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Français à la CSDM - L'enrichissement plutôt que la matraque

Abdoul Echraf Ouedraogo, démographe  18 janvier 2012  Éducation
Convient-il de rappeler, demande l’auteur à propos de la volonté de la Commission scolaire de Montréal d’imposer l’usage du français dans ses cours de récréation, que toutes les études relatives à la réussite scolaire chez les enfants ont montré que la maîtrise et l’usage d’autres langues, y compris la langue maternelle, sont des facteurs favorisant la réussite et la performance scolaires?<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Convient-il de rappeler, demande l’auteur à propos de la volonté de la Commission scolaire de Montréal d’imposer l’usage du français dans ses cours de récréation, que toutes les études relatives à la réussite scolaire chez les enfants ont montré que la maîtrise et l’usage d’autres langues, y compris la langue maternelle, sont des facteurs favorisant la réussite et la performance scolaires?
On apprenait récemment que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a l'intention d'imposer l'usage du français dans ses cours de récréation. Cette nouvelle m'a rappelé de lointains souvenirs d'écolier dans un petit village du sud de la Mauritanie, à quelques kilomètres du fleuve Sénégal.

En sixième année du primaire, notre enseignant d'alors, un éternel volontaire de la langue française, voulait coûte que coûte nous habituer à parler français; ce qui était loin d'être évident pour des enfants dont le français n'est pas la langue maternelle. Il avait alors institué ce qu'on appelait dans l'arsenal punitif de notre école un «symbole», un petit bout de bois, sorte de tag qu'on devait se distribuer entre élèves chaque fois qu'on surprenait un petit camarade en infraction — entendez là en train d'utiliser une autre langue que le français dans la cour d'école.

Comme châtiment, celui qui finissait la fin de semaine avec le symbole devait alors se charger toute la semaine suivante d'arroser les arbres plantés tout autour de l'école pour fixer les dunes qui menaçaient à tout moment d'ensevelir les salles de classe.

Vu d'ici, il peut paraître «le fun» d'avoir à arroser des arbres toute une semaine. Sauf que cela ne se passait pas avec un robinet muni d'un pistolet à jet d'eau. Il fallait se déplacer sur trois kilomètres, là où se trouvait le puits le plus proche, remplir cinq seaux d'eau et donc faire autant d'allers-retours entre le puits et l'école avec le seau d'eau sur la tête par une température de 35 degrés Celsius. Je me souviens que quand ce fut mon tour de dormir avec ce bout de bois maudit, il a fallu toute la semaine l'aide de ma mère et de mes soeurs pour arriver à bout de la tâche, tant ces arbres étaient assoiffés d'eau.

Cette mesure de «promotion» du français imposée par notre enseignant, même si elle n'avait pas la même force qu'une loi, n'avait pas son pareil pour encourager les jeunes sahéliens que nous étions à pratiquer la langue de Molière. C'était épuisant mentalement, il est vrai, de parler toute une journée une langue qui n'est pas la nôtre, mais cela n'était rien comparativement à ce que subissaient les camarades pris en délit d'usage de leur langue maternelle.

Préoccupations identitaires

Pourtant, aussi sisyphéen que pût paraître ce châtiment, il me choque encore moins aujourd'hui que l'intention de la Commission scolaire de Montréal d'interdire à de jeunes élèves le droit de choisir leur langue de conversation en dehors de la classe. Elle me choque moins, car cette mesure était le fruit d'une discussion entre un enseignant et ses élèves tous d'accord sur l'importance de maîtriser le français parlé, nécessaire pour la réussite scolaire et même sociale.

On était donc très loin des préoccupations nationalistes et identitaires quant à la place du français dans l'espace public, comme paraît l'être la présente décision de la CSDM. Ensuite, sans même mentionner que le choix de la langue dans une conversation privée est un droit individuel inaliénable, convient-il de rappeler que toutes les études relatives à la réussite scolaire chez les enfants ont montré que la maîtrise et l'usage d'autres langues, y compris la langue maternelle, sont des facteurs favorisant la réussite et la performance scolaires?

Ce qui est aussi regrettable, c'est la confusion entretenue dans le discours par certains défenseurs de la langue entre deux problèmes fondamentalement différents: celui de la dégradation de la qualité du français chez les jeunes et celui, tout autre, du recul de l'usage du français dans l'espace public. La dégradation de la qualité du français n'est en rien tributaire à l'usage de l'anglais, aux jeunes immigrants ou à leurs parents, ni même à tout autre facteur externe à notre société francophone québécoise.

Elle est le fait de francophones de toutes les origines qui maîtrisent de moins en moins leur langue, ses nuances et sa richesse. Ce problème est par contre tout aussi vrai pour l'anglais, l'espagnol, l'arabe, le swahili, le berbère, le peul, le wolof et toutes les autres langues du monde confrontées à «la nouvelle économie des mots» rendue possible et parfois nécessaire par la «planète Web». Cette dégradation semble en plus irréversible avec la simplification des communications modernes qui conforte le «nouvel homme techno» dans sa tendance naturelle à utiliser de moins en moins de mots pour communiquer («l'insoutenable légèreté de l'être» n'a jamais été aussi vraie!).

Dégradation de la langue

Pas besoin d'être un fin observateur pour voir ce processus de dégradation de la qualité de la langue opérer au quotidien. Tous les matins défilent devant nos yeux des «jeunes branchés» qui, de la porte de leur maison jusqu'à la salle de classe, se bouchent les oreilles avec un iPod ainsi que le regard avec un iPad, de sorte qu'ils n'ont plus besoin d'écouter ou d'entendre leurs semblables, ni même d'observer ou de voir ce qui se passe autour d'eux.

Et quand on n'a plus d'oreilles pour entendre ou écouter, plus d'yeux pour observer ou lire, que peut-on communiquer? Qu'apprend-on à communiquer? Voilà pourquoi, faute d'être utilisé à la maison comme à l'école, le vocabulaire français disparaît dans sa richesse comme dans ses nuances pour faire place à un nouveau langage caractérisé par des phrases incomplètes et beaucoup de gestes.

Au lieu de se vautrer derrière le réflexe facile de l'interdiction, la CSDM devrait d'abord s'attaquer en classe à l'appauvrissement de la qualité de la langue. Certainement, le défi peut paraître insurmontable à un moment où même nos futurs enseignants eux-mêmes coulent leur test de français, mais ce défi est bien plus constructif pour l'avenir de la langue française que d'antagoniser ses locuteurs autour de questions relevant tout d'abord de libertés individuelles.

En un mot, au lieu de s'occuper de la langue utilisée en dehors de la classe, la CSDM devrait d'abord essayer d'imposer à nos «enfants rois» l'obligation en classe d'enlever la casquette et les écouteurs, de fermer les iPod et iPad, d'articuler en parlant, de faire de la lecture à haute voix, de citer des sources documentaires autres que l'Internet, d'écrire et de jouer des pièces de théâtre, de mémoriser des pièces d'anthologie comme Le Corbeau et le Renard, Le Loup et l'Agneau, Le vieil homme et la mer, etc.

Des efforts jamais plaisants pour des jeunes prompts à se rebeller et à crier la fin du monde, mais qui leur seront très utiles pour écrire et parler plus tard «comme du monde». C'est là le seul remède qui vaille contre la dégradation de la qualité du français à l'école et c'est à ce défi qui relève de sa cour que l'école devrait s'attaquer plutôt que de vouloir imposer à des jeunes la langue à utiliser dans des conversations privées.

Chauvins

Il y a quinze ans, mon frère, alors spécialiste des langues nationales, concluait ceci qui mérite réflexion pour la CSDM et tous les défenseurs de la langue: «Une langue dominante n'a pas besoin d'une loi pour s'imposer, car le jour où le cours de l'histoire renoncera à sa médiation, les faits passeront outre l'acte juridique.» Il dénonçait alors des chauvins de mon pays d'origine qui voulaient coûte que coûte imposer l'arabe sur le français afin d'assimiler les minorités négro-africaines farouches tenantes de l'usage du français qui leur permettait d'exprimer leurs différences culturelles par rapport à l'arabe.

Cette conclusion vaut tout autant pour les promoteurs de la langue au Québec puisque quinze ans après, ces ayatollahs de la langue que combattait mon frère ont réalisé que leur radicalisme était le pire service qu'ils ont rendu à leur langue. Même les locuteurs qui l'apprenaient par amour ont décidé soit de revenir au français, soit à leur langue maternelle pour marquer leur refus de se faire imposer une autre langue.

Ce n'est donc pas rendre service au français que de vouloir l'opposer aux langues maternelles de ses millions de locuteurs, fussent-ils des Québécois pure laine, de seconde ou troisième génération. Et si recul de l'usage du français chez ses locuteurs il y a, le problème n'est pas tellement ce qui nous fait délaisser cette si belle langue que les avantages qui nous poussent par moments à en privilégier une autre. C'est pourquoi c'est du côté de l'attractivité de la langue qu'il faut travailler plutôt que de celui des interdits et des réglementations.

***

Abdoul Echraf Ouedraogo, démographe
 
 
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  • Paul Lafrance - Inscrit
    18 janvier 2012 07 h 00
    La langue
    Il serait préférable de leur apprendre à mieux parler le français Les jeunes ont la bouche molle plus que jamais. comprendre. Ils n'articulent pas et il est difficile de les comprendre. N'ayant pas de vocabulaire, ils remplacent les mots par des "ça là", des "genres", "veux dire", et que sais-je encore.
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  • Michele - Inscrite
    18 janvier 2012 07 h 57
    L'article 10 de la charte québécoise
    «Toute personne a droit a la reconnaissance et à l'exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.

    Il y a discrimination lorsqu'une telle distinction, exclusion ou préférence a pour effet de détruire ou de compromettre ce droit.»

    Selon toute vraisemblance, cette proposition va non seulement à l'encontre de la recherche mais encore de la loi.
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    18 janvier 2012 08 h 38
    Enseignants épuisés
    Les syndicats enseignants résistent à l'enseignement de l'anglais en bas âge: trop d'encadrement, de suivi, de pédagogie... Comment trouveront-ils le temps de surveiller les cours d'école?
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  • Jean Richard - Abonné
    18 janvier 2012 10 h 06
    Français des jeunes d'hier et d'aujourd'hui
    Est-ce ma mémoire qui me fausse compagnie ? Je cherche encore à comprendre en quoi le français des enfants de mon époque, cultivé alors à l'abri des influences étrangères, était si supérieur à celui des enfants d'aujourd'hui, fils d'Arabes ou de Latinos.

    Pas plus tard qu'hier, j'ai aidé deux jeunes de neuf ans, d'origine guatémaltèque, à faire leurs devoirs. L'école les avait classés comme élèves ayant des difficultés d'apprentissage. Or, en plus de l'espagnol, ces enfants parlaient très bien français, un français qui n'avait rien à envier à celui des gamins de neuf ans de mon époque. Il y a plus, la connaissance de l'espagnol (non reconnue et surtout découragée par l'école) leur a permis de corriger spontanément des fautes de français.

    Cependant, s'il y a un endroit où la qualité du français s'est considérablement dégradée, ce n'est pas dans la cour d'école, mais plutôt dans celle des médias, en particulier celle de la Société Radio-Canada. L'époque où l'on surveillait la qualité de la langue dans cette boîte semble bien révolue, à la télé d'abord, et à la radio ensuite. Si le français approximatif vous énerve et pire, s'il vous irrite ce snobisme qui consiste à truffer le français d'expressions anglophones inutiles, évitez à tout prix CBF le matin. Fermez la radio et lisez... Le Devoir. Ça ira mieux pour le reste de la journée.

    Entre des enfants qui jouent dans une cour d'école et des professionnels grassement rémunérés pour nous informer, lesquels devraient le plus retenir notre attention quand il est question de la dégradation du français ?
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  • Diane Leclerc - Abonnée
    18 janvier 2012 10 h 20
    Droits individuels vs droits collectifs
    À Montréal, la langue dominante dans la cour d'école, parmi les petits immigrants de cultures différentes, est l'anglais et non le français. Aussi, les autorités scolaires sont-elles justifiées d'adopter des mesures qui favorisent l'usage du français pendant la récréation, au détriment du libre choix personnel si elles souhaitent que la langue commune des Québécois continue d'être le français.

    Comme Christian Rioux l'a démontré dans l'édition de samedi de ce journal, d'autres pays ont recours à de telles mesures afin de sauvegarder leur langue, bien que celle-ci soit beaucoup moins menacée que la nôtre.

    Si parler une langue, c'est aussi adopter une culture, l'utilisation du français, non seulement dans la classe mais dans la cour, permettra aux jeunes allophones ou anglophones de s'intégrer plus rapidement à la société québécoise. Et je ne crois pas que la matraque soit nécessaire pour arriver à de telles fins. Il s'agit plutôt d'envoyer un signal clair en faveur de la promotion du français.

    Quant à la qualité du français, par ailleurs, d'autres mesures s'imposent également afin d'assurer son amélioration.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    18 janvier 2012 11 h 18
    Il ne s'agit pas du wolof...
    mais de tous ces enfants qui utilisent TOUJOURS l'anglais entre eux, même si ce n'est pas la langue maternelle d'aucun d'entre eux.
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  • Roland Berger - Abonné
    18 janvier 2012 11 h 51
    Faut demeurer gentil
    Très québécois ce refus d'intervenir. Bien oui, il faut être gentil avec ceux et celles qui débarquent au Québec avec l'intention très nette d'ajouter l'anglais à leur langue maternelle. Et toute attitude contraire déclenchera la colère de la minorité anglaise, colère qui se fera entendre au bureau de Jean Charest, modèle et prometteur du bilinguisme.
    Roland Berger
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  • Roland Berger - Abonné
    18 janvier 2012 12 h 01
    À Paul Lafrance et compagnie
    Comme d'autres individus de la mouvance conservatrice, Denise Bombardier en tête, vous réclamez que l'école québécoise enseigne le français que parle l'élite intellectuelle (et parfois politique). Vous avez raison : au lieu de préparer les élèves du primaire au bilinguisme en leur enseignant l'anglais dès la première année, il faudrait leur apprendre à maîtriser le français standard que parle la très grande majorité des Français de France. Cet apprentissage leur faciliterait le passage à la langue française écrite. Faudrait-il leur interdire de parler québécois dans la cour d'école ? Non. Ni dans la cour d'école, ni ailleurs. Les petits Québécois et les petites Québécoises sont assez intelligents pour bien faire la différence et maîtriser deux manières de parler français. Le problème, c'est que l'élite ne veut pas perdre sa différence.
    Roland Berger
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  • bob2 - Inscrit
    18 janvier 2012 13 h 03
    L'attractivité de la langue Française VS anglaise
    D'où vient l'attractivité de la langue anglaise au Québec sinon que de la puissance et de la proximité de l'empire anglo-saxon ? Cette attractivité supérieure n'est pas due à un avantage intrinsèque de la langue anglaise sur la notre, mais sur l'impérialisme culturel et économique des américains, des canadians, et des brittaniques.

    Choisir l'anglais est une décision rationelle du point de vue économique pour les immigrants. Sans connaissance de l'anglais il est impossible d'accéder aux postes de direction en finance, de lire les manuels universitaires en sciences et en génie (qui permettent d'avoir des emplois stables et bien rémunérés).
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  • Jacques Gagnon - Abonné
    18 janvier 2012 13 h 56
    Déjà entendu
    Votre argument est presque vieux comme le monde, le saviez-vous ?

    Au Québec, de tout temps quand on a voulu défendre le français, on a toujours vu ceux comme vous qui confondent la diffusion ou l'usage du français avec ce qu'ils appellent comme vous le faites, la qualité, présupposant toujours que la langue vernaculaire qui se parle ici est une déliquescence du français de France.

    Notre problème est la survie d'une culture francophone en Amérique du Nord et cela devrait inquiéter tout le monde. Si vous fouillez un peu vous verrez que même les anglophones, les français et d'autres, se plaignent de la qualité de leur langue. C'est un phénomène qui n'est pas typique. On pourrait également questionner sérieusement d'ailleurs le fait que l'on apprenne trop de choses à la fois. Un enfant se débouille avec environ 300 mots, mais cela ne fait pas de lui un promoteur ou un vecteur de la culture. Ce ne sont ceux dont le français est la seconde ou la troisième langue qui assurent la pérennité de la culture.
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  • Hullois - Abonné
    18 janvier 2012 19 h 53
    Argumentaire inutile
    1) Vous l'admettez vous-même, l’intolérance vous a aidé à apprendre le français.

    2) «Une langue dominante n'a pas besoin d'une loi pour s'imposer, car le jour où le cours de l'histoire renoncera à sa médiation, les faits passeront outre l'acte juridique.» Justement, nous ne somme pas dominants, surtout dans certains secteurs de Montréal. Il faut la *rendre* dominante.
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  • Hullois - Abonné
    18 janvier 2012 20 h 02
    @Roland Berger
    «il faudrait leur apprendre à maîtriser le français standard que parle la très grande majorité des Français de France.»

    N'importe quoi. La «très grande majorité des Français» parlent un français pitoyable où les anglicismes et le verlan ont une présence plus importante que le français standard. Nous n'avons absolument rien à envier à la France en matières linguistiques.

    Mais la pureté de la langue est un autre débat complètement. La qualité du français parlé sera un débat inutile si nous arrêtons de parler la langue complètement, alors mettons d'abord l'accent sur l'adoption du français plutôt que sur sa qualité.

    Quant aux études auxquelles on fait référence, j'aimerais bien qu'on précise. Mes observations à moi est que l'utilisation de plusieurs langues à un bas âge mélange l'enfant et nuit à son apprentissage, plutôt que l'inverse. Ces «études» semblent aussi comporter de nombreux jugements de valeur quant à l'intégration: vaut-il mieux que l'enfant puisse parler sa langue avec 1 ou 2 amis, et qu'il soit pris avec son groupe ethnique pour toute sa vie, ou qu'il n'ait pas beaucoup d'amis pendant quelques mois ou quelques années afin de pouvoir ensuite s'intégrer à l'ensemble de la société et de faire affaire avec qui bon lui semble? Favoriser l'utilisation de la langue maternelle au lieu du Français, c'est favoriser la ghettoïsation des minorités.
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  • Boileau - Abonné
    19 janvier 2012 01 h 06
    Il faut connaître et aimer sa langue pour la faire aimer.
    Entièrement d'accord. À la fin de notre élémentaire, nous connaissions nos règles de grammaire et écrivions avec très peu de fautes. Et nous comptions par coeur. Qu'on ne vienne pas me dire que nos petits génies ne peuvent pas en faire autant. C'est le système d'éducation qu'il faut repenser. Les programmes les bourrent de notions savantes sans qu'ils maîtrisent les bases.

    On doit leur apprendre la beauté, la richesse du français. Ils doivent acquérir l'amour de cette langue bien parlée et bien écrite. C'est cette langue qui forme notre façon de penser, de réfléchir, d'exprimer nos sentiments, notre argumentation. On devrait bien posséder notre langue avant d'en apprendre une ou plusieurs autres. Il nous sera plus facile d'en bien connaître une autre si nous possédons la nôtre.

    Je comprends qu.il est plus facile d'apprendre une ou plusieurs langues quand nous sommes jeunes, mais qu'en est-il de la façon de réfléchir? Quel schème lui servira à évaluer les concepts reçus?

    L'anglais est une langue pratique, simple et figurative plus qu'intellectuelle. L'anglais "cultivé", si je puis dire, contient 70% de mots français d'origine. L'anglais est commercial. descriptive des sons. "The telephone rings" est beaucoup plus sonore que: "le téléphone "sonne". "He whizzed by". Ça fait plus vite que "il est passé vite". Il faudrait dire "très très très vite" et encore là, ça manque de réalisme. Chaque langue a ses qualités et lacunes. Mais pour exprimer une pensée clairement, le français y gagne beaucoup, dit-on.

    C'est la façon de l'enseigner qui est plate. Mal présenté, rien n'est intéressant. Et surtout pas présenté comme une tâche ardue et obligatoire. Des lectures intelligentes et intéressantes, ça existe. Dans les chansons, le théâtre, la poésie, les correspondances de nos ancêtres, et quoi encore?

    Quand nos enseignants ignorent le langue maternelle, comment peuvent-ils la faire aimer? Leur formation est à revoi
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  • Paul Lafrance - Inscrit
    22 janvier 2012 13 h 30
    @ M.Berger
    Oui, on peut apprendre le français et l'anglais en même temps et être capable de s'exprimer aussi bien par la parole que par l'écriture et j'en suis un exemple vivant. J'ai appris la langue anglaise à Westmount alors que je n'avais que quatre ou cinq ans. Je devais monter trois étages pour demander la signification d'un mot à ma mère. Je vous assure que je ne voulais pas monter deux fois trois étages pour le même mot. J'ai appris à lire en anglais en lisant des "superman", des "batman", des "Mandrake", etc. Plus tard, les rudiments que j'ai appris en lisant ces bandes dessinées m'ont permis de lire des ouvrages plus importants. J'ai toujours eu horreur des fautes d'orthographe ou grammaticales que ce soit dans une langue ou dans l'autre. Quand je ne suis pas sûr, je vérifie dans un dictionnaire ou dans une grammaire. D'être imprégné de deux langues dont j'essaie de reconnaître les richesses ne m'a jamais traumatisé et je me considère plutôt chanceux. Quand j'entends des gens dire que l'on n'a pas besoin de la langue anglaise au Québec, ça me désole profondément, tout comme ça me désole d'entendre des jeunes dire que les fautes n'ont pas d'importance, pourvu qu'on se comprenne. Et vive l'ignorance.
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  • Paul Lafrance - Inscrit
    22 janvier 2012 14 h 05
    Ajout
    Le fait d'être satisfait d'un texte bien qu'il soit truffé de fautes d'orthographe et grammaticales démontre à tout le moins un manque de rigueur intellectuelle. Quand on manque de rigueur intellectuelle, on peut soupçonner que le jugement ainsi que l'objectivité de l'auteur soient biaisés. C'est pourtant le lot d'un grand nombre de personnes qui étalent leurs commentaires sur les textes écrits dans le Devoir.
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