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    Pour la hausse du niveau de débat!

    28 février 2012 |Philippe Goulet Coulombe, Étudiant au baccalauréat en économie à l'Université Laval et Vincent Morin, Étudiant au baccalauréat en droit à l'Université Laval | Éducation
    Le débat sur la hausse des droits de scolarité est un débat de fond. Malheureusement, ce n'est pas ce que les représentants des deux positions nous ont servi à Tout le monde en parle dimanche soir. Pendant que l'une étalait, bien malgré sa bonne intention, son manque d'expérience à la joute, l'autre nous balançait ses lignes préprogrammées avec une verve qui donnait le goût d'y croire. Est-ce un débat viable?

    Pour mettre cartes sur table, nous sommes en faveur de la hausse des droits de scolarité telle qu'elle est prévue par le gouvernement Charest. À la suite du débat survenu sur le plateau de l'émission Tout le monde en parle, nous sentions nécessaire d'écrire ces lignes afin de faire une certaine mise au point. Nous éprouvons beaucoup de respect pour Arielle Grenier qui a eu le courage de se présenter dans une arène des plus hostiles. Par contre, il est dommage pour les étudiants qui croient aux bienfaits d'une hausse encadrée des droits de scolarité d'avoir été ainsi représentés: les arguments présentés en faveur de la hausse se sont limités à un ramassis de pensées individualistes auxquelles nous n'adhérons pas. Puisque cette émission constitue une excellente tribune, le mouvement des étudiants en faveur de la hausse a manqué une belle bataille d'opinion publique.

    De façon plus générale, le débat sur la hausse s'est lui-même tellement enlisé qu'il est devenu un soap-opera. C'est le bien contre le mal, selon le point de vue que l'on adopte. Est-ce vraiment le genre d'argumentaire que l'on peut espérer de ceux qui fréquentent les plus hauts lieux de l'éducation?

    Il y a tellement à dire sur les questions économiques et sociales que l'enjeu des droits de scolarité soulève. Au-delà des conflits sur la véracité des statistiques utilisées, il n'y a pas le bien ni le mal. Il y a un choix. Sur la question des droits de scolarité, le choix que peut faire le gouvernement va de la gratuité scolaire à la tarification totale des frais aux étudiants. La plupart des analystes vont s'entendre pour dire que le choix optimal ne réside pas dans les extrêmes. La plupart des analystes seront aussi d'avis qu'au-delà des questions d'efficacité économique, il y a les valeurs. La solution réside dans l'équilibre. Entre la passion et la raison.

    Il y a sous-financement des universités. Comment combler le trou budgétaire? Chaque choix a ses avantages et ses désavantages. Hausser les droits de scolarité permet d'accroître l'efficacité économique des choix faits par les étudiants. La littérature économique est claire, plus le prix d'un bien représente sa valeur, plus ce dernier est consommé avec discernement. Évidemment, cette théorie a de multiples implications, qui mériteraient à elles seules un autre texte. Cependant, de l'autre côté, il est évident que l'accessibilité ne peut pas être renforcée par une telle mesure. De plus, il faut analyser tout ça dans une optique de productivité de notre société à long terme. La question économique est donc, est-ce que le bénéfice de la hausse en vaut son coût?

    Zones troubles

    Et là, on entre dans deux zones troubles. La première est celle des statistiques. Le mot d'ordre est: «On peut faire dire n'importe quoi aux chiffres.» La deuxième zone est celle des valeurs et, plus précisément, la valeur que l'on attribue aux valeurs dans le débat. Certains seront pour l'accessibilité à tout prix. Pire encore, certains seront pour l'accessibilité et tenteront de nous faire croire que ça n'a pas de coût économique. Gabriel Nadeau-Dubois, représentant de la CLASSE, a tenté de nous faire avaler l'imposition à dix paliers comme une solution évidente. Une telle mesure n'aurait-elle pas elle aussi son lot de conséquences économiques?

    Dimanche soir, alors que plus d'un million de Québécois cherchaient à se faire convaincre, rien de constructif ne leur a été présenté. Par surcroît, nous sommes en total désaccord avec certains des propos avancés par Arielle Grenier. En particulier pour ce qui concerne les piquets de grève, nous croyons que les décisions démocratiques des associations étudiantes doivent être respectées pour ne pas provoquer le chaos. De tels propos ne peuvent qu'envenimer la situation déjà débordante d'animosité.

    Au final, nous voudrions souligner une fois de plus que la question des droits de scolarité est une question de choix. Il ne faut pas le perdre de vue. Car une telle mise en perspective des choses permet un débat auquel nous serons fiers d'avoir participé, comme nous pourrons le dire à nos enfants.

    ***

    Philippe Goulet Coulombe, Étudiant au baccalauréat en économie à l'Université Laval et Vincent Morin, Étudiant au baccalauréat en droit à l'Université Laval
     
     
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