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    Nouvel affrontement étudiants-policiers

    Les policiers demandent plus de collaboration, les étudiants plus de civisme

    Au total, cinq personnes ont été arrêtées hier, dont cet étudiant, devant les locaux de Loto-Québec rue Sherbrooke à Montréal.<br />
    Photo: Annik MH De Carufel - Le Devoir Au total, cinq personnes ont été arrêtées hier, dont cet étudiant, devant les locaux de Loto-Québec rue Sherbrooke à Montréal.
    Les policiers ont les étudiants à l'œil, alors que les manifestations contre la hausse des droits de scolarité se multiplient. S'ils appellent les protestataires à plus de collaboration, les étudiants leur demandent «plus de civisme».

    Une nouvelle manifestation s'est accompagnée de gaz lacrymogènes hier, dans les rues de Montréal. Elle faisait écho aux déclarations du premier ministre Jean Charest, qui a réaffirmé hier son intention de hausser les droits de scolarité de 325 $ par année pendant cinq ans, quoi qu'en pensent les étudiants qui sont en grève depuis trois semaines.

    Selon le gouvernement libéral, la hausse est nécessaire pour offrir de bons cours aux étudiants. «Et dans la solution proposée par le gouvernement du Québec, c'est l'État québécois à travers les contribuables qui, à travers leurs impôts, vont faire la part du lion en termes de financement des universités et des collèges, a dit le premier ministre. Et nous demandons aux étudiants d'assumer leur juste part.»

    En début d'après-midi, hier, 500 étudiants se sont rendus devant l'édifice de Loto-Québec, où se trouvent les bureaux de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec, qui appuie la hausse de la contribution étudiante.

    Ils ont bloqué les entrées et certains sont entrés à l'intérieur, mais la manifestation se déroulait dans le calme. Une plainte de la direction de l'immeuble a été déposée, ont expliqué les policiers, et les étudiants ont été avisés qu'ils devaient sortir. Ce que plusieurs ont refusé de faire, ajoutant au décor des barrières métalliques qui semblaient empruntées à un chantier de construction des environs.

    L'escouade antiémeute a alors formé une ligne compacte sur toute la largeur de la rue avant d'avancer en frappant sur les boucliers. Des «manoeuvres de dispersion» ont été utilisées: soit des bombes sonores et des gaz lacrymogènes.

    Après de longues minutes d'affrontements, les étudiants se sont dispersés et se sont rassemblés pour entreprendre une marche vers le pont Jacques-Cartier, sans réussir à le bloquer comme ils l'avaient déjà fait. Les forces policières les en ont empêchés.

    Au total, cinq personnes ont été arrêtées. Les chefs d'accusation seront déterminés aujourd'hui, à la suite d'une enquête. Il y a eu quatre blessés, et la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) affirme qu'un manifestant a reçu une grenade sonore dans un oeil.

    Après l'épisode devant Loto-Québec, de nombreux étudiants déploraient la «brutalité» des gestes posés par les policiers. «Ils sont trop "primes". On était là, pacifiquement devant Loto-Québec et ils ont réagi brutalement. Ils réagissent à rien», a dénoncé un grand brun au milieu d'un attroupement d'étudiants portant le carré rouge.

    C'est aussi l'avis de la CLASSE, qui juge que les policiers veulent tout simplement les empêcher de manifester. «La ministre de l'Éducation ne cesse d'appeler le mouvement étudiant au calme et au civisme, mais ce qu'on remarque dans les deux dernières manifestations, c'est que ce sont les forces policières qui manquent de calme et de civisme», a dit le porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois.

    Il faisait référence à une manifestation qui s'est terminée dans les gaz lacrymogènes la semaine dernière, devant l'Assemblée nationale. Les députés de l'opposition Denis Trottier et Amir Khadir avaient d'ailleurs critiqué l'attitude des forces policières alors que les étudiants leur semblaient pacifiques.

    Les policiers estiment que les manifestations se dérouleraient mieux si les étudiants leur présentaient l'itinéraire de leurs marches avant coup, comme le font les syndicats et les autres événements de rue. Ils se défendent bien d'être «brutaux». «Ça se peut qu'il y avait des gens qui faisaient ça de façon pacifique, mais ça se peut aussi qu'il y avait des gens qui l'étaient moins», a expliqué un relationniste au Service de police de la ville de Montréal, Daniel Fortier, faisant référence aux étudiants qui se trouvaient à l'intérieur de l'édifice.

    En milieu de soirée, plusieurs dizaines d'étudiants ont marché dans la rue Sainte-Catherine, dénonçant l'intervention des policiers et frappant aux fenêtres du quartier général du SPVM, selon les policiers. Au moment de mettre sous presse, aucune arrestation n'avait été faite.

    Occupation à l'UdeM

    Par ailleurs, une trentaine d'étudiants de l'Université de Montréal ont occupé des bureaux du rectorat hier après-midi pendant deux heures. Ils ont accepté de quitter les lieux lorsque les agents de sécurité en ont fait la demande. Ce sit-in s'est organisé «en réaction au fait que l'Université s'entête à ne pas reconnaître la démocratie étudiante», a expliqué la secrétaire générale de la FAECUM, Stéfanie Tougas. La direction demande aux étudiants de se rendre à leurs cours même si leur association étudiante est en grève.

    Le mouvement étudiant n'a pas l'intention de retourner en classe avant que le gouvernement revienne sur sa décision de hausser les droits de scolarité, prévient-elle. «Jean Charest avait aussi dit en 2005 qu'il ne reviendrait pas sur sa décision [d'abolir 103 millions en bourses] et il l'a fait. On l'attend de pied ferme.»

    Plus de 130 000 étudiants des cégeps et universités du Québec sont en grève.

    ***

    Avec la collaboration de Lisa-Marie Gervais et Alexandre Shields
    Avec La Presse canadienne
     
     
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