Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Université de Montréal - «Une troisième avenue pour les partenariats»

    Le recteur oeuvre à mieux préparer les étudiants pour le marché du travail

    28 janvier 2012 | Martine Letarte | Éducation
    Guy Breton, recteur de l’Univer-sité de Montréal<br />
    Photo : Source Université de Montréal Guy Breton, recteur de l’Univer-sité de Montréal
    L'automne dernier, Le Devoir citait quelques passages d'un discours de Guy Breton, recteur de l'Université de Montréal (UdeM), dans lequel il déclarait que les cerveaux doivent correspondre aux besoins des entreprises et qu'il était convaincu que les universités peuvent mieux faciliter le travail des entreprises. Le recteur n'avait toutefois pas eu l'occasion d'expliquer sa pensée. Il le fait ici.

    «Les gens ne veulent pas étudier pour étudier. Ils veulent étudier pour travailler. L'UdeM souhaite former des gens avec des cerveaux mieux alignés sur ce qu'ils veulent faire. Et cela ne s'applique pas seulement aux entreprises privées, mais aussi aux institutions, aux ministères, aux établissements de santé, aux organismes sans but lucratif, aux orchestres symphoniques, aux organisations sportives, etc.», explique Guy Breton, qui a reçu Le Devoir dans son bureau sur la montagne.

    «Ça me fait sourire si on me reproche de former les gens pour qu'ils soient mieux outillés pour évoluer dans le milieu de travail qu'ils ont choisi. Le mandat de l'UdeM, c'est de former les gens, de leur donner les outils qu'ils veulent, de faire en sorte qu'ils soient le mieux préparés possible», renchérit le recteur.

    À ceux qui craignent que l'université se mette ainsi au service de l'entreprise et des institutions, Guy Breton répond que les organismes subventionnaires protègent l'université. «L'UdeM a dépassé la barre des 500 millions de revenus annuels pour financer sa recherche. 85 % de ces fonds proviennent des organismes subventionnaires qui accordent des fonds aux meilleurs, qui sont évalués par des comités de pairs. L'entreprise n'est pas impliquée du tout dans le processus. C'est seulement 15 % des fonds qui proviennent de contrats de recherche signés à la suite de commandes passées par des entreprises», explique M. Breton.

    Le recteur de l'UdeM croit ainsi que l'université n'est pas tributaire de ces contrats. «Pour chaque contrat qu'une entreprise nous propose, nous avons toujours la possibilité de refuser. Ce sont les organismes subventionnaires qui financent la grande majorité de la recherche, et ce sont eux aussi qui rendent possible la recherche dans des secteurs moins prisés par les entreprises», affirme Guy Breton.

    Une série de forums

    Actuellement donc, soit les entreprises et les institutions sont écartées des projets de recherche, soit ce sont elles qui passent leurs commandes. Il n'y a pas d'entre-deux. «Les gens des entreprises, des institutions et des universités se connaissent, mais pas suffisamment. Il y a de grandes solitudes. Je crois qu'il y a moyen de faire autrement. J'aimerais qu'on arrive à mettre en place une nouvelle dynamique», affirme Guy Breton.

    Le recteur lancera donc dans les prochains mois une série de forums sectoriels pour réunir des gens de l'UdeM, des entreprises et des institutions. «Je pense par exemple au domaine énergétique, au domaine de l'aérospatiale, aux nanotechnologies, etc. Je crois que nous pouvons mieux comprendre les besoins des gens des entreprises et des institutions et qu'ils peuvent mieux comprendre nos réalités. Par exemple, formons-nous adéquatement les gens qui dirigeront nos musées?», questionne M. Breton.

    L'objectif de ces forums est de trouver de meilleures façons de collaborer entre l'université, les entreprises et les institutions. «Je crois qu'on peut arriver à développer un langage commun et à trouver une troisième avenue pour les partenariats», affirme le recteur.

    Nouvelles formes de partenariats

    Concrètement, ces partenariats nouveau genre pourraient prendre différentes formes. «Par exemple, nous pourrions nous allier à une institution pour recruter un expert étranger dans un domaine. Nous pourrions aussi créer des formations courtes et des stages pour des gens qui oeuvrent au sein d'institutions et d'entreprises», indique le recteur.

    Prenons par exemple un haut fonctionnaire qui serait accueilli à l'UdeM pour une formation. «Il pourrait en même temps faire découvrir à nos étudiants le genre de carrière qu'il mène. Certains pourraient ensuite s'y intéresser. Ce genre de partenariat permettrait l'échange. Il y a un programme fédéral qui permet de faire ça, mais c'est encore peu utilisé», explique Guy Breton.

    Le recteur souhaite ainsi que l'UdeM enseigne de moins en moins en vase clos. «Plutôt que de former les gens en se basant sur un modèle plus théorique, nous souhaitons les former en favorisant l'échange et les contacts. Nous voulons être plus soucieux de l'employabilité de nos étudiants, notamment en les aidant à se faire une bonne réputation à l'extérieur de l'université», explique Guy Breton.

    Six étudiants sur dix de l'UdeM sont dans des programmes de formation disciplinaire comme l'histoire et l'anthropologie, pour lesquels il n'y a pas de marché du travail prédéterminé. «Il faut donc exposer ces étudiants à différentes réalités d'emploi pertinentes pour eux. C'est notre rôle, comme université, de bien les outiller», affirme le recteur.

    Nouveaux programmes

    Cette tendance à vouloir mieux outiller les étudiants pour le marché du travail se traduit également à l'UdeM dans le développement de nouveaux programmes aux cycles supérieurs.

    Par exemple, le programme de maîtrise en musique-composition offre l'option musiques de film et multimédia. «L'UdeM, avec ses différentes écoles affiliées, offre la plus vaste gamme de programmes au Canada. Cette caractéristique nous permet de faire des ponts entre différentes disciplines. Ainsi, nous ajoutons à la formation de base des compétences transversales», explique Guy Breton.

    Il affirme que c'est non seulement ce que les employeurs demandent, mais aussi, ce que les étudiants demandent. «L'étudiant veut par exemple devenir infirmier, mais en plus, développer des compétences en gestion, en santé publique, en toxicologie, etc. C'est donc ce genre d'amalgame que nous essayons de réaliser. Je crois d'ailleurs que les universités vivent un moment très excitant, puisque les jeunes et les moins jeunes ont envie d'apprendre. Les universités doivent donc profiter de l'occasion pour développer des initiatives intéressantes.»

    L'UdeM compte 64 000 étudiants, dont le quart environ aux cycles supérieurs.

    ***

    Collaboratrice du Devoir
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel