Éducation - Le savoir-faire
L'agitation qui reprend cette semaine dans les écoles, cégeps et universités a tout d'un ronron rassurant. Cette fébrilité soulage de l'impression contraire selon laquelle on pratique le sur-place en éducation, et ce, malgré les constats d'échec et les difficultés maintes fois pointées. Pour 2012, qu'il ne suffisse plus de dire, mais enfin de savoir faire.
L'année dernière s'est terminée en éducation sur des notes dissonantes. Rien n'a sonné plus faux que cette décision de permettre à une petite fille de la maternelle de porter un casque antibruit la dispensant des mélodies entonnées dans sa classe, et ce, au nom de la religion de ses parents. Symptôme malheureux d'une société à l'identité déchirée et d'une gouverne pratiquée par des dirigeants confus, cette décision soutenue par Québec illustre trop bien la gestion à courte vue que nous n'espérons plus pour un secteur aussi crucial que celui de l'éducation.
Ils sont stimulants, les défis de l'école, pour autant qu'on s'y attaque sans être gagné par la morosité. Cap sur 2012.
Horizon politique
L'école est un des secteurs les plus vulnérables au manque de continuité observé dans les hautes sphères politiques. Si un changement d'enseignante peut perturber une classe en cours d'année, que dire de la ronde des titulaires au ministère de l'Éducation? Au sein d'une même formation politique, un changement de ministre est souvent néfaste. La ministre Line Beauchamp incarne une stabilité prometteuse, qui doit demeurer.
L'arrivée de l'ex-ministre de l'Éducation François Legault à la tête de la Coalition avenir Québec (CAQ) pourrait venir ébranler des assises. Son bouquet d'idées divulguées à la pièce au cours de la dernière année comportait une pièce maîtresse en éducation, sur la bonification des salaires des enseignants liée à une évaluation de leur travail, en plus de l'abolition des commissions scolaires. Le gouvernement libéral pourrait être tenté de réagir à la «menace» caquiste en y allant de ses propres recettes miracle. Les promesses électorales sont rarement le fruit d'une fructueuse analyse. Danger.
Horizon intellectuel
Le débat opposant les connaissances aux compétences reste toujours stérile, et on doute encore de la pratique efficace de la réforme dans nos écoles. Si au moins les résultats des élèves pouvaient constituer un calcul implacable des prouesses et échecs... Mais de cela aussi on peut douter, car le fouillis inextricable de l'évaluation liée à la réforme a rendu confuse la mesure de la réussite.
Le bulletin unique s'apparente à une tentative d'uniformiser le tout, mais il est destiné plutôt à rassurer les parents, avec un format connu, qu'à révolutionner la manière de faire. Les taux de décrochage sont encore en baisse, selon les indicateurs de l'éducation les plus récents, mais il n'y a pas matière à célébrations pompeuses. En français et en sciences, nos résultats demeurent préoccupants, et les garçons tirent toujours de l'arrière sans qu'on ait réussi à contrecarrer ce phénomène.
Horizon social
La mère de Marjorie Raymond, qui s'est enlevée la vie après un cycle insoutenable d'intimidation, a choisi de raconter son drame et celui de sa fille, espérant que l'onde de choc permettrait de changer cette culture du mépris, bien incrustée dans la société. Petit mais parfait microcosme de la société, l'école ne doit pas oublier cette histoire, car le réseau scolaire entier abrite d'autres Marjorie en ses murs. La banalisation est le pire danger de ces drames, dont les contours sont chaque fois uniques, malgré les apparences communes. Pour 2012, la prolifération du respect au sein des familles et, par ricochet, des écoles.
Horizon économique
Les soubresauts économiques n'épargnent pas l'éducation. Cette année, commissions scolaires et cégeps affronteront sans doute des compressions qui, selon leurs dires, finiront par affecter les services directs offerts aux jeunes. Côté universités, la lutte qui retiendra toute l'attention en 2012 risque d'être — encore — celle entourant les droits de scolarité, dont on ne doit pas se lasser même si la ritournelle est ultraconnue. Les représentants étudiants ont raison de mettre en opposition cette hausse que Québec leur impose de manière drastique avec les affaires de gouvernance dans les universités. Espérons que l'indignation soit maintenue.
L'année dernière s'est terminée en éducation sur des notes dissonantes. Rien n'a sonné plus faux que cette décision de permettre à une petite fille de la maternelle de porter un casque antibruit la dispensant des mélodies entonnées dans sa classe, et ce, au nom de la religion de ses parents. Symptôme malheureux d'une société à l'identité déchirée et d'une gouverne pratiquée par des dirigeants confus, cette décision soutenue par Québec illustre trop bien la gestion à courte vue que nous n'espérons plus pour un secteur aussi crucial que celui de l'éducation.
Ils sont stimulants, les défis de l'école, pour autant qu'on s'y attaque sans être gagné par la morosité. Cap sur 2012.
Horizon politique
L'école est un des secteurs les plus vulnérables au manque de continuité observé dans les hautes sphères politiques. Si un changement d'enseignante peut perturber une classe en cours d'année, que dire de la ronde des titulaires au ministère de l'Éducation? Au sein d'une même formation politique, un changement de ministre est souvent néfaste. La ministre Line Beauchamp incarne une stabilité prometteuse, qui doit demeurer.
L'arrivée de l'ex-ministre de l'Éducation François Legault à la tête de la Coalition avenir Québec (CAQ) pourrait venir ébranler des assises. Son bouquet d'idées divulguées à la pièce au cours de la dernière année comportait une pièce maîtresse en éducation, sur la bonification des salaires des enseignants liée à une évaluation de leur travail, en plus de l'abolition des commissions scolaires. Le gouvernement libéral pourrait être tenté de réagir à la «menace» caquiste en y allant de ses propres recettes miracle. Les promesses électorales sont rarement le fruit d'une fructueuse analyse. Danger.
Horizon intellectuel
Le débat opposant les connaissances aux compétences reste toujours stérile, et on doute encore de la pratique efficace de la réforme dans nos écoles. Si au moins les résultats des élèves pouvaient constituer un calcul implacable des prouesses et échecs... Mais de cela aussi on peut douter, car le fouillis inextricable de l'évaluation liée à la réforme a rendu confuse la mesure de la réussite.
Le bulletin unique s'apparente à une tentative d'uniformiser le tout, mais il est destiné plutôt à rassurer les parents, avec un format connu, qu'à révolutionner la manière de faire. Les taux de décrochage sont encore en baisse, selon les indicateurs de l'éducation les plus récents, mais il n'y a pas matière à célébrations pompeuses. En français et en sciences, nos résultats demeurent préoccupants, et les garçons tirent toujours de l'arrière sans qu'on ait réussi à contrecarrer ce phénomène.
Horizon social
La mère de Marjorie Raymond, qui s'est enlevée la vie après un cycle insoutenable d'intimidation, a choisi de raconter son drame et celui de sa fille, espérant que l'onde de choc permettrait de changer cette culture du mépris, bien incrustée dans la société. Petit mais parfait microcosme de la société, l'école ne doit pas oublier cette histoire, car le réseau scolaire entier abrite d'autres Marjorie en ses murs. La banalisation est le pire danger de ces drames, dont les contours sont chaque fois uniques, malgré les apparences communes. Pour 2012, la prolifération du respect au sein des familles et, par ricochet, des écoles.
Horizon économique
Les soubresauts économiques n'épargnent pas l'éducation. Cette année, commissions scolaires et cégeps affronteront sans doute des compressions qui, selon leurs dires, finiront par affecter les services directs offerts aux jeunes. Côté universités, la lutte qui retiendra toute l'attention en 2012 risque d'être — encore — celle entourant les droits de scolarité, dont on ne doit pas se lasser même si la ritournelle est ultraconnue. Les représentants étudiants ont raison de mettre en opposition cette hausse que Québec leur impose de manière drastique avec les affaires de gouvernance dans les universités. Espérons que l'indignation soit maintenue.
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