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Libre opinion - J'ai un iPhone, donc je suis?

Jasmine Raymond-Drainville, étudiante au baccalauréat en enseignement au secondaire, à l'UQTR  23 février 2012  Éducation
Je suis étudiante à l'université. J'ai un téléphone intelligent et une voiture. Mes parents m'apportent une aide financière, je n'ai aucun problème d'argent et je suis admissible à l'aide financière aux études. Je m'appelle Jasmine Raymond-Drainville et je suis totalement contre la hausse des droits de scolarité prévue de 2012 à 2017.

J'entends déjà des gens me dire que je n'ai pas à me prononcer sur la question de la hausse, puisque cette dernière ne me concerne pas. Je vous arrête immédiatement. J'en ai assez de me faire juger par ces personnes qui croient que le fait de posséder un téléphone intelligent m'empêche de voir les choses telles qu'elles sont; que si j'ai assez d'argent pour remplir le réservoir d'essence de ma voiture, je n'ai pas à me plaindre de cette hausse, qui ne m'affectera pas.

Vous avez raison: les 325 dollars de plus à payer par session pendant cinq ans ne m'empêcheront pas de manger. Cependant, il est important de comprendre le principe qui guide mes réflexions.

Le voici: les personnes contre la hausse se divisent en deux catégories, la première étant composée des étudiants qui ont peur pour leur portefeuille, et la seconde, des Québécois qui s'inquiètent de l'avenir de l'éducation dans notre province. Inutile de vous dire que je fais partie de la deuxième catégorie. Même si mes parents étaient multimilliardaires, je serais farouchement opposée à toute augmentation des droits de scolarité, car tout le monde n'a pas la chance que j'ai d'avoir des parents ayant les moyens de payer pour leur éducation, ni celle de pouvoir bénéficier de l'aide du gouvernement.

À mon avis, la vraie question ne réside pas dans les chiffres. La vraie question en est une de valeurs et de vision de l'éducation. Ma réponse à cette question, peu importe la manière dont elle est formulée: je refuse que l'éducation soit considérée comme un service ou un bien de consommation comme l'est mon abominable téléphone cellulaire, qui, selon plusieurs, m'empêche de réfléchir.

D'ailleurs, je tiens à ouvrir une parenthèse pour mentionner que cet horrible outil technologique me sert de téléphone de maison et que je prends l'autobus pour mes déplacements quotidiens. Vous voyez donc que je ne suis pas aussi irréfléchie qu'il vous semblait au début de cet article et que je suis capable de raisonner logiquement. Oui, j'ai des valeurs et des convictions. Fermeture de la parenthèse.

La hausse ne me touchera qu'en partie puisque, dans cinq ans, j'aurai terminé mon baccalauréat et j'ose espérer que j'aurai un emploi relié à mon domaine d'études. Sans doute avez-vous envie de me dire de cesser de me plaindre le ventre plein puisque, justement, j'ai assez d'argent pour bien manger sans me soucier de ma facture universitaire. Vous vous retenez sans doute de me dire d'arrêter de pleurer, puisque mes études ne sont pas en péril.

Sachez que je pleure quand même.

Je pleure pour vos enfants qui n'auront pas le temps de le faire, trop occupés qu'ils seront à travailler à temps plein pendant leurs études pour essayer de payer leurs droits de scolarité.

Je pleure pour mes futurs élèves parce qu'ils auront besoin de bien plus de larmes que celles que leur corps peut produire pour arriver à se consoler de ne pas pouvoir décrocher l'emploi auquel ils aspirent présentement, à cause de l'éducation à accessibilité limitée.

Mais surtout, je pleure déjà pour mes enfants, puisque si la hausse devient bel et bien effective en septembre, je n'aurai pas assez d'une vie pour évacuer toute la frustration que je ressentirai lorsque je les verrai abandonner leurs rêves, faute de ressources financières. Vous pensez que j'exagère? Absolument pas. Je pèse mes mots.

Puisqu'il n'existe sur mon iPhone aucune application pour contrer la hausse des droits de scolarité et comme mon économique Toyota Echo ne roule pas assez vite pour que je puisse fuir notre ministre de l'Éducation, dont j'ai horriblement honte, je me contente de vous demander de réfléchir à vos valeurs, à l'éducation et aux futures générations.

S'il vous plaît.

***

Jasmine Raymond-Drainville, étudiante au baccalauréat en enseignement au secondaire, à l'UQTR
 
 
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  • Lamonta - Abonné
    23 février 2012 07 h 12
    L'éducation, l'effort et l'accessibilité
    Elle écrit bien la petite Raymond-Drainville, mais si on parlait aussi un peu de la valeur de l'effort plutôt que du tout nous est dû.

    L'accès à l'éducation est déjà universel et gratuit jusqu'à la fin du secondaire (sauf pour les gens qui choisissent le privé, bien sûr). Et si le reste était accessible avec de meilleurs résultats scolaires, ne croyez-vous que toute la chose s'en trouverait valorisée? Et les bourses pourraient facilement aider ceux et celles qui en auraient vraiment besoin.

    Avec les plus bas frais de scolarité au Canada, le Québec fait-il mieux que les autres provinces? Qu'en pensez-vous Raymond-Drainville?
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  • NDNM - Inscrit
    23 février 2012 07 h 41
    cela fait du bien
    De vous lire ce matin avant, d’aller surveiller un examen à l’université ou j'enseigne me fait du bien. Vous avez parfaitement raison. Quand j’étais étudiant (j’ai pu faire mes études seulement à l’age de trente ans) chargé de famille, j’ai profité du soutien de mes parents dans la mesure de leur capacité, de celui de mon épouse, et je travaillais les fins de semaine et la nuits pour payer mes études et soutenir ma famille. Et oui il m’arrivait d’aller à un concert ou de m’acheter un roman ou un disque et même un ordinateur. Et j’avais une voiture pour me rendre à l’université ne pouvant habité à côté. Comme vous j’ai honte de notre société qui ne veux plus payer pour ses enfants, j’ai honte de nos ministres de nos recteurs, des gens de ma génération qui les soutiennent. Je ne me plains pas de payer trop d’impôts... seulement de leur mauvais usage et de l’injustice des impôts indirects (augmentation de la TVQ par exemple).
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  • Joulie - Abonnée
    23 février 2012 07 h 51
    Un effort !
    @Lamonta

    La différence entre le Québec et le Canada sur ce point, c'est le choix de société. Je prends un seul exemple, que nous révélait récemment Le Devoir : il y a plus de médecins au Québec qui sont issus de familles de la classe moyenne que partout ailleurs au Canada. Qui devrait pouvoir être médecin ? Seulement ceux dont les parents le sont ? Seulement ceux dont les parents valorisent l'éducation universitaire ? Seulement ceux qui viennent d'un milieu aisé ?

    Parler uniquement en terme d'effort, c'est entretenir le mythe du ''self-made man''. Tout le monde fait des efforts, arrêtons d'employer cet argument démagogique qui ne veut rien dire.
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  • JS L - Inscrit
    23 février 2012 07 h 55
    Bien joué
    Tu oublis les étudiants qui se mobilisent contre le fort impénétrable du gouvernement libéral. C'est un "oui" collectif pour la démocratie que les étudiants brandissent du haut de leur pancartes. Lorsqu'un gouvernement honnête (espoir) demandera de l'argent aux étudiants pour l'utiliser à bon escient (respoir), seras-tu prêts à lui donner? Pour moi, l'enjeux est là d'abord et avant tout.

    Tu as cependant raison de prendre position, car tu serais en effet bien égoiste... Je hais quand même ton iPhone (j'ai un iPod, un macbook et un téléphone de maison). Je me dis que si tu peux justifier un changement, du genre portable à iPhone, c'est légitime. Mais combien de personne ne font que suivre ou qu'adhèrer à ce qui est normal dans notre populace étudiante? Est-ce normal d'avoir, même de vouloir un objet comme le iPhone et autres intelligences électronique? Quel est le besoin comblé? Je suis curieux de savoir. Bonne journée!
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  • B Landry - Inscrit
    23 février 2012 09 h 20
    Les frais les plus au Canada... et pis ....
    Je suis toujours éberlué de voir des gens argumentés en faveur de la hausse des frais de scolarité, car nous avons les frais les moins haut au Canada, car la plupart de ceux-ci sont les mêmes qui se plaignent que nous sommes les plus taxés , imposés, tarifés en Amérique du Nord.

    Donc pour eux, c'est scandaleux de trop payer, mais ce qui est également scandaleux c'est de ne pas les préparer à ce statut de trop taxés et les faisant payé un peu plus avant même qu'ils aient des revenus. Alors apprenons leur à vivre selon la réalité en les endettant bien comme il faut avant qu'ils soient des contribuables salariés


    Ah oui nous avons aussi un autre avantage sur le reste de l'Amérique de Nord, nos tarifs de l'électricité sont aussi les plus bas, quel scandale que d'avoir de temps en temps des privilèges....
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  • Jean Tremble - Inscrit
    23 février 2012 10 h 30
    @Lamonta


    << L'accès à l'éducation est déjà universel et gratuit jusqu'à la fin du secondaire >>

    L'accès à l'éducation au Québec est peut-être universel, mais l'école publique n'y est absolument pas gratuite... Nous avons ici à la maison trois enfants respectivement âgés de quinze, dix-sept et dix-huit ans.

    Il y a une ribambelle de frais et d’achats de matériel à coup de centaines de dollars que nous réclame l’école à chaque rentrée scolaire.

    Et si votre rejeton participe à des activités scolaires (sports, sorties, etc.), c’est encore de l’argent supplémentaire que les parents ont l’obligation de payer.

    Par exemple, le plus jeune chez-nous est membre de l’équipe de football de sa polyvalente… Si nous n’avions pas à la maison l’argent nécessaire pour assumer ces frais-là, cet adolescent serait privé de cette activité qui va de pair avec sa réussite scolaire.

    Or, socialement, ça ne serait pas une économie que de priver ce dernier de cette activité parascolaire, parce que ce grand gaillard de six pieds deux pouces d’à peine quinze ans trouverait probablement des moyens moins recommandables que le football pour évacuer son énergie et affirmer sa personnalité.

    Le reste est à l’avenant.
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  • beaumiche - Inscrit
    23 février 2012 10 h 31
    quelle est notre vision?
    Il y a très souvent deux poids deux mesures, selon le monde auquel on appartient. On peut presque toujours trouver des arguments pour justifier nos dépenses. Mr.. Charest avait plein d'arguments pour justifier son refus d'une commission d'enquête. On a vu ce que ça a donné Il en aura plein pour accepter de rénover Gentilly pour près de 2 milliards. Il se drape dans ses principes pour justifier ses hausses de frais de scholarité...On verra bien ce que ça donnera.
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  • Steven Duchesne - Inscrit
    23 février 2012 10 h 35
    Des frais moins élevés que les autres provinces, mais...
    Je suis étudiant au Collège Shawinigan et je suis contre la hausse des frais de scolarité. Pour moi, la hausse n'est pas quelque chose qui m'inquiète, mais je comprend que ce n'est pas le cas pour tout le monde. J'entend souvent l'argument «Le Québec a des frais moins élevés que les autres provinces canadiennes». Cependant, le salaire québécois est inférieur. De plus, il y a une autre différence majeur entre nous et les autres provinces: nous avons des cégeps. Si je compte que mes frais d'inscription au cégep sont d'environ 300$ par an plus ceux de l'Université, on augmente déjà la moyenne et encore, il y a des programmes plus dispendieux que le mien. Le pouvoir d'une société se mesure par l'éducation de celle-ci et donc, c'est stupide d'empêcher de nombreux étudiants d'accéder aux études supérieures. Lorsque le Québec va se retrouver en plus grande pénurie de médecin car le doctorat coûte trop cher, il va faire quoi ? Augmenter la taxe santé ?
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  • Lise Moga - Inscrite
    23 février 2012 12 h 56
    Pour que chacun assume sa part de responsabilité
    "La vraie question en est une de valeurs et de vision de l'éducation" J R-D

    Les valeurs et la vision, ç'a un coût. Les québécois sont déjà les plus taxés de toute l'Amérique du Nord, en rajouter n'améliore pas la situation. Il y a combien de gens qui sont réquisitionnés à payer les rêves de tous et chacun sans n'avoir jamais bénéficié de notre sacré "modèle québécois". Ex: j'ai payé des services d'orthodontie pour d'autres et je n'ai pas eu les moyens d'en payer pour les miens. ETC, ETC.

    "Comme vous j’ai honte de notre société qui ne veux plus payer pour ses enfants, j’ai honte de nos ministres de nos recteurs, des gens de ma génération qui les soutiennent" NDNM

    J'ai honte de ces parents qui mettent des enfants au monde sans en prendre la responsabilité. Pour ce qui me concerne, j'ai assumé cette responsabilité pour et avec mes jeunes et je n'étais pas riche... nous nous sommes serré la ceinture, mais cette expérience de solidarité familiale nous a rendu plus conscients des priorités à établir pour réussir. Il serait temps que je passe le flambeau de la "maternitude" à d'autres.

    "C'est un "oui" collectif pour la démocratie que les étudiants brandissent du haut de leur pancartes." JSL

    IL n'y aurait pas lieu de respecter les étudiants qui divergent de vue avec celle des meneurs, avant de nous faire croire que de dire non devient un lèse-majesté. Je ne crois pas que le harcellement, les bris de matériel, les menaces ou toutes pressions disproportionnées s'inscrivent dans les normes d'une saine démocratie.

    "Cependant, le salaire québécois est inférieur."SD

    Salaires moins élevés et impôts plus gourmands exigent déjà des efforts considérables pour faire face au coût de la vie pour des gens qui seraient forcés de dépenser encore plus. Où est la logique?
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  • JS L - Inscrit
    23 février 2012 15 h 45
    Chère Lise Moga
    Je croirais entendre ma mère (j'aime beaucoup ma mère). Donc, maman, il faut dissocier les étudiants casseurs de vitres du reste du mouvement, comme on peut prétendre à un monde meilleur en dissociant le nôtre de nos idéaux (entends valeurs sociales, s'il te plait). La perfection n'existe pas, c'est vrai, comme la démocratie parfaite n'existe pas. Les carrés verts ont raison d'être pour la hausse, les carrés rouges ont raison d'être contre, tout est relativisable et on entend des arguments de toutes parts qui font du sens. Le réflexe médiatique est justement de catégoriser par couleur, sans nuance! Cependant, je ne comprend pas qu'après toutes ces années d'abus par le présent gouvernement, après tout le manque de transparence et autres amphigouris, nous puissions, en tant que société, réduire le travail d'une génération de futurs travailleurs et meneur de société, à un coup d'éclat dans un cégep ou à une manifestation marginale qui tourne mal. N'est-ce pas que le débat transcende ces cas particuliers que les médias veulent bien nous vendre? Est-ce que le désespoir de jeunes qui se battent ensembles depuis des années contre ladite hausse et ledit gouvernement peut, à ce point de non-retour, déborder un peu? Les intentions derrière ces actes sont-elles si grave qu'on doive comdamner le travail qui se fait en silence par nos jeunes, depuis si longtemps? Saches aussi, maman, que même les fédérations et associations étudiantes divergent l'une de l'autre, selon leurs idées, mais qu'ils ont décidé de marcher dans la même direction. Un but commun, c'est ce qui manque au québécois. Les étudiants proposent de choisir l'éducation, comme but ultime d'une société saine. La grève est donc un recours, parce qu'il n'y en a pas, de dialogue, sans ça. C'est ce que je veux dire, par "oui" à la démocratie. Je t'aime, maman, même si nos idées divergent.
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  • Jasmine_rd - Inscrite
    23 février 2012 15 h 46
    En réponse à JS L
    La raison pour laquelle j'ai un téléphone cellulaire au lieu d'un téléphone de maison est bien simple : étant assez impliquée dans mon université, je ne suis pratiquement jamais chez moi. De plus en plus, les étudiants délaissent le téléphone de maison au profit d'un appareil mobile qui, sans abus et extras, revient très souvent moins cher.

    Pourquoi un iPhone? Pour la fiablité, tout simplement, et parce que je n'ai pas de lecteur mp3. J'ai testé de nombreux produits électroniques d'autres compagnie, refusant d'acheter des produits "de marque" comme Apple. Je dois avouer qu'au final, mon téléphone et mon ordinateur me font économiser puisque je n'ai pas à les renouveler à cause de bris inexpliqués.

    Bonne journée !
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  • Jasmine_rd - Inscrite
    23 février 2012 16 h 00
    En réponse à Lamonta
    Réponse toute simple : avec la hausse, la sélection se fera par la richesse. Les universités n'auront pas les étudiants les plus compétents, mais les mieux nantis. Est-ce ce que l'on souhaite?
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  • 3M - Inscrit
    23 février 2012 16 h 06
    Le je veux je peux... Est-ce si vrai?
    Il faut arrêter de croire que tous jouissent des mes chances, c'est faux!!! Lisez Pierre Bourdieu (les héritiers, 1964 ; La reproduction, 1970) et ses acolytes de la reproduction sociale, même Raymond Boudon (son adversaire) admet que ce n’est pas tous qui ont les mêmes chances au départ. Voyez plus loin que le bout de votre nez! Lisez et observez votre société et l’ensemble des gens qui la compose. Plusieurs ne jouissent pas des mêmes avantages que ceux qui nous racontent leur exploit d'avoir réussi en « se bottant le derrière ».

    Arrêtez de penser à vous et regardez tout au tour et vous verrez que ce n’est pas tout le monde qui bénéficie des mêmes ressources culturelles, sociales et économiques. Pensez à ceux qui doivent déménager pour venir étudier dans un programme qui se donne uniquement à Montréal, et là, je ne parle pas de ceux qui partent de Laval… voyez plus loin! Pensez aux parents monoparentaux qui aimeraient retourner aux études pour s’offrir à eux et à leur enfant une vie meilleure et plus stimulante. Pensez aux enfants de chômeur ou de personnes moins bien nantis. Pourquoi refusez-vous qu’ils n’aient pas les mêmes opportunités que vous? Arrêtez de croire que c’est si facile et que parce que vous vous y êtes arrivé, dans certaines conditions, que tous peuvent y arriver.
    Je suis professeur au niveau collégial et j’ai environ 30% de mes étudiants(es) qui craignent de ne pas avoir suffisamment d’argent pour aller à l’université. Ils manquent des cours, ils déposent des travaux en retard pour travailler et accumuler de l’argent… Est-ce ça être étudiant(e)? Que retiennent-ils des enseignements lorsqu’ils travaillent pour payer leurs études universitaires plutôt que d’être en classe?

    Vous tous, les « me, m’y self and I », les « self made man », les « j’ai été capable donc ils sont tous capables »… ouvrez vos YEUX. Nous n’avons pas tous les mêmes chances… nous ne so
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  • Jasmine_rd - Inscrite
    23 février 2012 22 h 35
    Correction
    Je tiens seulement à mentionner qu'une petite erreur s'est glissée dans mon texte : on doit lire 325$ par année pendant cinq ans, et non 325$ par session. Merci.
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  • zoemie - Inscrite
    24 février 2012 05 h 31
    Perspective
    Je comprend votre point de vue d'étudiante, seulement il faut remettre certains faits en perspective.

    Je suis une maman monoparentale de trois enfants, oui j'ai une voiture, sans doute plus petite et plus vieille que la vôtre, je n'ai pas de téléphone intelligent, puisque les coûts reliés à ce téléphone sont, à mon avis, trop élevés.

    Maintenant, vous pouvez dire que je n'avais qu'à aller à l'Université... bien, j'y suis allé, et j'ai dû travailler pour payer mes études. Je n'ai pas moins réussi pour autant.

    Vous dites pleurer pour mes enfants qui travailleront, eh bien soit, ils travailleront et prouveront ainsi leur vrai désir de s'instruire.

    Votre texte dit en quelques sortes que les gens des autres provinces sont des moins que rien, puisque tous ne vont pas à l'université, ils vous voient manifester contre 325$ par année alors qu'il s'agit d'une fraction de que tous le reste du canada paie pour un seul cours.

    Demandez-vous plutôt avec quel qualité d'éducation vous pourrez terminer vos études, est-ce que vous recevez la meilleur qualité, permettez-moi d'en douter. Un système d'éducation qui ne paie pas adéquatement ses professeurs, n'a certainement pas les meilleurs.

    On ne parle pas ici de retirer l'aide financière, on ne parle pas non plus de doubler les frais reliés à l'éducation, on parle de frais de 325$ par année. Lesquels frais, s'ils sont ramenés sur une session sont de 162$ et sur un mois, sont d'environ 40$, puisque votre session est de 4 mois, et que le reste du temps, les étudiants travaillent...

    Dans notre société, je crois que chacun est centré sur son petit nombril, peut être les étudiants qui manifestent contre cette hausse devraient avoir affaire à la vrai vie.

    J'ai un enfant diabétique et ses soins, me coutent plus du double de vos frais totaux annuels... mais je lui paie tout de même le meilleur traitement...

    Sil vous plait remettez les choses en perspective et apprenez les priorit
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  • Jasmine_rd - Inscrite
    24 février 2012 07 h 47
    En réponse à zoemie
    Tout d'abord, je tiens à préciser que je ne crois pas avoir dit, ni sous-entendu que les autres provinces sont des moins que rien. Absolument pas. Ce que je dis dans mon commentaire, c'est que beaucoup de gens utilisent le "Oui mais ailleurs c'est plus cher" comme argument et à mon avis, on doit cesser de toujours se comparer à pire. C'est trop facile.

    De plus, je ne dis absolument pas que les professeurs devraient être moins payés, bien au contraire. Le pourcentage d'argent qui sera investi dans la qualité de l'éducation me fait cependant (énormément) douter de la pertinence d'une telle hausse.

    Finalement, l'idée principale de mon texte est la suivante : je n'en peux plus de lire dans les journaux et d'entendre dans les médias et chez les militants pro-hausse que les étudiants qui ne manquent pas d'argent n'ont pas à avoir d'opinion quant à la hausse des droits de scolarité. C'est un argument beaucoup trop facile, voire lâche, qui n'a pas sa raison d'être. Une telle hausse est complètement à l'opposé de mes valeurs et comme je pense aux générations futures, je dois m'insurger contre cette décision de notre cher gouvernement. Si j'étais centrée sur moi-même et que seul mon nombril m'importait, je me contenterais de me plaindre des étudiants en grève et je leur demanderais de me laisser étudier en paix puisque moi, je ne manque pas d'argent. Pensez-y bien... je suis bien loin d'être la seule à être inquiète pour le futur.

    (suite dans un autre commentaire)
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  • Jasmine_rd - Inscrite
    24 février 2012 07 h 48
    En réponse à zoemie (suite)
    Je comprends vos arguments, mais je ne suis pas en accord avec ceux-ci. Pour les étudiants qui sont présentement à l'université, oui, 40$ par mois n'est pas énorme pendant une session. Par contre, il est irréaliste de penser que tous les étudiants sont capable d'économiser une telle somme mensuellement puisque justement, certains vivent déjà en mode (incroyable) économie. Veut-on vraiment que les étudiants de demain soient encore plus endettés que la génération présente? Veut-on qu'ils travaillent encore plus pendants leurs études, alors qu'actuellement, beaucoup d'étudiants excèdent déjà les 15 heures hebdomadaires au-delà desquelles le travail risque de nuire aux études à temps plein?

    Je respecte votre opinion, mais ne la partage absolument pas.

    Bonne journée à vous!
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  • zoemie - Inscrite
    24 février 2012 18 h 46
    Gauche
    Voici:

    Les frais de scolarité seront payés d'une façon ou d'une autre, si on n'applique pas le principe de l'utilisateur payeur, ça sera la population entière qui paiera pour l'éducation d'un groupe. Maintenant, si nous étions une province riche, je dirais: allons-y, payons les études de tous les étudiants, mais seulement, voila: nous somme sans doute dans le top 3 des provinces les plus pauvre.

    Quand vous mentionnez que vous pensez aux génération futures, je vous crois, mais voyons le sous un autre angle: en faisant payer la société pour les frais de scolarité, la dette augmentera et celle que nous leur laisseront sera juste plus grande encore que celle qui est présentement.

    Autre fait: les étudiants estiment que la population devrait payer leurs frais de scolarité alors qu'eux même ne veulent pas investir dans leur avenir, c'est un non sens à mon avis. Cette population qui paie pour les frais n'a bien souvent même pas les moyens de se mettre un peu d'argent de coté pour éviter de croupir dans un trou à leur retraite.

    De plus, comme le coût est bas pour étudier, on se retrouve avec des étudiants qui font exemple. la médecine, profite de cette relative gratuité et ensuite s'en vont payer des impôts ailleurs... bravo, qui est gagnant?

    La génération future s'en fou d'étudier, ils décident dans leurs cours au secondaire de ne pas faire un travail et le professeur ne peut rien faire. Montrons leur la valeur de l'effort et ce que ça vaut de travailler pour obtenir ce qu'on veut. Ça ne ferait que démontrer leur intérêt a investir pour ce qu'ils veulent.

    Avoir un prêt étudiant n'est pas une tare, j'ai payé le miens et je n'en suis pas morte. Même quand j'étais étudiante, je m'opposait aux grèves et j'étais en faveur des hausse de frais de scolarité.

    Les gens qui voudront étudier trouverons le moyens de le faire et les autres trouverons comment ne pas le faire, peu importe les frais.

    la valeur de l'effort devr
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  • Alain Michaud - Inscrit
    24 février 2012 19 h 32
    En définitive
    L'ensemble des commentaires conduisent à répondre à 1 question idéologique? Soit on privilégie l'individu, soit on favorise la collectivité.

    Beaucoup d'arguments ici mais la question demeure, quelle valeur veut-on privilégier? Soit on laisse l'individu se démerder et la richesse de ceux qui réussissent va leur permettre d’en laisser suffisamment dans leur sillage pour que les plus pauvres puissent survivre et même prospérer. Soit encore, on s'organise dans la société pour taxer davantage les plus riches et redistribuer au plus pauvres pour ne laisser personne derrière.

    Quand on entend qu'on est parmi les plus taxés, il faut aussi ajouter qu'on est parmi ceux qui reçoivent le plus de services (garderies, congés parentaux, médicaments gratuits, frais de scolarité plus bas, subventions de maintien à domicile, etc.

    Moi ça me convient, je ne déménagerais pas ailleurs, ni au Canada, ni aux É.-U., ni ailleurs non plus. J'aime vivre ici ; oui je paie beaucoup de taxes et d'impôts, mais ce n'est pas l'enfer. Je vis dans une société accueillante, tolérante, où les opportunités ne sont pas réservées exclusivement aux plus riches. Je ne vois pas la pauvreté extrême côtoyer la richesse indécente. C'est un choix et j'accepte de payer plus pour que tout le monde profite d'une qualité de vie, voilà.

    L'éducation, c'est bon pour notre société, on en profitera tous si nos enfants réussissent à s'instruire. J'aurai 60 ans bientôt et ça ne me dérange pas de payer plus d'impôt pour que l'éducation soit « gratuite ». Trouvons une formule pour garder les finissants ici afin qu'ils puissent contribuer au développement du Québec et ce sera parfait. Pis si le reste du Canada ne pense pas comme ça, ben vous savez ce qu’il nous reste à faire...

    Alain Michaud
    Pointe-aux-Trembles
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  • Luc Fortin - Abonné
    25 février 2012 09 h 11
    Pendant ce temps...
    On dilapide l'argent des universités dans des projets immobiliers et dans de généreuses augmentation de la rénumération de notre très cher recteur qui sont indécentes (nettement plus haut que le 2% ou moins accordé à la majorité) en comparaison à l'IPC!!!
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  • Jasmine_rd - Inscrite
    25 février 2012 14 h 27
    En réponse à zoemie
    Je vois beaucoup de généralisation dans vos propos. C'est justement ce contre quoi j'essaie de me battre. Si tout le monde avait accès aux prêts et bourses du gouvernement, le débat ne serait sans doute pas le même. Cependant, le fait est que tous les étudiants ne pourront pas bénéficier de l'aide gouvernementale. Les étudiants dont les parents gagnent trop cher (mais ne peuvent/veulent pas aider financièrement) seront encore perdants.

    Vous dîtes que les étudiants doivent être prêts à investir dans leurs études, dans leur avenir... je vois cela sous un autre angle : les étudiants sont un investissement pour la société (donc pour le gouvernement). Les étudiants doivent investir, mais en terme d'efforts, à mon avis. Pas en se ruinant, encore moins en abandonnant (ou en n'ayant pas du tout accès aux études universitaires).
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  • Christian Ouellet - Inscrit
    28 février 2012 13 h 38
    @ Jasmine Raymond
    bravo

    voila une personne qui a le sens social.
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  • SNost - Abonné
    1 mars 2012 12 h 38
    Je n'y crois pas...
    À l'inverse, Mme Raymond-Drainville, les frais mensuels de votre voiture (que vous payez, en plus d'une passe mensuelle d'autobus!!!) représentent environ le total de mon budget mensuel lorsque j'étais à la maîtrise, incluant les prêts et bourses.

    Et je suis pour la hausse des frais, dans la mesure où les prêts et bourses sont bonifiés de façon à ne pas compromettre l'accessibilité.
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  • hayles denis - Inscrit
    5 mars 2012 22 h 15
    à Zoémie
    Vous avez un enfant diabétique et vous devez en assumer le cout. Si le Canada était un étudiant dans le médical, je lui donnerais un E voir un F... Car je constate que soit la médecine est désastreuse, soit il faut payer TRES CHER pour être soigné à peu près correctement. Je viens de France et avec les droits de sécurité sociale et une mutuelle privée en complément, on est soigné correctement. Votre enfant serait aussi bien ( que dis? MIEUX) soigné en France pour un cout beaucoup moindre qu'ici au Canada! Avec la différence, vous pourriez même offrir un iPhone à votre enfant ayant le diabète. Mais libre à vous de critiquer Jasmine en disant " moi je paie pour le diabète de mon fils et je ne me plains pas"...
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  • Jasmine_rd - Inscrite
    13 mars 2012 09 h 24
    En réponse à SNost
    Pour votre information, mon laisser-passer d'autobus me coûte 5$ par mois. C'est vrai que c'est terrible, surtout que ça m'évite de payer beaucoup d'essence en plus d'une vignette de stationnement à 75$ par session. Honte à moi d'économiser et de ne pas dépenser inutilement mon argent.

    Je tiens à (re)préciser que le but de mon article n'est pas de ma vanter d'avoir une voiture. Le fait est que j'en ai plus qu'assez de me faire dire que je n'ai pas à me positionner quant à la hausse des droits de scolarité puisque je ne manque pas d'argent. Une question telle que celle de la hausse est une question de société. J'en fais partie, sauf avis contraire, alors oui, je me prononce. J'ai une conscience sociale.
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