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Décrochage scolaire - Québec doit en faire plus pour les filles

Les stratégies visent davantage les garçons que les filles, déplore la FAE

Le décrochage chez les filles doit être combattu aussi sérieusement que l'abandon des études chez les garçons, estime la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), qui a dévoilé hier une étude sur le sujet.

À la veille de la Journée internationale de la femme, le regroupement de syndicats d'enseignants lance un avertissement: la lutte contre le décrochage scolaire entreprise par le gouvernement et différents groupes depuis une dizaine d'années cible davantage les garçons. «On ajoute des équipes sportives, on réforme certains programmes pour qu'on soit moins dans un cadre théorique et plus dans la manipulation d'objets et on présente davantage les métiers plus susceptibles d'intéresser les garçons dans les programmes de raccrochage», donne en exemple le président de la FAE et enseignant, Pierre St-Germain. Les filles ne se retrouvent pas nécessairement dans ces solutions, juge-t-il.

Le taux de décrochage a beau être plus important chez les hommes de 19 ans (21,6 %) que chez les femmes (12,4 %), ces dernières demeurent fortement affectées, souligne la FAE. Sur le plan financier notamment, le décrochage scolaire pénalise davantage les femmes: sans diplôme d'études secondaires, elles gagnent en moyenne 16 500 $, contre 24 500 $ pour les hommes.

Afin de mieux documenter les besoins des étudiantes, la Fédération a mandaté la doctorante Isabelle Marchand pour mener une étude qualitative auprès de 26 décrocheuses de 19 à 54 ans. Le but? Connaître les raisons de leur abandon et les impacts de cette décision sur leur vie.

Les répondantes ont affirmé avoir délaissé les cours surtout en raison de leurs difficultés d'apprentissage et des problèmes familiaux. «Ceux que les parents s'en foutent et qui disent: "Il faudrait que tu commences à travailler, ramasser des sous", on dirait que ça fait en sorte que tu vas moins loin», témoigne une répondante de 24 ans citée dans l'étude.

Les recherches sur le sujet indiquent justement qu'un contexte familial toxique est plus souvent l'un des facteurs de décrochage chez les filles que chez les garçons.

La majorité des répondantes se trouvaient sous le seuil de la pauvreté et sans emploi, et celles en couple étaient souvent responsables de l'éducation et des soins aux enfants, ce qui leur apparaît comme un obstacle pour retourner aux études.

Les stratégies doivent donc considérer «qu'au-delà du fait que les taux de décrochage sont plus élevés pour les garçons, le décrochage des filles reste aussi un problème social à combattre en raison des conséquences subséquentes qui décuplent les inégalités de sexe», conclut l'étude publiée hier.

«Bien connaître les causes du décrochage des femmes devrait permettre de mieux aider les élèves, mais connaître la dynamique des femmes qui ont décroché devrait permettre d'aider les femmes à revenir aux études, que ce soit par une offre accrue en matière de services de garde ou des mesures financières particulières», suggère Pierre St-Germain. Il espère que l'étude sera lue attentivement par le gouvernement et les groupes de lutte contre le décrochage.
 
 
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