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Hautes études commerciales - On peut apprendre à être créatif

Une école d'été en management de la créativité se promène de Montréal à Barcelone

18 février 2012 | Assïa Kettani | Éducation
Atelier de codesign à l’Université de Barcelone<br />
Photo : Source HEC Atelier de codesign à l’Université de Barcelone
Comment se démarqueront les entreprises de demain? Par leur créativité, répondent les membres du centre de recherche en innovation MosaiC, «catalyseur du potentiel créatif», de HEC. C'est dans cette optique que le centre de recherche a lancé une école d'été en management de la création dans la société de l'innovation, qui, sur deux semaines, propose un voyage créatif entre Montréal et Barcelone.

Une école d'été, conçue par Patrick Cohendet et Laurent Simon, chercheurs d'HEC Montréal et codirecteurs du centre de recherche MosaiC, offrira cette année sa 4e édition: pendant deux semaines, du 29 juin au 14 juillet, 65 participants issus d'horizons divers passeront une semaine à Montréal, puis une deuxième semaine à Barcelone pour «améliorer leur capacité créatrice».

Pourquoi une formation en management de la création? Économie et créativité vont désormais de pair, nous explique Lucy Stojak, directrice de l'école d'été: «Toutes les entreprises doivent apprendre à être plus créatives», estime-t-elle, et l'innovation éclôt désormais au point de rencontre entre économie, culture et technologie. Un nouvel impératif qui n'échappe pas aux décideurs dans la sphère économique. «Le plus grand défi des entreprises, qu'il s'agisse de milieux très techniques ou de milieux artistiques, c'est de pouvoir faire face aux enjeux de l'économie créative. Pour cela, il faut connaître les processus que les industries créatives utilisent et apprendre les différents modèles d'affaires», poursuit-elle.

Tous secteurs

Les participants sont des universitaires, des industriels et institutionnels, des professionnels et décideurs, des consultants en management et des étudiants de 2e ou 3e cycles. «C'est beaucoup plus large que les gestionnaires de la création», explique Lucy Stojak.

L'école d'été a l'objectif de s'adresser à tous les secteurs et de les attirer: les industries reconnues pour leur créativité, comme la mode, les milieux artistiques, le marketing ou la vidéo, côtoient les secteurs médical, bancaire ou biochimique. «C'est un des aspects novateurs de la formation: mélanger différentes disciplines, différents types de personnes, de tous les secteurs et de tous les âges, aussi bien des consultants et gestionnaires confirmés que des étudiants. Il y a aussi une ouverture internationale: les participants sont québécois et catalans, mais il y a des personnes issues du monde entier.» L'édition 2011 de l'école d'été a ainsi réuni des participants venus de 11 pays, de l'Australie à la Suède, du Japon au Brésil. Cette diversité est au service de la richesse des rencontres, favorisée par les nombreuses discussions ouvertes entre participants et les tables rondes prévues au programme.

Pédagogie nouvelle

Et, pour apprendre à être créatif, l'école d'été affiche une méthode pédagogique aussi novatrice qu'inspirée. Le principe est de comparer les pratiques de créativité de différents milieux — scientifique, industriel ou artistique — pour apprendre à connaître leurs méthodes de créativité.

Le programme pédagogique est inspiré des villes qui l'ont vu naître et est adossé sur leurs pôles d'expertise créative. «Nous voulions lancer un programme très intensif dans deux villes splendides, exceptionnelles sur le plan créatif, et puiser à même leurs ressources. Montréal a des représentations de renommée mondiale dans tous les secteurs: le cirque, la mode, les jeux vidéo, le multimédia et l'aérospatiale. Barcelone se démarque par sa créativité en design, en architecture, en biotechnologie et en gastronomie.»

Visites et rencontres

Les participants sont ainsi invités à visiter des entreprises innovantes et des organisations créatrices et ils reçoivent des cours théoriques. On y étudie par exemple les différentes approches disciplinaires de la créativité — psychologie, sociologie, gestion, économie, histoire — les villes créatives ou encore la créativité sociale. Au programme figurent également des rencontres avec de grands créateurs, professeurs et gestionnaires de création de renom, des réalisations de projets créatifs et plusieurs ateliers de créativité, afin de mettre en pratique les différentes techniques. «Les participants passent peu de temps sur les bancs de HEC et UB, précise Lucy Stojak. Les ateliers eux-mêmes se déroulent dans des endroits créatifs.»

Alors que la thématique de la mode sera présente cette année au programme, les activités prévues à Montréal incluent des visites du Quartier de l'innovation, du Quartier des spectacles et du Biodôme, des ateliers et rencontres à la Société des arts technologiques, du marketing créatif chez Bell, une visite guidée d'Ubisoft, un détour par le Cirque du Soleil ou encore, dans une touche résolument ludique, des concours d'omelettes et de Lego. Côté catalan, les participants pourront explorer la gastronomie créative à la Fondation Alicia, présidée par le célèbre chef Ferran Adria, découvrir le Museu Maritim et le Santa Monica Arts Center, se livrer à un atelier de créativité à la Roca Gallery ou encore vivre une expérience multimédia au quartier 22@ - Innovation district.

Mise en réseau

L'école d'été participe ainsi de plain-pied à la construction d'un réseau international de gestionnaires de la création, centré sur les problématiques de l'innovation. L'équipe de MosaiC est «une plateforme d'échange et de partage de connaissances en management de la création entre universitaires, décideurs, industriels», nous explique Lucy Stojak. Parmi les partenaires figurent par exemple La Tohu, Ubisoft, l'Agence spatiale canadienne ou encore Phéromone communications, ainsi que plusieurs partenaires universitaires, qui se regroupent régulièrement autour de colloques et d'activités.

En mai 2012, les Journées de la proximité examineront par exemple les liens entre développement économique et proximité territoriale, et l'année 2011 a été marquée par des colloques sur le financement de la créativité et sur la créativité des services sociaux.

Au final, «ce n'est pas une formation professionnelle, mais une expérience à vivre», estime Lucy Stojak. Cette formation unique au monde n'a d'ailleurs pas manqué de faire des émules. Au Brésil, au Vietnam, en Finlande ou aux Pays-Bas, de nombreuses vil-les à travers le monde veulent une bouchée de l'avant-garde de l'économie créative. Le centre de recherche a ainsi participé à une école en management de la créativité à Strasbourg, des ateliers de codesign à Helsinki, avec des projets de monter des semaines de créativité à Rio ou au Vietnam. «Il y a actuellement une grande demande pour la gestion de l'innovation et pour ce modèle pédagogique très novateur», constate Lucy Stojak: une tendance qui prouve à quel point la créativité est désormais un ingrédient indispensable de la compétitivité au XXIe siècle.

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Collaboratrice du Devoir
 
 
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