La machine étudiante s'ébranle

Des étudiants de l’UQAM en grève ont manifesté hier dans les rues de Montréal.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des étudiants de l’UQAM en grève ont manifesté hier dans les rues de Montréal.

La machine est huilée, et se met tranquillement en branle. Près de 11 000 étudiants de l'Université du Québec à Montréal et de l'Université Laval (environ 1000) seraient actuellement en grève générale illimitée, soit un peu plus de 2 % de tous les 475 000 étudiants au cégep et à l'université.

Membres d'une Coalition élargie de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, soit le groupe le plus militant du mouvement, ces étudiants en débrayage affirment qu'ils pourraient être deux fois plus nombreux en début de semaine prochaine à protester contre la hausse des droits de scolarité de 1625 $ d'ici 2017. «C'est pas un hasard, les associations qui entrent en grève plus tôt que d'autres. Il y a une caravane de mobilisation qui se met en branle. On veut que le mouvement de grève générale illimitée double», a déclaré Camille Toffoli, porte-parole des associations étudiantes de l'UQAM.

Deux grandes absentes

Deux grandes absentes du mouvement se font toutefois remarquer: la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). La présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, assure que ça ne saurait tarder. «On attend qu'une majorité de nos associations décrochent des mandats avant de se dire en grève. D'ici là, on va laisser aux étudiants le temps de regarder le plan d'action, a-t-elle indiqué. Il y a une volonté d'augmenter la pression. On vise avoir plus de monde en grève que le 10 novembre dernier, et on était 70 000.»

Avec déjà 3000 de ses membres déjà en débrayage, la FEUQ attend ainsi qu'une majorité de ses associations membres se soient dotées d'un tel mandat pour déclarer officiellement qu'elle est en grève générale illimitée. Les votes commenceront à s'intensifier dans la semaine du 20 février et se tiendront ainsi jusqu'au 22 mars, jour de manifestation étudiante nationale.

Idem pour la FECQ, qui commencera la semaine prochaine à tenir le décompte de ses appuis. «Ça va commencer à se tenir dans la semaine du 20 février et ça va débouler en mars pour que le jour de la manifestation, tous nos membres soient en débrayage», a expliqué son président, Léo Bureau-Blouin. Selon lui, le fait que le mouvement de grève ait démarré surprend les autorités. «Le gouvernement misait sur le fait que la mobilisation allait s'essouffler, mais il est surpris de voir qu'on est au rendez-vous», a-t-il ajouté.

Les membres de la CLASSE effectueront un «blocage» demain du Centre de commerce mondial à Montréal. Des manifestations sont prévues à Montréal et Québec, respectivement les jeudis 23 février et 1er mars. «S'il y a encore une ministre de l'Éducation, elle a un problème. Et ça s'appelle le mouvement étudiant», a lancé Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de l'ASSE.

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a invité les étudiants à «bien réfléchir» aux conséquences d'une grève. «La plus grande perturbation, ça va être dans la vie des étudiants qui choisissent d'exercer leur droit de grève, car à la fin, ils vont devoir reprendre leurs cours», a-t-elle indiqué, au terme de la première journée de reprise parlementaire.
36 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 14 février 2012 23 h 58

    Une grève appuyée par qui?

    Le droit de grève au Canada , à tous les niveaux, devrait être reconnu seulement quand au minimum 60% des membres ont participé à un vote de grève..sinon c'est aucunement représentatif et démocratique..!!!

    Un syndicaliste me disait q'il ne faut pas trop de membres présents pour un vote de grève, et que plus il y a de participants et plus la grève sera rejetée..

    à l'hôpital ou travaillait ma femme, depuis qu'on fait voter sur les heures de travail et que la participation est plus grande, il n'y a plus eu de vote pour la grève!!!

  • Henry Fleury - Inscrit 15 février 2012 06 h 28

    Bingo !

    À l'entendre, on croirait que la ministre de l'Éducation est train de gratter des gratteux trouvés dans la poche du veston de son mari, lorsqu'elle demande aux étudiants de bien réfléchir aux conséquences d'une grève : ils vont devoir reprendre leur cours, dit-elle, une larme au coin de l'oeil ! Bingo, elle vient de gratter un billet gratuit... pour le carrousel de la bêtise. Car, il faut bien se l'avouer, les Libéraux de Jean Charest sont devenus maîtres dans l'art de se couvrir de ridicule et Mme Beauchamp, complètement Out, hors de la réalité, vient amèrement nous le rappeler. Non, il faut appuyer le mouvement de gève étudiant et marcher dans la rue avec eux pour protester contre ces maîtres de la corruption qui ont tant volé les pauvres gens qu'ils cherchent encore aujourd'hui à les démunir encore plus. Bingo ! Solidarité avec les étudiants !

  • michel lebel - Inscrit 15 février 2012 06 h 37

    Passons!

    Il n'y a pas grand monde qui va pleurer sur cette cause! Celle-ci a été au moins mille fois entendue! La comédie a assez duré. Passons!

  • JS L - Inscrit 15 février 2012 06 h 49

    Encore

    D'abord, en tant qu'étudiant, merci à tout ceux qui nous supportent. Ensuite, j'aimerais dire que c'est cette même éducation qui nous permet d'avoir un recul sur le débat et de comprendre à quel point l'intervention de l'état est nécessaire dans les domaines publics tel que l'éducation. En ce sens, plus nos opposants auront d'arguments en faveur de la hausse, plus nous nous mobiliserons contre celle-ci, car c'est justement cela que nous déplorons: la responsabilité sociale. C'est parce que nous croyons en une cause qui touche l'ensemble de la population et même nos propres (futures) enfants, que nous faisons des sacrifices, comme vous en faites, en payant des impôts qui profitent à tous. Nous agissons responsablement, comme les générations qui nous ont précédés, en toute connaissance de cause, avec en tête la mémoire de ceux qui ont aussi fait des sacrifices pour que nous ayons accès à nos cours, à la connaissance, à cette même conscience sociale qui nous pousse aujourd'hui à manifester.

    Pour ma part, je dois m'endetter non seulement pour acquiter les frais de scolarité mais aussi pour payer mon loyer, parce qu'il ne peut en être autrement dans ma situation, pour l'instant dumoins. C'est un choix que je fais et je le fais de manière responsable et éclairé car mon éducation me permet de comprendre les enjeux que comporte cette endettement. Comprenez bien: j'accepte volontier l'endettement. Par contre, il m'en couterait beaucoup trop cher si je n'avais pas un peu d'ambition. Et c'est cette ambition chez la jeunesse que nous tuerons si nous privatisons encore plus l'éducation. Je ne peux blâmer la population d'en vouloir aux étudiants et de ne pas saisir toute la portée de nos actions. Cependant, ne minimisez pas notre engagement envers la société et notre sincérité quand nous disons ne pas vouloir de cette grève.

  • JS L - Inscrit 15 février 2012 06 h 49

    Encore (SUITE)

    Ce n'est pas par pur égoisme que nous choisissons la grève, car il aurait pu en être autrement, évidemment. C'est parce que nous le pouvons, parce que nous n'avons pas la responsabilité de nous présenter chaque jour au boulôt, 40 heures par semaine, parce que nous n'avons pas, pour la plupart, d'enfant à la charge et autres responsabilités du genre, que nous prenons sur nos épaules le sort des générations futures.

    Donc, si par jalousie ou par paresse intellectuelle vous envier le sort des étudiants qui ont du temps à consacrer aux enjeux qui vous touchent, ainsi que vos enfants, sachez que vous êtes libre de penser, tout comme nous. Mais demandez-vous ceci: l'êtes-vous vraiment, ou est-ce que vous vous arreter au prêt-à-penser? Avec une popultation éduqué, nous n'aurions même pas à tenir ce débat. C'est cela qui nous attriste et qui du même coup nous donne la force de continuer...