UQAM - En avant la musique!
«Nous nous attardons aux besoins actuels des musiciens»
Devant le programme de l'ancestrale Université McGill, dont les premières gammes en enseignement musical se sont jouées vers 1890, devant l'insatiable recherche de virtuosité du Conservatoire de musique depuis 1943, le programme de musique de l'UQAM est fort jeune. Et fort fier de la fougue, de la polyvalence et de la mobilité qui viennent avec cette jeunesse. Regard.
Le programme de musique de l'UQAM a débuté avec l'université même, rappelle Jean-Louis Gagnon, corniste et directeur des études. À l'époque, c'est l'École normale de musique de Westmount qui, par contrat de service, assurait la formation, avant qu'elle ne soit rapatriée intra-muros en 1976.
«Auparavant, on essayait de tout faire, de tout enseigner, rappelle M. Gagnon. Au début, il y avait un tronc commun, mais chaque discipline s'est mise à tirer de plus en plus sur la couverture... et le tronc commun s'est mis à rétrécir. On était en train de se ramasser avec quasiment cinq program-mes différents.»
Une refonte en 2008
Une grande refonte a donc eu lieu en 2008. André Villeneuve, compositeur, théoricien, maintenant directeur du département, estime que le programme a été revu de fond en comble. «On s'est assuré non seulement de tout changer, rappelle le directeur avec un chaleureux sourire, mais de donner au baccalauréat un sens global.»
L'accent a été mis sur «un décloisonnement propre à l'enseignement de la musique dans les universités, si on considère l'autre modèle transmis par les conservatoires. Le contexte est très compétitif — plusieurs universités offrent ce programme — et notre département est relativement jeune, si on le compare à l'âge très noble du conservatoire ou de McGill, qui ont davantage d'histoire et de moyens. Mais nous n'en som-mes pas moins tenaces: il a fallu qu'on se redéfinisse très rapidement, et il est intéressant de voir à quel point cette compétition nous permet de déployer notre imagination et de cibler des créneaux que les autres établissements ne pensent pas saisir. Le fait que les structures évoluent beaucoup plus lentement que les manières de faire sur le terrain est une des choses qui nous préoccupent. Nous nous attardons aux besoins actuels des musiciens, qui sont différents de ceux d'un musicien des années 1940 ou des années 1970. Tout le programme a été conçu en fonction de la réalité extérieure.»
L'UQAM propose ainsi un baccalauréat en enseignement de la musique. Le programme, disponible là et à l'Université Laval seulement, est contingenté. Seuls 50 élus sont acceptés chaque année. «L'enseignement est la seule de nos concentrations où à peu près 8 étudiants sur 10 ne poursuivent pas leurs études, précise Jean-Louis Gagnon, parce qu'ils vont tout de suite travailler après leur bac.»
Ceux qui doivent jouer pour être heureux iront plutôt en pratique artistique, dans le volet de musique populaire ou classique. Par ailleurs, une majeure en musique permet «d'intéresser des étudiants qui ne veulent ni être enseignant, ni devenir instrumentiste de carrière», explique André Villeneuve. Ce peut être aussi une voie de service pour les acharnés qui auraient échoué l'audition en pratique artistique. «Certains étudiants, en travaillant très fort et en réussissant leur majeure, peuvent repasser avec succès l'audition», indique Jean-Louis Gagnon.
En fin d'études
À l'UQAM, le concert usuel de fin d'études a été remplacé par un projet personnel. Pensé par l'étudiant, appuyé par deux professeurs et par l'établissement, ce projet est «une antichambre de la réalité musicale, précise M. Villeneuve. Ces projets varient selon les personnalités: ça peut être un questionnement sur la manière de jouer, ça peut être un concert, un travail de groupe en musique populaire, peut-être même la production d'un disque. Mais ce n'est pas axé strictement sur l'aspect pratique. On invite déjà nos étudiants à être attentifs à ce qu'ils veulent faire en tant qu'artiste.»
Le diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en musique de film est aussi particulier à l'UQAM. «C'est une des grandes voies d'avenir pour les musiciens, poursuit le directeur du département. Et, pour l'université, ça permet de répondre à l'esprit de modernité, à cette manière d'appréhender les arts avec de nouveaux outils.»
Contrairement à l'élitisme du conservatoire, où la virtuosité est la seule voie, «on cherche à l'université à ouvrir un champ de possibilités franchement plus large. Si vous travaillez, ici on vous donne un coup de pouce.» Les entrées se font par audition, et les études peuvent bien sûr se poursuivre au-delà du premier cycle. C'est par là que sont passés les Catherine Major, Ariane Moffat et le premier violon de l'Orchestre métropolitain, Yukari Cousineau, entre autres, parmi «tous les musiciens de l'ombre que sont les enseignants en musique, qu'il ne faut absolument pas oublier!», conclut M. Villeneuve.
Le programme de musique de l'UQAM a débuté avec l'université même, rappelle Jean-Louis Gagnon, corniste et directeur des études. À l'époque, c'est l'École normale de musique de Westmount qui, par contrat de service, assurait la formation, avant qu'elle ne soit rapatriée intra-muros en 1976.
«Auparavant, on essayait de tout faire, de tout enseigner, rappelle M. Gagnon. Au début, il y avait un tronc commun, mais chaque discipline s'est mise à tirer de plus en plus sur la couverture... et le tronc commun s'est mis à rétrécir. On était en train de se ramasser avec quasiment cinq program-mes différents.»
Une refonte en 2008
Une grande refonte a donc eu lieu en 2008. André Villeneuve, compositeur, théoricien, maintenant directeur du département, estime que le programme a été revu de fond en comble. «On s'est assuré non seulement de tout changer, rappelle le directeur avec un chaleureux sourire, mais de donner au baccalauréat un sens global.»
L'accent a été mis sur «un décloisonnement propre à l'enseignement de la musique dans les universités, si on considère l'autre modèle transmis par les conservatoires. Le contexte est très compétitif — plusieurs universités offrent ce programme — et notre département est relativement jeune, si on le compare à l'âge très noble du conservatoire ou de McGill, qui ont davantage d'histoire et de moyens. Mais nous n'en som-mes pas moins tenaces: il a fallu qu'on se redéfinisse très rapidement, et il est intéressant de voir à quel point cette compétition nous permet de déployer notre imagination et de cibler des créneaux que les autres établissements ne pensent pas saisir. Le fait que les structures évoluent beaucoup plus lentement que les manières de faire sur le terrain est une des choses qui nous préoccupent. Nous nous attardons aux besoins actuels des musiciens, qui sont différents de ceux d'un musicien des années 1940 ou des années 1970. Tout le programme a été conçu en fonction de la réalité extérieure.»
L'UQAM propose ainsi un baccalauréat en enseignement de la musique. Le programme, disponible là et à l'Université Laval seulement, est contingenté. Seuls 50 élus sont acceptés chaque année. «L'enseignement est la seule de nos concentrations où à peu près 8 étudiants sur 10 ne poursuivent pas leurs études, précise Jean-Louis Gagnon, parce qu'ils vont tout de suite travailler après leur bac.»
Ceux qui doivent jouer pour être heureux iront plutôt en pratique artistique, dans le volet de musique populaire ou classique. Par ailleurs, une majeure en musique permet «d'intéresser des étudiants qui ne veulent ni être enseignant, ni devenir instrumentiste de carrière», explique André Villeneuve. Ce peut être aussi une voie de service pour les acharnés qui auraient échoué l'audition en pratique artistique. «Certains étudiants, en travaillant très fort et en réussissant leur majeure, peuvent repasser avec succès l'audition», indique Jean-Louis Gagnon.
En fin d'études
À l'UQAM, le concert usuel de fin d'études a été remplacé par un projet personnel. Pensé par l'étudiant, appuyé par deux professeurs et par l'établissement, ce projet est «une antichambre de la réalité musicale, précise M. Villeneuve. Ces projets varient selon les personnalités: ça peut être un questionnement sur la manière de jouer, ça peut être un concert, un travail de groupe en musique populaire, peut-être même la production d'un disque. Mais ce n'est pas axé strictement sur l'aspect pratique. On invite déjà nos étudiants à être attentifs à ce qu'ils veulent faire en tant qu'artiste.»
Le diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en musique de film est aussi particulier à l'UQAM. «C'est une des grandes voies d'avenir pour les musiciens, poursuit le directeur du département. Et, pour l'université, ça permet de répondre à l'esprit de modernité, à cette manière d'appréhender les arts avec de nouveaux outils.»
Contrairement à l'élitisme du conservatoire, où la virtuosité est la seule voie, «on cherche à l'université à ouvrir un champ de possibilités franchement plus large. Si vous travaillez, ici on vous donne un coup de pouce.» Les entrées se font par audition, et les études peuvent bien sûr se poursuivre au-delà du premier cycle. C'est par là que sont passés les Catherine Major, Ariane Moffat et le premier violon de l'Orchestre métropolitain, Yukari Cousineau, entre autres, parmi «tous les musiciens de l'ombre que sont les enseignants en musique, qu'il ne faut absolument pas oublier!», conclut M. Villeneuve.







