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Une saison de savoir

Les universités québécoises prolongent le temps consacré aux études

18 février 2012 | Normand Thériault | Éducation
Fondée en 2002, l’École internationale d’été de Percé offre une dizaine d’«écoles d’été» spécialisées dans les domaines des arts visuels, de l’aménagement et de l’architecture.<br />
Photo : Marie-Andrée Doran Fondée en 2002, l’École internationale d’été de Percé offre une dizaine d’«écoles d’été» spécialisées dans les domaines des arts visuels, de l’aménagement et de l’architecture.
Il y avait, et il y a toujours, des camps de vacances pour les jeunes. Mais voilà que d'autres lieux s'ouvrent, car les universités profitent de l'été pour proposer des sessions de formation intensives que fréquentent même les spécialistes des divers domaines. Bienvenue dans un autre été, celui de la connaissance.

Une adjointe à un vice-recteur aux études et aux activités internationales se fait enthousiaste: «On a commencé, dans le dossier des écoles d'été, avec des gens qui disaient: "C'est quoi, ces bibittes-là? Ça sert à quoi?". Mais il y a vraiment un tournant majeur qui se fait. Les gens dans les facultés — les doyens, les directeurs de département — commencent à comprendre et à voir l'intérêt d'organiser de telles écoles.»

Marie-Andrée Doran a en effet raison de proclamer qu'une formule qui semblait au départ ne s'appliquer qu'à quelques exceptions est devenue, au fil des ans, une toute autre façon de poursuivre l'activité scolaire. Ainsi, en 2012, l'Université Laval inscrit à son palmarès pas moins de 59 écoles d'été, plus que les 52 de l'année précédente et presque le double des 31 à l'été 2010.

Et si des «anciens» gardent encore en mémoire leur séjour à Percé, que visite année après année l'Institut québécois des hautes études internationales de l'établissement, d'autres pourront bientôt décrire le dépaysement vécu après ces jours passés à l'Université Lakehead, à Thunder Bay: une expérience autre que celle que propose une autre école d'été dont les locaux sont sis dans ce cas outre-Atlantique, à Bordeaux cette fois, dans la France de l'Aquitaine.

Haut niveau

L'été venu, à l'université, ce n'est donc pas nécessairement le temps des vacances. Pour preuve, qui s'inscrira aux séminaires qu'organise à Montréal la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM aura la possibilité d'aborder en profondeur, en formation intensive, les missions de paix, opérations humanitaires et consolidations de la paix, à moins de se confronter à une «grande bataille», celle de l'élection présidentielle américaine en cours.

Des débats pointus, donc, qui sont souhaités par les cinquantaines d'étudiants qui pour chaque stage débarquent. «Le succès est tel qu'il y a un grand nombre d'étudiants en provenance d'autres universités qui s'inscrivent à ces écoles-là», informe d'ailleurs le titulaire de la Chaire, Charles-Philippe David.

D'ailleurs, pour assurer la participation, le cursus du séminaire doit être de haut niveau, ne serait-ce que pour contrer la concurrence: les Hautes Études internationales de Laval n'inviteront-elles point cet été Mohammed Mahmoud Ould Mohamedou, un ancien ministre des Affaires étrangères de la Mauritanie (2008-2009), Xavier Crettiez, de l'Université Versailles-Saint-Quentin, Laurent Rapin, ancien ambassadeur de la France en Équateur et en Uruguay, Pablo González, de l'OEA, ou Raúl Benítez Manaut, de l'Université nationale autonome de Mexico?

On savait que l'institution universitaire profitait du temps des vacances d'été pour offrir déjà des cours de «rattrapage»: combien d'étudiants ne préfèrent-ils pas ainsi alléger une session, améliorant de ce fait les résultats dans chaque cours suivi durant un semestre, pour s'imposer en retour huit semaines supplémentaires, avec les crédits en prime?

Et il y a les autres, ceux déjà actifs dans le monde du travail, qui iront ainsi s'inscrire, entre autres lieux, à la Faculté d'éducation permanente de l'Université de Montréal: qui veut obtenir un baccalauréat par cumul a ainsi le choix entre 21 certificats que proposent cinq départements de l'établissement, que ce soit en gestion, en communication, en santé, en informatique ou en intervention, ici multiple, allant de la coopération internationale à la toxicomanie.

Camps multiples

En éducation, il n'y aurait ainsi plus d'été. Et les jeunes générations ne sont pas non plus épargnées, car l'ennui n'est pas un nécessaire détour à la période des beaux jours: tant à la ville qu'à la campagne, il y a pour eux et elles de quoi faire, surtout s'ils fréquentent l'un ou l'autre camp.

On connaissait ceux des musées: ils sont toujours actifs. On sait aussi que le Québec foisonnent en camps de vacances: par centaines, en fait, dans toutes les zones touristiques. Et certains apprendront qu'en musique il n'y a pas qu'en Lanaudière ou à Orford où l'on peut inscrire des enfants et des adolescents: il y a aussi l'Artemusik du Conservatoire de l'Université McGill, le camp CAMMAC établi au bord du lac MacDonald, dans les Laurentides, voire l'école des arts de la scène Nos voix nos visages, qui propose déjà plusieurs sites à Longueuil, en Montérégie et à Montréal, quand l'école de danse Louise-Lapierre reçoit, elle, les enfants dès l'âge de 5 ans.

Et l'offre se poursuit: des écoles de cirque aux camps scientifiques, car Cosmodôme, Polytechnique, Biodôme, Jardin botanique et autres lieux de savoir font tout, l'été venu, pour faire éclore des passions chez les jeunes.

Aussi, que ce soit pour les petits ou les grands, qui a dit que l'été n'était qu'un temps de vacances?
 
 
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