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    Libre opinion - Déconstruire les mythes autour de l'école privée

    10 février 2012 |Jean-Marc Saint-Jacques - Président de la Fédération des établissements d'enseignement privés | Éducation
    Dans une entrevue accordée récemment à l'émission Désautels à l'occasion de la sortie de son livre Lettre aux enseignantEs, l'ancien commissaire scolaire Robert Cadotte s'est lancé dans une attaque en règle contre l'école privée. Sans renier la valeur de sa contribution dans le débat public sur l'avenir de notre système scolaire, nous aimerions toutefois corriger quelques erreurs sur lesquelles M. Cadotte base son argumentation.

    1er mythe: les écoles privées n'accueillent que les «bons» élèves. Les élèves des quelque 189 écoles autonomes membres du réseau de la FEEP présentent des profils très variés. Seules quelques écoles sélectionnent les élèves sur la base de la performance; dans la très grande majorité des établissements, on fonctionne plutôt selon le principe du premier arrivé, premier servi, lorsque le nombre de demandes d'admission dépasse le nombre de places disponibles. Ces écoles accueillent donc des enfants ayant le même profil que les écoles publiques avoisinantes.

    Aussi, contrairement à ce que l'on croit, les élèves du réseau privé ne sont pas tous issus de familles favorisées ou dont les parents sont très scolarisés. Dans l'ensemble du réseau privé, plus de 40 % des parents ne détiennent pas de formation universitaire.

    2e mythe: seuls les riches ont accès à l'école privée. Dans les faits, la très grande majorité des enfants inscrits dans nos écoles proviennent de la classe moyenne. La principale différence, si l'on compare le niveau de vie de nos élèves avec ceux de l'école publique, est que les enfants provenant des milieux les plus défavorisés sont peu représentés dans nos écoles. Mais pour l'ensemble, les différences sont beaucoup moins importantes que ce que l'on a tendance à croire. Inscrire son enfant à l'école privée relève beaucoup plus d'un choix personnel des parents pour répondre aux besoins de leur enfant qu'à une logique économique.

    Par ailleurs, les spécialistes s'entendent généralement pour dire que le revenu des familles, bien qu'il puisse influencer positivement le contexte dans lequel l'élève reçoit l'instruction, est loin d'être un prédicateur efficace de la réussite scolaire.

    3e mythe: les écoles privées disposent d'un plus grand budget par élève que les écoles publiques. Au Québec, le budget de fonctionnement des écoles, qu'elles soient publiques ou privées, est fixé par la Loi sur l'instruction publique. Le montant attribué est rigoureusement le même (autour de 7700 $ par élève en moyenne). Sur la base de ce montant, le gouvernement établit le montant de subvention par élève qui est versé aux écoles privées. Ce montant correspond à approximativement 60 % du montant global. Le solde de 40 % est assumé par le parent. Dans les faits, les écoles publiques disposeraient plutôt d'un budget supérieur si l'on ajoute à ce montant les allocations provenant de la taxe scolaire destinées à l'entretien des immeubles, frais que les établissements privés doivent assumer.

    4e mythe: les écoles privées subventionnées permettent à leurs propriétaires de faire des profits «sur le dos» des contribuables.

    En vérité, 95 % des écoles de notre réseau sont des organismes sans but lucratif qui appartiennent à leur communauté. Ces établissements réinvestissent donc l'ensemble des montants des subventions et des contributions parentales dans les services éducatifs.

    Il est important de reconnaître que le succès de nos écoles est attribuable non pas à la sélection des élèves, mais bien à l'expertise de nos équipes d'enseignants, au fort sentiment d'appartenance qui règne dans nos écoles et à notre autonomie de gestion qui nous permet d'innover et de cibler efficacement nos interventions.

    En cette Semaine nationale des enseignants, nous aimerions remercier nos enseignants pour leur engagement et leur contribution quotidienne à la réussite de leurs élèves. Leurs mérites sont entiers et ne sauraient être amoindris par la persistance de certains mythes concernant l'école privée.

    ***

    Jean-Marc Saint-Jacques - Président de la Fédération des établissements d'enseignement privés
     
     
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