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    Divorce entre la TELUQ et l'UQAM

    La Télé-Université redevient une école supérieure autonome

    13 janvier 2012 |Robert Dutrisac | Éducation
    Les locaux de la TELUQ dans un édifice de l’UQAM. L’établissement, basé à Québec, recouvrera sa pleine autonomie au sein du réseau UQ.<br />
    Photo: Annik MH De Carufel - Le Devoir Les locaux de la TELUQ dans un édifice de l’UQAM. L’établissement, basé à Québec, recouvrera sa pleine autonomie au sein du réseau UQ.
    Québec — Après l'îlot Voyageur, une autre réalisation de l'ancien recteur de l'Université du Québec à Montréal, Roch Denis, est allée à vau-l'eau: le rattachement de la Télé-Université (TELUQ) à l'UQAM, intervenu en 2005, s'est soldé par un divorce.

    Dans un décret publié dans la Gazette officielle mercredi, le gouvernement Charest, sous la recommandation de la ministre de l'Éducation, du Loisir et des Sports, Line Beauchamp, annule la mainmise de l'UQAM sur la TELUQ pour redonner à celle-ci de nouvelles lettres patentes lui conférant son statut antérieur d'école supérieure et, ainsi, sa pleine autonomie au sein du réseau de l'Université du Québec (UQ).

    «Ce projet-là est tombé à un bien mauvais moment de l'histoire de l'UQAM», a souligné, hier, le directeur général de la TELUQ, Raymond Duchesne. Alors que la TELUQ, dont le siège social est à Québec, est tombée dans le giron de l'UQAM, l'université montréalaise, ébranlée par le fiasco de l'îlot Voyageur, avait d'autres chats à fouetter que d'assurer le développement rapide du télé-enseignement, le but principal de l'union des deux établissements. «Le projet a peut-être manqué d'un peu de suivi et d'attention de la part de nos collègues de l'UQAM», a euphémisé le directeur général. La décision s'est prise «d'un commun accord», a-t-il précisé.

    Un sentiment «partagé»

    Le sentiment des professeurs de TELUQ est «partagé» devant ce changement, a indiqué le président du syndicat des professeures et des professeurs de la Télé-Université, Franck Jovanovic. D'une part, l'UQAM, vu sa taille, représentait un avantage pour développer des cours et pour la recherche. D'autre part, l'UQAM semblait s'orienter vers un enseignement à distance traditionnel alors que les nouveaux moyens de communication transforment la pratique, a-t-il fait valoir.

    C'est en mars 2010 que le conseil de gestion de la TELUQ adoptait une résolution afin de réclamer de la ministre le divorce d'avec l'UQAM. En mai 2011, l'Assemblée des gouverneurs de l'UQ recommandait à l'unanimité que la TELUQ redevienne une école supérieure. Après le décret publié hier, il doit s'écouler un peu plus de deux mois avant que l'établissement universitaire obtienne ce statut.

    Devant les difficultés qui minaient l'union des deux établissements, le recteur Claude Corbo a commandé en 2008 un rapport à Pierre Brossard, qui recommandait l'intégration complète de la TELUQ dans l'UQAM. L'université a repris cette recommandation pour en faire sa position.

    Un autre rapport, signé par Michel Gervais au début de 2010, recommandait au contraire que l'entité de télé-enseignement soit préservée et que l'UQAM en vienne à respecter les termes de l'entente originale. Comme l'UQAM a refusé de se conformer à cette recommandation, la TELUQ a demandé de recouvrer son ancien statut.

    Le projet était bien ficelé, jugeait Michel Gervais mais il n'a abouti à rien, s'était-il étonné, «sauf à la frustration d'un des ses partenaires, au désintérêt de l'autre, et à l'exaspération de la ministre». «Je n'arrive pas à trouver d'autre explication principale [à cet échec] que dans cet incroyable traumatisme qu'a représenté pour l'Université du Québec à Montréal le dévoilement du désastre financier de l'îlot Voyageur et du Pavillon des sciences», écrivait Michel Gervais.

    En 2002, le projet de Roch Denis, qui jouissait de l'appui du président de l'UQ à l'époque, Pierre Lucier, avait suscité de sérieuses réticences de la part du conseil d'administration de la TELUQ et de sa directrice générale d'alors, Anne Marrec, qui avait proposé une association d'égal à égal avec l'UQAM. Mais les deux parties signaient une entente quelques mois plus tard.

    ***

    Une école autonome

    1972: Lancement d'un projet expérimental de télé-université sur le modèle de l'Open University de Grande-Bretagne, quelques années après la fondation de l'Université du Québec.

    1992: Émission des lettres patentes qui confèrent à la TELUQ le statut d'école supérieure avec la double mission de l'enseignement et de la recherche.

    2002: Début des pourparlers avec le recteur de l'UQAM, Roch Denis, en vue d'un regroupement des deux établissements.

    2005: Envoi des lettre patentes supplémentaires, ce qui consacre le regroupement.

    2010: Le conseil de gestion de la TELUQ réclame de la ministre le divorce d'avec l'UQAM.

    2012: Émission de nouvelles lettres patentes qui font de la TELUQ une école supérieure autonome.

    Dotée d'un budget de 44 millions, TELUQ compte 18 000 étudiants dans les trois cycles universitaires, 70 professeurs et quelque 140 tuteurs et chargés de l'encadrement des étudiants, ainsi que 60 spécialistes de l'enseignement à distance.
     
     
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