Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Des robots contre le décrochage scolaire

    15 décembre 2011 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
    La présidente de la CSDM, Diane de Courcy, en compagnie de Laurent Beaudoin, grand patron de Bombardier, qui soutient le projet Robotique FIRST Québec.<br />
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La présidente de la CSDM, Diane de Courcy, en compagnie de Laurent Beaudoin, grand patron de Bombardier, qui soutient le projet Robotique FIRST Québec.
    Pour contrer le décrochage scolaire, des écoles du Québec misent de plus en plus sur... des robots! Cinq commissions scolaires ont libéré de leur tâche 34 enseignants du primaire et du secondaire pour intégrer au cursus scolaire un projet de robotique. En lien avec les objectifs de la réforme, ce programme permettra à des jeunes d'acquérir des notions de maths et de sciences tout en fabriquant des robots sophistiqués qui devront effectuer certains déplacements, accomplir des tâches complexes ou même pratiquer un sport.

    Si Robotique FIRST Québec a déjà fait timidement son entrée dans certaines écoles secondaires de la province en 2008, la participation à ses projets est certes décuplée cette année, comptant 32 écoles contre 14 à l’origine. Et, depuis la rentrée cet automne, les robots envahissent désormais les écoles primaires, qui sont 35 à participer. «L’engouement est très important. On a même dû refuser des écoles», a dit Diane de Courcy, présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), qui croit beaucoup au projet de robotique. «J’ai fait une tournée auprès d’une quarantaine d’écoles pour voir si ça les intéressait qu’on investisse de façon importante dans le projet. La réponse a été incroyable. On a décidé de mettre le paquet», a-t-elle ajouté. L’impact de ce virage robotique n’a pas encore été mesuré, mais on assure qu’il sera suivi de près. Aucune école ne sera forcée de participer, mais Mme de Courcy souhaiterait voir ce projet implanté dans toutes les écoles de la CSDM, comme c’est le cas en Ontario. D’autres écoles à la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys ainsi qu’à Rimouski, Québec et Sherbrooke se sont lancées dans cette aventure orchestrée par Fusion jeunesse et Zone01 et soutenue par des universités et des entreprises, dont le Groupe BMO et Bombardier. «Ça a augmenté l’assiduité des jeunes à l’école et leur réussite, et surtout leur fierté d’être des représentants de l’école», a dit Gilles Normand, président de la commission scolaire de la région de Sherbrooke.

    Pourquoi des ateliers de robots et non pas des clubs de lecture, de génie en herbe ou de sports? Tout ça se fait déjà, note Mme de Courcy. Cette fois, il s’agit d’intéresser les garçons et de développer l’intérêt des jeunes Québécois pour la science, qui est insuffisant. «On rejoint là des jeunes qu’autrement on ne réussissait pas à joindre. On y arrivait par le sport et autour d’autres activités, mais pas dans quelque chose de tourné vers les sciences», a-t-elle souligné.

    Éli Plourde, un élève de 6e année de l’école Garneau, construira des robots pour la 2e année consécutive. «J’étais content d’apprendre qu’on allait faire de la robotique. Je suis tombé pile», a-t-il raconté, enthousiaste. Avec ses camarades de classe, il a dû apprendre notamment à calculer angles et circonférence de cercles pour, par exemple, déterminer le nombre de tours de roue que le robot doit faire pour avancer sur une distance donnée. «Tous mes enseignements mènent à des situations concrètes», a expliqué Denis Gosselin, le professeur d’Éli. «Ce ne sont pas des connaissances dans le vide. C’est ça la grosse différence», a-t-il ajouté.

    L’objectif ultime du projet est de permettre à 1800 jeunes de 67 écoles primaires et secondaires de participer au premier Festival de robotique du Québec qui aura lieu les 15-16-17 mars prochain, au stade Uniprix de Montréal. «Les Américains disent que c’est leur Superbowl, pour nous, c’est un peu la Coupe Stanley des robots», a dit Claude Gagnon, directeur général de BMO Groupe financier, un important partenaire du projet.

    Cette grande compétition interécoles, à laquelle participeront des meneuses de claques, des mascottes et des artistes un peu à la manière de la grande messe du football américain, sera l’occasion de voir en action les robots que des élèves auront fabriqués avec l’aide de leurs enseignants ainsi que de «mentors», soit des ingénieurs, étudiants ou autres experts en robotique. Elle mènera ultimement les gagnants à un autre grand rendez-vous international de la robotique aux États-Unis, une compétition à laquelle participeront des pays comme le Chili et Israël.

    Le 7 janvier prochain, les élèves des 32 écoles secondaires participantes recevront une trousse comprenant le nécessaire pour monter le robot et connaîtront le défi qu’ils devront réaliser en six semaines. Les élèves du primaire ont quant à eux déjà reçu les pièces et monté leurs robots, tout en blocs Lego. La beauté de la chose, croit Gabriel Ban-Lopez, directeur général de Fusion Jeunesse, «c’est que ce sont les jeunes du secondaire qui viendront aider les plus petits à programmer ou à “déboguer” leurs robots».













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.