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La réplique › Droits de scolarité - Étudier pour... étudier

Collectif de professeurs et étudiants en philosophie à l'Université de Montréal  23 février 2012  Éducation

À retenir

    Le déclencheur › Cerveaux bien alignés
    Dans Le Devoir du 28 janvier, un collectif d'auteurs, dont le recteur de l'Université de Montréal Guy Breton, évoque sa vision de l'université et de l'éducation en général: «Les gens ne veulent pas étudier pour étudier. Ils veulent étudier pour travailler. L'UdeM souhaite former des gens avec des cerveaux mieux alignés sur ce qu'ils veulent faire.»
Que le recteur Guy Breton et sa suite prennent la peine de préciser, après un tel préambule sur l'importance d'étudier pour travailler, que «cela ne s'applique pas seulement aux entreprises privées, mais aussi aux institutions, aux ministères, [...] etc.», ne change pas grand-chose à la vision purement instrumentaliste du savoir qu'il nous présente. Il va de soi que l'université permet, par exemple, d'acquérir des compétences qui seront ensuite reconnues par un ordre professionnel. Il va de soi que la recherche et l'enseignement au sein des universités contribuent au développement économique d'une société. En revanche, il nous apparaît extrêmement réducteur de limiter les objectifs d'une telle institution à ces seules préoccupations.

Travailler pour apprendre

Si ses motivations sont sincèrement pour le bien de l'université, il y a fort à parier que l'avis de Guy Breton ne fait pas l'unanimité au sein de sa propre institution. En premier lieu, un grand nombre d'étudiants fréquentent l'université d'abord et avant tout pour acquérir une culture, un savoir, un bagage intellectuel. Il ne s'agit pas là pour autant d'une conception rétrograde ou romantique de l'université.

En outre, Guy Breton semble avoir oublié tout un pan de la réflexion au sujet du rapport au savoir: nous travaillons pour apprendre, bien avant d'apprendre pour travailler. Même sur le marché du travail, ce que toute personne souhaite est de continuer à apprendre, et non d'effectuer mécaniquement la même tâche sans se poser de questions.

Le théoricien de la physique quantique déploie un arsenal de connaissances pour mieux comprendre des réalités qui n'auront aucune utilité immédiate; il le fait pour lui-même et pour la science. Si nous n'acceptons pas la valeur d'«apprendre pour apprendre», alors l'université n'aura jamais été le porteur d'un patrimoine culturel qu'il fallait protéger pour lui-même. Lorsque Aristote prétendait, au premier livre de sa Métaphysique, que «tous les hommes ont naturellement le désir de savoir», il faudrait croire qu'il s'était trompé: en sommes-nous bien certains?

Le statut de l'université

Depuis le Moyen Âge, l'université est l'endroit par excellence où il est encore possible et même nécessaire de rechercher le savoir de manière désintéressée. Toute quête scientifique instrumentalisée s'appauvrit elle-même dans la mesure où elle s'interdit de regarder là où elle ne voit pas d'intérêt immédiat. Or, la condition de possibilité de la science est son hostilité à toute forme de dogmatisme, y compris celui de l'intérêt particulier.

Pour une certaine partie du milieu de l'éducation, confortée en cela par des conseils d'administration de moins en moins au fait de ce qu'impliquent la recherche et l'enseignement, l'université est désormais un simple acteur économique, en tous points comparable à l'entreprise, qui fournirait au marché du travail des «cerveaux bien alignés» pour des domaines d'emploi en quête de main-d'oeuvre. Une université qui répondrait aux besoins des étudiants serait celle qui leur procure les compétences et le prestige nécessaires pour trouver l'emploi qu'ils recherchent. Mais est-ce la seule chose que nous attendons d'une telle institution?

Il est certain qu'une université qui focalise toute son attention sur la production de «diplômes utiles» délaissera la recherche fondamentale. Si tel est le cas, cela signe l'arrêt de mort d'un nombre effrayant de disciplines: musique, sociologie, philosophie, anthropologie, littérature, linguistique, théologie; mais aussi des sciences expérimentales et fondamentales: physique, mathématique, chimie. Étendue à tout le système scolaire, l'instrumentalisation de l'éducation en réformerait les bases et éliminerait bien des matières ou les appauvrirait de manière dramatique.

Le corollaire de cette vision


Une vision purement instrumentale du savoir au sein de l'université n'est pas sans rapport avec le débat sur la hausse des droits. Voir l'éducation supérieure comme un investissement individuel implique une stricte logique coût-bénéfice. Cette manière de penser nous aveugle sur des aspects essentiels de la situation.

Dans l'aide promise par le gouvernement aux universités, celui-ci prévoit un investissement de 10 à 20 % de la somme totale dans le «positionnement concurrentiel» alors qu'une autre tranche de 5 à 15 % serait consacrée à gonfler son budget de gestion. 265 millions seraient versés aux universités par l'augmentation des droits de scolarité annoncés par le gouvernement Charest (celle qui, avec les frais afférents, ferait passer la facture étudiante à plus de 4700 $ par année), augmentant la part du financement de provenance individuelle de l'université de 12,2 à 16,9 % (5,4 % en 1988).

Le recteur encense cette hausse des droits de scolarité (La Presse, 15 février) parce qu'il estime normal que chacun apporte sa juste contribution. Cette défense à la hausse des droits de scolarité nous apparaît intenable pour au moins deux raisons. S'il est vrai que chacun doit contribuer, alors nous devons reconnaître que les étudiants font ou feront partie des contribuables et paieront en moyenne des impôts élevés pour leur revenu. Ensuite, et plus important encore, parce que le savoir est un bien public et non simplement individuel, et qu'il est donc normal que toute la société contribue au bon fonctionnement des établissements d'éducation postsecondaire.

Pour des études utiles

Nous considérons, tout comme Guy Breton, que des études universitaires devraient être utiles. Cependant, nous divergeons de sa position sur le sens du mot «utilité». Pour nous, il est utile d'en apprendre sur l'astrobiologie ou sur la philosophie comme de mieux connaître les instruments pour bâtir un pont ou pour opérer un patient.

La différence entre les deux est tout simplement que, dans le premier cas, il y a une utilité directe (l'acquisition du savoir permet l'accomplissement personnel ainsi que l'enrichissement du patrimoine scientifique et culturel); dans le second cas, il y a une utilité indirecte (l'acquisition de cette connaissance permet d'exécuter un travail qui, lui, rapportera une satisfaction et un enrichissement collectif). Nous ne devrions déprécier aucune de ces formes de savoir, à plus forte raison dans leur propre demeure, l'université.

***

Collectif de professeurs et étudiants en philosophie à l'Université de Montréal

Ont signé ce texte: Simon-Pierre Chevarie-Cossette, président de l'Association des étudiants en philosophie de l'Université de Montréal; Samuel Lesage, coordonnateur aux affaires étudiantes au Département de philosophie de l'Université de Montréal; Christian Nadeau et Ryoa Chung, professeurs au Département de philosophie de l'Université de Montréal.
 
 
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  • ROCH AMYOTTE - Inscrit
    23 février 2012 03 h 41
    ÉTUDIER POUR POUVOIR TRAVAILLER, C'EST LOGIQUE...
    Nous retrouvons à l'intérieur de ce texte la fondamentatité de l'existence des institutions de niveau supérieur. Deux choses attirent particulièrement mon attention. D'abord, le double sens que l'on donne au mot travail: "Nous travaillons pour apprendre, bien avant d'apprendre pour travailler". Dans la première partie de l'énoncé, on fait référence à l'effort intellectuel à accomplir pour faire des apprentissages et dans le seconde partie on fait référence à la notion d'effectuer une tâche et de recevoir une forme de rétribution pour l'accomplissement de celle-ci. Ce qui détourne le sens véritable que les auteurs ont voulu donné au texte. Une erreur fondamentale en philosophie, mais compréhensible et acceptable pour les lecteurs. Évidemment on pourrait dire que la rétribution est l'acquisition du savoir, mais je ne crois pas que ce fut l'intention première des auteurs. Aussi, je prétends dans le contexte de référence, il aurait été plus approprié de n'utiliser qu'un seul sens au mot travail. J'aurais préféré voir écrit, considérant l'objet véritable du discours : Étudier pour pouvoir travailler c'est logique. Travailler pour pouvoir étudier, c'est absurde. Ce qui n'exclut pas d'emblée les autres motifs reliés à l'acquisition du savoir.

    L'autre élément intéressant est l'opposition entre l'utilité directe et l'utilité indirecte du savoir. C'est cette partie du texte qui me semble la plus intéressante dans la cause de la hausse. Et le discours est d'autant plus évident et polarisé lorsque l'on écoute les interventions dans les assemblées générales des étudiants de niveau collégial. La formation préuniversitaire vs la formation technique. La vision globale et enrichissante de l'acquisition des connaissances vs la vision utilitaire et immédiate de la connaissance. Deux mondes qui s'affrontent, alors qu'ils devraient se soutenir mutuellement. Chacun au service de l'autre. C'est entre autres à ce niveau de réflex
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  • François Ricard - Abonné
    23 février 2012 06 h 41
    La marchandisation du savoir
    Le public, qui fournit le gros des argents aux universités, devraient imposer à celle-ci un double système comptable: un pour l'enseignement et la recherche pure et un autre pour la recherche appliquée qui profite surtout aux entreprises. Cette recherche appliquée accapare presque la moitié du budget mais ne représente que 1% des revenus.
    On demande à des institutions, jadis dédiées à la formation intellectuelle et professionnelle, de se transformer en catalyseurs de la croissance du capital des entreprises.
    Cette commercialisation du savoir amène les professeurs à se désintéresser de l’enseignement pour se consacrer à la recherche, souvent inutile et génératrice d’inflation bureaucratique, au détriment des étudiants qui n'en ont simplement pas pour leur argent, étant plutôt entre les mains de chargés de cours.
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    23 février 2012 07 h 04
    Encore faut-il étudier
    La principale difficulté de ce discours est le conflit permanent entre l'éducation et les autres loisirs des étudiants. En effet, entre les acheteurs de diplôme et les touristes, il ne reste plus beaucoup d'étudiant dont le but est d'apprendre.
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  • JS L - Inscrit
    23 février 2012 08 h 12
    Ouache
    Un grand vomi sur la rue Jean-Brillant, merci de nous éclairer. Je n'ai pu m'empêcher, au cours de la lecture, de me figurer ces étudiants défilant par convoyeur vers le moulin à viande hachée. Les revendera-t-on à un prix d'or aux "grands" de ce monde? "C'est de la viande de grade A certifiée, M. Breton!" Il ne cessera de m'étonner.

    Un texte délicieux.
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    23 février 2012 08 h 44
    Le bon moyen-âge et le bon temps philosophique d'avant Les Lumières...
    C'était le temps où les clercs faisaient tout à leur tête, à condition de respecter le Droit Canon, de s'en tenir à Aristote et de bien servir le Roy au risque de se voir comme Buridan jeté en un sac en Seine, brûlé par la première inquistion ou pendu à un gibet comme les amis de François Villon. Liberté universitaire? Plutôt pouvoir délégué par l'Église contre le Parlement, sinon contre le Roy, au service d'intérêts corporatistes. La philosophie, comme le génie, peut servir des intérêts particuliers. Il s'agit d'encadrer leurs rapports avec la société. Alors que nos philosophes aux abois produisent de l'Éthique, ils sont payés pour cela.
    P.S.: On oublie aussi de dire que le plus grand savant du XIXe, Louis Pasteur, a fait ses plus grandes découvertes à titre de commandité (la levure de bière....).
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  • celljack - Inscrit
    23 février 2012 09 h 20
    Collectif ou individuel?
    Nos taxes collectives doivent être utilisées pour des usages collectifs et non pour l'intérêt privé de chaque individu.

    En mon point de vue personnel, j'ai appris beaucoup plus sur la philosophie, la métaphysique, l'histoire et la politique en lisant par moi même. L'apprentissage est avant tout un hobby et aucune université est "ultimement indispensable".

    J'aurais pu faire la même chose avec la médecine, mais malheureusement je n'aurais jamais pu mettre mes connaissances en pratique sans diplôme, pour une simple question de lois, appliquées et reconnues collectivement. À l'inverse, rien n'empêche un polymathe de consacrer de son temps individuel à peindre sans diplôme.

    "Lorsque Aristote prétendait, au premier livre de sa Métaphysique, que «tous les hommes ont naturellement le désir de savoir», il faudrait croire qu'il s'était trompé: en sommes-nous bien certains?"

    Oui tous les hommes ont le désir de savoir. Mais est-ce que tous les désirs de nos citoyens devraient être financés par la collectivité? D'ailleurs, je parie qu'Aristote ne prenait pas n'importe qui comme élève: fils de rois, de généraux... très peu d'esclaves je suppose...

    "[...] le savoir est un bien public et non simplement individuel, et qu'il est donc normal que toute la société contribue au bon fonctionnement des établissements d'éducation postsecondaire."

    D'où ça sort cette affirmation? Surtout de la part de philosophes! Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien. Pour le reste, j'ai la liberté et le droit de partager le contenu de mon âme ou non. C'est un choix moral personnel de partager ou non ses connaissances. Il est vrai que le partage donne un monde meilleur, mais la liberté aussi. Cogito ergo sum.
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  • Jean Tremble - Inscrit
    23 février 2012 10 h 40
    Le soldat Jean Brillant
    << Un grand vomi sur la rue Jean-Brillant (…) Je n'ai pu m'empêcher, au cours de la lecture, de me figurer ces étudiants défilant par convoyeur vers le moulin à viande hachée.>>

    C’est même prémonitoire que d’avoir baptisé ainsi la rue qui longe l’UdM, vu que c’est essentiellement sa condition de soldat décoré de la Grande Guerre qui vaut cette renommé à ce pauvre macchabée des tranchés que fut Jean Brillant.
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  • Matemiste - Abonné
    23 février 2012 10 h 42
    Excellente réplique
    @M. Amyotte

    Il est important de prendre garde aux sophismes (à moins qu'il ne vous serve ?). La vrai nature du travail c'est la contribution, trop de compétition nous l'on fait oublier. Les 2 sens que vous nommez ne se rejettent pas, ils en élargissent la perspective. "Travailler pour étudier" mènent aussi à l'ultime raison de l'acquisition et le perfectionnement de la connaissance et du savoir:

    Le développement de notre conscience.

    Elle peut ou pas nécessairement être utile à court terme. Elle est assurément meilleur compagnon des vieux jours et servira quelques rêves d'idéal à transmettre un jour ?

    "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme." -Rabelais

    "Peuple, ce siècle a vu tes travaux surhumains. Il a vu repétrir l'Europe dans tes main." -Victor Hugo
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  • Etienne Groleau - Inscrit
    23 février 2012 10 h 49
    Qu'en pensent les étudiants
    C'est aux étudiants que la question doit être posée... Quiconque n'est jamais allé à l'université n'a pas droit de cité sur cette question. Il ne s'agit pas de snobisme, mais de logique. Évidemment, un travailleur qui ne connaît pas la passion pour la recherche...bien justement ne connaît pas la passion pour la recherche... Certains veulent travailler, mais cela n'interdit pas aux autres d'étudier pour étudier. Et on sait très bien qu'un cerveau bien formé est utile pour une société qu'il ait un travail ou pas. Le système économique est incomplet et biaisé, il ne tient compte que d'une partie de la valeur d'un pays.
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  • Stephane Tremblay - Inscrit
    23 février 2012 11 h 43
    Toujours une contribution très minime!
    Je ne suis guère surpris que des philosophes soient contre la hausse et qu'ils tentent tant bien que mal de justifier leur utilité au sein de la société. Parce que, soyons franc, parmi tous les étudiants, n'y a-t-il pas plus inutile économiquement qu'un détenteur d'un baccalauréat en philosophie? Le savoir pour le savoir vous passionne, je comprends, je partage votre passion. Mais ce n'est pas aux contribuables de financer votre passion.

    Ce n'est pas au plombier de financer votre hobby. Pendant qu'il a les mains dans la merde et qu'il s'assure du bon fonctionnement des canalisations, vous êtes assis dans un café à discuter de politique. Ça, c'est injuste. La majeure partie des philosophes de l'histoire ont pu se payer le luxe de penser parce qu'ils faisaient partie de l'élite et qu'ils n'avaient pas à travailler. C'est ce qu'on appelle de l'exploitation, de la domination. À mon avis, un étudiant de philosophie québécois qui est sur les prêts et bourses et qui ne payent qu'entre 10 et 15% de son éducation exploite en quelque sorte les gens qui ont une réelle utilité sociale et qui n'auront jamais le loisir de glander comme vous le faites parce que, eux, ils ont choisi un travail utile.

    Et 16.9%, entre vous et moi, est-ce que c'est vraiment demander trop?
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  • Emile Essent - Inscrit
    23 février 2012 13 h 03
    Étudiants, aidez-nous (les profs) !!!
    Le gouvernement, les médias et les recteurs font tout pour que la question des frais de scolarité ne soit qu'une histoire d'utilisateur-payeur qui ne concerne que les étudiants d'aujourd'hui. Mais non, ça concerne tout le monde : les futurs étudiants, leurs parents et toute le monde en général qui pourrait être touché par une société de l'ignorance.

    Nombre de professeurs sont de votre bord mais n'ont pas le droit de faire grève : les hiérarchies universitaires se sont empressées de nous le faire savoir. Nous avons ordre de nous présenter en salle de classe.

    Alors aidez-nous, piquetez, empêchez-nous de faire cours. Merci !
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  • Alexis Lamy-Théberge - Abonné
    23 février 2012 16 h 02
    @Stéphane Tremblay
    C'est beau l'élitisme, mais il ne faut pas oublier les acquis des dernières décennies. Je ne suis pas du tout d'accord avec ce qu'implique vos propos, à savoir qu'un plombier ne peut rien retirer du développement de la connaissance philosophique.

    Certes, plusieurs étudiants aimeraient bien que la philosophie soit retirée de la formation de base du cursus collégial, mais il arrive également souvent que ce cours illumine la formation d'un architecte, d'un psychologue, d'un comptable ou d'un ... plombier. De toutes façons, le savoir pratique issu du cours, s'il n'est pas transigeable en bourse, permet un usage plus rationnel du jugement et du discours.

    D'où l'importance de ne pas réserver cette éloquence et cette finesse dans l'analyse aux «élites» et aux «dominateurs», comme vous dites. À ce niveau, je défends l'idée d'une Université qui n'est pas un fast-food de diplomes, mais un lieu de partage et d'accroissement de savoirs. Des médecins peuvent suivre des cours de psychologie et discuter avec des éthiciens; des ingénieurs peuvent partager une expérience de gestion de projet à l'internationale avec un comptable et une anthropologue; des étudiants en théâtre peuvent confronter leurs connaissances avec celles d'un traducteur d'Euripide ou de Sophocle.

    L'énergie vive et passionnée qui nourrit les étudiants ouverts à la découverte scientifique est beaucoup plus inspirante que le cynisme des «clients». Défendons ce qui reste de l'Université comme haut-lieu de savoirs; c'est toute la société dans sa vie démocratique et sociale, dans ses choix et ses idéaux, qui en dépend.

    Le plombier, même quand il a les mains dans la merde, n'est pas qu'une machine utile : il est un humain qui mérite qu'on s'addresse à lui comme tel, qu'on sache dépasser l'abstraction qui ne le considère «que» comme un plombier.
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  • JS L - Inscrit
    23 février 2012 16 h 05
    Stéphane Tremblay
    En passant, notre très cher Péladeau est diplômé en philo et qu'on pense ce qu'on veule de lui, il est au moins un peu utile à la société.
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  • Nelson - Inscrit
    23 février 2012 17 h 37
    Dans le contecte de dettes, déficits, coupures, décote, crise, pauvreté, chômage,difficile financer la philo. la socio, etc.

    Même en étant grand admirateur de ses disciplines, nous sommes trop en survie et précarité économique pour faire financer des études strictement nécessaires pour notre survie.

    Études de plus en plus complémentaires que basiques pour la survie.
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  • bernac - Inscrit
    23 février 2012 18 h 32
    Étudier comme projet de vie.
    Je pense que la majorité des étudiants veulent faire carrière dans un domaine qui les passionne.
    Si après leurs études ils ne peuvent travailler dans ce domaine, ils seront naturellement très déçus. Ce qui ne les empèche pas de vouloir également apprendre pour apprendre. Les deux idées ne sont pas incompatibles.
    Il est donc normal qu'ils contribuent au financement de l'Université dans une certaine mesure.
    Ce qu'on leur demande comme droits de scolarité ne me semble pas exagéré,
    au contraire,car leurs études nous coute beaucoup plus et nous subventionnons des étudiants dont la plupart viennent de familles plus riches que la moyenne des Québecois.
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  • Q1234 - Inscrite
    23 février 2012 20 h 07
    Utile l'ignorance?


    Un peu plus de philosophie chez les Stéphane Tremblay de ce monde et notre société s'améliore grandement. Je suis , quant à moi, heureuse de payer de mes impôts afin que nous ayons des philosophes. Les mépriser, c'est se mépriser soi-même . Un peu plus de réflexion dans une société de surconsommation, de performance, de rentabilité est certainement utile! Merci les philosophes! Ce n'est pas un luxe , c'est une nécessité, surtout dans le contexte social et économique actuel!
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  • Matemiste - Abonné
    24 février 2012 05 h 37
    Mmmmm Utile ?
    @Stéphane Tremblay
    La philosophie détermine l'utilité. Il faut commencer donc par lire... le dictionnaire. Vous aller vous rendre compte qu'aucune phrase sensé n'y échappe.

    C'est drôle comment je commence à me demander : Combien d'enfants mal dégrossit ont besoin d'amour et de bon guides pour exemple ?

    "Un homme n'est jamais aussi grand que lorsqu'il est a genoux pour aider un enfant" -Pythagore
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  • Martin Duchesneau - Inscrit
    24 février 2012 15 h 19
    Même Aristote peut se tromper...
    " Lorsque Aristote prétendait, au premier livre de sa Métaphysique, que «tous les hommes ont naturellement le désir de savoir», il faudrait croire qu'il s'était trompé: en sommes-nous bien certains?"

    Effectivement, il s'était trompé, l'Immense Aristote. En effet, tous les hommes ont naturellement le désir de CROIRE. Je mets quiconque au défi de réfuter cet axiome.
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  • Gaetan-Daniel Drolet - Inscrit
    25 février 2012 07 h 42
    Des cerveaux mieux alignés
    Quand même... Il faut de la prétention pour affirmer de la sorte que le cheminement de l'un est comparable au cheminement de l'autre. Que dire de la prétention d'éducation? L'éducation est un projet de vie ce que les université offrent en général c'est du savoir aligné ou plus précisément des instructions de matière qui deviendront partie de fonction... Franchement! C'est la grève l'éducation car enfin L'esprit exprime ces séries d'instructions incomplètes comme une partie de cerveau à ciel ouvert...
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  • Stephane Tremblay - Inscrit
    25 février 2012 09 h 37
    Responsabilité individuellle
    À lire les commentaires haineux dirigés à mon égard suite à mon commentaire d'il y a quelques jours, je réalise que le gouffre idéologique qui nous sépare est très difficile à franchir.

    D'abord, je n'ai jamais dit que la philosophie était inutile en soi. J'ai beaucoup apprécié mes cours au collégial et je suis pour que ces cours continuent à être donner au futurs techniciens du Québec pour qu'ils puissent être mieux formés intellectuellement. Je suis pour que la philosophie continuent à évoluer.

    Mais, ce que plusieurs d'entre vous ne semble pas comprendre, c'est qu'étude ''accessible'' ou non, la philosophie continuera de vivre même si une poignée de jeunes devront économiser leur argent pendant 2-3 ans avant d'entamer leurs études. La philosophie continuera à évoluer même si le risque financier des études universitaires sera plus grand après la hausse.

    Je prône tout simplement une plus grande responsabilité individuelle. Ce n'est pas aux gens qui ne vont pas à l'université de financer votre instruction universitaire et votre possible mobilité sociale. Je considère qu'au point de vue de la solidarité sociale, il y a mieux à financer que les études en philosophie et en sciences sociales d'étudiants qui sont déja très à gauche au début de leurs études, et qui le seront encore plus après.

    Je retrouve ici les même ornières idéologiques qu'on retrouve sur les blogues des animateurs de radio de Québec et eux, ils n'ont pas étudié en philosophie.
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  • Michel Boucher - Abonné
    29 février 2012 09 h 02
    L'exercice du jugement...
    Voilà ce qu'apporte avant tout la philosophie ! Elle est une discipline très pertinente. Le jugement peut aussi être '' pratique '' dans la vie ! En particulier, les employeurs apprécient de plus en plus des employées et employés versatiles, parce que les cerveaux ont été bien formés.
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  • Mathieu Gagnon - Inscrit
    2 mars 2012 00 h 13
    Statistiques à l'appuie?
    Ils utilisent cette statistique pour renforcé leur position contre une éventuelle hausse:

    5,4 % en 1988 de la part des étudiants (en insinuant, comme quoi c'est possible, etc etc)

    J'aime bien à quel point ils ont prit la seule année la plus basse des 50 dernières. En 1964-65 elle était de de 26,4 et après l'augmentation drastique de la hausse vers 89-90 elle était évidemment plus que 5,4%...

    Professeurs de philosophie? Ils ont ratés une pancarte en ce qui a trait à "l'utilisation éthique et correcte des statistiques", non?
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  • Simon-Pierre Chevarie Cossette - Abonné
    3 mars 2012 13 h 17
    Statistiques à l'appui.
    Faire le saut entre une statistique et une prescription est toujours un sophisme naturaliste : on ne peut déduire de l'état du monde quoi que ce soit sur ce qu'il devrait être, sauf si cela s'accompagne d'un autre jugement prescriptif.

    Dans le cas qui nous occupe, le jugement prescriptif initial serait "nous devons offrir l'éducation la plus accessible possible". La statistique bien précise sert à montrer que "l'éducation a déjà été plus accessible". On présuppose que le Québec ne s'est pas ruiné entre temps, qu'il n'a pas perdu le moyen d'offrir cette accessibilité, qu'il a même les moyens d'en offrir une plus grande (à savoir la gratuité scolaire). On conclut alors - en partie grâce à la statistique présentée - que l'on devrait pousser dans le sens d'une plus grande accessibilité.

    De la même façon, on peut très bien se comparer avec les huit pays de l'OCDE où l'université est gratuite.

    En ce qui concerne plus précisément le taux de 1988, il semble effectivement plus bas que la moyenne, mais ce ne sont certainement pas les années 64-65 qui sont représentatives! À partir de 68, une plus grande démocratisation des institutions scolaires s'est fait sentir et c'est dans cette voie que nous aimerions voir le Québec continuer d'avancer.
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  • Felix Schneller - Inscrit
    5 mars 2012 20 h 28
    De la mobilité sociale
    J'aimerais répondre à la dernière intervention de M. Stéphane Tremblay:
    «Je prône tout simplement une plus grande responsabilité individuelle. Ce n'est pas aux gens qui ne vont pas à l'université de financer votre instruction universitaire et votre possible mobilité sociale.» (extrait)

    Il faut se rappeler que notre démocratie, tout comme la liberté individuelle, repose sur une mobilité sociale rendue possible, et sur un savoir qui, le plus possible, recherche une impartialité ainsi qu'un intérêt communautaire à plus long terme que quatre ans. En 1990, pour une hausse comparable, il y a eu une perte de 20% de la fréquentation scolaire. Est-ce que c'est ça rendre possible la mobilité sociale?

    Quant à la compétence politique, si la science politique peut nous aider sur le «comment faire en politique?», la philosophie peut nous aider sur le «quoi faire en politique?»... On oubli trop facilement que ça prend un idéal pour parler de progrès. Est-ce qu'on peut espérer du progrès en politique?

    Philosopher, bien avant savoir argumenter, c'est construire des idéaux. Bien entendu, en politique, il faut savoir faire des compromis pour passer de la situation présente à ce qu'on considère bon pour nous tous à long terme. En ce sens, il ne faut pas s'accrocher maladivement à ses idéaux. Cependant, sans eux, on tourne en rond en continuant de choisir la situation initiale.

    Le rôle des étudiants est d'exprimer leur mécontentement face à la situation, et n'est pas de formuler un projet de loi. Cette compétence est supposément gouvernementale. Par contre, le mouvement étudiant gagnerait en crédibilité à plus souvent mettre de l'avant des solutions comme l'a bien fait Gabriel Nadeau-Dubois à tout le monde en parle.
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  • Felix Schneller - Inscrit
    5 mars 2012 20 h 30
    Pour une droite économique contre la hausse
    Je me considère plutôt à gauche moralement, mais à droite économiquement. Ce n'est pas nouveau qu'on constate que la création de richesse génère de l'emploi... Supposons qu'un étudiant (comme c'est le cas pour plusieurs) ne poursuit pas ses études à l'université à cause de la hausse. Supposons que cet étudiant, avec un diplôme universitaire, aurait obtenu un salaire supérieur de 15 000 $ par année (montant hypothétique, mais prudent). Imposé à 40%, le salaire de cet individu (avec diplôme universitaire) rapporterait 6 000$ de plus à l'état. C'est presque 4 fois la hausse des frais de scolarité! N'allons pas dire que ce n'est pas rentable à long terme d'investir dans l'accès à l'éducation spécialisée.

    Je suis entièrement d’accord pour dire que le savoir n’est pas qu’une marchandise. Cependant, dans la mesure où le savoir possède une valeur communautaire, et où les contribuables devraient payer pour rendre l’éducation accessible, le savoir doit être conçu comme une utilité commune, c’est-à-dire un outil qui mène à l’emploi et à des compétences spécifiques comme la philosophie peut mener à des compétences spécifiques en politique et en éducation.

    Quant à l'art, en le faisant vivre dans nos institutions universitaires, on s'assure de conserver un patrimoine culturel tout en répondant à la demande de main d'œuvre dans l'industrie du divertissement. Même si pour plusieurs, l'art et l'industrie du divertissement sont des activités complètement différentes, les ressources qui permettent leur actualisation respective sont pratiquement les mêmes. On peut facilement joindre l'utile à l'agréable, et vice versa.
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  • Felix Schneller - Inscrit
    6 mars 2012 14 h 27
    Infatigable Indignation
    Je viens de lire le journal La Presse (6/3/2012). Sur une page, on parle de se payer un stade olympique, et sur l'autre, de se payer une éducation! À vous de faire votre choix... C'est très probablement un faux dilemme, mais il vérifie notre sens des priorités. Quant aux ressources technologiques au secondaire et au primaire, ce sont de belles initiatives, mais elles sont moins prioritaires que la qualité de l'enseignant formé à l'université. Dans la lignée des solutions/compromis, il faudrait que 100% de la hausse soit investie dans les programmes de prêt et bourses. Tout comme je prône un désengagement de l'état dans les garderies pour offrir une aide financière aux familles qui sont vraiment en difficulté.

    Ce n'est pas parce qu'il y a une forte classe moyenne que les familles à très faible revenu n'ont pas droit à la démocratie et au savoir. Je vous invite à voir à plus long terme que le mandat de Jean Charest.
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