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    Libre opinion - L'UdeM à Outremont: un projet légitime

    20 février 2012 |Collectif d'auteurs | Éducation
    Dans Le Devoir du 15 février, quatre professeurs s'en sont pris au projet de l'Université de Montréal d'ériger un pavillon des sciences sur le site désaffecté de la gare de triage d'Outremont.

    À cette fin, ils échafaudent une rocambolesque histoire mêlant le contentieux fédéral-provincial de 1994 sur les transferts fédéraux à l'enseignement supérieur, le référendum de 1995, le mode de financement des universités, la hausse des droits de scolarité et le projet raté de l'îlot Voyageur de l'UQAM pour prophétiser que le projet d'Outremont sera une «dérive immobilière». Dans ce flot de faussetés, il est notamment dit que l'Université de Montréal vendrait le pavillon qui abrite sa Faculté de musique et la salle Claude-Champagne. Or, nous avons pris publiquement l'engagement contraire.

    L'UdeM est gérée avec une grande rigueur. Son budget est équilibré, et au cours des douze dernières années, nous avons procédé à une dizaine de projets de construction ou de rénovation majeurs qui ont, chaque fois, été réalisés dans le respect des coûts et des échéanciers et qui se sont chaque fois traduits par une amélioration des conditions d'étude, d'enseignement ou de recherche, conformément à notre mission. Il n'y a pas de dérive immobilière à l'UdeM.

    La rénovation d'un bâtiment ancien, le 1420 Mont-Royal, quant à elle, mènerait à une dérive. Plusieurs évaluations rigoureuses ont conclu que ce serait une aventure hasardeuse et coûteuse. D'ailleurs, toutes les institutions publiques approchées pour acquérir ce bâtiment sont arrivées au même constat. De plus, si nous devions densifier le campus actuel, il nous faudrait construire de nouveaux pavillons sur le mont Royal, que nous nous sommes formellement engagés à protéger.

    Rappelons une fois de plus les origines et les étapes de réalisation de notre projet à Outremont. Notre département de géographie est hébergé dans une vieille école primaire que nous louons depuis 30 ans. Nos départements de chimie et de physique sont installés dans des lieux conçus dans les années 1930. Notre département de sciences biologiques est lui aussi bien mal logé. Or, chacun de ces départements accueille un nombre croissant d'étudiants, offre des formations et mène des recherches de pointe qui nécessitent des équipements et des espaces supplémentaires mieux adaptés aux réalités scientifiques d'aujourd'hui.

    Le projet Outremont, qui est attendu avec beaucoup d'impatience, répond aux besoins de nos étudiants, de nos professeurs et de la société. Nous bâtirons un pavillon des sciences moderne qui sera à la hauteur de la réputation scientifique de l'UdeM.

    Les auteurs de la lettre au Devoir disent que l'Université agit avec «la complicité des gouvernements». C'est une façon pour le moins tendancieuse de dire que ce projet, qui a fait l'objet de consultations auprès de la communauté universitaire ainsi que des communautés environnantes, notamment devant l'Office de consultations publiques de Montréal, a été appuyé par trois ordres de gouvernement (municipal, provincial, fédéral) légitimement élus. Parler ici de «complicité» tient du déni de démocratie.

    Le projet est bien avancé. Nous avons obtenu les autorisations pour procéder aux travaux de réhabilitation du site et nous nous mettrons à la tâche dès ce printemps. Cette partie, la réhabilitation du site, au coût de 120 millions de dollars, est financée par les trois paliers de gouvernement. Ensuite, nous construirons le pavillon qui abritera les départements de chimie, de physique, de biologie et de géographie, ainsi qu'un bâtiment de services où l'on trouvera notamment de salles d'enseignement, une bibliothèque et une cafétéria. Ces deux bâtiments seront construits au coût de 350 millions de dollars, en incluant les équipements.

    Le montant de 1,6 milliard $ qui a été publié correspond à l'ensemble des projets éventuels de développement de ce site... sur les vingt ou trente prochaines années, y compris les logements, les quatre parcs, les infrastructures municipales, les rues et les pistes cyclables que la Ville de Montréal veut y aménager et qui ne sont évidemment pas de notre ressort.

    Nous sommes fiers de ce projet qui répond à des besoins d'enseignement et de recherche, et qui nous permet de grandir tout en respectant notre engagement de protéger le mont Royal. Mais plus encore, il s'agit d'un projet profondément montréalais, qui aura d'extraordinaires retombées urbanistiques, économiques et sociales pour la métropole en ramenant à la vie un secteur qui est actuellement un no man's land. En cela, il reflète bien le rôle d'acteur social que les grandes universités modernes jouent au sein des villes internationales. L'Université de Montréal n'aura jamais si bien porté son nom!

    ***

    Ont signé ce texte: Guy Breton, recteur; Anne-Marie Boisvert, vice-rectrice aux ressources humaines et à la planification; Éric Filteau, vice-recteur aux finances et aux infrastructures; Hélène David, vice-rectrice aux relations internationales, à la Francophonie et aux partenariats institutionnels; Louise Béliveau, vice-rectrice aux affaires étudiantes et au développement durable; Joseph Hubert, vice-recteur aux grands projets académiques; Raymond Lalande, vice-recteur aux études; Geneviève Tanguay, vice-rectrice à la recherche, à la création et à l'innovation; Gérard Boismenu, doyen, Faculté des arts et des sciences; Isabelle Panneton, doyenne, Faculté de musique; Christian Casanova, directeur, École d'optométrie; Louise Poirier, doyenne, Faculté des sciences de l'éducation; Michel Carrier, doyen, Faculté de médecine vétérinaire; Hélène Boisjoly, doyenne, Faculté de médecine; Gilles Lavigne, doyen, Faculté de médecine dentaire; François Prince, directeur, Département de kinésiologie; Jean-Claude Breton, doyen, Faculté de théologie et sciences des religions; Gilles Trudeau, doyen, Faculté de droit; Giovanni De Paoli, doyen, Faculté de l'aménagement; Pierre Moreau, doyen, Faculté de pharmacie; Francine Girard, doyenne, Faculté des sciences infirmières; Roch Chouinard, doyen, Faculté des études supérieures et postdoctorales.












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