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    À Montréal, les handicapés sont des citoyens à part entière

    18 février 2012 |Claude Lafleur | Éducation
    Le cégep du Vieux Montréal offre son Service d’aide à l’intégration des élèves, pour les étudiants handicapés. <br />
    Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Le cégep du Vieux Montréal offre son Service d’aide à l’intégration des élèves, pour les étudiants handicapés.
    Chaque session, le cégep du Vieux Montréal accueille plus de 300 étudiants handicapés. Depuis 30 ans, il a par conséquent développé son Service d'aide à l'intégration des élèves (SAIDE), afin que ces étudiants réalisent un parcours régulier et obtiennent leur diplôme d'études collégiales au même titre que tout autre étudiant.Carole Lavallée, responsable du SAIDE, insiste sur le fait que tous les cégeps offrent de l'aide à leurs étudiants handicapés, et non des passe-droits. «Nous ne faisons jamais de la discrimination positive, dit-elle. Lors de leur admission au cégep, tous les étudiants sont évalués selon leurs notes du secondaire; un handicap ne donne aucun avantage, ni ne constitue un inconvénient. Et, pour la suite, on met en place certaines mesures afin que les étudiants handicapés réalisent un DEC en suivant exactement le même cheminement et en satisfaisant aux mêmes exigences que tous les autres.»

    Les bonnes «lunettes»

    C'est ainsi que les étudiants souffrant d'un handicap visuel disposent d'appareils qui agrandissent les notes de cours ou le questionnaire des examens, alors que, pour les étudiants totalement aveugles, leurs livres sont convertis en braille ou en format mp3 pour être écoutés. De même, les étudiants sourds bénéficient d'un interprète en langage des signes, alors que, pour les malentendants, le professeur porte sur lui un micro.

    Pour les étudiants qui éprouvent des troubles d'apprentissage dus à la dyslexie ou à la dysorthographie, on leur permet d'utiliser des logiciels autocorrecteurs qui aident la lecture. Quant aux étudiants souffrant d'anxiété ou qui ont besoin de plus de temps pour lire ou organiser leur pensée, on leur laisse simplement plus de temps pour faire leurs travaux.

    La responsable du Service d'aide à l'intégration des élèves souligne du coup que, pour bénéficier de mesures spéciales, l'étudiant doit posséder une attestation médicale. «On ne vient pas nous voir pour simplement déclarer qu'on a besoin de mesures spéciales, indique Carole Lavallée. C'est un peu comme moi qui porte des lunettes, poursuit-elle. Du moment que je les mets, je n'ai plus de "handicap", je vois bien et tout est normal. C'est ainsi que, au SAIDE, nous essayons de trouver la lunette pour chaque étudiant!»

    Intégration au marché du travail


    Les étudiants handicapés accomplissent donc un parcours scolaire normal... y compris le fait de subir des échecs, ajoute Mme Lavallée. «Et c'est important, insiste-t-elle, puisqu'on pense parfois qu'il y aura des passes-droits parce que l'étudiant est handicapé. Eh non! S'il a séché ses cours, s'il n'a pas travaillé, il coulera comme n'importe qui d'autre.»

    C'est ainsi que les étudiants handicapés satisfont aux mêmes exigences que tous les autres, alors que les critères de correction sont les mêmes. Le but ultime est de faire en sorte que, lorsqu'ils atteignent le marché du travail, ils aient exactement les mêmes qualifications que tout autre diplômé.

    Malheureusement, déplore Mme Lavallée, il est beaucoup plus difficile pour eux de se trouver un emploi. «Les employeurs ont des tas de réticences, constate-t-elle. On le voit très bien lorsque vient le temps pour nous de placer nos étudiants en stage... C'est très dommage, mais c'est là qu'est rendue la société», conclut-elle philosophiquement.












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