Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

La survie du cégep Gérald-Godin menacée

Croulant sous le poids de son déficit, l'établissement affirme qu'il ne survivra pas aux coupes de 19,5 millions exigées par le ministère de l'Éducation

24 décembre 2011 | Lisa-Marie Gervais | Éducation
Le cégep Gérald-Godin est le seul établissement collégial francophone de l’ouest de l’île de Montréal.<br />
Photo : Source: Marc Crammer Le cégep Gérald-Godin est le seul établissement collégial francophone de l’ouest de l’île de Montréal.
Déficitaire, le cégep Gérald-Godin, seul cégep francophone de l'ouest de l'île de Montréal, pourrait être contraint de fermer ses portes. Selon son directeur général, Christian Roy, ce petit collège de 1100 étudiants ne survivra pas aux coupes de 30 millions (réduites à 19,5 millions par la suite) qu'a imposées le ministère de l'Éducation, en vue d'atteindre l'équilibre budgétaire au gouvernement.

«Est-ce que vous voulez qu'on disparaisse? C'est ce qu'on dit au ministère. Je viens de réécrire à la ministre pour lui demander c'est quoi ses attentes et son plan. S'ils pensent qu'on est mieux de fermer, qu'ils le disent», a dit M. Roy, visiblement exaspéré.

Déjà aux prises avec un déficit de 770 000 $, la part de compressions que devra absorber le cégep Gérald-Godin, si l'exercice est mené de façon paramétrique (au prorata du nombre d'étudiants), soit 166 000 $, creuserait un déficit impossible à rattraper à court terme. «Pour la plupart des 48 cégeps, ce montant n'est pas grand-chose, mais pour les petits collèges en déficit comme nous, c'est pas possible. Ça nous prendrait dix ans à retourner à l'équilibre budgétaire», a-t-il indiqué en disant craindre pour la qualité de la formation.

Le casse-tête paramétrique


Deux autres cégeps, de Maisonneuve et de Gaspé, sont dans le rouge, mais pour diverses raisons, ne craignent pas autant pour leur survie, croit M. Roy. «Le cégep de Gaspé ne peut pas fermer, il n'y en a pas d'autres dans la région. Ça deviendrait politique. Mais moi, je ne peux pas dire à la ministre de me mettre sous tutelle. Il y a plein d'autres cégeps sur l'île de Montréal. Certains vont dire "pourquoi on le maintient en vie s'il n'est pas rentable?"»

Tout a commencé lorsque, sommée par sa collègue au Conseil du trésor de réaliser des économies dans son réseau, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a demandé aux cégeps de couper à même leurs fonds de réserve, d'autant que la loi leur interdit de faire des profits ou des déficits. Ces surplus étaient des sommes, entre autres versées par le fédéral pour l'éducation supérieure et la rénovation des bâtisses, que certains cégeps avaient décidé de ne pas utiliser immédiatement.

Mais la Fédération des cégeps, qui représentent 48 collèges, a bataillé ferme et a alors proposé que les montants de la compression soient retranchés à même les prochains budgets de fonctionnement de tous les établissements, y compris ceux en déficit. En désaccord, le directeur général du cégep Gérald-Godin a interpellé la ministre Beauchamp. Sensible aux arguments de ce dernier, elle a exigé une entente à l'unanimité des conseils d'administration des cégeps pour donner le feu vert à des coupes paramétriques.

Et voilà que point d'unanimité il n'y a, puisque le cégep Gérald-Godin, devenu le «bum de Montréal» comme le dit lui-même Christian Roy, est le seul à s'opposer. «Certains m'ont dit qu'en refusant les compressions paramétriques, je mettais en péril le réseau collégial!, s'est-il étonné. Je comprends que certains cégeps, qui ont réussi à accumuler des surplus, veulent pouvoir continuer à bien faire profiter leur institution, mais de là à dire qu'on brise la solidarité...»

Seul cégep francophone


Rien pour rassurer M. Roy, la Fédération des cégeps aurait été informée que le ministère de l'Éducation va quand même procéder à des ponctions de façon paramétrique, et ce, dès janvier. «Ce qu'on ne comprend pas, c'est pourquoi, tout d'un coup, le ministère va contre ce que dit la ministre. Pourquoi on nous a demandé d'aller demander l'avis de nos C.A. si finalement on se fait couper quand même», a-t-il déploré.

Cet ancien consultant spécialisé en développement stratégique chez SECOR trouve dommage qu'un tel établissement, aussi petit soit-il, disparaisse du paysage à prédominance anglophone et allophone de l'Ouest-de-l'Île. «Une institution qui préserve la culture francophone comme Godin, c'est fondamental dans l'Ouest-de-l'Île. Je ne comprends pas qu'on ne veuille pas préserver cet équilibre-là, a soutenu M. Roy. On ne pourra pas gagner cette bataille-là si personne ne nous aide.»
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel