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Une grève sur fond de confusion - Malgré le débrayage, les professeurs sont tenus d'enseigner

24 février 2012 | Lisa-Marie Gervais | Éducation
Malgré l’encombrement des rues, les étudiants ont eu l’appui de certains automobilistes.<br />
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir Malgré l’encombrement des rues, les étudiants ont eu l’appui de certains automobilistes.
Il règne une certaine confusion dans les cégeps et les universités, au fur et à mesure que croît le nombre d'étudiants en grève — qui seraient plus de 62 000 en débrayage ou détenant un tel mandat. C'est que, même s'ils ont donné leur appui aux étudiants en grève, les professeurs et chargés de cours sont tenus de se présenter pour donner leurs cours.

Plusieurs chargés de cours et enseignants de cégep affiliés à la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) ainsi que des professeurs d'université ont néanmoins été nombreux à manifester hier avec les étudiants en grève au centre-ville de Montréal. Ils ont été environ 15 000 à défiler pacifiquement en partance du square Phillips. «On est contents d'avoir l'appui des professeurs et des chargés de cours. La ministre tente de diviser le milieu de l'éducation, mais on a une nouvelle pour elle: ça ne marchera pas», a dit le co-porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau Dubois.

D'autre part, certains enseignants sont pris avec le dilemme, alors que les administrations des universités leur enjoignent de donner leurs cours si la situation est jugée «raisonnable», malgré les lignes de piquetage. La semaine dernière, les étudiants avaient d'ailleurs déploré le mot d'ordre envoyé par la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, pour forcer les enseignants à franchir les piquets de grève.

À l'Université Laval, le président du syndicat des chargés de cours, Puma Freytag, a fait récemment parvenir une directive à ses membres leur rappelant que leur employeur exigeait qu'ils soient au travail, sans quoi ils «s'expose[nt] à une coupure de salaire et à des mesures disciplinaires». «On ne conseille pas à nos membres de ne pas rentrer, car c'est contre le droit. Par contre, on soutient le mouvement et on dit aux étudiants que la ligne de piquetage doit être assez étanche, s'ils ne veulent pas qu'on passe», a-t-il expliqué.

À l'UQAM, les directives de l'administration sont claires: il y a cours partout sauf si la situation n'est pas «normale», comme lorsqu'il y a à peine une poignée d'étudiants présents, a indiqué Jenny Desrochers, porte-parole de l'UQAM. Normalement, les associations en grève ont une liste et font une tournée pour aviser les étudiants des levées de cours, le cas échéant.

Agenda caché du PLQ


Par ailleurs, la Fédération des associations étudiantes du campus de l'Université de Montréal (FAÉCUM) s'est dite «consternée» d'apprendre que le Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec (MERSQ), qui se dit en faveur de la hausse, soit liée au PLQ. «C'est douteux, ça laisse croire qu'ils ont un agenda caché», a dit Stéfanie Tougas, secrétaire générale de la FAÉCUM. Ces jeunes, dont les liens avec la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec ont été révélés dans les réseaux sociaux, auraient toutefois été victimes d'intimidation par des étudiants grévistes, ce qu'ont déploré les porte-parole de la CLASSE.

Dans l'ensemble, la manifestation s'est déroulée pacifiquement, mais un groupe d'entre eux a bloqué le pont Jacques-Cartier durant une trentaine de minutes vers 16h30, en pleine heure de pointe, ce qui a nécessité l'intervention de la section anti-émeute.
 
 
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