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Libre opinion - À quand des états généraux sur la précarité?

Ivan Constantineau - Laval  13 janvier 2012  Éducation
Au nombre d'enseignants précaires qu'il y a toujours dans les cégeps et les universités, il est étonnant qu'il n'y ait pas eu, depuis les 35-40 ans que ce fourbe concept étrangle l'enseignement supérieur, de retour sur sa nature et son existence même. Je veux dire qu'il est peut-être temps de le saigner, ce gros cochon de la machine néolibérale.

Après tout, en partant de sa définition propre, être précaire 10, 20, 40 ans au même endroit, à faire le même job, n'est-il pas une contradiction dans les termes? Nul besoin de sémantique pour comprendre qu'il y a eu et qu'il y a là une immense volonté d'escroquerie sociale de la part de l'«élite» politique qui se dévoile au fur et à mesure que le temps s'écoule (n'en déplaise à l'ancien ministre et désormais blogueur Jacques Brassard qui joue en ce moment — ce 6 janvier 2012 — les gros bras offensés en essayant de saper, dans une virée à droite d'une intelligence très moyenne, de saper, dis-je, des mesures syndicales visant à contrer l'expansion de la sous-traitance, autre facette de la précarisation, à l'aluminerie la plus riche du monde).

On ne peut pas appeler ça du «cheap labour», pas plus qu'un régime d'apartheid, évidemment. On imagine un peu le tollé que cela provoquerait! Pourtant, c'est exactement ce que vivent les précaires.

Les exemples démontrant cet état de fait sont légion. Pour ceux qui en douteraient, je dirai simplement qu'aucun membre de l'administration uqamienne, aucun des professeurs, ni même d'ailleurs le SPUQ [Syndicat des professeurs et professeures de l'Université du Québec à Montréal], n'a répondu à l'article publié dans Le Devoir du 11 avril 2009, lors de la grève des professeurs de l'UQAM, intitulé «La servitude universitaire», qui dénonçait cette monstrueuse hypocrisie au sujet des chargés de cours de l'université «populaire» montréalaise. Aucun! Qui ne dit mot consent? Très clairement dans ce cas-ci.

À mon sens, la situation ne peut plus durer. Il faudra connaître la véritable place qu'occupent ces «précaires à vie» dans notre société. Par exemple, quelle est leur espérance de vie, leur salaire moyen sur 10, 20, 40 ans? Quelles sont les incidences de la précarité sur la santé, morale et physique? Combien y en a-t-il, toutes catégories confondues? Le chiffre va-t-il grossissant? Ou fluctue-t-il selon les bonnes grâces des systèmes politique, économique et social?

Il faudra faire le point: voir si la précarité, globalement, ne coûte pas plus cher en fin de compte à la société qu'un régime visant la stabilité de l'emploi, et ce, à court et à long terme. Voir les effets réels, négatifs comme positifs, de l'adoption de cette structure sociale par les grands employeurs, l'État en particulier. Et quand je parle de coûts, je parle aussi et surtout en termes de qualité de vie.

Il est grand temps que les agents, les précaires eux-mêmes, prennent en main cette étude de ce qu'ils sont, de ce qu'ils souhaitent être et forcent le système actuel, si comme je suppose ils le veulent assurément, à les y intégrer de manière permanente.

Je répète ma question: à quand des états généraux sur la précarité? J'enjoins à tous les syndicats et centrales d'organiser l'événement. À mon humble avis, le monde de l'enseignement est un endroit parfaitement approprié pour lancer le débat, la FNEEQ [Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec] et la CSN ayant réalisé déjà plusieurs autres états généraux (d'autres genres) en maintes occasions.

***

Ivan Constantineau - Laval
 
 
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  • Michele - Inscrite
    13 janvier 2012 08 h 27
    Les apories de la présence d'un syndicat dans le monde du savoir
    La présence d'un syndicat aux niveaux collégial et universitaire ne fait pas de sens. Dans ces insitutions de haut savoir, comment peut-on justifier que l'on protège, les détenteurs de savoirs dépassés? Que l'on écarte des curriculums les savoirs émergents?
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  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit
    13 janvier 2012 09 h 48
    Quel Précarité?
    Oui le statut n'est pas celui de PERMANENT, mais que veut dire ce terme en emploie? Dans le privée cela veut dure que tu as un job jusqu'au prochaines mise à pieds ou jusqu'à ce que l'usine ferme ou jusqu'à ce que tu commette une faute grave ou que tu manque de performance.
    Mais dans le publique ou plus précisément au Collégial et l'Université (et dans ce qui ci on cible l'UQAM ''l'université «populaire» montréalaise'' PERMANENT se traduit par un job garantie à vie, protégé par un syndicat fort du monopole. JAMAIS un université fermera, JAMAIS un syndicat n'acceptera que ses membre soit évalué sur leur performance, JAMAIS il y aura des mises à pieds massive. Quand on sait très bien en regardant les chiffres que l'auteur lui même propose, Après tout, en partant de sa définition propre, être précaire 10, 20, 40 ans au même endroit, à faire le même job, n'est-il pas une contradiction dans les termes? OUI vous avez raison, il y a contradiction comment pouvez vous dire qu'il y a précarité quand on est 10, 20, 40 ans au même poste?

    Je ne vois pas du tout le problème que vous tentez de démontrer, de votre aveux même ces jobs sont permanent, ils jouissent de la même permanence que les jobs dans les entreprises privée, càd tu as ton job tant et aussi longtemps que tu performes et que tu fait ton job.
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  • MJ - Inscrite
    13 janvier 2012 09 h 57
    Nous vivons une époque de néolibéralisme où prime le chacun pour soi et cela se reflète dans les structures sociales et l’organisation du marché du travail
    Ceux qui ont la cote auprès de nos gouvernants sont les milieux d’affaires (industriels et financiers) parce qu’ils détiennent le pouvoir de l’argent (le veau d’or auquel personne ne semble résister). Ces derniers exercent leur chantage auprès des gouvernants (fermeture ou délocalisation de leurs entreprises), après avoir bénéficié des faveurs des gouvernements (ex. subventions). Nos gouvernants y sont vulnérables parce que notre économie est devenue dépendante de la grande entreprise privée, qui a connu un réel essor depuis la mondialisation, et que d’autres modèles de développement n’ont pas été explorés suffisamment.

    On gère donc les universités et les institutions d’enseignement comme des entreprises privées et la précarisation y a fait son entrée, ici comme ailleurs, depuis belle lurette! Alors les bonzes du savoir, sauf exceptions, sont devenus ou deviendront à leur tour de simples outils ou valets au service de la grande entreprise, laquelle a ses entrées désormais dans les universités et les laboratoires de recherche.
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    13 janvier 2012 10 h 24
    Précarité
    Tout le secteur privé vit dans la précarité. La sécurité professorale tient de la féodalité (tenure en anglais, pour le professeur universitaire) . Nos syndicats ont transformé ce droit lié à l'excellence intellectuelle en un droit syndical qui n'a pas de sens, mais qui leur permet de maintenir des encroûtés dans leurs droits acquis jusqu'à un âge très avancé. C'est ainsi que des universitaires dévoués de la jeune génération peuvent être mis aux oubliettes.
    Mais il faut choisir son combat: soit l'activisme syndical, en tirant vers le bas et le plus petit commun dénominateur, soit le combat intellectuel, par la diplomation et l'évaluation à 360 degrés, qui permettrait d'expulser les encroûtés ou les atrabilaires et de faire place aux plus jeunes. Au vrai, c'est la voie privilégiée dans le secteur privé.
    Dans notre société des droits acquis (entitlement), ce n'est pas très populaire.
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