Université de Sherbrooke - «Le monde est devenu multidisciplinaire»
Réussite et qualité de vie sont des maîtres mots
En poste comme rectrice depuis juin 2009, Luce Samoisette a d'abord chapeauté une importante consultation au sein de l'Université de Sherbrooke, qui a ensuite mené à la mise en place du Plan stratégique 2010-2015, lequel précise le développement futur de cette institution.
«Lorsque je me suis présentée à ce poste, explique Luce Samoisette, j'avais déjà fait quelques coups de sonde pour m'apercevoir que l'on ne devait pas élaborer une planification stratégique sans au préalable avoir mené une vaste consultation, et c'est ce qu'on a fait. Et nous avons voulu que cette consultation soit très vaste, non seulement auprès des membres de la direction et du personnel enseignant, mais aussi auprès du personnel de soutien et des étudiants. On a même consulté nos partenaires externes. Au fond, on a permis à tous ceux qui le voulaient de nous dire ce qu'ils pensaient de l'Université de Sherbrooke. Le bon comme le mauvais. Et de nous dire aussi ce qu'ils attendaient de l'Université de Sherbrooke.»
C'est cette vaste consultation qui a ensuite servi à l'élaboration du Plan stratégique 2010-2015. Ce plan est articulé autour de cinq axes principaux: ouvrir les frontières; renouveler l'approche distinctive en enseignement, en recher-che et en création; mobiliser la communauté universitaire pour la réussite étudiante; contribuer au développement social, économique et culturel du Québec, notamment en Estrie et en Montérégie; et finalement, se construire un milieu de vie de qualité.
Abattre les frontières
Il s'agit ici de deux sortes de frontières. «Il y a d'abord la frontière entre les disciplines et les formations. Aujourd'hui, le monde est devenu multidisciplinaire, on pense notamment à la recherche scientifique ou même aux soins de santé. On ne peut donc plus former uniquement en silo et il faut accepter l'influence des autres disciplines. D'ailleurs, un des éléments qui est ressorti de la consultation, c'est le besoin d'une plus grande multidisciplinarité. Il faut donc que nos programmes s'ouvrent davantage.»
La seconde frontière est internationale. «À l'international, ça fonctionne dans les deux sens. Il y a les étudiants étrangers qui viennent chez nous et nos étudiants qui vont à l'étranger. Cela vaut aussi pour les chercheurs et les professeurs. Mais avant de se lancer dans l'internationalisation, il faut se demander pourquoi on le fait et qu'est-ce qu'on veut en retirer. Et comme on ne peut pas être partout, il faut faire des choix. Il faut identifier les secteurs où l'on peut se distinguer et faire une différence. On y travaille présentement et on devrait en avoir une meilleure idée d'ici la fin de l'année.»
Et bien que la réflexion ne soit pas complétée, cette approche a déjà donné des résultats. «Depuis plusieurs années, nous avons développé des liens avec des institutions de la région Lyon-Grenoble dans le domaine des nanotechnologies. Cette collaboration a fait en sorte que le CRNS a choisi d'ouvrir une Unité mixte internationale de recherche ici à Sherbrooke. Des chercheurs français viendront donc travailler avec les nôtres dans un laboratoire sur notre campus.»
Présente et attentive à son milieu
Si aujourd'hui, dans le milieu universitaire, la concurrence est internationale, une université se doit aussi d'être pleinement impliquée dans sa région. C'est d'ailleurs ce que fait depuis de nombreuses années l'Université de Sherbrooke, qui a su tisser d'innombrables liens avec des partenaires régionaux. «Ces partenaires sont, par exemple, la Ville de Sherbrooke et d'autres institutions, comme le cégep, mais aussi des entreprises, parce que nous offrons beaucoup de stages en entreprise. On établit des partenariats autant avec des organismes sans but lucratif que des multinationales. Notre intention est de renforcer et de multiplier ces partenariats, autant dans la région de Sherbrooke qu'en Montérégie, où nous sommes présents maintenant depuis une quarantaine d'années.»
Il faut aussi considérer les nouvelles réalités. «Il faut savoir s'adapter à la société actuelle. Par exemple, les jeunes n'apprennent pas de la même manière qu'autrefois. Les cours magistraux à trente étudiants n'ont plus la cote. Il faut donc aussi adapter la formation à cette nouvelle réalité.»
Un milieu sain favorisant la réussite
Un des aspects du Plan stratégique 2010-2015 est l'accent qu'il met sur la réussite étudiante. «Que la réussite étudiante figure dans le Plan stratégique n'est pas l'aveu d'un échec, notre taux de diplomation ne faisant pas problème. C'est plutôt une façon de rappeler que la réussite étudiante est l'affaire de tous et une façon de réaffirmer la priorité des étudiants.»
L'accent est aussi mis sur la qualité de vie, d'où la raison d'avoir intégré le développement durable au coeur du Plan stratégique 2010-2015. «Aujourd'hui, un travailleur, qu'il soit professeur universitaire ou qu'il exerce une autre fonction, ne cherche pas uniquement un chèque de paie en se rendant au travail, il cherche aussi un milieu de vie. C'est également vrai pour les étudiants. C'est la raison pour laquelle nous avons aussi fait le choix de la santé organisationnelle, afin de fournir un cadre de travail sain.»
Pour la suite des choses
Suite à l'adoption du Plan stratégique 2010-2015, la direction de l'Université de Sherbrooke a mis en place un Plan d'action pour son implantation. On a aussi mis en place un comité de suivi. «En juin prochain, le comité de suivi rendra son premier rapport. C'est à ce moment que l'on pourra savoir si les actions posées ont obtenu les résultats escomptés. Ce rapport nous permettra aussi de nous ajuster.»
***
Collaborateur du Devoir
«Lorsque je me suis présentée à ce poste, explique Luce Samoisette, j'avais déjà fait quelques coups de sonde pour m'apercevoir que l'on ne devait pas élaborer une planification stratégique sans au préalable avoir mené une vaste consultation, et c'est ce qu'on a fait. Et nous avons voulu que cette consultation soit très vaste, non seulement auprès des membres de la direction et du personnel enseignant, mais aussi auprès du personnel de soutien et des étudiants. On a même consulté nos partenaires externes. Au fond, on a permis à tous ceux qui le voulaient de nous dire ce qu'ils pensaient de l'Université de Sherbrooke. Le bon comme le mauvais. Et de nous dire aussi ce qu'ils attendaient de l'Université de Sherbrooke.»
C'est cette vaste consultation qui a ensuite servi à l'élaboration du Plan stratégique 2010-2015. Ce plan est articulé autour de cinq axes principaux: ouvrir les frontières; renouveler l'approche distinctive en enseignement, en recher-che et en création; mobiliser la communauté universitaire pour la réussite étudiante; contribuer au développement social, économique et culturel du Québec, notamment en Estrie et en Montérégie; et finalement, se construire un milieu de vie de qualité.
Abattre les frontières
Il s'agit ici de deux sortes de frontières. «Il y a d'abord la frontière entre les disciplines et les formations. Aujourd'hui, le monde est devenu multidisciplinaire, on pense notamment à la recherche scientifique ou même aux soins de santé. On ne peut donc plus former uniquement en silo et il faut accepter l'influence des autres disciplines. D'ailleurs, un des éléments qui est ressorti de la consultation, c'est le besoin d'une plus grande multidisciplinarité. Il faut donc que nos programmes s'ouvrent davantage.»
La seconde frontière est internationale. «À l'international, ça fonctionne dans les deux sens. Il y a les étudiants étrangers qui viennent chez nous et nos étudiants qui vont à l'étranger. Cela vaut aussi pour les chercheurs et les professeurs. Mais avant de se lancer dans l'internationalisation, il faut se demander pourquoi on le fait et qu'est-ce qu'on veut en retirer. Et comme on ne peut pas être partout, il faut faire des choix. Il faut identifier les secteurs où l'on peut se distinguer et faire une différence. On y travaille présentement et on devrait en avoir une meilleure idée d'ici la fin de l'année.»
Et bien que la réflexion ne soit pas complétée, cette approche a déjà donné des résultats. «Depuis plusieurs années, nous avons développé des liens avec des institutions de la région Lyon-Grenoble dans le domaine des nanotechnologies. Cette collaboration a fait en sorte que le CRNS a choisi d'ouvrir une Unité mixte internationale de recherche ici à Sherbrooke. Des chercheurs français viendront donc travailler avec les nôtres dans un laboratoire sur notre campus.»
Présente et attentive à son milieu
Si aujourd'hui, dans le milieu universitaire, la concurrence est internationale, une université se doit aussi d'être pleinement impliquée dans sa région. C'est d'ailleurs ce que fait depuis de nombreuses années l'Université de Sherbrooke, qui a su tisser d'innombrables liens avec des partenaires régionaux. «Ces partenaires sont, par exemple, la Ville de Sherbrooke et d'autres institutions, comme le cégep, mais aussi des entreprises, parce que nous offrons beaucoup de stages en entreprise. On établit des partenariats autant avec des organismes sans but lucratif que des multinationales. Notre intention est de renforcer et de multiplier ces partenariats, autant dans la région de Sherbrooke qu'en Montérégie, où nous sommes présents maintenant depuis une quarantaine d'années.»
Il faut aussi considérer les nouvelles réalités. «Il faut savoir s'adapter à la société actuelle. Par exemple, les jeunes n'apprennent pas de la même manière qu'autrefois. Les cours magistraux à trente étudiants n'ont plus la cote. Il faut donc aussi adapter la formation à cette nouvelle réalité.»
Un milieu sain favorisant la réussite
Un des aspects du Plan stratégique 2010-2015 est l'accent qu'il met sur la réussite étudiante. «Que la réussite étudiante figure dans le Plan stratégique n'est pas l'aveu d'un échec, notre taux de diplomation ne faisant pas problème. C'est plutôt une façon de rappeler que la réussite étudiante est l'affaire de tous et une façon de réaffirmer la priorité des étudiants.»
L'accent est aussi mis sur la qualité de vie, d'où la raison d'avoir intégré le développement durable au coeur du Plan stratégique 2010-2015. «Aujourd'hui, un travailleur, qu'il soit professeur universitaire ou qu'il exerce une autre fonction, ne cherche pas uniquement un chèque de paie en se rendant au travail, il cherche aussi un milieu de vie. C'est également vrai pour les étudiants. C'est la raison pour laquelle nous avons aussi fait le choix de la santé organisationnelle, afin de fournir un cadre de travail sain.»
Pour la suite des choses
Suite à l'adoption du Plan stratégique 2010-2015, la direction de l'Université de Sherbrooke a mis en place un Plan d'action pour son implantation. On a aussi mis en place un comité de suivi. «En juin prochain, le comité de suivi rendra son premier rapport. C'est à ce moment que l'on pourra savoir si les actions posées ont obtenu les résultats escomptés. Ce rapport nous permettra aussi de nous ajuster.»
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Collaborateur du Devoir







