Grève étudiante - À la guerre comme à la guerre
Les étudiants déjà en grève pourront compter dès lundi sur le soutien des cégépiens. Les quelque 30 000 étudiants membres de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) viendront prêter main-forte à leurs camarades et porter à 100 000 le nombre d'étudiants en grève. «On n'avait pas envoyé le mot d'ordre jusqu'à aujourd'hui. On a été patients, on a voulu voir s'il y avait place à la discussion avec le gouvernement. Maintenant, on a demandé à tous nos membres d'être en grève», déclaré le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin. Il s'agit d'une grève générale illimitée, mais qui sera reconductible au sein des différentes associations.
À la guerre comme à la guerre. Monopole du micro dans les assemblées, huées et applaudissements pour intimider ou vote à main levée... Tant dans le camp «pour» que celui «contre» la grève, les étudiants rivalisent d'imagination pour influencer l'issue du vote. Ces stratégies parfois déloyales sont-elles un mal nécessaire?
«C'est des manoeuvres qui, malheureusement, arrivent dans plusieurs cas. Mais elles sont souvent utilisées tant par le camp en faveur qu'en défaveur de la grève», a souligné Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).
Dans un débat oratoire entre étudiants qui avait lieu à l'École des hautes études commerciales (HEC) mercredi dernier, l'auditoire semblait «vendu» à l'idée qu'une hausse des droits de scolarité était inacceptable. Certains orateurs plutôt pour ont dû subir les moqueries et huées de leurs compatriotes. «On a interdit les applaudissements et les huées [en assemblée]. Ça ralentit le processus et empêche tout le monde de s'exprimer», a indiqué pour sa part Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Mais devant un enjeu aussi «émotif», il est parfois difficile d'éviter les débordements, a-t-elle constaté. «Ça se passe généralement dans le respect, mais quand on veut faire faire passer un point de vue, c'est normal qu'on soit un peu fâché et que le ton monte.»
Un étudiant en histoire de l'UQAM dénonçait dans La Presse la semaine dernière certaines pratiques douteuses du clan favorable à la grève. «[L'association] et son "présidium" se sont transformés en machine de propagande au service d'une seule option (le "pour").» Selon lui, les salles étaient trop petites pour que tous les membres de l'Association puissent y participer et le vote à main levée (et non secret) pouvait inhiber certaines personnes. Il est aussi difficile de faire valoir son point de vue au micro, surtout si les opinions vont à l'encontre de la majorité.
Gabriel Nadeau-Dubois rétorque que la nature du vote est votée en début d'assemblée et dépend des statuts de l'association. Concernant la taille des salles, les associations font de leur mieux, mais elles n'ont pas toujours accès aux plus grands auditoriums. «Et j'ai jamais vu une assemblée refuser des gens», a-t-il assuré.
Comment faire pour que les assemblées de vote de grève ne tournent en foire d'empoigne au profit des pro-grève qui en connaissent généralement parfaitement tous les rouages? «Je sais que les associations font tout ce qu'elles peuvent pour démocratiser les règles de procédures et les rendre plus accessibles», a affirmé M. Nadeau-Dubois.
Le camp «contre» ne donne pas non plus sa place. Résolument en défaveur d'un débrayage, les étudiants de l'École d'aérotechnique du cégep Édouard-Montpetit ont voté pour un moratoire sur la tenue du vote de grève, question d'en finir pour de bon avec le débat. «On est en discussion avec eux pour qu'un vote puisse se tenir. Qu'il soit favorable ou non», a dit le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin.
«C'est des manoeuvres qui, malheureusement, arrivent dans plusieurs cas. Mais elles sont souvent utilisées tant par le camp en faveur qu'en défaveur de la grève», a souligné Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).
Dans un débat oratoire entre étudiants qui avait lieu à l'École des hautes études commerciales (HEC) mercredi dernier, l'auditoire semblait «vendu» à l'idée qu'une hausse des droits de scolarité était inacceptable. Certains orateurs plutôt pour ont dû subir les moqueries et huées de leurs compatriotes. «On a interdit les applaudissements et les huées [en assemblée]. Ça ralentit le processus et empêche tout le monde de s'exprimer», a indiqué pour sa part Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Mais devant un enjeu aussi «émotif», il est parfois difficile d'éviter les débordements, a-t-elle constaté. «Ça se passe généralement dans le respect, mais quand on veut faire faire passer un point de vue, c'est normal qu'on soit un peu fâché et que le ton monte.»
Un étudiant en histoire de l'UQAM dénonçait dans La Presse la semaine dernière certaines pratiques douteuses du clan favorable à la grève. «[L'association] et son "présidium" se sont transformés en machine de propagande au service d'une seule option (le "pour").» Selon lui, les salles étaient trop petites pour que tous les membres de l'Association puissent y participer et le vote à main levée (et non secret) pouvait inhiber certaines personnes. Il est aussi difficile de faire valoir son point de vue au micro, surtout si les opinions vont à l'encontre de la majorité.
Gabriel Nadeau-Dubois rétorque que la nature du vote est votée en début d'assemblée et dépend des statuts de l'association. Concernant la taille des salles, les associations font de leur mieux, mais elles n'ont pas toujours accès aux plus grands auditoriums. «Et j'ai jamais vu une assemblée refuser des gens», a-t-il assuré.
Comment faire pour que les assemblées de vote de grève ne tournent en foire d'empoigne au profit des pro-grève qui en connaissent généralement parfaitement tous les rouages? «Je sais que les associations font tout ce qu'elles peuvent pour démocratiser les règles de procédures et les rendre plus accessibles», a affirmé M. Nadeau-Dubois.
Le camp «contre» ne donne pas non plus sa place. Résolument en défaveur d'un débrayage, les étudiants de l'École d'aérotechnique du cégep Édouard-Montpetit ont voté pour un moratoire sur la tenue du vote de grève, question d'en finir pour de bon avec le débat. «On est en discussion avec eux pour qu'un vote puisse se tenir. Qu'il soit favorable ou non», a dit le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin.








