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Libre opinion - Relancer le cours Éthique et culture religieuse

Guy Durand, théologien et juriste spécialisé en éthique, auteur de Le cours d'ÉCR. Au-delà des apparences (Guérin, 2009)  22 février 2012  Éducation
Le récent jugement de la Cour suprême sur le cours Éthique et culture religieuse (ECR) ne ferme pas le dossier. Il laisse la porte ouverte à de nouveaux procès portant sur de nouveaux cas étayés par une meilleure preuve. Il laisse la voie ouverte aussi à une meilleure interprétation de l'article 222 de la Loi sur l'instruction publique qui parle de prévention («éviter des préjudices graves»), plutôt que du simple constat des dommages déjà faits. Surtout, le jugement ne ferme pas le débat du point de vue pédagogique, politique et démocratique.

Je reconnais les faits: un programme récent difficile à changer, des manuels qui ont entraîné des coûts considérables, des enseignants qui en ont marre des changements. Mais les responsables politiques et administratifs doivent tenir compte de ce que le procès a permis de mettre en lumière à propos de la volonté de nombreux parents et au sujet des faiblesses du programme et de plusieurs manuels. C'est une question de responsabilité, de vérité et de courage.

Une anecdote rapportée récemment par certains journaux voulant qu'un enseignant à la recherche de «neutralité» a laissé un élève dire, sans le reprendre, que l'on devrait éliminer les foetus trisomiques avant la naissance est particulièrement inacceptable... et révélatrice. Les enseignants doivent comprendre leur rôle avec conscience et sens des responsabilités, en particulier en corrigeant certaines affirmations émises dans les discussions. Tout en étant attentifs à ne pas imposer à tort leurs jugements, ils ne peuvent rester complètement neutres, comme le prescrit le programme.

Il faut comprendre que l'objectif de tolérance ne permet pas de tout justifier. Il y a des jugements et des comportements inacceptables sur le plan éthique comme sur le plan des religions.

Sur le plan de l'éthique, en particulier, il faut savoir mettre en perspective le rôle du dialogue et du consensus, dont parle le programme. Même si la discussion et le consensus sont importants dans l'école, et plus globalement dans la vie sociale, ils ne peuvent servir de fondement véritable à l'éthique. L'éthique relève du travail de la raison en recherche des exigences d'humanisation.

Dans ce dessein, elle fait appel à l'héritage accumulé au cours des siècles, à la richesse des penseurs contemporains, à l'expérience de vie. Elle doit être portée par la visée d'universalité. Le consensus n'est qu'un moyen de s'en approcher. On a longtemps été d'accord avec l'esclavage, celui-ci n'en était pas pour autant éthique. On peut, par exemple, fonder l'éthique sur les valeurs (valeurs objectives qui interpellent chacun) ou sur les droits de la personne, compris comme notion philosophique, et non pas simplement de manière juridique et individualiste.

Le programme, enfin, demande explicitement qu'«un regard privilégié» soit porté sur le patrimoine du Québec. Que l'«importance historique et culturelle du catholicisme et du protestantisme soit particulièrement soulignée» afin que tous les citoyens, immigrants ou de souche, comprennent la richesse de notre héritage culturel. Il faudrait en tenir compte, même si le programme n'est pas structuré dans ce sens, et encore moins les manuels.

Voilà le genre de directives qui s'imposent à la ministre de l'Éducation, de manière urgente, en attendant une évaluation et éventuellement une révision du programme, particulièrement au niveau primaire. De leur côté, les commissions scolaires gardent leurs responsabilités conférées par l'article 222 de la loi et peuvent donc admettre des aménagements qui tiennent compte des remarques précédentes.

***

Guy Durand, théologien et juriste spécialisé en éthique, auteur de Le cours d'ÉCR. Au-delà des apparences (Guérin, 2009)
 
 
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  • michel lebel - Inscrit
    22 février 2012 06 h 28
    Un jugement très politique et idéologique
    Ce cours ECR me semble une lubie, inapplicable en pratique. Un genre de cours qui confond le niveau primaire avec le niveau universitaire, pensant que tous les enseignants peuvent faire part de grand discernement, qu'ils peuvent être neutres en la matière! Par son relativisme(tout est égal, pas de jugement de valeurs), ce cours ne peut pas ne pas aller à l'encontre de la liberté de conscience et de religion de certains élèves et parents d'élèves.

    Je ne comprends pas que les juges de la Cour suprême n'aient pas constaté cette évidence. Je dois conclure: il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir! Ce tribunal vient de rendre un jugement très politique et idéologique, et non une décision véritablement fondée sur le respect des droits et libertés de la personne et en particulier ici ceux d'une minorité vulnérable. La Haute Cour s'est toujours défendue par le passé de vouloir protéger ces minorités.

    Je suis arrivé à la conclusion que dans une société aussi sécularisée que la nôtre, le ministère de l'Éducation ne devrait pas se mêler de questions religieuses. Le cours ECR devrait tout simplement être aboli. Que tout ce qui concerne l'étude des religions relève des parents et des diverses confessions. Enfin si le gouvenement décide de conserver le cours ECR, que tout parent ou élève ait le droit d'en être exempté.


    Michel Lebel
    Ancien professeur des droits et libertés de la personne
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  • Fabien Nadeau - Inscrit
    22 février 2012 06 h 40
    Éducation
    L'éducation n'est pas facile quand on refuse l'endoctrinement. Mais cela ne concerne pas seulement le cours d'ECR. Professeur de français, il m'est arrivé que des textes étudiés provoquent une réflexion qui ne prenait pas nécessairement la direction que j'aurais privilégiée... Souvent, c'est un autre élève qui remettait les choses en perspective.

    Je disais souvent à mes élèves, lors de ces conversations limites, qu'elle avaient de quoi me faire pendre.

    Prises hors contexte, certaines affirmations étaient en effet inacceptables. Quand j'entends certaines affirmations d'intégristes catholiques, je me dis que j'ai été chanceux. La vie en classe, comme dans une famille, ne navigue pas toujours dans les hautes sphères... On se salit parfois les pieds.

    En ce jour des Cendres dans l'Église catholique, redisons-nous "Memento, homo, quia pulvis es..." Nous ne sommes que poussière.
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  • Jacques Beausejour - Inscrit
    22 février 2012 07 h 30
    Le cours ECR oui à la liberté des parents.
    J’ai lu deux volume de M. Durant «Le cours d’ECR, au-delà des apparences» et votre autre volume «La culture religieuse n’est pas la loi (Identité du Québec et laïcité).» Vous avez produit des renseignements intéressants concernant le cours ECR. J’au lu aussi les écrits collectifs du volume «La religion sans confession (Regards sur le cours d’éthique et culture religieuse)», pour compléter mes lectures j’ai lu l’étude de Joëlle Quérin et son analyse et des «finalités politiques» du cours ECR. (À lire, sur Internet, en PDF faire la recherche avec les mots suivants : Institut de recherche sur le Québec Quérin)

    À la suite de mes lectures j’ai pris position et je participe aux activités de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) comme directeur de la campagne de financement 2011-2012 (http://coalition-cle.org/ ). Je désire que les parents retrouvent soit leur droit de choix concernant le cours d'ECR ou soit l’abrogation de la loi constituant le cours ECR. L’État doit-il dominer les parents? L’État du Québec est-il devenu une dictature?

    Premièrement, le cours ECR est un cours qui veut développer le multiculturalisme chez les étudiants je ne comprends pas le Parti Québécois dans son aveuglement. Pourquoi accepterions-nous de renier notre identité en passant les étudiants aux cribles des accommodements? S’ouvrir aux autres c’est bien mais le cours ECR veut obliger les jeunes à renier leur identité sous le couvert des accommodements.

    Deuxièmement, je préfère appuyer un parti politique qui respectera soit le choix des parents pour leurs enfants ou qui abolira simplement le cours ECR pour le remplacer par un autre cours. Que ce soit un cours d’histoire du Québec, ou par le remplacement des heures allouées au cours ECR par des heures pour l’étude du français, des mathématiques, de la musique ou un autre cours.

    Jacques Beauséjour, professeur retraité et premier député du Parti
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  • Minona Minona - Inscrite
    22 février 2012 08 h 48
    Réflexion
    On devrait tous réfléchir à ce que serait le monde aujourd'hui si on avait pratiqué le relativisme devant l'esclavage, la ségrégation raciale, la discrimination sexuelle, l'homophobie, la violence conjugale, la maltraitance d'enfant et la pédophilie.
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  • Michele - Inscrite
    22 février 2012 09 h 21
    Dissonance cognitive?
    Entre les intentions explicitées dans la documentation officielle et la réalité, il se peut qu'il y ait des écarts.

    En espérant que M.Durand soit aussi intéressé par les théories du savoir, entre-autres le socio-constructivisme fort ou radical, le bon, celui dans lequel se situe le programme de formation. Sans cette donne, toute lecture du programme est risquée.
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  • Jean de Cuir - Abonné
    22 février 2012 09 h 35
    Se connaître!
    On ne semble pas savoir ce que signifie “comprendre”. Si on désire faire l’ histoire des humains sur ce globe, on ne peut éviter de songer à l’histoire des idées que les différents groupements humains ont développées. Examiner le contenu des cerveaux est élémentaire. Or, certaines disciplines, qui demeurent perfectibles, comme l’ histoire et l’anthropologie, sont d’ excellents guides. Le passage par ces disciplines devient nécessaire : les critères et les normes sont déjà en état. La question pédagogique du moment et du montant de connaissance est entre les mains des pédagogues. Par ces deux disciplines, qui par ailleurs s’appuient sur d’ autres, on obtient une meilleure connaissance de soi et de tous ces autres, du passé ou du moment. Ce sont des effets. Promouvoir la connaissance ne touche en rien la liberté de penser; mais il importe de penser. Que je sache, la pensée dessert la personne- qu’elle se dise croyante ou pas!!! Que je sache, la pensée promeut l’ identité. Où est le problème si on se centre sur la connaissance et la recherche?
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  • Vincentb - Abonné
    22 février 2012 09 h 47
    Pertinent et réfléchi
    M. Durand, pour être assez au fait de ce qu'est vraiment le programme d'ECR (ce qui est le cas de peu de personnes, même de certains sociologues...) et pour vous avoir déjà lu, je trouve votre position actuelle plus nuancée, très intéressante et assez juste. Disons que ça ajoute un peu de substance à tout ce qui se dit sur le sujet depuis quelques années.

    Le programme actuel n'est pas parfait, mais il propose quelque chose de novateur et, selon moi, nécessaire au Québec. L'abolir serait un recul, surtout en fonction du volet éthique-dialogue. Le volet culture religieuse demeure complexe et sensible, surtout à cause du manque de formation des enseignants qui en sont responsables et aussi à cause du manque d'appui du MELS (à plusieurs niveaux). Bref, le programme d'ECR a du potentiel, il faut réfléchir à son amélioration, lui (re)donner une "vraie" couleur québécoise et arrêter d'y voir une forme d'endoctrinement étatique vers le "...isme" que vous voulez, ce qu'il n'est pas.
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  • Jocelyn Girard - Inscrit
    22 février 2012 10 h 04
    Un effort constructif
    Connaissant l'opposition de M. Durand au programme ECR, je trouve qu'il fait ici un bel effort pour reconnaître qu'il existe et continuera d'exister tout en cherchant désormais à l'améliorer. Ce programme est jeune, unique, regardé par de nombreux pays comme un projet pilote en contexte interculturel. Son avenir réside dans la capacité que nous déploierons à le rendre plus efficace et plus positif quant à l'apport du christianisme à notre culture qui est et demeure la culture d'accueil. C'est un pas en avant. Merci M. Durand.
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  • DannKe - Inscrit
    22 février 2012 10 h 11
    Analyser un fait, ce n'est pas y adhérer
    Ce n'est pas parce qu'on exposé à une autre croyance que nous y adhérons. Plusieurs internautes croient que le cours ECR endoctrine les jeunes à l'idée de relativise. On passe à côté d'un des objectifs généraux du programme qui consiste à développer chez l'élève l'analyse critique. Le relativisme n'est pas de tout accepter, c'est de considérer toute chose dans son contexte historique, social et politique. L'élève va se former par lui-même une opinion suivant l'environnement social et familial dont il est issu. C'est là que les valeurs se transmettent en premier lieu. Dernier point, la démonisation du multiculturalisme, on peut y voir une idéologie (c'est la thèse des nationalistes les plus conservateurs), mais on peut aussi y voir un état de fait (évidence sociologique). La diversité ethnique et religieuse est une caractéristique du Canada. On vit cela tous les jours dans les grandes villes du pays. Le Cours ECR, malgré ses travers, est un bon pas en avant pour amener les élèves à réfléchir à ce qu'ils sont et à penser leur rapport aux autres. C'est le devoir de l'État de préparer les futurs citoyens en ce sens. Y voir un instrument de propagande et une atteinte à la liberté de religion relève de l'ignorance, sinon de la démagogie pure. Pour faire un parallèle historique, l'adoption de la loi sur l'instruction publique obligatoire au début des années 1940 sous le gouvernement d'Adélard Godbout avait suscité des réactions semblables et les détracteurs de cette loi y voyaient un effraction à la liberté religieuse des institutions. On y voyait une menace à l'identité religieuse des Canadiens-Français! C'est fou ce que le registre sémantique n'a guère changé.
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  • DannKe - Inscrit
    22 février 2012 10 h 20
    se tourner la langue sept fois avant de parler
    À Minono-Minona,
    Il est un principe qui dit que l'on doit se tourner la langue sept fois avant de parler. Votre commentaire sur le relativisme aurait dû se soumettre à ce principe. En effet, je vous invite à consulter tout bon dictionnaire d'ethnologie et d'anthropologie pour voir que le relativisme ne commande pas de tout accepter. Au contraire, il commande de situer toute chose dans son contexte social, historique et politique pour nous faire un jugement plus éclairé. Dans un monde globalisé, certains principes comme l'égalité en droit et en dignité doivent s'appliquer partout. On ne peut pas au nom du relativisme mener des actions qui contreviennent à ce principe. Aucun relativisme ne tolère l'injustice ou la violence sous quelque forme que ce soit, mais il prépare l'individu à porter un regard sur les êtres et les choses avec les yeux de la raison, pas avec la charge émotive qui dénature les débats et fausse les interprétations.
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  • michel lebel - Inscrit
    22 février 2012 10 h 30
    Les côtés d'une médaille...
    Comme me disait souvent ma belle-mère, il y a toujours deux côtés à une médaille. J'ajouterais qu'il y en a des fois plus que deux! Ainsi on peut voir(pour les deux côtés...) ce questionnement autour du cours ECR d'une façon plus fondamentale, plus religieuse, allant au-delà de l'approche philosophico-juridique.

    Devant la très grande sécularisation au Québec, on peut avancer qu'au moins avec ce cours ECR, les enfants vont entendre parler d'une certaine transcendance théiste ou humaniste, ce qui ne se fait pas dans plusieurs familles, où l'ignorance du spirituel est totale. L'horizon se limite souvent à "Occupation Double"! Je résume: Ce cours culturel est beaucoup mieux que rien. C'est sans doute la position non explicite des évêques catholiques du Québec. C'est pas fort comme position de principe, mais c'est ainsi!

    Comme croyant, j'ajouterai ceci: l'Esprit se fout pas mal des principes; Il souffle où Il veut et comme Il veut. Qui sait qui sera touché par un tel cours? Ce qui me fait conclure: oui! Il y a au moins, dans ce cas-ci, deux côtés à la médaille!
    Je persiste cependant à penser que tout enfant devrait bénéficier du droit d'être exempté de suivre le cours ECR. Une juste compréhension de la liberté de conscience et de religion l'exige.

    Michel Lebel
    Ancien professeur des droits et libertés de la personne
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  • Jean-Léon Laffitte - Inscrit
    22 février 2012 10 h 30
    Et l'aspect obligatoire?
    Peut-on respecter les parents qui ne veulent pas exposer leurs enfants à ce cancer de l'intelligence qu'est le relativisme? Peut-on respecter leur volonté de transmettre une culture, une histoire des religions comprenant l'athéisme et l'agnosticisme, plus sérieuse et rigoureuse que ce melting pot ridicule qui ne respectera jamais les valeurs de tous les parents de la classe, les premiers responsables de l'éducation de leurs enfants?
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  • Albert Descôteaux - Abonné
    22 février 2012 10 h 32
    Mon rôle de parent
    Comme parent, c'est à moi que reviens la responsabilité de transmettre les valeurs auxquelles je crois. Ces valeurs incluent l'éthique. la tolérance, la vie en société, la liberté de conscience et de parole, et bien sur les croyances religieuses.

    Étant athée, il me répugne que mes enfants soient exposés à toutes sortes de balivernes qu'on colporte depuis des millénaires. Les croyances religieuses basées sur l'ignorance sont les plus dangereuses car il est impossible pour un enseignant de les justifier à partir des connaissances que nous possédons actuellement et qui n'étaient pas disponibles il y a deux milles ans. Voilà un des problèmes du cours ECR. Ensuite on nous fait croire que de connaitre les croyances et mythes religieux aidera les enfants à mieux évoluer dans la société de demain. A mon avis, un cours sur les religions devrait porter sur la déconstruction de tous ces mythes et croyances pour mieux faire comprendre aux enfants l'importance de mieux comprendre le monde dans lequel on vit.
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  • Minona Minona - Inscrite
    22 février 2012 10 h 55
    DannKe
    @DannKe

    C'est à ceux qui hurlent au racisme et à la discrimination religieuse à chaque fois que quelqu'un critique, même de façon constructive, une coutume, une religion ou un accommodement religieux que vous deviez servir vos conseils.
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  • Yves Claudé - Inscrit
    22 février 2012 11 h 18
    Élèves: otages des techno-multiculturalistes et de la “Cour Suprême” !
    Après l’Affaire Shafia, il n’est plus possible de soumettre les élèves au cours ECR avec la naïveté de commande qui a prévalu dans l’orientation et la structuration de ce cours. On ne peut plus faire comme si les institutions religieuses étaient des entités détachées des systèmes sociaux qui les ont produites et dans lesquels elles agissent et se transforment.

    Les fondements mêmes du cours ECR, notamment un relativisme culturel dont les sources scientifiques ont manifestement été mal comprises par les techno-multiculturalistes, portent atteinte à l’éducation à la citoyenneté que l’on prétend effectuer.

    En effet, une véritable éducation à la citoyenneté ne peut faire l’impasse sur les acquis de notre société et leur caractère à la fois historique, humaniste et universel : la démocratie, les libertés individuelles et collectives, l’égalité entre les hommes et les femmes, le refus de catégoriser les humains en “races”, la justice sociale et les droits sociaux qui en découlent, le droit de disposer de son corps, etc.

    Ces acquis sociétaux sont très diversement soutenus par les divers systèmes religieux : certains de ces systèmes les soutiennent en tout ou en partie, d’autres ont pour vocation de les détruire en tout en en partie … C’est ce que des citoyens en formation doivent savoir ! C’est précisément ce que refusent les concepteurs du cours ECR. L’éducation à la citoyenneté, la sensibilisation à la diversité ont leur place dans les cours généraux, notamment dans des cours d’histoire nationale du Québec ou du Monde, et ce, dans la perspective critique de la science.

    Par ailleurs, la “Cour Suprême” n’a aucune légitimité lui permettant de s’ingérer dans les débats socio-éthiques de la société québécoise. Nous avons nos propres institutions judiciaires, certes imparfaites, et de toute façon non concernées par des questions pédagogiques.

    Yves Claudé
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  • DannKe - Inscrit
    22 février 2012 11 h 23
    Déconstruction constructive
    Monsieur Descôteaux apporte un point intéressant sur la déconstruction des faits religieux et autres mythes. Je suis également athée, et humaniste, mais j'ai toujours été curieux par rapport aux religions. Sans doute à cause de l'appel à la transcendance que les religions inspirent (et sans tomber dans une mystique obscurantiste). Il est évident qu'un enseignement littéral des récits religieux et des différentes mythologies sans explorer les idées sous-jacentes demeure un exercice vain et superficiel. Seule une lecture symbolique (herméneutique) apportera aux élèves un potentiel d'approfondissement de leur réflexion personnelle. Comme on analyse un poème de Baudelaire ou n'importe quel texte poétique où plusieurs niveaux de lectures sont possibles. Contenu manifeste, contenu latent. À ce niveau de déconstruction, l'analyse peut se rapprocher d'une véritable démarche philosophique sans que l'on doive nécessairemenet bouffer du curé. C'est la voie que j'essaie d'emprunter avec mes enfants et ça marche assez bien, mais ça demande un effort de recherche et de synthèse de la part des parents.
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  • Ixe Treize - Inscrit
    22 février 2012 12 h 36
    Du réalisme et de l’empathie
    Il n’en demeure pas moins que le cours d’ECR est une entreprise d’endoctrinement multiculturaliste : une construction d’idéologues, que l’on peut facilement identifier dans certaines universités, au service d’un projet politique donné.

    On a beau vouloir le nuancer, les gens appelés à l’enseigner ne sont pas des docteurs en philosophie politique et en théologie, ce sont des professionnels de la pédagogie à peine techniciens des matières qu’ils enseignent : ils savent ce que le programme demande d’enseigner mais ne peuvent faire l’analyse objective des finalités poursuivies par les concepteurs du programme. Loin de moi la volonté de mépriser. Je sais seulement qu’il n’y a pas de sot métier.

    Je me demande comment on peut sérieusement concevoir l’idée de "développer chez l'élève l'analyse critique". Je reprends les propos de quelqu’un d’autre : "Six ans, c'est l'âge où, quand on perd sa pomme, on pleure!"

    S’ils existent des notions telles l’anthrocentrisme ou l’anthropomorphisme, il doit bien en exister telles l’adultocentrisme ou l’adultomorphisme. Un bout de wikipedia :

    "Pour Jean Piaget l'égocentrisme est un stade normal du développement de l'enfant qui perçoit le monde à partir de son propre point de vue, par exemple lorsque, interrogé, il dit que la "lune le suit" parce qu'il la voit se déplacer. Ce point de vue psychologique développemental est dénué d'aspect péjoratif. Pour Piaget qui s'est tout le temps opposé à l'adulto-centrisme, un enfant ne peut se décentrer, faire preuve d'altruisme qu'à partir du moment où il sait distinguer ce qui est « de » et « à » lui de ce qui est à autrui." (http://fr.wikipedia.org/wiki/Égocentrisme)

    Nous devrions faire preuve d’ouverture envers les enfants.
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  • Ixe Treize - Inscrit
    22 février 2012 12 h 44
    DannKe
    @ DannKe

    Un peu de critique réflexive s’il vous plaît. Faite l’exercice de vous situez vous vous-même dans votre "contexte social, historique et politique". Bref, commencez par appliquer votre relativisme sur vous-même et nous pourrons avancer.
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  • Ixe Treize - Inscrit
    22 février 2012 13 h 04
    Néo-catéchèse
    Le cours Éthique et culture religieuse me fait penser à de la catéchèse multiculturaliste.

    Remplacez " foi chrétienne", "Évangile", "chrétien" et autres par le vocabulaire de la Charte des droits et libertés et du chartisme en général, et vous aurez le portrait.

    * * *

    Au sein de l'Église, la catéchèse désigne toute activité de parole sur la foi chrétienne et sur la manière de la vivre
    -qui est dialoguée,
    -inscrite dans un processus pédagogique réfléchi et balisé
    -ainsi que dans un dispositif institué et organisé
    dans le but de permettre aux personnes (enfants, jeunes et adultes) ainsi qu’aux communautés de découvrir, de comprendre et de s’approprier librement, que ce soit de manière initiale ou approfondie, le message chrétien dans ce qu’il a de personnel sur le plan relationnel (la relation au Christ, à Dieu, aux autres), d'essentiel sur le plan de l’intelligence (le Credo) et d’organique sur le plan de la vie pratique (croire/vivre/célébrer - foi/espérance/charité) et de contribuer ainsi à l’édification d’une communauté chrétienne vivante, rassemblée dans la foi pour en vivre, pour la célébrer, pour en témoigner et pour contribuer à l’édification d’une humanité fraternelle au nom de l'Évangile
    (http://fr.wikipedia.org/wiki/Catéchè
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  • Patrick Bougrelle - Inscrit
    22 février 2012 13 h 10
    De l'absurdité du laïcisme
    L'ÉCR souligne deux contradictions fondamentales de l'idéologie laïciste, conséquences du déni de la réalité anthropologique.

    1 - Sous prétexte de séparer les autorités régalienne et religieuse, il les fusionne.
    Lorsque l'État était chrétien, il reconnaissait à l'Église l'autorité sur la morale, voire ses prolongements naturels et historiques que sont l'instruction et la charité (y compris la santé).
    L'Église, réciproquement, reconnaît toujours l'autorité régalienne (au Québec et en Irlande, le peuple, lui, la rejetait).
    Lorsque l'État a répudié l'Église, il a évidemment spolié cette autorité concurrente inoffensive de sa sphère de compétence, avant de la bannir totalement.
    Notre situation actuelle s'apparente à celle des États islamiques: Les autorités régalienne et morale sont dans les mêmes mains.
    La différence est que l'État islamique exige et revendique cette fusion, alors qu'ici c'est la conséquence involontaire d'une idéologie absurde.

    2 - La morale est le fondement de toute société. Elle n'est pas le produit de la raison, et elle est nécessairement "absolutiste".
    Personne ne peut adhérer à des valeurs morales sans les croire absolues.
    Le laïcisme relativiste est donc précisément ce qu'il reproche, à tort, au christianisme d'être: Un dogmatisme.
    C'est poussé par les faits, à reculon, que l'État tire les conséquences de l'éviction de l'Église et s'efforce d'assumer l'autorité morale.
    Hélas le cours d'ÉCR ne fait que transmettre aux enfants les erreurs et dénis dont il est le produit. Il leur apprend à chercher le conformisme au détriment de la vérité.
    Il est évident que son existence même contredit son contenu.
    Ce paradoxe absurde résulte naturellement du rejet des vrais paradoxes, ceux imposée par la nature humaine, et notamment le fait que la liberté individuelle ne peut être qu'un choix collectif, donc d'une enseignement moral imposé.
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    22 février 2012 15 h 34
    Relancer?
    Relancer le cours Éthique et culture religieuse ? Plutôt le lancer …. à la poubelle !

    Avec ce cours, on va raconter des sornettes pendant ONZE (11) ANS aux enfants, en rapport avec les idiosyncrasies de quelques-unes des 40 000 religions qui sévissent sur la terre!

    On ne devrait pas parler de religion(s) aux enfants âgés de moins de 14 ans. On n'a pas le droit de laver le cerveau des enfants qui n'ont pas encore développé suffisamment leur pensée propre, leur jugement ni leur sens critique.

    L'école primaire et secondaire doit se concentrer sur autre choses que des croyances (farfelues dans la plupart des cas). Par exemple, l’école doit enseigner: la langue, les mathématiques, les sciences, l'histoire, l'éthique (c’est différent de la religion), le savoir-vivre, les habiletés artistiques, manuelles, sportives.

    L'étude de la sociologie des religions et des différents courants philosophiques pourra venir plus tard au niveau collégial ou universitaire, pour ceux qui en ressentent le besoin comme adultes. On pourrait aussi en profiter alors pour aborder d'autres croyances comme l'astrologie, la chiromancie, l'ésotérisme, et autres béquilles utilisées par ceux qui ont peine à assumer leur condition humaine en et par eux-mêmes.

    Il est incroyable de constater que l’on accorde une telle valeur aux croyances le plus souvent farfelues des quelques 40 000 religions. L’humanité n’est pas sortie du bois. L’angélisme des chartes et le gouvernement des populations par les juges y sont pour quelque chose.

    Le programme d'Éthique et culture religieuse (ECR) est un autre avatar du multiculturalisme à la Trudeau. Il vise à confirmer les différences de ce qu’on appelle les communautés culturelles. Il faut éliminer ce programme et le remplacer par un vrai cours d’éthique.
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  • DannKe - Inscrit
    22 février 2012 16 h 12
    comprendre l'autre et se comprendre soi-même dans la rencontre de l'autre
    Merleau-Ponty se demandait "comment comprendre l’autre sans le sacrifier à notre logique ou sans la lui sacrifier". Voilà, me semble-t-il, l'esprit du cours ECR. Si vous y voyez une forme d'endoctrinement, c'est que vous avez l'esprit pas mal tordu ou trop obtu pour y voir des bienfaits. Le cours a ses ratés, comme la Loi canadienne sur le multiculturalisme, mais doit-on diaboliser l'esprit d'ouverture et de tolérance qu'il y avait et qu'il y encore derrière? Toute chose est perfectible. J'ai parfois l'impression d'avoir affaire à une tribune du Front National. On ressort les cas les plus tragiques, les exemples les plus farfelus et on se garde bien de rapporter les cas d'accommodements qui sont des exemples de bonne entente, comme on se garde d'interroger les jeunes qui tirent une leçon positive du cours ECR. Et on continue de montrer l'État comme le gros méchant loup. Bravo. Quel bel esprit de mesure et de discernement!
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  • Patrick Bougrelle - Inscrit
    22 février 2012 16 h 37
    @ Raymond Saint-Arnaud
    Éthique et morale sont synonymes et indissociables de la spiritualité.
    Une morale cohérente, stable et pérenne et de nature à permettre la formation d'une société, c'est une religion.
    Si l'État est en position de définir un cours d'éthique, c'est qu'il s'est érigé en autorité religieuse.
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  • Jean-Léon Laffitte - Inscrit
    22 février 2012 16 h 52
    à DannKe, je suis d'accord avec Merleau-Ponty...
    "Merleau-Ponty se demandait "comment comprendre l’autre sans le sacrifier à notre logique ou sans la lui sacrifier"." Je partage cette opinion.

    Votre logique ne tient pas pour moi... Pas plus que celle du Cours ECR qui prétend enseigner la tolérance alors qu'il est obligatoire pour tous, quelque soit la raison de la demande d'exemption... Ce cours est en soi, de par son caractère obligatoire, une manifestation d'intolérance et de non respect de la liberté de penser. Que l'on ne vienne pas dire qu'il enseignera la tolérance et le discernement...
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    22 février 2012 18 h 06
    @ patrick bougrelle
    Morale, éthique, religion, spiritualité, ce sont là tous des termes propres à la condition humaine, encore qu’il y a chez certains animaux des comportements qu’on peut assimiler à des comportements éthiques. Cependant, ces termes ne sont pas tous nécessairement indissociables ni interchangeables. (Voir http://sergecar.perso.neuf.fr/cours/devoir8.htm )

    La spiritualité différencie l’homme de l’animal, et en ce sens elle permet à l’homme d’avoir un comportement moral en évitant la violence, en partageant la richesse, en respectant les autres et la nature, etc.

    Les religions de leur côté ont été utilisées par leurs instigateurs pour forcer leurs disciples à agir selon une certaine morale qui n’a pas toujours été très éthique ni très morale. Dieu (?) sait que la religion n’est pas un gage de moralité ni d’éthique chez ceux qui en vivent ou la vivent …

    La religion est une croyance en quelque chose de non démontré, et qui se traduit par des dogmes tout aussi non-démontrables et non-discutables, et qui peuvent mener à des dérapages. Pour paraphraser Voltaire, la morale engendre le bien, le dogme engendre le mal.

    Bien d’accord que l’État n’a pas à s’ériger en autorité religieuse. L’État doit être laic, et la religion doit se faire, si elle doit se faire, à la maison.
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  • Gmull079 - Inscrit
    22 février 2012 18 h 54
    Non
    Combien ici parlent en connaissance de cause? Je partage le raisonnement de la cour suprême: être exposé aux faits que d'autres croient des choses différentes est crucial et est (ou devrait) être un fait de la vie, Ceux qui craignent que leur enfant soit confus par cela ne doivent pas avoir grand chose de cohérent à offrir à leur enfant...

    À ceux qui souhaitent un vrai cour d'éthique, je dois être en partie d'accord, mais pour comprendre le monde il faut comprendre les forces en présence, et la religion est malheureusement encore une force majeur dans le monde. Il est impératif d'outiller nos enfants en conséquence.

    Et l'on parle beaucoup des droit des parents... mais qu'en est-il des droits de l'enfant d'être bien éduqué?

    Et pour ce qui est de l'héritage catholique, demandé par l'auteur... Non. Le Québec moderne, celui que j'aime, celui que je défend, celui que je construis, n'est pas catholique. Il est séculaire, multiculturel, et a rejeté massivement les patriarches en soutane et leurs abus. Le Québec moderne s'est construit sur sa libération du catholicisme, et je refuse de le revoir sombrer dans son peu glorieux passé.
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  • Jean Pierre Bouchard - Inscrit
    22 février 2012 19 h 51
    Éthique et intimidation
    Renversement d'horizon du sujet.

    Aucun catéchisme traditionnel, cours de morale générale ou nouveau cours d'éthique, culture religieuse ne tiennent devant la réalité d'écoles qui concrètement expérimentent quotidiennement l'intimidation scolaire entres jeunes, entres jeunes et profs où précisément et dramatiquement celle surtout concernant l'intimidation à sens unique par des jeunes persécuteurs contre un bouc émissaire sélectionné pour sa différence incapable de se défendre.
    L'intimidation dans les écoles rappelle que le milieu scolaire est le premier milieu social, que l'objectif d'un cours d'éthique semble à dessein avoir le but de contrer les pulsions agressives des enfants si ce n'est que le caractère théorique de cours de morale ou d'éthique religieuse en manque de sens pratique et immédiat d'application ici et maintenant risquent d'être peu utiles pour réagir rapidement sur le cerveau réflexe de jeunes intimidateurs.

    La question se pose directement à Guy Durand qui a pensé probablement le phénomène de persécution de jeunes qui sont ciblés dans l'intimidation scolaire qui brise des vies psychologiquement mais jusqu'à quel point? Le phénomène d'intimidation étant classiquement évacué par les directions d'écoles, les profs, l'État et même plus souvent que l'on croit par les parents face à des jeunes intimidés qui se taisent dans la honte d'être humiliés à chaque jour et par peur.

    La religion apprend telle à se défendre? Non plus que oui considérant le christianisme et la parabole évangélique de tendre l'autre joue mal interprété généralement au premier degré.
    L'éthique directe c'est celle qui prévient l'agression infantile puis adulte point!
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  • Ixe Treize - Inscrit
    22 février 2012 20 h 44
    DannKe
    @ DannKe pour le commentaire de mercredi 22 février 2012 16h12

    "Le cours a ses ratés, comme la Loi canadienne sur le multiculturalisme, mais doit-on diaboliser l'esprit d'ouverture et de tolérance qu'il y avait et qu'il y encore derrière?"

    Vous faites usage du sophisme du faux dilemme.

    L’ouverture d’esprit et la tolérance ne sont quand même pas une invention du Parlement du Canada! Elles existaient bien avant la Loi sur le multiculturalisme canadien et le programme d’endoctrinement qu’est le cours d’éthique et de culture religieuse... Et si elles existaient avant, c’est qu’elles n’en sont pas les produits et qu’elles peuvent très bien exister sans. Il n’y a donc pas de dilemme entre d’un côté l’esprit d’ouverture et de tolérance rendus possible par Loi sur le multiculturalisme canadien et le cours d’ECR et de l’autre, la fermeture d’esprit et l’intolérance dues à l’absence de la Loi sur le multiculturalisme canadien et du cours d’ECR.

    Mais vous admettez implicitement que le cours d’ECR est un projet multiculturaliste lié à la Loi sur le multiculturalisme canadien. Merci.

    Je voudrais que cela soit clair : Notre peuple a très bien réussi à bien élever ses enfants avant le cours d’ECR et il y arrivera aussi bien après le cours d’ECR.
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  • Patrick Bougrelle - Inscrit
    22 février 2012 22 h 27
    @Raymond Saint-Arnaud
    "Les religions de leur côté ont été utilisées par leurs instigateurs pour forcer leurs disciples à agir selon une certaine morale [...]"
    Jésus n'a forcé personne.

    "[...] qui n’a pas toujours été très éthique ni très morale. "
    Jésus n'a rien fait contre la morale chrétienne, par définition.
    Ses disciples ont été si nombreux dans des circonstances si diverses qu'il eût été miraculeux qu'ils ne le trahissent aucunement.
    Mais dans l'ensemble il me semble évident que sa pensée a le plus influencées ont été les plus libérales.

    Mais surtout, puisque vous récusez en bloc toute religion y compris celle qui a fait votre pays, de quelle morale parlez-vous ?
    C'est LA question capitale.

    Nous vivons en société selon des règles qui s'imposent à tous.
    Même l'individualisme, aussi paradoxal que cela paraisse, ne peut exister que par choix collectif.
    Il nous faut donc une morale de référence.
    Or la morale n'est pas une science.
    Elle n'est pas démontrable.
    Il est donc irrationnel de prétendre qu'on se mettra d'accord dessus en discutant.

    Il est puéril de nier les faits qui dérangent.
    Une morale collective est nécessaire, c'est ainsi: Chassez-en une, une autre prendre sa place, tout aussi arbitraire rationnellement.
    L'Église évincée, l'État a maintenant autorité sur la morale.
    Au moins du temps de l'Église il y avait deux autorités distinctes...
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  • Minona Minona - Inscrite
    23 février 2012 09 h 27
    Éclipse
    @Gmull079

    "À ceux qui souhaitent un vrai cour d'éthique, je dois être en partie d'accord, mais pour comprendre le monde il faut comprendre les forces en présence, et la religion est malheureusement encore une force majeur dans le monde. Il est impératif d'outiller nos enfants en conséquence."

    Si la religion est une source importante d'influence pour le monde, elle n'a pas pour autant à éclipser toutes les autres. Si on veut que les enfants comprennent le monde, on doit leur en montrer plus d'un aspect. Dans un cours d'éthique, on aborderait l'être humain dans sa globalité, et on examinerait tout ce qui peut être source de conflit ou de discrimination mais aussi tout ce qui a peut rapprocher les gens et qu'ils ont en commun.

    Non seulement les enfants apprendraient-ils à ne pas juger les autres en fonction de leur religion mais apprendraient aussi à ne pas le faire en fonction de l'origine ethnique, du sexe, de l'identité ou de l'orientation sexuelle, de la classe sociale ou de apparence. On pourrait inclure à ce cours l'apprentissage de l'éthique, de civisme, l'éducation sexuelle, le secourisme, etc.

    Il y a trop de problématiques qui gâchent des vies (intimidation, racisme, sexisme, homophobie, suicide, décrochage, troubles alimentaires, hypersexualisation, mauvaise estime de soi, etc) pour qu'on donne à la religion une importance aussi disproportionnée au point de lui consacré un cours rien que elle, surtout si on regarde tout ce qu'on supprimé du cursus scolaire pour lui faire de la place.
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  • Marie-France Legault - Inscrit
    23 février 2012 10 h 45
    Les québécois ont un
    compte à régler avec l'Église catholique...
    ils veulent jeter le bébé avec l'eau du bain...

    J'ai enseigné le cours d'enseignement MORAl à des jeunes du primaire. On y parlait des préjugés et de la timidité. Ces cours étaient très bien préparés. Il n'y avait aucune allusion religieuse, mais simplement humanitaire. J'avoue qu'on aurait pu y inclure l'Évangile facilement.

    C'était dans les débuts des changements...

    Les enfants me harcelaient pour que je parle de Jésus
    et de ses miracles. J'ai répondu: je refuse de parler de JÉsus,
    car je vais avoir des téléphones de contestation.
    Vous êtes ici pour l'enseignement moral.

    J'ai compris que c'était la VOLONTÉ des PARENTS et
    non celle des enfants....qui étaient ouverts au divin...
    quelle tristesse...
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