe une analyse sociologique de la «juste part» des étudiants.
Cette idée émane d'un comité spécial «Profs contre la hausse», qui se réunit une fois par semaine depuis le 6 mars dernier pour mettre sur pied des actions à tenir en appui aux étudiants en grève. Le mouvement des enseignants a grossi de façon exponentielle. «C'est en train de prendre une ampleur qu'on n'avait pas prévue», s'est étonné M. Teasdale.
Ils étaient environ deux cents à la rencontre d'hier qui se tenait au cégep Saint-Laurent, soit deux fois plus qu'à la rencontre d'inauguration au cégep Ahuntsic. Mais cela est loin de traduire l'ampleur du mouvement, croit-il. Les enseignants présents aux réunions — et d'autres qui ont participé via Skype d'aussi loin que Gaspé — relaient par la suite dans un blogue (profscontrelahausse.org) et dans les réseaux sociaux les actions qu'ils souhaitent mener. Et ils rivalisent d'imagination.
C'est ainsi qu'une «inauguration symbolique de l'îlot Voyageur» aura lieu samedi à 12h30 et que des «funérailles de l'éducation accessible» se tiendront à la basilique de Québec lundi prochain. Il y aura également une marche familiale en partance du parc Lafontaine, à Montréal, dimanche, où tous, pas seulement les étudiants et les profs, sont invités. «Notre plan d'action général est d'établir des contacts avec la population par des actions qui seront médiatisées», a expliqué M. Teasdale en invitant la population à aller consulter leur site.
«Nous sommes tous étudiants»
Intitulé «Nous sommes tous étudiants», en référence au slogan de mai 68 en France «Nous sommes tous des juifs allemands», le manifeste pourfend la hausse et appuie les étudiant en grève «dans leur défense démocratique de l'accessibilité aux études universitaires» et leur opposition «à la marchandisation de l'éducation». «Nous disons à cette jeunesse étudiante qui se tient debout qu'elle n'est pas seule», peut-on lire dans le manifeste rédigé par Benoit Guilmain (collège Édouard-Montpetit), Anne-Marie Le Saux (collège de Maisonneuve) et Stéphane Thellen (cégep du Vieux-Montréal). Le texte dénonce la hausse qui «appauvrit l'éducation» et critique l'attitude gouvernement qui fait la sourde oreille. «Nous constatons aujourd'hui que la révolution conservatrice mise en place par le gouvernement libéral ne résulte d'aucun débat et qu'elle nous est présentée comme une fatalité.»








