La formation continue au cégep
«On confond souvent formation continue et formation des adultes»
Il y a belle lurette que les cégeps font de la formation continue. Leur point de rencontre est la Commission des affaires de la formation continue de la Fédération des cégeps. Entrevue avec la nouvelle présidente de cette commission, Éléna Galarneau, aussi directrice du Service de formation continue au collège de Maisonneuve.
«Le rôle de la commission en est un de concertation et de collaboration entre les 48 cégeps du réseau. Cela nous permet aussi de travailler ensemble sur les dossiers communs, explique Éléna Galarneau, présidente de la Commission des affaires de la formation continue. On confond souvent formation continue et formation des adultes. C'est pourquoi nous avons opté pour une définition plutôt large de la formation continue, qui est, pour nous, toute formation andragogique, c'est-à-dire toute formation s'adressant à des adultes.»
De plus, la formation continue au cégep répond à différents besoins. «La formation continue au cégep doit être en mesure de répondre à des besoins provinciaux comme à des besoins régionaux et locaux. Par exemple, le DEC intensif en sciences infirmières répond à un besoin provincial, et donc plusieurs cégeps l'offrent. Par contre, une formation en foresterie sera offerte uniquement par les cégeps situés en région forestière.»
La formation continue collégiale cherche aussi à répondre à des besoins spécifiques ainsi qu'à ceux du marché du travail. «On vient de développer une formation en stratégie d'intervention en développement du langage. Cette formation s'a-dresse à des techniciens en éducation, à des infirmières, bref, à ceux qui travaillent auprès des enfants. Cette formation leur permet de mettre en application le plan d'intervention de l'orthophoniste. Et, comme il y a une pénurie d'orthophonistes, cette formation leur permet de soutenir l'orthophoniste et ainsi d'alléger sa tâche. On a aussi mis en place une formation en gestion de sécurité, en réponse à une demande faite par les entreprises de ce secteur qui déploraient le manque de formation des superviseurs d'équipe de sécurité.»
Une offre variée
Avec un mandat aussi large, on ne s'étonnera pas que la formation continue au collégial prenne plusieurs for-mes: diplôme d'études collégiales (DEC) intensif ou non, attestation d'études collégiales (AEC), ainsi que des formations plus brèves et plus pointues, tels les ateliers. «Par exemple, ici au collège de Maisonneuve, nous offrons chaque année près de 200 ateliers en informatique et en multimédia qui s'adressent à des personnes qui sont déjà sur le marché du travail.»
S'il y a une demande pour les DEC intensifs, c'est-à-dire un DEC où l'étudiant n'a pas à suivre les cours généraux, c'est surtout du côté des AEC que se développe la formation continue collégiale. Les AEC se multiplient et touchent tous les secteurs d'activité, de l'immobilier à la cueillette de champignons forestiers en passant par la maintenance d'éoliennes.
«Les AEC sont des formations qui vont de 400 heures à 1800 heures et qui sont données à temps plein le jour. La plupart des adultes qui suivent ces formations reçoivent des prestations d'assurance-chômage ou d'aide sociale, par suite de la perte de leur emploi, et visent la réinsertion au marché du travail.»
La présence des immigrants
Parmi les adultes qui s'inscrivent à la formation continue collégiale, on retrouve maintenant un bon nombre de personnes immigrantes. «Dans la grande région de Montréal, les immigrants représentent 83 % des personnes inscrites à l'AEC et au DEC intensif. Et ce sont, dans la plupart des cas, des personnes fortement scolarisées. Par exemple, un comptable maghrébin formé à l'université s'inscrira à un DEC intensif en comptabilité et gestion. Cela lui permet de se familiariser avec les normes comptables québécoises, ce qui lui permet ensuite de mieux s'intégrer au marché du travail.»
Mais, selon Mme Galarneau, les bénéfices dépassent la seule intégration au marché du travail. «Il y a d'abord l'amélioration du français, car tous ces étudiants doivent réussir l'épreuve uniforme de français. Mais c'est aussi une excellente occasion de se faire un réseau de contacts. Et, comme il y a des stages en entreprise, la personne immigrante se familiarise aussi avec les façons de faire du milieu du travail au Québec. Il ne faut pas négliger aussi l'intégration culturelle. Un étudiant immigrant m'a déjà raconté qu'il n'avait aucune idée de ce qu'il allait faire au 5 à 7 où il était invité. D'ailleurs, en premier, il s'est demandé ce qu'on pouvait bien faire si tôt le matin.»
Service aux entreprises
La formation continue collégiale inclut aussi la formation aux entreprises. «Nous donnons des formations sur mesure pour les entreprises et des formations en entreprise. Ces formations s'adressent à des gens qui ont un emploi et elles prennent souvent la forme d'ateliers, dont la durée varie de 7 à 30 heures.»
Malheureusement, selon Éléna Galarneau, cet aspect de la formation continue collégiale demeure trop méconnu. «Les employeurs et les entreprises qui ont eu recours à nos services sont toujours très satisfaits. Le problème, c'est que trop entreprises ignorent que les collèges offrent ce type de formation. C'est pourquoi les cégeps se sont réunis avec les commissions scolaires et, de concert avec le ministère de l'Éducation, nous avons mis en place la Réseau national des services aux entreprises du Québec. Le but de cette association est de nous assurer que nos actions soient concertées et complémentaires et de représenter le réseau public auprès des entreprises. Il n'y a aucune raison pour laquelle les entreprises devraient faire appel au secteur privé pour leurs besoins en formation quand le réseau public possède toute l'expertise nécessaire.»
***
Collaborateur du Devoir
«Le rôle de la commission en est un de concertation et de collaboration entre les 48 cégeps du réseau. Cela nous permet aussi de travailler ensemble sur les dossiers communs, explique Éléna Galarneau, présidente de la Commission des affaires de la formation continue. On confond souvent formation continue et formation des adultes. C'est pourquoi nous avons opté pour une définition plutôt large de la formation continue, qui est, pour nous, toute formation andragogique, c'est-à-dire toute formation s'adressant à des adultes.»
De plus, la formation continue au cégep répond à différents besoins. «La formation continue au cégep doit être en mesure de répondre à des besoins provinciaux comme à des besoins régionaux et locaux. Par exemple, le DEC intensif en sciences infirmières répond à un besoin provincial, et donc plusieurs cégeps l'offrent. Par contre, une formation en foresterie sera offerte uniquement par les cégeps situés en région forestière.»
La formation continue collégiale cherche aussi à répondre à des besoins spécifiques ainsi qu'à ceux du marché du travail. «On vient de développer une formation en stratégie d'intervention en développement du langage. Cette formation s'a-dresse à des techniciens en éducation, à des infirmières, bref, à ceux qui travaillent auprès des enfants. Cette formation leur permet de mettre en application le plan d'intervention de l'orthophoniste. Et, comme il y a une pénurie d'orthophonistes, cette formation leur permet de soutenir l'orthophoniste et ainsi d'alléger sa tâche. On a aussi mis en place une formation en gestion de sécurité, en réponse à une demande faite par les entreprises de ce secteur qui déploraient le manque de formation des superviseurs d'équipe de sécurité.»
Une offre variée
Avec un mandat aussi large, on ne s'étonnera pas que la formation continue au collégial prenne plusieurs for-mes: diplôme d'études collégiales (DEC) intensif ou non, attestation d'études collégiales (AEC), ainsi que des formations plus brèves et plus pointues, tels les ateliers. «Par exemple, ici au collège de Maisonneuve, nous offrons chaque année près de 200 ateliers en informatique et en multimédia qui s'adressent à des personnes qui sont déjà sur le marché du travail.»
S'il y a une demande pour les DEC intensifs, c'est-à-dire un DEC où l'étudiant n'a pas à suivre les cours généraux, c'est surtout du côté des AEC que se développe la formation continue collégiale. Les AEC se multiplient et touchent tous les secteurs d'activité, de l'immobilier à la cueillette de champignons forestiers en passant par la maintenance d'éoliennes.
«Les AEC sont des formations qui vont de 400 heures à 1800 heures et qui sont données à temps plein le jour. La plupart des adultes qui suivent ces formations reçoivent des prestations d'assurance-chômage ou d'aide sociale, par suite de la perte de leur emploi, et visent la réinsertion au marché du travail.»
La présence des immigrants
Parmi les adultes qui s'inscrivent à la formation continue collégiale, on retrouve maintenant un bon nombre de personnes immigrantes. «Dans la grande région de Montréal, les immigrants représentent 83 % des personnes inscrites à l'AEC et au DEC intensif. Et ce sont, dans la plupart des cas, des personnes fortement scolarisées. Par exemple, un comptable maghrébin formé à l'université s'inscrira à un DEC intensif en comptabilité et gestion. Cela lui permet de se familiariser avec les normes comptables québécoises, ce qui lui permet ensuite de mieux s'intégrer au marché du travail.»
Mais, selon Mme Galarneau, les bénéfices dépassent la seule intégration au marché du travail. «Il y a d'abord l'amélioration du français, car tous ces étudiants doivent réussir l'épreuve uniforme de français. Mais c'est aussi une excellente occasion de se faire un réseau de contacts. Et, comme il y a des stages en entreprise, la personne immigrante se familiarise aussi avec les façons de faire du milieu du travail au Québec. Il ne faut pas négliger aussi l'intégration culturelle. Un étudiant immigrant m'a déjà raconté qu'il n'avait aucune idée de ce qu'il allait faire au 5 à 7 où il était invité. D'ailleurs, en premier, il s'est demandé ce qu'on pouvait bien faire si tôt le matin.»
Service aux entreprises
La formation continue collégiale inclut aussi la formation aux entreprises. «Nous donnons des formations sur mesure pour les entreprises et des formations en entreprise. Ces formations s'adressent à des gens qui ont un emploi et elles prennent souvent la forme d'ateliers, dont la durée varie de 7 à 30 heures.»
Malheureusement, selon Éléna Galarneau, cet aspect de la formation continue collégiale demeure trop méconnu. «Les employeurs et les entreprises qui ont eu recours à nos services sont toujours très satisfaits. Le problème, c'est que trop entreprises ignorent que les collèges offrent ce type de formation. C'est pourquoi les cégeps se sont réunis avec les commissions scolaires et, de concert avec le ministère de l'Éducation, nous avons mis en place la Réseau national des services aux entreprises du Québec. Le but de cette association est de nous assurer que nos actions soient concertées et complémentaires et de représenter le réseau public auprès des entreprises. Il n'y a aucune raison pour laquelle les entreprises devraient faire appel au secteur privé pour leurs besoins en formation quand le réseau public possède toute l'expertise nécessaire.»
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Collaborateur du Devoir







