Lettres - Bravo les filles!
Jean-François Poupart - Professeur au collège Édouard-Montpetit, docteur de lettres modernes et écrivain
9 décembre 2011
Éducation
Les «enfants de la réforme» nouvellement admis au cégep auront cette année leur premier résultat, leur première moyenne, leur premier bulletin compilé par les «vieilles instances du cégep». On nous avait prédit le pire; sans langue, sans culture, sans le bagage qu'aurait dû leur inculquer l'école secondaire afin de réussir convenablement leur cours au collégial. Les entités sévères et invisibles de notre ministère sonnaient d'emblée l'alarme au cancre.
Enseigner aujourd'hui c'est aimer avant tout. Enseigner c'est croire en l'autre. Les failles du système sont nombreuses: on ne peut plus évaluer un collège de région avec les mêmes critères qu'un collège de Montréal. Il y a aussi, même si on n'ose l'admettre, un fossé qui se creuse entre les écoles privées et les écoles publiques, les hommes et les femmes, les nouveaux arrivants bons en math mais faible en français et les «Québécois» bons en langue mais faibles en math. L'éducation, tout comme la santé, est trop souvent sujette à l'alarmisme populaire.
Mes élèves en 2011 ont été fantastiques, allumés, intelligents, drôles, travaillants, curieux, et il y avait parmi eux des étudiants supérieurs à tous ceux que j'avais rencontrés jusqu'ici. Pour la première fois en vingt ans d'enseignement, je vais octroyer la note de 100 % comme note finale en français à trois de mes élèves. En plus de répondre exactement aux cinq tests de lecture, elles (oui, ce sont des filles) ont écrit deux dissertations impeccables sur Molière, Voltaire, Rousseau, la censure en littérature, les écrivains de la Révolution, incluant des références dignes d'étudiants de troisième cycle à l'université (Annie Le Brun, Nietzsche, Yves Bonnefoy, Edgar Morin, Derrida, Gilles Deleuze). Merci beaucoup, vous venez de briser toutes les moyennes comme tous les préjugés. Et j'en profite pour vous nommer: Arianne Vanasse, Ève-Marie Robinette, Jasmine Saint-Martin. Bravo les filles!
***
Jean-François Poupart - Professeur au collège Édouard-Montpetit, docteur de lettres modernes et écrivain - Le 7 décembre 2011
Enseigner aujourd'hui c'est aimer avant tout. Enseigner c'est croire en l'autre. Les failles du système sont nombreuses: on ne peut plus évaluer un collège de région avec les mêmes critères qu'un collège de Montréal. Il y a aussi, même si on n'ose l'admettre, un fossé qui se creuse entre les écoles privées et les écoles publiques, les hommes et les femmes, les nouveaux arrivants bons en math mais faible en français et les «Québécois» bons en langue mais faibles en math. L'éducation, tout comme la santé, est trop souvent sujette à l'alarmisme populaire.
Mes élèves en 2011 ont été fantastiques, allumés, intelligents, drôles, travaillants, curieux, et il y avait parmi eux des étudiants supérieurs à tous ceux que j'avais rencontrés jusqu'ici. Pour la première fois en vingt ans d'enseignement, je vais octroyer la note de 100 % comme note finale en français à trois de mes élèves. En plus de répondre exactement aux cinq tests de lecture, elles (oui, ce sont des filles) ont écrit deux dissertations impeccables sur Molière, Voltaire, Rousseau, la censure en littérature, les écrivains de la Révolution, incluant des références dignes d'étudiants de troisième cycle à l'université (Annie Le Brun, Nietzsche, Yves Bonnefoy, Edgar Morin, Derrida, Gilles Deleuze). Merci beaucoup, vous venez de briser toutes les moyennes comme tous les préjugés. Et j'en profite pour vous nommer: Arianne Vanasse, Ève-Marie Robinette, Jasmine Saint-Martin. Bravo les filles!
***
Jean-François Poupart - Professeur au collège Édouard-Montpetit, docteur de lettres modernes et écrivain - Le 7 décembre 2011
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

