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    Les cégeps se transforment - Situation nouvelle, moyens nouveaux

    En région, c'est la lutte pour la survie

    18 février 2012 |Claude Lafleur | Éducation
    Alors que les cégeps du grand Montréal débordent d'étudiants, ceux dans les régions souffrent d'un manque chronique de clientèle, qui menace leur existence. En conséquence, ils s'organisent pour survivre, notamment en recrutant des élèves à l'étranger et en faisant la promotion d'un vigoureux réseau couvrant l'ensemble du Québec.

    Comme le dit si justement France Dionne, professeure d'administration et présidente du syndicat du cégep de Matane: «Un réseau collégial en santé sur tout le territoire constitue une richesse collective.»

    Son cégep est un bel exem-ple de ce que vivent bon nombre de collèges en région. «Matane est une ville de 14 000 habitants, dit-elle, et notre cégep accueille de 580 à 600 étudiants annuellement, tout juste assez pour demeurer ouvert.»

    Enrichir les régions et le Québec

    À cette fin, il recrute beaucoup d'élèves provenant de l'étranger, notamment de l'île de la Réunion. «Nous recevons une centaine d'étudiants par année, précise Mme Dionne. Cet automne, j'avais un groupe de 28 Français venus suivre des cours de gestion par projets, une méthode qu'ils n'ont pas chez eux.»

    Afin de faciliter leur intégration et leur réussite, ces étudiants sont encadrés par tout le personnel du collège. «Tout le monde agit — autant les employés de soutien que les conseillers pédagogiques et les enseignants — afin de leur apporter l'aide dont ils ont besoin», raconte Mme Dionne.

    Au terme de leur formation à Matane, plusieurs d'entre eux demeurent ici. «Ils s'intègrent bien, relate la professeure. Ils se trouvent un emploi et souvent même un conjoint ou une conjointe... C'est franchement un vrai succès!»

    Valoriser un réseau national

    France Dionne rapporte que le fait d'accueillir des étudiants venus d'ailleurs permet d'assurer un nombre suffisant d'étudiants dans son collège. Toutefois, pour contrer la baisse démographique à laquelle sont confrontés les cégeps en région, la Fédération des enseignants et enseignantes du collégial a lancé cet automne son opération «Réseau collégial», qui vise à favoriser l'accessibilité des cégeps dans l'ensemble du territoire.

    «Nous demandons au gouvernement de valoriser un réseau collégial en santé sur tout le territoire, puisque cela constitue une richesse collective, résume-t-elle. On constate que les étudiants abondent à Montréal, alors qu'en région il y a de graves pénuries. Nous préconisons donc certaines solutions, dont une gestion plus cohérente de l'offre de formation et la valorisation de la formation technique.»

    Elle relate ainsi que, curieusement, plusieurs programmes collégiaux sont en danger, alors que les besoins de main-d'oeuvre en région sont grands. Elle cite entre autres le cas des techniques administratives, qui ont jadis été un programme très populaire. «Les étudiants ne trouvent plus ces programmes intéressants, dit-elle. Il faudrait donc les valoriser.»

    De plus, enchaîne Mme Dion-ne, il faudrait implanter certains programmes exclusivement dans les régions. «Un seul programme qui reçoit 50 étudiants peut faire toute une différence pour un cégep en région, mais ne pas changer grand-chose pour un cégep montréalais, dit-elle. C'est pourquoi on parle d'un véritable réseau collégial déployé partout au Québec, car si on s'affaiblit, personne n'y gagnera!»

    ***

    Collaborateur du Devoir












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