dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 18h19
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Que lisent les jeunes au secondaire?

Déchirés entre le plaisir de lire et celui de nourrir les esprits, les enseignants sacrifient parfois la littérature québécoise et la poésie

Lisa-Marie Gervais   19 novembre 2011  Éducation
<br />
Photo : Newscom

«Ma patrie, c'est la langue française», disait Albert Camus. Encore chanceux qu'il soit toujours lu dans les écoles secondaires. Ses prédécesseurs Zola et Balzac sont de moins en moins connus. Que lisent vos ados? La question est lancée aux collègues. «Notre-Dame de Paris, je pense» «Du Marc Lévy... franchement!» «En tout cas, certainement pas Menaud, maître draveur». Un brin nostalgiques, les réponses trahissent une certaine inquiétude. Comme s'ils craignaient qu'Hubert Aquin ne signifie jamais autre chose qu'un pavillon de l'UQAM et Crémazie, une station de métro.

Au Québec, il n'existe aucune liste d'ouvrages incontournables que tous devraient avoir lus à la sortie du secondaire. Quelques balises, certes. Le ministère de l'Éducation recommande la lecture de cinq oeuvres narratives par année du secondaire (roman, conte, nouvelle), auxquelles s'ajoutent, en 3e, 4e et 5e secondaire, cinq autres oeuvres dites complémentaires (chanson, poème, pièce de théâtre). Environ la moitié des ouvrages doivent être québécois. Vraiment?

«En toute honnêteté, c'était tellement rock and roll dans ma classe que je n'ai fait lire que quatre romans», admet Marie Paulin, enseignante de français en deuxième secondaire à l'école publique Père-Marquette. «Je fais lire une oeuvre québécoise par année», raconte Julie Pinsonneault, qui enseigne actuellement au collège Rachel.

Et la poésie? La première n'a jamais pu l'enseigner à ses élèves. La seconde, sans pouvoir faire lire de recueils au complet, n'en fait qu'à partir de la troisième secondaire. Des poètes français surtout. Dans le genre, le slam québécois vient parfois sauver la mise.

Lectures éclectiques


Marie Paulin prévoit faire lire cette année cinq romans du genre policier à ses élèves de 2e secondaire. Que des traductions, sauf un. Au collège Notre-Dame, un établissement d'enseignement privé de Montréal, en 1re secondaire, certains liront par exemple Les fables de la Fontaine, L'Odyssée d'Homère et les Dix petits nègres. Le parfum (Patrick Süskind) et La vie devant soi (Romain Gary) sont devenus des classiques des écoles. Quant au théâtre, des oeuvres de Marcel Dubé et Michel Tremblay sont parfois parcourues. Mais on troque souvent la lecture pour une sortie ou deux au théâtre, où la pièce est jouée par des comédiens.

Dans une étude visant à faire le portrait des oeuvres littéraires les plus utilisées dans les écoles secondaires, Olivier Dezutter et Carl Morrissette ont pu dégager quelques constantes: Le Petit Prince de Saint-Exupéry est l'oeuvre la plus lue représentant 4,5 % des 1024 titres qu'enseignent les 634 professeurs du sondage.

À la direction des programmes du MELS, Catherine Dupont explique pourquoi il n'existe pas de «liste». «Vous prenez dix enseignants différents à qui vous demandez d'écrire leurs incontournables et coups de coeur et vous aurez dix listes différentes», croit-elle. À l'Association québécoise des professeurs de français (AQPF), l'exercice avait été fait il y a quelques années. Résultat? Un certain corpus a pu être constitué, a fait remarquer dans un entretien radiophonique Arlette Pilote, qui a dirigé le Plaidoyer pour l'enseignement d'une littérature nationale, la littérature québécoise!, paru tout récemment chez Fides. Et qui étaient les deux incontournables? Anne Hébert et Michel Tremblay.

Transmettre le plaisir de lire

Catherine Dupont résume ainsi l'objectif du ministère de l'Éducation pour les élèves en matière de lecture: «Lire et apprécier des lectures variées». Donner aux jeunes le goût de lire toutes sortes de choses, quoi. «Ce n'est peut-être pas nécessaire d'avoir lu Shakespeare pour continuer à lire dans la vie. Même sans l'avoir lu, un jeune va peut-être tomber dessus un jour, ou sur du Michel Tremblay», a-t-elle soutenu.

Devant des classes éclatées, composée de garçons, de filles, d'immigrants, de riches ou de pauvres, d'élèves doués ou cancres, pas facile de trouver LE roman qui va plaire, note Marie Paulin. «Notre seul objectif, c'est que nos jeunes deviennent des lecteurs compétents. C'est pour ça qu'on priorise des romans qui vont plaire à l'élève. Mais il ne s'agit pas de vendre notre âme», a dit l'enseignante.

Enseignant depuis plusieurs années à l'école Sophie-Barat, Michel Stringer souligne l'importance de poser d'abord un diagnostic. «Un petit contrôle de lecture avec une nouvelle littéraire, un poème, a noté le passionné de littérature. Il faut savoir à qui on s'adresse. Faire du mur à mur, c'est une erreur.»

Défis multiples

Parce que ce n'est pas une habitude des parents ou tout simplement parce qu'il n'y a pas d'argent pour les livres, certains élèves ne lisent pas à la maison. D'autres maîtrisent moins bien la langue, comme certains nouveaux arrivants. «Quand je leur donne le choix du livre, les jeunes vont à la bibliothèque et sont désemparés devant les rayons. Ils vont prendre le premier livre qu'ils voient avec une belle couverture», a raconté Marie Paulin.

Pour Catherine Dumas, qui se promène d'une école à l'autre faute d'être permanente, le choix des livres est toujours à recommencer. «C'est la même chose pour tous les profs à contrat. J'arrive souvent sans connaître les livres disponibles dans l'école et sans les avoir travaillés. Parfois, je le lis l'ouvrage en même temps que les élèves», reconnaît-elle.

Les défis sont multiples pour faire naître l'étincelle qui embrasera le désir de lire. Il ne suffit pas de mettre un livre dans les mains d'un enfant pour que la magie opère, note Michel Stringer. Suzanne Richard est persuadée que le plaisir peut aussi venir de la fierté d'avoir réussi l'exploit d'avaler des kilomètres de pages blanches noircies d'écriture. «Je crois au plaisir de lire, mais aussi au plaisir du travail. Même si on n'en lira jamais plus, de se dire qu'on a lu, analysé et compris Anne Hébert est une bien grande fierté.»

Lire, un geste audacieux


Les jeunes ne savent plus écrire, entend-on souvent répéter telle une marotte. Facile à dire, croit Marie Paulin. Pour elle, le problème est avant tout celui de la lecture. «Les difficultés en lecture sont immenses», lance-t-elle. Non pas que les jeunes ne lisent plus. Mais ils ne posent pas toujours le regard sur les ouvrages qu'on aimerait les voir feuilleter. «Ce qui est très populaire, c'est la science-fiction et ce qui est fantaisiste», note-t-elle. Des lectures comme... des histoires de vampires, constate Julie Pinsonneault qui a néanmoins réussi à intéresser ses élèves à Dracula, une oeuvre du même genre mais bien plus substantielle.

Selon Camille Lamarche, de l'école publique pour filles Louise-Trichet, les lectures classiques, comme le Père Goriot de Balzac, n'intéressent plus les élèves depuis quelques années. «Les phrases sont trop longues et le vocabulaire trop recherché, explique-t-elle. L'histoire leur apparaît compliquée, car tellement loin d'elles.»

Selon Catherine Dumas, si les élèves ont autant de difficulté, c'est justement parce qu'ils n'arrivent plus à lire des oeuvres qui ne vont pas les toucher: «Il faut qu'il y ait quelque part, quelque chose dans le livre qui les intéresse sans niveler par le bas.» Il est parfois difficile pour le livre de rivaliser avec tous les gadgets et les bidules attrayants pour l'élève, croit Michel Stringer. «Est-ce un manque de curiosité intellectuelle de leur part? Je ne suis pas prêt à dire ça. Ils sont tellement sollicités par toutes sortes d'univers que de prendre un livre et le mettre dans les mains d'un jeune en 2011, c'est un geste audacieux.»

***

Avec la collaboration de Kathleen Lévesque
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Yves Capuano - Inscrit
    19 novembre 2011 00 h 33
    Quelle farce!
    "les lectures classiques, comme le Père Goriot de Balzac, n'intéressent plus les élèves depuis quelques années. «Les phrases sont trop longues et le vocabulaire trop recherché, explique-t-elle. L'histoire leur apparaît compliquée, car tellement loin d'elles.» "

    Mais pourquoi donc faudrait-il que les élèves trouvent ça intéressant ? Depuis quand n'enseigne-t-on que ce qui peut "toucher" les élèves? Quelle stupidité incroyable. A ce compte là pourquoi enseigner l'algèbre et les mathématiques en général quand on sait que de tous temps, au moins 50% des élèves détestent les mathématiques. Avec un tel système d'éducation peut-on s'étonner de la première page du Voir cette semaine qui nous apprend que 49% des gens sont des analphabètes ? C'est absolument aberrant de voir que l'on n'enseigne pas les grands classiques de la littérature française et québécoise. Qui a-t-il de mal à décréter que Michel Tremblay et Anne Hébert sont nos deux plus grands romanciers par exemple ? Cela veut-il dire que les autres ne sont pas bons ? Tiens, je vais vous en trouver toute une : Nos deux plus grands poètes sont Émile Nelligan et Gaston Miron ! Est-ce normal que nos étudiants ne lisent pas Molières, Racine et Corneille, Dumas, Balzac ? As-t-on besoin d'un doc en littérature pour affirmer que Victor Hugo est un des plus grands écrivains de l'histoire de l'humanité ? Est-ce si difficile, en 5 années d'études secondaire et deux années de cégep de faire lire L'Iliade et l'Odyssée, le théâtre grec, Dante, Shakespeare, Schiller, Goethe, Poe et Pushkine ?
    Lire les grands poètes et écrivains des autres nations sert justement à nous ouvrir sur le reste du monde, à quitter notre petit nombril et ses ti-amis facebook. C'est une grande formation humaniste qui est perdue à tout jamais pour notre relève que de ne pas imposer ces grandes oeuvres.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • André Michaud - Inscrit
    19 novembre 2011 10 h 02
    Droits du lecteur
    Daniel Pennac, un prof et auteur qui a eu du succès à donner le goût de la lecture à ses élèves, tient à ses droits du lecteur pour ne pas décourager la lecture. Dont celui de cesser de lire un livre qui nous emmerde. Il y a moyen de trouver des volumes à la fois intéressant et avec une qualité littéraire. C'est au prof de se forcer un peu. Si lui-même a beaucoup lu il saura trouver. Bien connaitre l'étudiant aidera beaucoup à le diriger vers des lectures qui le passionneront.

    Mon épouse et moi sommes de très grands amateurs de lecture. Environ un volume par semaine chacun..Cependant si il faillait lire des livres emmerdant de vielle littérature on cesserait de lire. Vous savez ces livres sans bonne histoire, sans personnages intéressants, mais plein de littérature (longues descriptions, étalage de savoir pompeux, ...).

    De moins en moins de gens sont intéressés à lire des volumes. À la bibliothèque c'est soit des gens au-dessus de 40 ans, ou des enfants qui lisent des bandes dessinées..alors il ne faut pas décourager les jeunes en leur imposant ce qui les écoeurera de la lecture..
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Chris G. Eustace - Abonné
    19 novembre 2011 10 h 14
    Que lisent les jeunes au secondaire?
    19 novembre 2011

    En tant que professeur retraité de l'anglais au niveau secondaire supérieur, j'ai trouvé cet article instructif.

    Je me souviens d'enseignement certains romans, pièces de théâtre, de poésie et d'histoires courtes.

    Romans:

    9 e année - To Kill a Mockingbird - Harper Lee

    10 e année - Lord of the Flies - William Golding

    Niveau 11 - A Tale of Two Cities - Charles Dickens;

    ou Les Misérables (Jean Val Jean) - Victor Hugo


    Plays : le théâtre de Shakespeare

    9 e année - Roméo et Juliette - William Shakespeare (c'est ce qu'ils disent)

    10 e année - Julius César - Shakespeare

    11e année - Macbeth - Shakespeare


    Histoires courtes:

    ... Assortis des histoires courtes, qui comprenait à la fois l'histoire de Ruth et de l'histoire de Samson de la Bible comme strictement literature

    Poésie:

    J'ai toujours essayé d'inclure un poème qui traite de la horrorrs de la guerre, et la bonté de la nature humaine ...

    Observation:

    Indépendamment de l'âge de ces adolescents ont été, ils aimaient à avoir une histoire lue à leur ..... comme quand ils étaient petits ....


    Chris Eustace
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Francois Dorion - Abonné
    19 novembre 2011 10 h 27
    les bonnes lectures
    Les bonnes lectures sont celles où on apprend quelque chose d'utile à propos de soi ou à propos de la vie. Je comprends pourquoi les oeuvres de science fiction et de vampires attirent les jeunes, c'est parce qu'ils apprennent à y maîtriser leurs émotions dans un environnement hostile, et y trouvent des modèles de comportement dans la vie adulte. Peut-être l'approche de la littérature jeunesse québécoise est-elle trop ampoulée, mais ce qui est important popur faire apprécier la littérature c'est qu'elle trouve sa place dans l'imaginaire du lecteur.

    François Dorion
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre-Paul Roy - Abonné
    19 novembre 2011 10 h 40
    Sans lecture c'est le « présentisme »
    En 1994 Pierre Vadeboncoeur écrit : « Le Québec est actuellement le meilleur poste d'observation au monde pour découvrir jusqu'à quel point et combien intimement les civilisations sont en train de se faire culbuter, vider ... Le Québec, naturellement disparaîtra le premier.»
    Comprendre le monde, son passé, son présent et son avenir, c'est par la littérature. Vouloir la facilité, le plaisir de lire exclusivement, c'est du présentisme. Aussi, il est certainement hors de doute que l'accession de gens mal éduqués au pouvoir économique et politique a amené une baisse considérable de la santé et de la dignité du langage. Et notre civilisation ressent généralement un certain appauvrissement de ses ressources littéraires sous l'effet de la violence et de l'avilissement infligés à la langue au sein de la cuture de masse et de la démagogie contemporaine.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Kris13104 - Inscrit
    19 novembre 2011 10 h 42
    lecture 1
    Triste constat que fait cet article, mais en même temps :
    -«En toute honnêteté, c'était tellement rock and roll dans ma classe que je n'ai fait lire que quatre romans». Le premier problème est celui de l’ambiance dans les classes. Enseigner dans le désordre ne peut donner de résultats. C’est aux enseignants d’abord, mais surtout aux directions des établissements avec l’appui des parents et de leurs associations qu’il incombe de faire régner une discipline intelligente dans les classes. Enseignants et parents doivent être attentifs à la bonne évolution des élèves mais aussi à leur apprentissage de la société dans laquelle ils vont entrer. « Malheur au pays dont le roi est un enfant et dont les princes ont mangé dès le matin» l'Ecclésiaste. Soyons sérieux, ce ne sont pas à des enfants sans expérience qui doivent diriger, imposer leur «société» et leur apprendre l’obéissance intelligente n’est pas les desservir.
    -Apprendre à lire dans des romans policiers, pourquoi pas ? Cette limite à un seul genre n’ouvre pas à la curiosité littéraire. De plus, une traduction présente l’inconvénient d’éluder l’appréciation du style, ce qui n’est pas un détail en matière de lecture.
    -Aller au théâtre est évidemment une bonne initiation à l’appréciation de la scène et peut aussi servir d’illustration à une approche d’un texte dramatique. En revanche, au Québec, on semble ignorer la lecture de pièces qui permet d’aborder d’une manière dynamique les textes du théâtre.
    -Ne pas avoir de «liste» de lecture présente l’inconvénient du manque de cohérence et d’homogénéité des connaissances des élèves. La solution ne serait-elle pas de listes minimales de titres, établies pour chaque niveau après consensus, complétées par des choix adaptés à chaque situation locale ?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Kris13104 - Inscrit
    19 novembre 2011 10 h 43
    lecture 2
    -Quand au titres «classiques», Balzac n’est effectivement pas simple et sa technique d’écriture exige une certaine maturité littéraire, mais il y a foule d’autres auteurs francophones aussi reconnus et plus faciles d’accès, plus «adaptables» et plus contemporain : Zola peut-être, mais encore Jules Verne, quelques œuvres de Camus, Michel Tremblay évidemment, mais aussi Tchikaya U’Tamsi ou Mouloud Feraoun aussi bien qu’Homère ou Molière, etc.. le choix «classique» est large. L’important est de créer l’évasion dans lequel l’esprit s’enrichit, ouvre ses horizons et devient curieux.
    -La tradition familiale est certes une motivation importante à la lecture. Quand elle n’existe pas (c’est malheureusement trop souvent le cas), c’est à «l’école des parents» d’intervenir pour susciter l’encouragement à la lecture par la démonstration de l’importance de celle-ci. Par ailleurs, l’apprentissage du bon emploi des bibliothèques ne fait malheureusement pas toujours l’objet de suffisamment d’attention de la part de l’enseignement or, c’est une «exploration» à organiser.
    -Écriture et lecture sont intimement liées, mais plus encore le discours littéraire participe largement à l’organisation de la pensée et aux progrès de cette dernière. Il est intéressant de constater que les scientifiques de haut niveau sont en général de grands lecteurs et écrivent souvent. La lecture, non seulement par son contenu, mais aussi par les curiosités qu’elle développe demeure un outil de progrès de l’esprit humain, tout en étant un médium pratique, durable, peu fragile et peu cher.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominique Garand - Abonné
    19 novembre 2011 10 h 54
    En effet
    Je suis bien d'accord avec M. Capuano. L'idéal est bien sûr que l'élève développe le goût de la littérature, mais il ne faut pas miser que là-dessus. Il faut pouvoir présenter la littérature comme un trésor de l'humanité, que ça plaise ou non. Ne pas avoir peur de proposer des ouvrages exigeants. S'en servir comme d'une porte d'entrée vers les ressources infinies du langage.

    D'ailleurs, l'élève sera d'autant plus interpellé si son entourage, et la société en général, valorisent comme des incontournables certains noms, certains titres. Oui, il y a là l'exercice d'une autorité, mais en leur faisant lire des oeuvres que l'histoire a retenues comme grandes, on leur donne du coup le moyen, éventuellement, de les remettre en question. À l'inverse, ne leur faire lire que ce qui leur plaît d'emblée, c'est les maintenir dans un état de servitude.

    Lire, s'ouvrir à une parole inhabituelle, cela demande un effort. S'en remettre au bon vouloir de l'élève est, de ce point de vue, une aberration pédagogique.

    Comme l'écrit M. Capuanon, depuis quand demande-t-on aux élèves s'ils trouvent ça l'fun les mathématiques? On leur dit seulement : vous devez en faire, que vous compreniez ou non pourquoi, parce que c'est important. Je ne connais personne qui, après coup, ne s'en est pas trouvé reconnaissant.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominique Garand - Abonné
    19 novembre 2011 11 h 32
    @ André Michaud
    Ne mélangez pas tout. Nous parlons ici d'éducation et de formation aux valeurs citoyennes, non du simple «plaisir de lire» (vers lequel, bien sûr, il faut tendre, mais on ne peut lui demander d'être la condition première).

    J'ai vécu quelques années en Italie et j'ai connu des jeunes (j'étais moi-même «jeune» à l'époque) qui n'étaient certes pas des littéraires passionnés. Cependant, ils connaissaient tous Dante, Manzoni, Carducci, Pirandello et bien d'autres. Ils les connaissaient parce qu'ils les avaient lus à l'école. Cette connaissance créait entre eux un savoir partagé, qui leur permettait entre autres choses de faire des farces sur ces auteurs, de s'en moquer. Mais dans le fond, ils respectaient ce savoir et ils reconnaissaient dans ces auteurs des éléments importants de leur culture.

    Le Québec éprouve en ce moment un grave problème de Référence (pour reprendre un terme de Fernand Dumont). Ou, si vous préférez, de culture commune. Vous interrogez les élèves qui sortent du secondaire et vous vous rendez compte que leur culture est disparate, qu'il y manque un tronc commun. Le Parfum de P. Süskind, c'est certainement un roman intéressant, mais ça ne devrait pas entrer dans le «tronc commun» (ce n'est même pas une référence dans l'histoire de la littérature allemande). Pour forger une culture, nous avons besoin de repères, d'oeuvres auxquelles référer. Voilà pourquoi je partage l'avis de M. Capuano lorsqu'il évoque ces incontourables que sont Nelligan et Miron (on pourrait ajouter Saint-Denys Garneau).

    Le plaisir de lire que vous évoquez est une très belle chose, mais la liberté d'abandonner une lecture «parce qu'elle nous emmerde» n'a pas sa place en éducation. Les élèves exerceront ce droit quand ils auront acquis un peu de culture et de jugement - avant, ce serait un «choix» dicté par la paresse, l'ignorance et la mauvaise volonté.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • maxime belley - Inscrit
    19 novembre 2011 12 h 01
    tout le monde s'en fou
    Avec tout le bashing qu'il y a autour du système d'éducation ne vous demandez pas pourquoi les jeunes se désintéressent de l'école.
    Vous savez, les jeunes aussi lisent le journal et en discutent entre eux.
    Mettez vous à leur place, devant de nouveaux défi intellectuels, devant le classement et la pression mis par les parents et la société, vous apprenez que la plupart des gens considèrent que ce que vous apprenez c'est de la merde.

    Wow, critiquez les prof, critiquez le système mais de grâce, regardez vous vous même.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Mathieu Bouchard - Abonné
    19 novembre 2011 12 h 40
    Les bandes dessinées ?
    Faut pas toutes mettre les bandes dessinées dans le même panier. Prenez par exemple le grand classique Achille Talon : si vous faites lire ça à des jeunes du secondaire et que vous vous assurez qu'ils comprennent tout, ça peut prendre du temps et l'usage fréquent d'un dictionnaire. C'est complètement différent de, mettons, un manga de batailles de super-héros avec pas d'texte. Dans plusieurs pages de Talon, il y a tellement de texte que le dessin devient secondaire, alors vous pouvez considérer le dessin comme un appât et le texte comme étant la substance.

    Exemples : http://www.rouge-cerise.net/blog/index.php?post/20
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • - Abonné
    19 novembre 2011 12 h 48
    Lire ne devrait pas être une obligation, mais un plaisir.
    ‎"Non pas que les jeunes ne lisent plus. Mais ils ne posent pas toujours le regard sur les ouvrages qu'on aimerait les voir feuilleter. «Ce qui est très populaire, c'est la science-fiction et ce qui est fantaisiste»"

    OK, je vais péter ma coche...

    J'ai passé mon enfance et mon adolescence à lire des BD, des Bob Morane, des Arsène Lupin, Le Club des 5, Tarzan, Kojak, San Antonio, et des tonnes de livres fantastiques et de science-fiction. J'ai commencé à lire de la poésie, vers 15 ans. Malgré ces "mauvais" choix de lectures, je suis devenu écrivain! Un miracle, sans doute.

    Pourquoi fait-on lire de la littérature jeunesse au primaire, mais plus au secondaire? (Et pourquoi j'en écris, alors...?) Lire ne devrait pas être une obligation, mais un plaisir. Me semble c'est simple. S'il avait fallu que, jeune, je ne lise que des livres comme "Menaud, maître draveur", pas sûr que j'aurais aimé ça, lire.

    Bref, si la montagne ne va pas à toi, va à la montagne. Chers professeurs, écoutez les jeunes, lisez ce qu'ils lisent, et abordez leurs choix de livres. Partez de ça et n'oubliez pas qu'il y a des tonnes de livres écrits pour eux qui plaisent aussi aux adultes un peu ouvert d'esprit.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • - Abonné
    19 novembre 2011 12 h 55
    Lire ne devrait pas être une obligation, mais un plaisir 2.
    Mon commentaire n'était pas signé, désolé.

    Claude Champagne, dramaturge, ancien éditeur et auteur de littérature jeunesse.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • André Michaud - Inscrit
    19 novembre 2011 13 h 02
    le goût de la lecture
    @ Dominique Garand

    Si L'école ne donne pas le gôut de le lecture, mais ne fait qu'imposer des lectures vieillotes, qui donnera le goût de la lecture?

    N'a t'il pas danger d'écoeurer de lire , comme le disait le prof et auteur M.Pennac? Pourquoi imposer un navet comme "La Chanson de Roland" et se élucubrations ridicules?

    Qu'est-ce qui est plus important, obliger de lire et oublier aussitôt des pseudo classiques, ou donner le goût de la lecture pour le reste de nos vies? Voila LA question ???
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominique Garand - Abonné
    19 novembre 2011 13 h 23
    @ Abonné, message de 12h48
    Ici encore, il me semble que certaines distinctions s'imposent, puisque votre point de vue semble contraire au mien.

    Disons pour commencer que les lectures imposées à l'école et les lectures que l'on fait par désir personnel sont de deux ordres différents.

    Si je vous racontais l'histoire des lectures qui m'ont marqué, mon récit ressemblerait au vôtre. J'ai aussi commencé avec des BD, des Bob Morane, puis des Arsène Lupin, des Sherlock Holmes, etc. Plus tard, c'est de moi-même que je suis allé vers Victor Hugo, Balzac et autres classiques. Notez bien : on ne me les as jamais fait lire à l'école. Par contre, on m'a fait lire des trucs que peut-être je n'aurais pas découverts par moi-même. Pas sûr que j'aurais voulu spontanément connaître Gabrielle Roy et André Langevin. Je suis tout de même heureux qu'on m'ait fait lire ça, même si ça ne m'a pas passionné autant que ce que je découvrais par moi-même.

    Les vocations littéraires, ça se développe bien souvent en-dehors de l'école! Et c'est tant mieux, car les oeuvres que l'on fréquente sans que personne ne nous les ait imposées contribuent à former notre identité subjective. Mais cela demeure extérieur au mandat de l'enseignement scolaire. Bien que certains professeurs particulièrement inspirés (il en existe encore, heureusement) puissent faire jaillir une étincelle chez certains, le mandat de l'école n'est pas de créer des écrivains. Le mandat de l'école est d'assurer une formation de base, un référentiel commun pour une collectivité.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominique Garand - Abonné
    19 novembre 2011 13 h 23
    @ Abonné (suite)
    Certains pensent que c'est là uniformiser. Erreur! La subjectivité, l'individualité, on peut les développer en dehors des murs de l'école, et parfois en réaction à elle. Mais on les développera d'autant mieux que l'école nous aura transmis des repères, un fond culturel de base.

    Quand vous écrivez que le professeur doit se mettre à l'écoute de ce qu'aiment lire les jeunes, je suis d'accord avec vous. Un prof quelque peu allumé ne pourra que se réjouir de voir un élève lire Harry Potter, Arsène Lupin ou un San Antonio. Est-ce dire qu'il devra mettre ces livres au programme? Pourquoi s'en tiendrait-il à ce que l'étudiant connaît et lit déjà? N'est-il pas là plutôt pour lui ouvrir des horizons nouveaux?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean Tremble - Inscrit
    19 novembre 2011 14 h 32
    @André Michaud
    << (...) si il faillait lire des livres emmerdant de vielle littérature on cesserait de lire. Vous savez ces livres sans bonne histoire, sans personnages intéressants... >>

    Moi, ce qui m'intrigue, c'est que l'on puisse éditer des livres '''à ne pas lire''...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • henri gabrysz - Inscrit
    19 novembre 2011 14 h 40
    danger de l,école
    l,émission RÉPLIQUE ce matin parlait un peu du même sujet. Renaud Camus y décrivait les écoles où comme à l,hôpita;, il y a comme une maladie nosociale, ... l,école désapprend, on n,y apprend rien... de sorte que déjà aux USA certains parents hésitent à envoyer leur enfant à l,école publique

    http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • - Abonné
    19 novembre 2011 14 h 52
    @ Domique Garand
    Un prof allumé et au fait de la littérature, tous genres confondus, s'il constate que ces étudiants aiment, par exemple, les récits fantastiques, pourquoi alors ne pas faire un historique du genre, en montrer l'influence dans la littérature en général, dans la culture, dans la société?

    Il serait facile d'en venir à ce qu'on peut considérer comme des embranchements de ce genre an abordant le réalisme magique de Garcia Marquez, le rôle du hasard et du fantastique dans certains livres de Paul Auster, d'aborder les premières oeuvres de Michel Tremblay (La cité dans l'oeuf, Contes pour buveurs attardés) et de noter l'incursion du fantastique avec entres les tricoteuses dans Les chroniques du Plateau et son théâtre.

    Ce ne sont que des exemples...


    Claude Champagne
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Ignatius - Inscrit
    19 novembre 2011 15 h 08
    Suicide collectif valorisé
    Eh merde...

    On nivelle par le bas, encore, et ce, au nom du plaisir de la lecture.

    Et si la lecture pouvant être plaisante ET enrichissante ET complexe? Dans la vie, il faut viser l'excellence si on ne veut pas atteindre la médiocrité.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Ignatius - Inscrit
    19 novembre 2011 15 h 16
    Hein? Lire ne devrait pas être une obligation, mais un plaisir.
    Lire ne devrait pas être une obligation, mais un plaisir, vraiment?

    Suivant cette logique, nous devrions tous affirmer que compter ne devrait pas être une obligation, mais un plaisir.

    Vivre ne devrait pas être une obligation, mais un plaisir.

    Et ainsi de suite...

    Désolé, mais bien écrire est important, et pour bien écrire il faut savoir bien lire. Pour avoir une écriture mature, il faut ouvrir notre esprit aux lectures matures.

    Lire est un plaisir ET une obligation.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • - Abonné
    19 novembre 2011 15 h 18
    @ Domique Garand 2
    Cela dit, c'est aussi ce qui risque d'arriver quand on confie l'enseignement de la littérature à des pédagogues, plutôt qu'à des diplômés en études littéraires.

    Les profs n'ont peut-être pas tous le formation et/ou les connaissances pour faire ce genre de liens entre les oeuvres. On espère qu'ils ont assez de culture personnelle et générale pour y arriver. Beaucoup l'ont. Les autres enseignent le programme.


    Claude Champagne
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominique Garand - Abonné
    19 novembre 2011 15 h 22
    On avance
    @ M. Champagne
    Je suis d'accord avec vos suggestions, justement parce que vous proposez de vous appuyer sur un attrait démontré par l'étudiant, pour ensuite l'approfondir, conduire au-delà, créer des ramifications, le contextualiser, etc.

    Cela dit, deux problèmes s'interposeront ici : 1. vous partez du principe que l'étudiant aime déjà un genre; or, que faire devant un étudiant qui n'est attiré par rien? 2. Dans une classe de 30, 3 ou 4 aimeront le fantastique; que ferez-vous avec les autres?

    @ M.Michaud. Il y a trop de présupposés dans votre réplique. Vous tenez pour acquis que les classiques sont vieillots et plates. Ce qui est plate, c'est le plus souvent la manière de les enseigner.

    Ça fait maintenant deux ou trois décennies qu'on est obsédé par l'idée de «donner le goût de la lecture». Or, qu'est-ce que cette philosophie a produite, dites-moi? Pas grand' chose : d'année en année, on s'inquiète toujours plus de voir les jeunes délaisser la lecture. On ne cesse de produire des livres qui seraient soi-disant «près du vécu des jeunes» et ça donne la plupart du temps des niaiseries. Je me considère depuis l'âge de 12 ans comme un lecteur passionné, mais ce discours gna-gna autour du «goût de lire» et de «l'amour du livre» me lève le coeur. C'est beaucoup trop abstrait! Lire, c'est d'abord rencontrer l'autre, entendre sa voix, recevoir le choc de ses mots.

    Ce que je soutiens ici, c'est que la transmission du désir et de l'amour de la littérature ne peuvent figurer au programme de l'enseignement. Même si c'est souhaitable, ce n'est pas le mandat des programmes scolaires. Cela relève plutôt de cette part intangible et improgrammable jouée par le professeur. Rien à voir avec les textes, c'est l'enseignant qui fait toute la différence!

    Pour le reste, un peu de bon sens suffit : obliger des élèves de secondaire I à lire Madame Bovary est d'avance voué à l'échec. D'autres classiques, comme L'Ile au trésor ou Huc
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean Tremble - Inscrit
    19 novembre 2011 15 h 23
    Le futurisme
    @André Michaud


    <<L'école (...) ne fait qu'imposer des lectures vieillot >>


    En effet,

    À quand un autodafé de ces vieilles rengaines ?

    D’ailleurs, c’était-là le désir des futuristes, de faire table rase de la littérature…
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean Tremble - Inscrit
    19 novembre 2011 15 h 40
    @André Michaud
    << Pourquoi imposer un navet comme "La Chanson de Roland" et se élucubrations ridicules ? >>



    Pas un auteur n’aurait pu égailler ma soirée, comme vous avez si bien su le faire ; j’en hoquette de joie.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominique Garand - Abonné
    19 novembre 2011 15 h 42
    Ajout
    Je me permets d'enfoncer le clou un peu plus.
    En éducation, le plaisir de lire est un épiphénomène - heureux, mais épiphénomène tout de même. Le coeur de la démarche éducative est le savoir et la compréhension. Celui qui enseigne les maths veut que ses étudiants apprennent et comprennent, pas forcément qu'ils se passionnent pour les maths.

    Cela dit, apprend-t-on mieux quand on aime ça? Mais bien sûr! C'est là qu'intervient la compétence du prof. S'il enseigne la littérature, on souhaite qu'il aime ça et que ça paraisse dans son enseignement. On souhaite aussi qu'il ait suffisamment l'esprit ouvert pour admettre qu'un texte comme La Chanson de Roland, malgré la distance qui nous sépare de lui, peut présenter de l'intérêt...

    Cela me rappelle que nous avons eu au Québec un médiéviste, Paul Zumthor, très grand professeur. Ses classes étaient pleines à craquer, il galvanisait l'auditoire, la Chanson de Roland prenait vie devant nous lorsqu'il en parlait. OK, il enseignait à l'université. N'empêche, il aurait éveillé l'attention d'un adolescent parce qu'en parlant de la Chanson de Roland, il faisait vivre aussi toute une époque. Et il aurait été capable de montrer les liens entre ce texte et l'univers, par exemple, du Seigneur des Anneaux.

    Daniel Pennac et ses guilis-guilis ne pèsent pas lourds à côté de ça, croyez-moi.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Bouleau - Inscrit
    19 novembre 2011 17 h 15
    Quatre finalités
    En France et en Belgique, des textes officiels portant sur l'enseignement de la lecture énumèrent quatre grandes finalités complémentaires :
    1. Une finalité technique (le savoir-lire, être capable d'approcher différents genres et types de textes) ;
    2. Une finalité culturelle (ce fameux « tronc commun » dont certains d'entre vous ont parlé, cette connaissance partagée d'oeuvres marquantes et de points de repère historiques et littéraires qui permet entre autres d'approcher d'autres oeuvres) ;
    3. Une finalité réflexive (lire pour apprendre à mieux réfléchir et éveiller une certaine curiosité intellectuelle) ;
    4. Une finalité psycho-affective (découvrir le plaisir de lire sur ce que l'on vit et sur ce que l'on ne vit pas au quotidien, solliciter l'imaginaire, etc.).

    Ces finalités se complètent. Certains insisteront davantage sur certaines d'entre elles, ce n'est pas un mal, le débat appelle naturellement à la subjectivité. L'ambiance et les circonstances d'enseignement favorisent presque toujours un choix plutôt qu'un autre; il ne faut pas s'offusquer qu'un prof cherche à susciter le plaisir de lire sans suivre une éventuelle anthologie prescrite. S'il juge que l'intérêt des élèves serait bas, c'est probablement qu'il le serait; à savoir s'il doit insister sur une oeuvre « impopulaire » auprès des élèves, je crois que c'est son expérience qui doit dicter le choix et non pas une norme établie.

    Quoiqu'on décide de faire, le plus important semble-t-il est d'amener, d'inciter à lire souvent. Comprenez que je ne parle pas seulement de l'aspect ludique. Chez un lecteur actif, un texte invite pratiquement toujours au questionnement, à l'approfondissement d'une notion, d'une théorie, il devient impensable de ne pas chercher un mot incompris, il y a des liens qui apparaissent et un engouement pour en vérifier les fondements. C'est de ça dont il faut s'assurer avant toute chose : former des lecteurs compétents qui savent bien l
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominique Garand - Abonné
    19 novembre 2011 17 h 16
    @ Claude Champagne
    Mes dernières interventions vous auront fait comprendre que je partage le point de vue que vous avez exprimé à 15h18. La mentalité qui règne chez les pédagogues des Facultés d'éducation ne favorise guère la profondeur de la culture, la vision large, la compréhension d'enjeux qui dépassent la gestion de classe. Les étudiants peuvent facilement s'en tirer sans avoir lu les oeuvres dont ils devront parler, mais en ayant seulement pris connaissance des résumés qu'offrent les manuels, qui sont eux-mêmes des résumés de résumés.

    Heureusement, certains parmi eux ont de l'envergure, mais les conditions qu'on leur crée peuvent les décourager (je parle en connaissance de cause). J'ai reçu récemment le témoignage d'excellentes étudiantes qui après un bacc en littérature se sont lancées dans une maîtrise en éducation pour le secondaire, dans le but d'obtenir leur brevet (elles enseignent déjà). Leur commentaire? «Nous aimions l'école, mais depuis que nous étudions en éducation, nous la détestons!» Comment s'étonner alors que les ados décrochent...

    Cela dit, il ne faut pas être pessimiste et chercher plutôt ce qu'on pourrait faire. Pour moi, le premier geste est d'encourager dès le plus jeune âge la culture générale. Et cesser d'avoir peur de faire lire de grands textes. Mais à la base, il faut collectivement encourager la culture, la mettre en valeur, valoriser son apprentissage. Voilà pourquoi les propos de M. Michaud me déplaisent, qui ne s'en remet qu'au bon vouloir du lecteur bénévole et affiche son dédain pour tout ce qui n'est pas divertissant au premier abord. Comme s'il n'existait pas un projet qui consiste à former des lecteurs.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Bouleau - Inscrit
    19 novembre 2011 17 h 39
    Phrase tronquée
    [...] C'est de ça dont il faut s'assurer avant toute chose : former des lecteurs compétents qui savent bien lire et aimer exercer leur esprit quotidiennement.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • François Ricard - Abonné
    19 novembre 2011 18 h 28
    L'apprentissage de la lecture
    Avant de lire, il faut d'abord apprendre à lire.
    Mes premières lectures furent tout d'abord limitées aux bandes dessinées du temps: Le prince Vaillant, Mandrake; Jos. Matamore; Philomène; Blondie. Puis une enseignante vint qui a changer et ma façon de lire et mes lectures.
    J'étais en quatrième, dans une école de rang. Ma "maîtresse" s'appelait Gisèle.
    Cette année-là, nous avons lu tout d'abord"Les lettres de mon moulin" puis "Tartarin de Tarascon". Deux livres où notre enseignante nous a fait découvrir les tournures de phrase, les différentes façons qu'avait l'auteur de monter une mise en scène, les mots qui chantaient soit la joie soit la tristesse soit l'ébahissement. Et tout le monde devait participer à cette lecture. Depuis ce temps, je suis devenu un lecteur assidu aussi bien des anciens comme des modernes; aussi bien des prosateurs que des poètes.
    Gisèle m'a appris à lire. C'est d'ailleurs l'enseignante qui a le plus marqué ma vie d'élève.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Nasboum - Abonné
    19 novembre 2011 20 h 35
    Bravo
    J'ai rarement lu des commentaires aussi intéressants dans un article du Devoir. Comme quoi la littérature nous tient à cœur et son enseignement, bien sûr.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • hyde - Abonné
    19 novembre 2011 21 h 53
    Faire choisir parmi une liste de classique
    Cet article m'a fait constater quelque chose de grave: De tout mon secondaire, je n'ai jamais lu aucun grand roman québécois. En fait, dans les grands classiques de la littérature (tout genre et culture confondu), je n'ai que lu Dr. Jekyll et Mr. Hyde et Fahrenheit 451.

    Le reste de mes lectures, je ne m'en souviens plus vraiment. Surtout des romans populaires à la «Les chevaliers d'Émeraude».

    Dans mes cours de littérature au Cégep, ma professeure avait trouvé un idée génial, et pourtant très simple, pour s'assurer que nous allions aimer nos lectures: Faire une liste de 100 lectures incontournables de tous les genres. Pour elle, c'était un peu plus compliqué, car elle devait se restreindre aux thèmes enseignés en classe.

    Mais pour un prof de français du secondaire, c'est simple.

    Juste à faire une belle liste qui combine Germinal, Frankenstein, 1984, Les Misérables, Les Belles-Soeurs, Hamlet, Huckleberry Finn (Celui-ci est un succès assuré auprès des élèves), Les liaisons dangereuses, Anne au pignon vert, Duddy Kravitz et plein autres classiques. Le professeur fait un bref résumé de tous ces oeuvres et les élèves choisissent. Il y a pour tous les goûts et je ne peux pas croire qu'un élève ne trouvera pas plaisir dans l'une des ces lectures.

    Je me souviens de mon prof de secondaire 5 qui nous faisait une liste de 30 oeuvres qui se résumait à Harry Potter, Les Chevaliers d'Émeraudes et autres romans, très plaisants à lire, mais sans grande valeur culturel et intellectuel
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • henri gabrysz - Inscrit
    19 novembre 2011 23 h 24
    nosocomiale
    oui correctif, mais comme dans le Survenant, le grand comédien Jean Coutu, sa fameuse réplique WHAT EVER... oui qu,importe

    au fond, au fait, les mauvaises lectures.. euh personne n,y a pensé..et les bonnes lectures...euh

    la lecture n,est qu,une affaire PERSONNELLE
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • André Michaud - Inscrit
    20 novembre 2011 10 h 15
    les classiques
    On peut lire un chapitre ou un extrait des classiques pour les connaitre sans avoir à se taper tout le volume...

    Comme lecteur je trouve que beaucoup de vieux volumes manquait de rythme, et les descriptions étaient souvent beaucoup trop longue (poudre aux yeux littéraire) , au détriment du récit. Surtout dans la littérature française...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Paul Lafrance - Inscrit
    20 novembre 2011 10 h 26
    La lecture
    Quand ma coiffeuse, detentrice d un dec m a demande la difference de signification des mots "ces " et "ses" , je suis reste estomaque. Ne me demandez pas pourquoi j ai de serieuses reserves sur notre systeme d education.
    Excusez le manque de ponctuation, je ne suis pas sur mon ordi.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Oues81 - Abonné
    20 novembre 2011 10 h 28
    "Chronique d'un vieux con"
    Je trouvais pertinent de rappeler ceci paru dernièrement:

    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Yves Capuano - Inscrit
    20 novembre 2011 10 h 39
    Autres raisons pour imposer les grands classiques aux élèves...

    Je suis heureux de constater que d'autres internautes partagent mon point de vue ,en particulier Dominique Garant, qui partage et enrichie mon opinion et l'exprime avec brio.

    On oublie, malheureusement, une autre raison fort importante pour imposer les grands classiques de la littérature mondiale, francophone et québécoise aux élèves d'aujourd'hui: l'immigration. De plus en plus d'élèves nous arrivent des autres pays. Le fameux tronc culturel commun que la société acquiert par la lecture des grandes oeuvres de la littérature est d'une grande utilité, non seulement pour transmettre 2500 ans de civilisation à nos jeunes québécois de souche, mais aussi pour intégrer les immigrants dans notre société francophone.

    C'est triste à dire mais plusieurs immigrants allophones qui arrivent ici méprisent la culture québécoise par ignorance. Ceux-ci ont, par contre, la plupart du temps, une grande estime de la France et de ses grands écrivains qui sont connus partout dans le monde.

    Si notre système scolaire évacue de son programme la littérature et la poésie française, nous manquons une très belle opportunité de rendre les immigrants fiers de fréquenter l'école française. En imposant aussi nos plus grands poètes et écrivains québécois, l'étudiant allophone se rendra compte également de la force de notre culture québécoise, ce qui pourrait peut-être le rendre fier d'être québécois!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Lemieux - Abonné
    20 novembre 2011 11 h 01
    La culture avec un grand Q
    Cet intéressant reportage sur les lectures au programme dans les écoles contrôlées par le Ministère de l’Éducation confirme ce que l’on soupçonnait déjà : l’État vole aux jeunes Québécois l’initiation aux belles lettres, la possibilité de la culture et la capacité de comprendre le monde.

    Il est évidemment dans l’intérêt de l’État de maintenir une clientèle captive dans un ghetto culturel.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Nelson - Inscrit
    20 novembre 2011 11 h 39
    Ce auf profs décider ce que les éleves doivent lire...parmi un choix sélecte, bien entendu.
    Les programmes scolaires doivent inclure des lectures obligatoires d'au mois 10 livres par année, en français, histoire, éducation social, philo, en chaque sujet de sciences social.

    Et chaque étudiant doit rendre compte individuellement de ses lectures.

    Et faire la dicté à tous les jours.

    Et copier des morceaux sélectes à la maison, au crayon.

    ''L'effort est le prix de l'excellence''.

    Le contraire est l'ignorance, le décrochage et le BES.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Oues81 - Abonné
    20 novembre 2011 11 h 44
    Pour une réelle éducation...
    À quand le retour du contenu du dit "cours classique" ?

    Éducation du latin educare: faire sortir de; notre éducation ne fait rien sortir du temps, elle enferme !!!

    Formez de bon petits travailleurs consommateurs qui ne réfléchiront pas trop et ne remettront pas le statut quo en question. Nos universités mêmes sont loin de ce qu'elles étaient...

    Économie ? oikonomía: administration du patrimoine, bien collectif...

    On se plaît à dire qu'un terme est polysémique mais comprendre sa racine étymologique est toujours révélateur...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Hullois - Abonné
    20 novembre 2011 12 h 45
    "Sans niveler par le bas?"
    Pourtant, c'est ce qu'ils font, ma mémoire de ces années étant encore quand même assez fraîche. J'aimais lire, j'achetais souvent des livres, des gros bouquins, et je les dévorais. Mais en classe? On nous imposait tout le temps le même genre de livre, toujours ciblé à la même clientèle et qu'on aurait pu lire, comprendre et analyser avec aise deux années plus tôt. Ça ne donne pas l'amour de lire. En dehors de l'école, je lisais beaucoup, mais j'ai toujours détesté ces lectures. J'apprenais à réussir les contrôles sans lire les textes pour de vrai.

    Quelques fois, très rarement, on avait des choix. Dans la plupart des cas, ils étaient tous de même genre et de la même simplicité abrutissante. Une fois fut différente, par contre. La liste était très longue, et elle incluait des œuvres dont j’avais entendu parler auparavant comme étant de grandes œuvres, sans vraiment les connaître. J’ai choisi Germinal, d’Émile Zola. Le vocabulaire minier et français m’en a fait arracher pour bien longtemps, mais ce fut la lecture la plus enrichissante que j’aie eu.
    Trop souvent, les enseignants de veulent pas s’ennuyer à contrôler et évaluer la lecture de plusieurs textes à la fois. Ainsi, ils choisissent leurs textes afin de répondre aux besoins et intérêts de la majorité. Mais toujours de cette même majorité, aliénant tous les autres. Une majorité qui n’aime même pas lire de toute façon. On essaie le moindre mal, mais on finit avec des textes que pratiquement personne n’apprécie.
    Je peux comprendre leur logique et leurs objectifs dans cette démarche, mais je ne suis pas en accord avec. Ils devraient soit imposer les classiques instructifs à tous, ou soit toujours donner un véritable choix pour que leurs élèves s’épanouissent et apprennent à aimer lire pour de vrai. Leur façon de faire actuelle, de choisir un livre qui serait le moins détesté par l’ensemble de la classe et de l’imposer à tous ne répond
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Hullois - Abonné
    20 novembre 2011 12 h 58
    "Ses élèves"
    J'aimerais ajouter que tant les personnes citées dans l'article que certains commentaires parlent de l'enseignant qui connait "ses élèves".

    Cette ligne de pensée suggère que tous les élèves d'une classe sont identique, que le groupe est monolithique et que l'enseignant les comprend à perfection.

    Certes, au fil de l'année l'enseignant à plusieurs façons d'apprendre à connaître ses élèves, mais pour la plupart, cette connaissance est superficielle, surtout pour les élèves introvertis. De plus, cette connaissance et compréhension vient avec le temps, il ne les connait pas dès le premier jour. Les élèvent ne partagent pas les mêmes intérêts, compétences et expériences.
    Ce n’est pas en voyant un ado environ une heure par semaine, dans un contexte de classe, qu’on va pouvoir après quelques mois savoir quelle sorte de livre lui imposer. Quant à faire voter la classe, ça permet qu’à trouver le moindre mal, pas le meilleur bien.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • C.Pl - Inscrit
    20 novembre 2011 13 h 06
    Lecture = plaisir réflexion
    Je crois fermement que la majorité des livres, tout genre confondu, révelle certains messages, certaines valeurs et apporte matières à réflexion.
    Celui qui rejette certains genres au profit de la "vrai littérature" ferme son esprit à autant de sujets de réflexion. S'il est important d'enseigner aux jeunes ce coté culturel de la littérature, je crois qu'il est tout aussi important de leur laisser développer une curiosité littéraire.
    Un élève lit plus passivement une livre qu'il n'aime pas, surtout s'il est imposé. Est-ce vraiment mieux ? Est-ce le titre de l'ouvrage qui lui est important ? Lit-on pour pouvoir dire : moi j'ai lu cet ouvrage ? Le succès réel n'est-il pas de développer le goût à la lecture pour que l'élève puisse aller chercher ces messages par lui même par la suite ?
    Ce n'est pas ces ouvrages en soi qui sont importants, mais le message qu'ils recellent. Ce n'est pas le nom et l'auteur des ouvrages lus qui sont importants, mais la réflexion que l'ouvrage a suscité. Même s'il s'agit d'un livre de science fiction.
    Si les jeunes ne sont pas capables d'aller chercher ces messages, là cela m'inquiéterait. Qu'ils aient lu ou non certains ouvrages particuliers...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    20 novembre 2011 14 h 40
    Vivre sinon lire ou vivre et lire.
    "Michel Stringer (enseignant) souligne l'importance de poser d'abord un diagnostic [...] Il faut savoir à qui on s'adresse. Faire du mur à mur, c'est une erreur."

    Dans la bibliothèque de mon fils trônent les titres qu'on lui a fait se procurer au secondaire et depuis qu'il est au cégep. Tous plutôt intéressants.
    Je dis "se procurer" car il n'y a que cela de certain.
    S'il a lu, je ne suis par contre pas certaine qu'il ait apprécié ou retenu ce qu'il a lu.
    Mais lisez, il en restera toujours quelque chose.
    À cet âge, c'est le premier contact avec des oeuvres dont on retiendra au moins le titre même si on n'a rien compris. On retiendra aussi que c'était étrange et difficile, que l'écrivain venait d'ailleurs.
    Cette oeuvre existe et je connais son auteur, c'est déjà quelque chose.
    Mais il se peut qu'à cet âge, on ait tellement de soucis qu'on ne soit pas très réceptif même aux personnes alors encore moins aux livres.

    À cet âge, on est souvent peu réceptif mais souvent expansif.
    J'aurais aimé pour mon fils qu'il apprenne la vie de façon grandiose: faire de la voile et des voyages, vivre en forêt, frôler le danger, se mesurer à lui.
    Qu'il apprenne la vie à une grande école de la vie pour se forger une personnalité, une pensée fondée sur l'expérience, avant, parallèlement ou même à la place de se plonger dans les livres. Cela n'a pas été possible, notre mode de vie rend la chose plutôt impossible.
    Mais à défaut de pouvoir pleinement vivre son jeune âge à même la vie, on peut se plonger dans de grandes histoires par les livres.
    Il me semble qu'il faut au moins l'un ou l'autre un jour.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Dagenais - Abonné
    20 novembre 2011 16 h 50
    les classiques
    je vous conseil de lire candide ou l'optimisme de Voltaire pour ssavoir ce que j'en pense des "classique". Les "classique" ne sont pas forcément bon ou interressant, en fait, c'est souvent le contraire.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gulliver - Inscrit
    20 novembre 2011 17 h 22
    VIVRE!
    Il y a beaucoup de choses qui demandent de l'effort pour qu'elles s'accomplissent. Le Québec est devenu une société morne et son école en est le reflet. Il en est probablement ainsi ailleurs. La vie est magnifique aventure pour les héros et les aventuriers mais elle se conjugue mal parfois avec les impératifs d'avoir à gagner sa vie! Quelle drôle d'expression d'ailleurs: "gagner sa vie!" Je connais beaucoup de jeunes adultes qui vivent des moments palpitants et qui sont remplis d'espoir. Heureusement, l'espoir est dure à tuer.

    S'il est vrai que le travail est et demeure une voie royale pour l'accomplissement de soi, il n'en demeure pas moins que l'art ajoute une dimension particulière à nos vie. La littérature c'est le voyage à peu de frais. Et c'est même un genre de voyage où l'on peut en sortir grandit. C'est, je crois, la vrai manière de présenter la littérature aux jeunes et au moins jeunes. C'est parfois en voyant les protagonistes des livres se battre avec la vie que le goût de nous battre à notre tour nous vient.

    La littérature ne doit pas être seulement un refuge mais aussi une catapulte, une "déchireuse" du voile qui parfois nous masque la vue. Mais les livres nous mènent qu'au bord du rivage. À partir de là, c'est nous qui devont prendre nous-même le bateau.

    Je suis sans doute hors propos mais voilà ce que j'avais envie d'écrire après avoir lu l'article et les commentaires des lecteurs. Un grain de sel à côté du plat!

    Jean-Claude Boivin
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Mathieu Bouchard - Abonné
    20 novembre 2011 18 h 51
    à la frontière de sa connaissance
    On dirait que la polarisation des gens sur le sujet se fait en grande partie dans l'ignorance d'un principe simple :

    Pour apprendre le plus possible, il faut travailler sur la frontière de la connaissance. Parce qu'on peut juste apprendre des choses qui connectent avec notre compréhension existante et se greffent dessus ; mais si on reste dans ce qu'on sait déjà, on n'apprend pas.

    Alors quand on veut bien enseigner le plus vite possible, faut être à l'écoute des élèves pour être au courant de ce qu'ils savent déjà (et non pas de ce qu'ils pensent qu'ils veulent lire). Comme ça, ça permet de les prendre où ils sont rendus et les amener où ils peuvent aller. Si tu laisses les élèves choisir ce qu'ils veulent, ça avance moins vite, et si au contraire le prof montre quelque chose hors des capacités actuelles des élèves, ça marche pas non plus.

    Mais je suis pas spécialiste et je me souviens pas où j'ai pu prendre cette théorie. Le concept que j'essaye d'expliquer est sûrement une évidence pour beaucoup de gens, mais on dirait que ça échappe à plusieurs.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    20 novembre 2011 19 h 44
    Le vécu du lecteur et l'oeuvre à lire
    Lorsqu'enfant on lit Le Petit Prince, on le comprend d'une certaine manière qui se rapporte aussi à son vécu d'enfant.
    Il me semble alors que les questions sur le livre, sorties d'un cerveau d'adulte, doivent tenir compte de cette réalité. Est-ce le cas?

    Quand adulte je relis Le Petit Prince, ma compréhension de l'oeuvre est enrichie et éclairée de tout ce que j'ai appris et vécu.

    Qu'en est-il pour un enfant qui lit les grands classiques? Que peut-il saisir de ce qu'il lit sans vécu?
    Pas la même chose que lorsqu'il les relira plus tard en tout cas.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Georges Hariton - Inscrit
    21 novembre 2011 02 h 07
    La non-fiction
    Je trouve curieux, mais pas surprenant, que tous les titres suggeres ci-dessus sont des titres de fiction. Je crois que certain eleves pourraient etre bien plus interesses par des oeuvres de non-fiction, tels l'histoire, la science naturelle, l'actualite.

    L'important pour les jeunes est de prendre le gout de lire des textes imprimes. Puis le gout de lire des textes bien ecrits. La culture viendra plus tard ... ou elle ne viendra pas. Mais au moins l'eleve aura l'outil qui lui permettra de la decouvrir -- l'habitude de la lecture.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Byskotte - Inscrite
    21 novembre 2011 04 h 02
    Lire= plaisir
    je suis professeur documentaliste au lycée et je rejoins les idées d'André Michaud et Claude Champagne. Il est dommage que la littérature jeunesse soit si peu utilisée en lycée et que l'on force les élèves à lire de la littérature classique. Je peux constater qu'au final, les jeunes ne lisent plus du tout car l'école a réussi à les écoeurer des livres. Je pense que la lecture jeunesse peut être justement un levier pour donner le goût de la lecture et amener les élèves à lire plus tard des auteurs tels que Balzac, Zola ou Hugo.
    Comme le dit Daniel Pennac, le lecteur a des droits et la lecture doit rester un plaisir et non une contrainte.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • CSDM - Inscrit
    21 novembre 2011 14 h 23
    Que lisent les jeunes de la CSDM au secondaire? De la littérature!
    À l'image de nos élèves, les propositions de lecture au secondaire sont variées, diversifiées et de qualité.

    Les élèves sont amenés à côtoyer des auteurs québécois tels Michel Tremblay, Réjean Ducharme, Germaine Guèvremont, Gérard Bessett, Anne Hébert, Marcel Dubé ou Gratien Gélinas tout autant que les auteurs d’œuvres du patrimoine mondial tels Jules Verne, Homère, Guy de Maupassant, Alexandre Dumas ou Albert Camus.

    http://www.csdm.qc.ca/SallePresse/DossiersActualit
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Godfax - Inscrit
    21 novembre 2011 15 h 15
    Éducation libérale = société sans dessein
    Je crois qu'il est légitime de se demander pourquoi notre système d’éducation a renoncé à transmettre la culture classique.
    L’idée maîtresse que chaque personne puissent être l’unique juge de ce qui est bon ou mauvais en fonction de ce qu’elle aime ou n’aime pas, nous a conduit à la supprimation pure et simple du savoir classique. Il ne faut pas conforter les jeunes dans leurs certitudes, il faut former l’esprit au dépassement. Et l’autorité est légitime ici, car fondamentalement libérateur.

    Nous assistons aujourd’hui à destruction de la culture humaniste classique par existentialisme libéral.

    La fibre intellectuelle, morale et culturelle qui forme les citoyens juste, libres et de caractère, ne peut être fondé sur de la sous-culture ,de la gratifications sensuelles immédiate. Pour anoblir les émotions de l’homme, on doit l’amené à des réflexions qui crée des métaphores, par-delà les compréhensions pragmatiques et évidentes.

    Or l’accès aux connaissances qui font grandir exige de sortir des axiomes de notre monde quotidien pour entrer dans d’autre univers, comme un explorateur. Ce genre de voyage peut être inconfortable; mais est toujours émancipateur.

    C'est parce que l’être humain se posent les mêmes questions depuis la nuit des temps qu’une connaissance de la culture classique est le seul rempart pour ne pas tourner en rond comme société.

    C'est en sachantcomment les plus brillant esprits ont répondu aux questions et défis leur temps qu’on s’évite de répéter les erreurs et qu’on gagne la capacité de dire des choses qui n’ont jamais été pensées avant.

    Le déconstructionnisme actuel qui déconstruit notre éducation national, qui proclame, en somme, qu’il n’y a pas d’oeuvre classique, qu'il n’y a pas de principes esthétique, que "mon opinion" vaut autant qu’une autres est aberration. C’est la fin du sens platonicien de la recherche du beau du vrai et du bon. Triste,
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Nathalie Levesque - Inscrite
    23 novembre 2011 10 h 23
    @ M. Capuano et ses acolytes
    Des commentaires de ce genre me font toujours sourire (ou grincer des dents, c'est selon). Il faut bien n'avoir jamais mis les pieds dans une classe secondaire d'une école publique pour tenir des propos aussi déconnectés de la réalité. Trop facile de dire quoi et comment faire aux enseignants de français du secondaire quand on est à 1000 lieux du terrain, derrière son clavier. Le fait d'avoir été soi-même un élève, d'avoir fréquenté le système scolaire, d'être un bon lecteur et un locuteur de la langue française ne donne pas automatiquement la science infuse en ce qui a trait à l'enseignement de la littérature au secondaire. Oui on ne peut que s'incliner devant vos grands principes et vos belles théories, mais essayez d'aller les appliquer dans une classe de secondaire remplie à pleine capacité d'élèves en grandes difficultés, de doubleurs, de TC et cie, vous m'en direz des nouvelles. Pffff.... Je rêve du jour où tous les gérants d'estrade du monde de l'éducation se retrouveront devant des classes de 32 adolescents. À ce moment, et à ce moment seulement, nous pourrons jaser de vos belles théories.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • prof fr - Inscrite
    25 novembre 2011 05 h 34
    @Mme Nathalie Lévesque
    Bravo et félicitations, madame Lévesque!!! Enfin, la réalité vécue par une enseignante au secondaire d'une école puplique. Le nombre élevé d'élèves en difficultés de toutes sortes dans un groupe trop nombreux n'est pas rare. Je suis entièrement d'accord avec vos propos. J'ai enseigné au secondaire et ce phénomène d'un nombre majoritaire d'élèves en difficultés dans un même groupe (en français) est devenu la norme. Madame Lévesque, je salue votre courage et sûrement votre amour pour notre jeunesse québécoise puisque vous oeuvrez dans un milieu qui demande une énergie presque surhumaine avec peu de reconnaissance.
    Si M. François Legault parvient à lire ces commentaires, lui qui a été ministre de l'Éducation (PQ) et maintenant chef de la CAQ, je lui suggère de regarder bien en face la réalité des enseignants surchargés avec très peu d'aide dans les classes. Non à l'évaluation des enseignants déjà très bien formés! Ils ne font pas partie du problème, ils sont les bâtisseurs de l'éducation de nos jeunes. Si on veut régler les problèmes "autrement", il faut d'abord accepter de voir la réalité bien en face.
    On verra......

    Francine Beaudoin
    Gatineau

    Mon admiration à tous les enseignants!!!!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Tao - Inscrit
    30 novembre 2011 20 h 47
    Lire, et lire…
    D'abord, quel est le but ? Apprendre à lire, aimer lire, ou connaître les "classiques" ? Ou faire vendre les oeuvres québécoises ?
    Quand on enseigne à parler à un enfant, on dit de lui parler de son univers quotidien. Pourquoi a-t-on oublié cela à l'adolescence ? Je ne parle pas de leur univers quotidien physique, mais de leur univers mental, de leurs intérêts particuliers.
    J'adore lire. Je lis beaucoup. De tout, ou presque. Car, au cégep, jadis, on m'a imposé les auteurs français du XIXe siècle, et leurs oeuvres les plus "plates" pour un jeune qui s'ouvre au monde mais apprend aussi à se connaître. Résultat ? On m'a dégoûté de la littérature française pour le reste de mes jours. Alors pensez-y bien avant d'imposer vos goûts personnels, vos marottes, vos obsessions ou vos politiques. Demandez leur ce qui les intéresse, et laissez les lire ! Rien ne vous empêche ensuite de demander des résumés, des analyses, de trouver des figures de style, etc. Il y va de notre avenir et de notre culture. Et ça presse !
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • GVadnais - Inscrit
    1 décembre 2011 17 h 52
    à Tao:
    "Demandez leur ce qui les intéresse, et laissez les lire !" - Existe-t-il des œuvres écrites en "textos"?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean-Francis Du Cresson de la Rochandiere - Inscrit
    1 décembre 2011 18 h 49
    Littérature et Musique
    Vous voulez éveillez en nos jeunes le gout de la littérature (que je préfère au mot lecture)? Une solution consisterait à leur faire aimer des groupes musicaux comme DREAM THEATER. Ce groupe écrit tellement bien ses textes que je me suis dit qu'il ne peut qu'y avoir une culture littéraire certaine derrière tout cela, pour être à même d'ainsi produire des textes aussi riches...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Tao - Inscrit
    2 décembre 2011 16 h 51
    À GVadnais
    "Existe-t-il des œuvres écrites en "textos"?"
    Bonne question.
    Peut-être devrait-on leur faire analyser la "littérature" texto actuelle. Chacun écrit un texto. On les assemble. Puis on les commente et on les analyse !
    Mais… pour faire plus sérieux, je ne crois pas que ce soit le médium le problème, du moins chez plusieurs. De toute façon, avec les tablettes électroniques et les livres électroniques, peut-être aura-t-on bientôt un moyen de les amener à lire.
    Mais on ne peut demander de lire à des personnes qui n'ont jamais appris à lire à l'école (autrement que de décoder des lettres et des mots isolés). C'est sûr que si lire est physiquement pénible, le problème ne réside pas dans le choix des oeuvres !!!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • NDNM - Inscrit
    4 décembre 2011 19 h 41
    étonnant
    Il est étonnant de constaté à quel point la plupart de ces commentaires font fi d'un aspect fondamental. La lecture doit être un plaisir gratifiant sinon c'est l'échec garanti. Le déclencheur de ce plaisir de lire peut-être de n'importe quelle nature, un classique, un moderne, un ouvrage de littérature populaire (policier science-fiction...) , ce peut être aussi bien un roman. un essai, un récit vécu...cela n'a pas d'importance.Le déclencheur peut être à 10 ans à 15ans à 20 ans c'est très variable. Ce qui compte c'est d'avoir à sa disposition la variété nécessaire. Quand j'étais ado on avais une série de manuel présentant des extraits s de littérature française pour chaque siècle, grâce à cela j'ai découvert Villon, Balzac et plusieurs autres mais le livre qui m'a donné le gout immodéré de la lecture à l'age de 12 ans fut l'Expédition Orénoque-Amazone. C'était un récit de voyage et j'ai enchainé ensuite avec d'autre récit et des livres sur l'archéologie pour ne m'intéresser à la littérature que plutard. Un des ingrédients indispensables est l'environnement familial. mettez des livres à disposition des enfants et le déclic se fera tout seul.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
59 réactions
6 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012